Odonata
[Deliry C. 2026] – Odonata - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 73540 du 08.01.2026. – odonates.net
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Odonata Fabricius, 1793 - Ordre des Odonates
Demoiselles et Libellules (ou simplement : Libellules) - (anglais) Dragonflies and Damselflies
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Chapitres : voir aussi
→ Présentation générale des Demoiselles et des Libellules
→ Contexte géologique des Odonates – Histoire des Odonates - Espèces d'Odonates - Odonates fossiles Ŧ - Odonates par pays, régions ou îles - Odonates par thèmes - Références par dates - Liens Internet Odonates
Commentaires

L’ordre des Odonates au sens strict tel qu’il est présenté ici se limite aux Zygoptera et aux Epiproctophora. Certains fossiles sont directement alliés à ces deux sous ordres : le sous-ordre des Sieblosiidoptera Ŧ (= Cephalozygoptera Ŧ) dont la validité et le placement sont discutés et deux familles non classées, les Mesomantidiidae Ŧ et les Saxonagrionidae Ŧ, situés à la base des Odonates s.str.. Cette définition correspond assez bien à celle des Euodonata Grimaldi & Engel, 2005 dont les plus anciens fossiles connus datent de la fin du Trias (~ 237-228 Ma). Ces derniers sont placés dans l’ensemble des « Odonates » au sens large, nommé Odonatoptera Lameere, 1900 groupe voisin des Ephemeroptera Hyatt & Arms, 1891 formant ensemble les Paleoptera Crampton, 1815 (sensu Martynov, 1923). Ce sont avec l’essentiel des autres Insectes (classe : Insecta Linnaeus, 1758) des Hexapoda Ducrotay de Blainville, 1816, Arthropoda Latreille, 1829 [embranchement], Ecdyosozoa Aguinaldo & al., 1997, Bilateria Hatscheck, 1888, Eumetazoa Butchlii, 1910, groupe qui forme l’essentiel des Animaux actuels (règne : Animalia Linnaeus, 1758). Les Animaux sont des Opisthokonta Copeland, 1956 rangé dans le domaine des Eucaryota Whittaker & Margulis, 1978, dans le Système de la Nature (Naturae Linnaeus, 1758)
→ Naturae Linnaeus, 1758 [système] > Eukaryota Whittaker & Margulis, 1978 [domaine] > Opisthokonta Copeland, 1956 > Animalia Linnaeus, 1758 [règne] > Eumetazoa Bustchli, 1910 > Bilateria Hatscheck, 1888 > Ecdysozoa Aguinaldo & al., 1997 > Arthropoda Latreille, 1829 [embranchement] > Hexapoda Ducrotay de Blainville, 1816 > Insecta Linnaeus, 1758 [classe] > Pterygota Lang, 1888 > Paleoptera Crampton, 1915 sensu Martynov, 1923[10] > Odonatoptera Lameere, 1900 > Odonata Fabricius, 1793 [ordre]
Cotaxons : Fossiles Ŧ (divers), Ephemeroptera Hyatt & Arms, 1891
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→ Classification phylogénétique moderne (2004-2026).
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| 🔍 - ©© bysa - Göran Liljeberg, Hallvard Elven (Muséum d'Histoire Naturelle de l'Université d'Oslo) - Lien Internet |
Référentiel taxonomique mondial
Le référentiel taxonomique mondial est la World Odonata List installée en ligne depuis au moins l’an 2000 sur le site de l’Université américaine Puget Sound (Paulson & al. 2000-2025). Cette version a été arrêtée le 5 avril 2025 mais présentait dès 2021, une version miroir maintenue techniquement par John Abbott à l’Université de l’Alabama et déposé en ligne sur Odonata Central. C’est cette nouvelle version qui est désormais [installée régulièrement mise à jour. Ce travail est l’héritage de nombreux catalogues mondiaux qui lui ont précédé (Linnaeus 1758, Olivier 1792, Fabricius 1798, Burmeister 1839, Rambur 1842, Preudhomme de Bore 1889, Kirby 1890, Davies & Tobin 1984, 1985, Tsuda 1986, 1991, Bridges 1994, Steinmann 1997, Silsby & Parr 2001). Je n’ai pas encore exploité le site Lifemap et d’autres catalogues en ligne sont proposés, dont plusieurs ont disparu (liens obsolètes).
