Discussion:Libellula
Deliry C. [2025] – Libellula - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2025]) – Version 61306 du 08.08.2025. – odonates.net
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→ Odonata > Epiproctophora > Anisoptera > Libellulines > Libelluloidea > Libellulidae
Libellula Linnaeus, 1758
- Libella (fluviatilis) Rondelet, 1558 [anté-linnéen]
- Libellula Linnaeus, 1735 [anté-linnéen]
![]() Linnaeus C. 1758 - Systema naturae. 10e édition. - Holmiae. - [Libellula] PDF
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- Leptetrum Newmann, 1833 [synonyme]
Perles [Aldrovando 1602[1], Deliry 2014], Demoiselles [de Réaumur 1742, Geoffroy 1762], Libellules [Olivier 1792] → voir : Odonates
Premier Splitage du genre Libellula en 1775
- → Agrion Fabricius, 1775 (nom. illeg.)[2]
- → Aeshna Fabricius, 1775
- → Cordulia Leach in Brewster, 1815
Taxonomie : détails résumés
- Libellula [Linnaeus 1735] [← Libella : première citation : hic]
- Libella Linnaeus, 1758 [lapsus] [synonyme : Geoffroy 1762] [lapsus : Deliry [2019]]
- Libellula (sensu Linnaeus 1758 [Linnaeus 1761] [synonyme des Odonata : Deliry [2004]]
- Libellula sensu Fabricius, 1775 [synonyme des Libellulines : Deliry [2024]]
- Libellula sensu Leach in Brewster, 1815 [synonyme des Libelluloidea : Deliry [2024]]
- Libellula sensu Burmeister, 1839 [synonyme des Libelluloidea : Deliry [2024]]
- Libellula sensu de Selys Longchamps, 1840 [synonyme des Libelluloidea : Deliry [2024]]
- Libellula sensu de Selys Longchamps, 1850 [A préciser !] > Libellula s.str. [A préciser !]
- Libellula sensu Deliry, [2018] : Libellula angelina, Libellula quadrimaculata, Libellula semifasciata
Étymologie
Le nom Libellula a été forgé par Linnaeus (1735) sur la base diminutive du nom connu à l'époque de Libella, mais cet auteur n'en donne pas l'explication. En fait Libella est une invention de Rondelet (1558) basé sur le rapprochement de l'aspect similaire des larves de Zygoptères avec le Requin marteau, dont le nom est Libella (d'après l'outil de mesure des charpentiers, la Libelle utile à la mesure de niveaux). Les larves de Zygoptères sont ainsi nommées tout naturellement Libella fluviatilis par Rondelet (1558).
Selon Geoffroy, la Demoiselle, a été appelée par les Naturalistes, Libella ou Libellula soit parce que plusieurs espèces de ce genre tiennent leurs ailes étendues et comme de niveau, soit à cause de la manière dont ces insectes planent en fendant l'air. Il apparaît donc que bien qu'il ignore l'origine de ce mot forgé par Rondelet (1558), il lui attribue en première intention la notion de "niveau", ce qui est finalement correct.
Ces explications convergent avec celles de Lister (1700) ou données par de Charpentier (1840).
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🔍 - Niveau utilisé par le charpentiers ou les architectes dénommé Libelle - Source online |
Voir aussi : Deliry C. [2020] - Nommer les Libellules, historique ancien. - Odonates du Monde, en ligne. - ONLINE
Commentaires
C'est Rondelet (1558) qui forge la racine de ce nom pour Libella fluviatilis qui correspond à des larves de Zygoptères, et qui pourrait être associé en raison du qualificatif fluviatilis correspondre plus précisément à des Calopteryx (com., 21 octobre 2021). La première citation du terme Libellula se trouve chez Linnaeus (1735). Il s'agit donc d'un nom de son invention basé sur une version diminutive de Libella. Il n'apparaît pas certains que Linneaus (1735) ait d'ailleurs conscience de l'origine exacte du mot Libella sur lequel il fonde son terme Libellula.
Linnaeus (1758) décrit toutes les Libellules de l'époque dans ce genre unique de Libellula, le 206ème page 343, sous l'orthographe Libella qui est en fait à considéré comme un lapsus, corrigé en Libellula (207ème genre, page 543). Ce genre est alors rangé dans le quatrième ordre des Insectes (Insecta) les Neuroptera.