Éléments de Zoonymie et définition
J’ai récemment pris conscience que le terme Libella qui est le premier à désigner les Odonates dans la science de la Renaissance se trouvait chez Rondelet dans son ouvrage en latin de 1555 et non dans sa version française modifiée en 1558. Selon l’édition de 1555, j’en ai refais ainsi l’interprétation le 30 décembre 2025 : Libella fluviatilis pour les larves de Zygoptères (cf. Calopteryx), Cicada fluviatilis (larves d’Anisoptères) et Muƒca fluviatilis pour les imagos (cf. Anisoptères) (Deliry [2025c]). Muffet (1589-90) donne le terme Libella à l’ensemble tel qu’il le connaît à l’époque et précise de nombreux noms vernaculaires anglais qui appartiennent à un folklore probablement d’origine médiéval partagé avec d’autres langues occidentales. Cet auteur anglais dit qu’il y a différentes mouches (Muƒcarum differentis), les Odonates étant nommés plus exactement Libella (Libellae dictae / Libella proprement dites). Aldrovando (1602) préfère le nom de Perla et Goedart (1685) celui de Mordella. Lister (1700) est un des premiers à citer Demoiselles pour le nom français. Ce nom est explicitement expliqué dans le titre du mémoire de René Antoine Ferchault de Réaumur (1742) : Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. Cet auteur distingue les Demoiselles aquatiques des Demoiselles terrestres qui sont en fait les Fourmilions (Myrmeleontidae). Etymologiquement Libella est un diminutif de Libra / Balance. Linnaeus (1735) ajoute donc un double diminutif en forgeant Libellula, terme qui entre officiellement dans la nomenclature scientifique comme nom de genre unique pour tous les Odonates décrits en 1758 (Linnaeus 1758). Olivier (1792) est le premier à franciser le nom Libellule. Ainsi de Tigny (1802) témoigne de l’importance populaire des Odonates en précisant que "Les Libellules sont connues dans presque toute la France, même par les enfans, sous le nom de Demoiselles, qu’elles doivent vraisemblablement à la longueur et à la finesse de leur corps".
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Le mot Odonata a été forgé par Fabricius en 1793 à partir du grec οδόντoς qui signifie "mâchoires avec des dents". |
Historique résumé
Cet ensemble formé d’abord par le genre unique Libellula Linnaeus, 1758 (placé dans les Neuroptera Linnaeus, 1758) a été splité en trois par Fabricius (1775) : Agrion Fabricus, 1775, Aeshna Fabricius, 1775 et Libellula Linnaeus, 1758 (sensu Fabricius, 1775). Ce dernier les range parmi les Unogata Fabricius, 1775 avant de resserrer dans un ensemble plus strict, celui des Odonata Fabricius, 1793.

Malgré la désignation relativement précoce du zoonyme Odonata puisqu’il n’a été forgé qu’un peu plus d’une trentaine d’années après le début de la systématique officielle, et, alors qu’il n’y avait pas plus de trois genres définis, voire encore un seul pour certains auteurs, il n’est utilisé que de manière accessoire par les systématiciens. Les termes basés sur des racines depuis Libellula sont généralement préférés. Ainsi de Selys Longchamps (1840) préfère Libellulidés et place Odonate comme synonyme. S’il titre une dizaine d’année plus tard sous ouvrage Odonates ou Libellules d’Europe (de Selys Longchamps & Hagen 1850), en termes de systématique il place bien toutes les espèces dans la famille des Libellulidées et tribu unique des Libellulines. Il présente toutefois un sous-ordre nommé Odonates, monotypique (donc redondant) tant pour la famille que pour la tribu, placé dans l’ordre des Névroptères.

Il suffit par exemple de lire, ci-contre, la définition du Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle dirigé par Charles d’Orbigny (tome 8 : 1847) pour mesurer la place tout à fait secondaire prise par ce terme plus d’un demi siècle après sa désignation par Fabricius (1793). Ce n’est en conséquence que bien plus tard que l’Ordre des Odonates prendra sa pleine dimension, mais je n’ai pas encore réussi à définir à partir de quand. J’estime que cette option vient au début du XXe siècle alors que les odonatologues forgent de nombreuses familles propres à mieux ranger ces Insectes. [A suivre... !]