Les Neuroptera Linnaeus, 1758, sont distingués selon leur abdomen (Cauda), leur bouche (Os) et leurs ailes (Alæ). Il y a cinq genres de Neuroptera :
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C'est Olivier (1792) qui utilise le premier, le nom français "Libellule".
Suit splitage du genre depuis son origine. C'est Fabricius (1775) qui réalise les premières distinctions de genres chez les Odonates. Il sépare le genre initial Libellula en Libellula, Aeshna et Agrion.
En effet le genre a été amplement splité depuis sa fondation et bien qu'il ne concerne plus qu'une grosse vingtaine d'espèce mérite encore quelques affinements. J'avais il y a quelques années, notamment dès 2004, suivi les résultats de Carle & Kjer (2002) afin de préciser ce splitage. Je reprends ici de nouveau cette réflexion en ajustant quelques "erreurs de jeunesse"[3].
Éléments de description
- Linnaeus (1758) - La description de Linnaeus (1758)[4] vaut pour tous les Odonates qui sont alors rangés alors dans un genre unique : La bouche est dotée de mâchoires multiples, les antennes sont plus courtes que le thorax et les ailes sont déployées. La queue est crochue ou terminée d'expansions foliacées. L'auteur distingue par des phrases brèves les deux grands ensembles des Odonates : alis patentibus correspondant aux Anisoptères et alis erectis pour les Zygoptères. Linnaeus (1758) ne s'est guère intéressé au détail des Zygoptères pour lesquels il ne forge que deux espèces : Libellula virgo et Libellula puella.
- Fabricius (1775) - Aeshna, Agrion • Libellula - Fabricius (1777) - L'auteur décrit de manière méthodique les trois genres d'Odonates qu'il distingue. On retiendra la présence de pièces buccales cornées, les antennes courtes et filiformes aux articles très brefs, la larve agile avec une pièce buccale articulée (le masque), espèces prédatrice à tous les stades du développement. De manière notable, le plan fixe utilisé par Fabricius (1777) ne conduit pas à des descriptions fondamentalement différentes pour les deux genres ajoutés (Aeshna et Agrion), seules les pièces buccales viennent les distinguer. Dans les faits les Libellula tendent à correspondre aux Libellulidae à l'époque, ce qui est assez conforme aux Libellulines de la Classification phylogénétique.
- Leach in Brewster (1815) - Cet auteur splite le genre Libellula en Libellula et Cordulia. Les Libellula se distinguent par la partie postérieure des ailes similaires chez les deux sexes. Ceci correspond à une présentation du triangle anal. Notons que Stephens (1835) dit que le splitage de Leach a opéré en 1810[5] et que celui-ci n'est pas appliqué par les auteurs du continent [qui restent sur Libellula seulement]. Leach in Brewster (1815) range ce genre dans la famille des Libellulida. Il dit que ce nom a déjà été présenté par Linnaeus, Fabricius et Latreille. Il en distingue le nouveau genre Cordulia qui présentent un angle anal aux ailes postérieures. Les espèces qu'il cite sont Libellula depressa, Libellula conspurcata, Libellula quadrimaculata, Libellula cancellata, Libellula vulgata, Libellula donovani et Libellula scotica. Les Libellula au sens de Leach, ici, tendent à correspondre à une partie plus restreinte de la famille des Libellulidae à l'époque, assez conformes au Libelluloidea de la Classification phylogénétique.
- de Lamarck (1817) - Antennes courtes, filiformes, sétacées. La bouche est presque masquée : les mandibules, les mâchoires et les palpes sont en partie recouverts par la lèvre inférieure vouté qui les embrasse. La tête est hémisphérique. Les trois ocelles sont disposés en triangle sur l'arrière de la tête. L'abdomen tend à être déprimé, lancéolé, parfois en massue. Le genre Cordulia n'est pas distingué par Lamarck et est en conséquence inclus : ceci est donc équivalent à Libellula sensu Fabricius, 1775 (cf. Libellulines).
- Stephens (1835) - Labium particulier, labre entier, tête grande semi-globulaire avec yeux contigus ou presque à l'avant, les ocelles sont placés en triangle sur une vésicule distincte, le thorax est ample et le corps non métallique, abdomen de forme variable, rarement clavaté. Il traite de ce genre au sens de Leach in Brewster (1815).
- Boyer de Fonscolombe (1837) - Il définit en français le genre qui se partage avec les Aeshna et les Agrion pour couvrir l'ensemble des Libellules. Ceci correspond au sens donné à ce genre par Fabricius (1775) (cf. Libellulines). L'essentiel de la description se base sur les pièces buccales et la tête. Chez les Libellula la bouche comprend un labre transverse, assez large, arrondi à l'extérieur, un peu gibbeux, légèrement cilié sur le bord externe, des mandibules épaisses, légèrement courbées côté dos, minces à l'extrémité qui est terminée par une forte dent doublées d'une dent plus petite en position inférieure et avec deux dents de chaque côté, soit quatre au total, assez courtes et fortes, les mâchoires ressemblent aux mandibules. Elles sont minces et aplaties, membraneuses terminées en crochet, armées de six épines crochues. La lèvre est très épaisse, renflée, presque transparente, hérissée de poils. Le menton est en cinq parties. La tête est hémisphérique avec une vésicule très distincte à l'arrière avec des ocelles lisses en triangle. Les ailes sont horizontales et l'abdomen est plus ou moins lancéolé.
- Burmeister (1839) - Cet auteur fait sa description en allemand et lettres gothiques, ce qui rend très difficile la traduction de son texte pour nous. Son acception du genre Libellula comprenant 81 espèces de différents endroits du Monde, semble proche de ce que je traite actuellement sous les Libelluloidea. Il a écarté de nombreuses espèces dans d'autres genres : Agrion, Calopteryx pour les Zygoptères au sens actuel, Diastatomma (cf. Gomphidae s.l.), Aeschna (cf. Aeshnidae et Cordulegastridae) et Epophthalmia genre qu'il a forgé, alors proche de la famille des Corduliidae et désormais réduite à quelques espèces seulement.
- Blanchard (1840) - L'auteur présente les Libellules sous les trois genres usuels à l'époque : Libellula, Aeshna et Agrion. Les Libellula se présentent avec une tête globuleuse avec trois ocelles sur une petite vésicule, disposés en triangle. Les yeux sont très grands et se touchent le plus ordinairement. Mâchoires avec cinq fortes épines du côté interne. Ailes étendues horizontalement. Abdomen ordinairement lancéolé, déprimé ou légèrement en massue. Les larves ont le corps court et ramassé. Cette présentation est équivalente à celle de Fabricius (1775) (cf. Libellulines).
- de Selys Longchamps (1840) - Splitage des genres chez de Selys Longchamps (1840) - L'auteur scinde le genre Libellula en Libellula, Libella et utilise le genre Cordulia déjà présenté par Leach (in Brewster 1815). Pour le genre Aeshna il impose les genres - déjà définis - Lindenia, Gomphus, Cordulegaster, Aeschna et Anax. Il utilise côté Agrion, les genres Calepteryx, Lestes, Sympecma et Agrion. Le genre Sympecma paraît nouveau. En effet, il n'a été que cité par Burmeister (1839), sans description (nomen nudum). - Ainsi réduit le genre Libellula correspond aux Libelluloïdes actuels à la manière de Leach in Brewster (1815). Les appendices abdominaux sont petits, les yeux simples. Le bord anal des ailes postérieures est arrondi chez les deux sexes. Il complète p.30 sa description par des caractéristiques des pièces buccales. La protubérance entre les yeux est très distincte et porte des ocelles organisés en triangle. La tête est globuleuse, les yeux contigus. L'abdomen est plus ou moins lancéolé, déprimé ou cylindrique, plus court que la longueur de l'aile postérieure. Les appendices abdominaux sont courts et rapprochés chez le ♂, l'inférieur manquant chez la ♀ chez qui la vulve est simplement recouverte d'une écaille double. Ptérostigma visible, mais petit. L'auteur considère que l'organisation générique de ce taxon n'est pas achevée, par exemple selon la forme de l'abdomen qui diffère nettement entre des espèces comme la depressa ou la vulgata, mais les intermédiaires étant nombreux, il pense qu'on tomberait dans l'absurde à trop distinguer. Il considère que le genre (du moins pour l'Europe) devrait rester entier. L'avenir montre que ce ne sera pas le cas et on distinguera des genres comme Orthetrum, Leucorrhinia ou Sympetrum.