Certaines conventions taxonomiques attribuent la terminaisons des ordre en -iformes d’où l’idée de nouveau nom envisageable, car bien formé : Libelluliformes Deliry, [2025] (nomen novum) [a].
| 🔍 - Zygoptere (A) et Anisoptères (B) (en Europe), larves - Chopard (1948 : fig.15) |
Éléments de description générale
Charles de Geer (1778) donne la description suivante qui est particulièrement complète, une des premières qui soit suffisante :
Antennes très-courtes. Bouche armée de quatre dents. Ailes étendues ou élevées perpendiculairement, toutes de grandeur égale. Trois petits yeux liƒƒes [Ocelles]. Trois articles aux tarƒes. Quatre petites parties plates en feuilles [Pièces abdominales des ♂].
Les yeux ƒont fort grands & occupent presque toute la surface de la tête.
Pour s'accoupler le mâle ƒe ƒaiƒit en volant de la femelle, s'accroche à ƒon col par des crochets qu'il porte au derrier & s'envole avec elle de cette manière [tandem] ; pour achever la copulation, la femelle courbe ƒon long corps en deƒƒous & en applique le bout ƒur les parties du mâle, qui ƒe trouvent en deƒƒous du ƒecond anneau, tenant alors ƒon corps courbé en boucle [cœur copulatoire]. Les larves sont vraiment aquatiques et elles vivent dans l'eau jusqu'au moment qu'elles doivent prendre des ailes, après avoir passé par l'état de fausse-nymphe ou nymphe ambulante. Elles portent un masque permettant la capture de leurs proies.. Cet auteur distingue deux familles qu'il ne nomme pas qui correspondent en fait aux Anisoptères (Tête grosse...) et au Zygoptères (Tête large...).
On trouve chez Leach in Brewster (1815) une des premières descriptions “complètes” des Odonates en anglais. Il traite en fait l’ensemble dans la "tribu" [clade] des Libellulides : ils se caractérisent par des tarses jointives au nombre de trois, des mandibules et des maxilles fortes et cornées, des ailes semblables ou avec les postérieures plus larges à la base, l'abdomen non terminé par de soies ou des filaments et enfin des yeux très grands. Ils sont classés dans l'ordre de Neuroptera (quatre ailes, nues, réticulées et divisées en de nombreuses cellules), de la "section" [clade] des Subulicornes (antennes en pointe, très courtes, sétiformes, palpes maxillaires très courts, ailes étendues horizontalement ou redressées, extrêmement réticulées, comprenant de plus les Ephemerides qui se distinguent par leurs quatre tarses, la bouche non distincte, aux ailes postérieures plus petites que les antérieures et à l'abdomen terminé par deux ou trois filaments.
Révision des Anisozygoptères en 2022 : fixation
J'ai proposé le 17 novembre 2022, une redéfinition fixant l’infra-ordre des Anisozygoptères qui devenait un ensemble très ambigu, problème pourtant relativement bien explicité dès les années 1990. Ce "groupe" reste toutefois plébiscité par la Communauté odonatologique (Deliry 2022a). Il convenait de donner du sens et de la rigueur à un terme qui avait perdu toute consistance.
| 🔍 - Classification des Odonates [2022] après rénovation du sens des Anisozygoptera |
Observations en ligne sur íNaturalist

2026 : 746748 observations (2838 espèces) au 24 octobre 2025 > Projet Odonata of the Year (íNaturalist - 2026)
Classification résumée→ Classification phylogénétique détaillée La Classification officielle distingue trois sous-ordres (Zygoptères, Anisozygoptères et Anisoptères), alors que la Classification phylogénétique dont je fais la promotion est désormais de plus en plus régulièrement acceptée dans ses grands ensembles qui limite les Odonates à deux sous-ordres (Zygoptères et Epiproctophores) tendant même à ne plus accepter les Anisozygoptères dont les Epiophlebiidae sont rangés dans les Epiproctophores. Plus haut je propose une solution pragmatique qui permet de conserver les Anisozygoptères dans la Classification, cet ensemble étant très médiatique et populaire au sein de la Communauté odonatologique devant être redéfini correctement pour retrouver un sens concret (Deliry 2022a). La Classification officielle moderne tend à se désintéresser de l'étude des fossiles essentiellement car les modalités de leur étude diffère de manière substantielle, néanmoins je considère dans la Classification phylogénétique donnée ici, qu'ils ont un rôle important dans la compréhension de la détermination des grands ensembles et sous-ensembles construisant la systématique des Odonates. Selon les conceptions ces ensembles fossiles sont rangés ou non parmi les Odonates ou inclus dans un groupe plus vaste, les Odonatoptères apposés aux Ephéméroptères et rassemblés dans les Paléoptères, eux même apposés aux Néoptères composant par deux groupes presque tous les Insectes actuels. On trouve chez les fossiles tour à tour les Archizygoptères Ŧ, Protozygoptères Ŧ, Céphalozygoptères Ŧ, Protanisoptères Ŧ, Protodonates Ŧ, Triadophlebioptères Ŧ. Malgré l'intérêt que je porte à ces ensembles fossiles, il reste encore beaucoup de lectures et de recherche à faire pour leur donner du "corps" et tout leur sens [2024].