- Deliry ([2018]) - Le genre Libellula est réduit aux trois espèces, incluant Libellula quadrimaculata décrite en première "ligne" par Linnaeus (1758), ne variant pas de teinte avec l'âge, à savoir Libellula angelina, Libellula quadrimaculata, Libellula semifasciata. Il ne reste alors que trois espèces dans ce genre après écart des autres dans les genres Belonia et Holotania, et, antérieurement Eurothemis et Platetrum. Cette manière de faire s'approche de celle de Kirby (1890).
![]() ![]() ![]() 🔍 - Libellula quadrimaculata f. praenubila ♀ : ©© bysa - Charles J. Sharp • Libellula angelina : ©© bysa - Yasunori Koide • Libellula semifasciata : telle que représentée dans l'ouvrage d'Alcide d'Orbigny (1861) sous Libellula hersilia |
Liste des espèces du genre Libellula fin 2018 et propositions de nouveaux genres (2004, 2018) : finalisation le 22 octobre 2024
Suite aux combinaisons nouvelles suggérées ici, les véritables Libellula (3 espèces seulement) sont mises en caractères gras, elles se caractérisent par le fait qu'elles ne changent pas de couleur avec l'âge. Deux nouveaux genres sont restaurés ici et avaient déjà été proposés dès la fin du XIXème siècle par Kirby (1889) : Belonia et Holotania. Les genres Platetrum et Eurothemis sont quant à eux les pendants Paléarctiques, respectivement des genres Plathemis et Ladona qui concernent des espèces américaines et qui sont pour ces deux derniers d'ores et déjà acceptés par la Communauté odonatologique. Le cas de genres supplémentaires resteront à examiner avec plus d'attention et pourraient ne former que des sous-genres à placer de manières adéquate : Eolibellula Kennedy, 1922 et Syntetrum Kennedy, 1922. - [22 octobre 2024]
Cette synthèse préparée dès 2018 est mise en ligne dans ses pages le 3 avril 2022, déplacée sur cet espace le 22 octobre 2024.
- Libellula angelina de Selys Longchamps, 1883
- Libellula auripennis Burmeister, 1839 → Holotania auripennis (Burmeister, 1839)
- Libellula axilena Westwood, 1837 → Holotania axilena (Westwood, 1837)
- Libellula coahuiltecana Ortega-Salas & González-Soriano, 2015 → Holotania coahuiltecana (Ortega-Salas & González-Soriano, 2015). Rapprochée de Libellula needhami.
- Libellula comanche Calvert, 1907 → Holotania comanche (Calvert, 1907)
- Libellula composita (Hagen in Hayden, 1873) → Holotania composita (Hagen in Hayden, 1873)
- Libellula croceipennis de Selys Longchamps, 1868 → Belonia croceipennis (de Selys Longchamps, 1868)
- Libellula cyanea Fabricius, 1775 → Holotania cyanea (Fabricius, 1775)
- Libellula depressa Linnaeus, 1758 → Platetrum depressum (Linnaeus, 1758)
- Libellula flavida Rambur, 1842 → Holotania flavida (Rambur, 1842)
- Libellula foliata (Kirby, 1889) → Belonia foliata (Kirby, 1889)
- Libellula forensis Hagen, 1861 → Holotania forensis (Hagen, 1861)
- Libellula fulva Müller, 1764 → Eurothemis fulva (Müller, 1764)
- Libellula gaigei Gloyd, 1938 → Holotania gaigei (Gloyd, 1938)
- Libellula herculea Karsch, 1889 → Belonia herculea (Karsch, 1889)
- Libellula incesta Hagen, 1861 → Holotania incesta (Hagen, 1861)
- Libellula jesseana Williamson, 1922 → Holotania jesseana (Williamson, 1922)
- Libellula luctuosa Burmeister, 1839 → Holotania luctuosa (Burmeister, 1839)
- Libellula mariae Garrison, 1992 → Belonia mariae (Garrison, 1992)
- Libellula melli Schmidt, 1948 → Platetrum melli (Schmidt, 1948). Rapprochée de Libellula depressa.