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Après avoir mené cette classification au niveau des sous-ordres et infra-ordres (finalisés en 2023), incluant des super-familles, j’ai ajouté des rangs intermédiaires assimilés à des micro-ordres en 2024 (stat. nov.) : il y a en a sept dont trois plus informatifs car non monotypiques : Lestida, Calopteragrionida et Anisoptera avec respectivement deux, deux et trois micro-ordres proposés. On peut lire l’organisation : Ordre, (familles incertae sedis), sous-ordres et en ligne infra-ordres : microordres.
Zygoptera de Selys Longchamps, 1854
Epiproctophora Bechly, 1996
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"Catalogues mondiaux"Ordre chronologique Linnaeus C. 1758 - Systema naturae. 10e édition. - Holmiae. - [Libellula] PDF Chronologie des références principales[Qian Xuan 1235-1305] - Début d’automne. [et] Libellule sur un Bamboo. – [Peintures chinoises du XIIIe siècle] Liste développée de référencesAldrovando U. 1602 - Des Animalibus Insectis libri septem. - Bononiae. - ONLINE Communiqués, notules et Évenements (Liste)
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Liens Internets (Webographie) |
Annexe : Classification phylogénétique
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Zygoptera de Selys Longchamps, 1854
Platystictida Kennedy, 1920 [+]
Calopteragrionida Deliry, 2014
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Epiproctophora Bechly, 1996 [+] Anisozygoptera Handlirsch, 1906
Anisoptera de Selys Longchamps, 1854
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Notes
- ↑ Le nom Libella fait la préférence de Drury (1770), car il est "le plus connu aux naturalistes".
- ↑ Ce nom a été remobilisé par les premiers auteurs linnéens pour fonder le genre Perla qui forment les Plécoptères.
- ↑ J'ai trouvé de plus de nom sous le genre Mordella pour des Coléoptères
- ↑ Probablement en raison de la forme prise par la paire lors de l'accouplement ou cœur copulatoire.
- ↑ Bacon (1626) : "The delicate coloured Dragon Flies"
- ↑ Ce terme apparaît selon mes recherches récentes comme un terme corrompu / mal transcrit depuis le grec ancien qui a des rapports avec un contexte institutionnel et non des animaux ou Insectes. Ce terme (au pluriel ici) n'est ni antique, ni authentiquement grec. C'est bien un terme administratif corrompu, sans rapport zoologique et la convergence avec l'utilisation donnée par Muffet (op. cit.) est accidentelle et postérieure et pourrait tout aussi bien correspondre avec un essai "savant" de terme voulu grec, mais sans fondement (Deliry [2025b].
- ↑ Après les avoir présentées comme des Demoiselles, de Réaumur (1742), vient les distinguer sous la notion de Demoiselles aquatiques par apposition aux Demoiselles terrestres qui sont en fait les Fourmilions (Myrmeleontidae).
- ↑ Drury (1770) dit que ce sont les Demoiselles des français.
- ↑ "Les Libellules sont connues dans presque toute la France, même par les enfans, sous le nom de Demoiselles, qu'elles doivent vraisemblablement à la longueur et à la finesse de leur corps" (de Tigny 1802).
- ↑ Cet ensemble est composé des Odonatoptera Lameere, 1900 et des Ephemeroptera Hyatt & Arms, 1891