- Libellula needhami Westfall, 1943 → Holotania needhami (Westfall, 1943)
- Libellula nodisticta Hagen, 1861 → Holotania nodisticta (Hagen, 1861)
- Libellula pontica de Selys Longchamps, 1887 → Eurothemis pontica (de Selys Longchamps, 1887)
- Libellula pulchella Drury, 1773 → Holotania pulchella (Drury, 1773)
- Libellula quadrimaculata Linnaeus, 1758
- Libellula saturata Uhler, 1857 → Belonia saturata (Uhler, 1857)
- Libellula semifasciata Burmeister, 1839
- Libellula vibrans Fabricius, 1793 → Holotania vibrans (Fabricius 1793)
• 1558 - Éléments clés de l'Histoire des Odonates n°1
Rondelet (1558)[6]
Libella est un des noms du Requin marteau


Rondelet (1558)[7] nomme en grec Zigæna, Libella en latin, le Marteau [français] ou Poisson Iuif que nous connaissons sous le nom de Requin marteau. Le nom Libella (qu'on retrouve dans la Libellula des Odonates - voir plus bas) vient du nom d'un instrument de maçon et de charpentier aussi appelé en français, un niveau en raison de similitudes avec la forme de la tête du dit Poisson. Il est appelé Balista en Italie ou Peƒce martello. C'est à Marseille le Peis iouizio [Poisson juif] en raison de l'aspect d'un chapeau que portait autrefois les Juifs dans la ville. En Espagne c'est le Peis limo, Limada, Toilandalo.
Libella est un nom donnée aux Odonates

C'est aussi Rondelet (1558) qui est à l'origine du mot Libella à la base du nom Libellula qui concerne nos Libellules. Il dit que ce petit inƒecte ƒe peut appeler Libella fluviatilis [donc il en forge bien le nom] pour la similitude qu'il ha avec le poiƒƒon marin nommé Zigæna ou Libella, pour la figure faite avec vn Niueau, duquel vƒent les Architectes, lequel auƒƒi en Italie s'appelle poiƒƒon Marteau. Ceƒte beƒte eƒt fort petite, de la figure d'vn T, ou d'vn Niveau aiant trois pieds de chacque coƒté. La queüe finiƒt en trois pointes vertes deƒquelles, é des pieds elle nage. Ces animaux qui sont des larves de Zygoptères sont aussi présentés sous le nom de Marteau d'eau douce ou Niueau d'eau douce qui paraissent comme autant de néologismes pour l'époque (ch. XXXV)[8].
Les Odonates sont des Mouches d'eau douce
Il est intéressant de noter, ce qu'aucun auteur n'a relevé jusqu'alors (C.Deliry, com. 2021) que le chapitre suivant (XXXVI) correspond à Des Mouches d'eau douce, or, si la description ne sait être attribuée à une Libellule particulière, me semble bien évoquer nos Insectes en particulier dans le cadre de séances de ponte aquatique d'Anisoptères.
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🔍 - Le chapitre XXXVI de l'ouvrage de Rondelet (1558) qui pourrait à notre avis, au moins par partie concerner les Odonates. |
Les étymologies basées sur "petit livre" sont erronées
Des étymologies rapportées sur le thème de Libella ou "petit livre" ont longtemps perdurées et sont parfaitement erronées.
• 1758 - Éléments clés de l'Histoire des Odonates n°2
Début de la taxonomie officielle en Zoologie 1758 (1757)
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🔍 - Araneus angulatus Clerck, 1757 - Planche originale (Clerck 1757) |
En zoologie, le plus ancien nom de la classification officielle est Araneus Clerck, 1757 (type : Araneus angulatus Clerck, 1757 - pl. ci-dessus) (ICZN 2009 : opinion 2224) et viennent ensuite les noms génériques donnés par Linnaeus en 1758. Pour nos Insectes, il utilise un seul genre : Libellula Linnaeus, 1758. Cet auteur fondateur place les Libellules dans le Règne Animal dont il forme six classes : I. Mammalia, II. Aves, III. Amphibia (incl. des Reptiles), IV. Pisces, V. Insecta, VI. Vermes. Les Insecta forment un ensemble bien développé par Linnaeus, avec 73 genres parmi les 312 qu’il décrit pour l’ensemble du Règne Animal. Pour la classe des Insecta il précise sept ordres, dont le dernier inclus des Araignées, Scorpions, Crustacés ou Myriapodes : I. Coleoptera, II. Hemiptera, III. Lepidoptera, IV. Neuroptera, V. Hymenoptera, VI. Diptera, VII. Aptera.
Le genre Libellula Linnaeus, 1758 correspond au 207e genre du Règne Animal, rangé dans le 6e ordre des Insecta, les Neuroptera accompagné des genres n°208 à 212 : Ephemera, Phryganea, Hemerobius, Panorpa et Raphidia. Il y distribue 18 espèces, essentiellement européennes dans deux ensembles, sans les nommer et qui préfigurent les Anisoptera et les Zygoptera : * Alis patentibus acquieƒcentes... et ** Alis erectis... .
Sauf à utiliser le mot Odonates, ces Insectes restent toujours dépendants de deux noms qui les résument en anglais Damselflies and Dragonflies ou repris, d’ailleurs de nouveau assez récemment, en français sous Demoiselles et Libellules. Ils resteront rapprochés des Névroptères jusqu’au bon milieu du XXe siècle, puis placés parmi les Paléoptères avec les Ephémères, alors en parallèle des Néoptères au sein des Ptérygotes (Insectes ailés ou affines). Notons que Linnaeus (op. cit.) avait déjà rapproché le genre Libellula du genre Ephemera (genres n°207 et 208), ce qui équivaut au rapprochement des Odonates et des Ephémères au sein des Paléoptères.
Voir aussi : Limites et portée des descriptions d’Odonates faites par Linnaeus (1758)
Le travail de Linnaeus (1758) sur les Odonates se basent de toute évidence sur sa collection issue de Suède et ses recherches antérieures sur les Insectes de ce pays (Linnaeus 1746). Il connaît l’ouvrage magnifiquement illustré de Roessel von Rosenhof (1749) ou la synthèse de René-Antoine de Réaumur (1738 et 1742), ainsi que le travail sur les Insectes d’Angleterre de Ray (ou Rajus) (1710). Il prend quelques sources aussi chez Muffet (1589-90), mais ne semble pas connaître a priori l’origine du mot Libella issu de Rondelet (1558) et qui lui sert de base pour Libellula. Pour les espèces exotiques, il s’agit de taxons spectaculaires par la coloration « vive » de leurs ailes, mais plusieurs sont déjà abordés par les auteurs par ailleurs et Linnaeus, le cite. C’est fondamentalement un travail sur les Odonates du Nord de l’Europe (Suède notamment), s’appuyant, outre sa collection, pour partie sur des travaux dont les plus complets du point de vue descriptif concernent l’Angleterre ou l’Allemagne. En conséquence les espèces méridionales de l’Europe seront inconnues pendant assez longtemps. De manière étrange les deux espèces du genre Anax ont échappé à tout le monde avant la description d'[[Anax imperator] par Leach in Brewster (1815). Des espèces comme Brachytron pratense ou Cordulegaster boltonii sont omises alors qu’elles ont déjà été illustrées par le passé. Les Zygoptères (pourtant variés dans la collection de Linné) semblent quelque peu bâclés ou trop volontiers traités comme des variétés de Libellula virgo et Libellula puella. La dualité des Calopteryx (virgo ou splendens) n’a pas été comprise et ne le sera pas vraiment comme je l’ai déjà signalé avant près d’une centaine d’années.
→ Références en notes de bas de page[9]
Références
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Blanchard C.E. 1840 - Histoire naturelle des insectes : Orthoptères, Névroptères, Hémiptères, Hyménoptères, Lépidoptères et Diptères. - Duméril, Paris : 672 pp. - ONLINE
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Brewster D. (ed.) 1815 - The Edinburgh Encyclopaedia. - Edinburgh, Vol. 9. - [Leach : Odonata : 136-137]. - ONLINE
Burmeister H. 1839 - Handbuch der Entomologie. - Enslin, Berlin [Libellulina : 805-862]. - ONLINE
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Carle F.L. & Kjer K.M. 2002 - Phylogeny of Libellula Linnaeus (Odonata: Insecta). - Zootaxa, 87: 1-18. - ONLINE
de Charpentier T. 1840 - Libellulinae europaeae. - Leopold Voss, Lipsiae. - ONLINE
de Lamarck J.B. 1817 - Histoire naturelle des animaux sans vertèbres. Tome quatrième. - Paris. - ONLINE
de Selys Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. - ONLINE
de Selys Longchamps E. & Hagen H.A. 1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Muquardt, Bruxelles & Leipzig, Roret, Paris : XXII + 408 pp. + 11 pl. - ONLINE
de Réaumur R. 1742 - Mémoire pour servir à l’histoire des Insectes. Onzième mémoire. Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. - Imprimerie royale, Paris [Demoiselles] : 387-457. - PDF
Deliry C. [2004] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
Deliry C. 2014 - Lecture libre du De animalibus Insectis d'Ulysse Aldrovando. - Histoires Naturelles n°42. - PDF
Deliry C. [2018, 2019] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
Deliry C. [2020] - Nommer les Libellules, historique ancien. - Odonates du Monde, en ligne. - ONLINE
Deliry C. [2024] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
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Fabricius J.C. 1775 - Systema Entomologiae. - Flensburgi & Lipsiae. - ONLINE
Fabricius J.C. 1776 - Genera insectorum. - M.F.Bartschii, Chilonii : XVI + 310 pp.
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Shaw G. 1806 - Libellula. In : : General Zoology, or systematic natural history. Volume 6 (2) : Insecten.
Stephens F.J. 1835 - Illustrations of British Entomology. - London. - ONLINE
= Notes =
- ↑ Il s'agit du premier nom français que j'ai trouvé pour désigner les Odonates, latinisé par l'auteur, Aldrovando (1602) en Perla, le mot français correspondant doit donc être "Perles" (com., 21 octobre 2024). Lister (1700) utilise bien le mot "Perle" tout simplement !
- ↑ Genre obsolète, il n'est pas maintenu désormais et a un historique relativement complexe : à voir.
- ↑ La base de l'arbre est revu et placé vers le point 89-99 pour le genre Holotania pour des raisons de bonne monophylie
- ↑ "Os maxillorum : maxillis pluribus. Antennæ thorace breviore. Alæ extenƒae. Cauda particulis hamoƒo-foliaceis" (Linnaeus 1758).
- ↑ Ceci correspond à un manuscrit de Leach datant de 1810 en définitive : Leach ([1810]).
- ↑ Rondelet G. 1558 - L'Histoire entière des Poissons. - Bonhome, Lion.
traite nos Insectes parmi les Poissons. - ↑ Rondelet G. 1558 - L'Histoire entière des Poissons. - Bonhome, Lion.
- ↑ Il est possible que le qualificatif fluviatilis associé à ces larves soit implicitement en rapport avec des Calopteryx, état imaginal "spectaculaire" qui a attiré l'attention des auteurs ultérieurs (com., 21 octobre 2024).
- ↑ Rondelet G. 1558 - L'Histoire entière des Poissons. - Bonhome, Lion.
Muffet T. 1589-90 - Insectorum sive Minimorum Animalium Theatrum. - Réed. 1634 – Londini. - ONLINE
Ray J. 1710 - Historia insectorum. - Londoni, Impensis A. & J. Churchill, [Libella] : 47-53 + 140. - PDF sauf p.140
de Réaumur F. 1738 - Mémoire pour servir à l’histoire des Insectes. Troisième mémoire. De la distribution des Mouches en classe, en genres et en espèces. - Imprimerie royale, Paris. - ONLINE
de Réaumur R. 1742 - Mémoire pour servir à l’histoire des Insectes. Onzième mémoire. Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. - Imprimerie royale, Paris [Demoiselles] : 387-457. - PDF
Linnaeus C. 1746 - Fauna Svecica. - Stockholmiae [Libellula] : 227-232. - ONLINE
Roessel von Rosenhof A.J. 1749 - Der monathlich-hereusgegebenen Insecten-Belustigung. Insectorum aquatilium. - Nürberg. - ONLINE
Clerck C. 1757 - Svenska spindlar. - Stockholmiae, Literis Laur. Salvii, VII : 154 pp.
Linnaeus C. 1758 - Systema naturae. 10e édition. - Holmiae. - [Libellula] PDF