Sánchez-Guillén R.A. & Cordero-Rivera A. 2015
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Demoiselles et Libellules du Monde entier
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Sánchez-Guillén R.A. & Cordero-Rivera A. 2015 - Confirmation of the presence or Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) on the Canary Islands. - Animal Biodiversity and Conservation, 38 (1) : 71-76. - BiB
Résumé (traduction libre)
La présence d'une ou deux espèces de demoiselles du genre Ischnura dans les îles Canaries a fait l'objet d'un débat ces dernières années. Les premiers rapports publiés mentionnaient Ischnura senegalensis comme le seul Zygoptère habitant l'archipel, mais cela s'est avéré faux, et jusqu'à récemment, tous les spécimens d'Ischnura capturés dans les îles étaient unanimement considérés comme appartenant à Ischnura saharensis. Des preuves photographiques récentes sont cependant compatibles avec la présence d'Ischnura senegalensis. Dans cette étude, nous donnons des preuves morphologiques et génétiques de la présence d'Ischnura senegalensis dans les îles Canaries, et nous discutons de l'importance des spécimens de référence pour identifier correctement des espèces très similaires. - Une arbre phylogénétique des Ischnura du Bassin Méditerranéen occidental est ajouté à ce travail [1].
Abstract
The présence of one or two species of damsellies of the genus Ischnura in the Canary Islands has been a matter of debate in the recent years. The first published records listed Ischnura senegalensis as the only zygopteran inhabiting the archipelago, but this proved to be wrong, and until recently, all specimens of Ischnura captured in the islands were unanimously regarded as belonging to Ischnura saharensis. Recent photographic evidence, however, is compatible with the presence of Ischnura senegalensis. In this study, we give morphological and genetic evidence of the presence of Ischnura senegalensis in the Canary Islands, and we discuss the importance of voucher specimens to correctly identify very similar species. - - A phylogenetic tree of Ischnura from the occidental Mediterranean Basin has been added to this work [1].
[1] - L'analyse de l'arbre phylogénétique est difficile à analyser. Il montre deux ensembles majeurs qui sont associés à elegans et à pumilio. Le second rapproche Ischnura pumilio de l'espèce japonaise Ischnura asiatica. Les populations d'Ischnura senegalensis de différents horizons (Canaries, Namibie, Japon) forment une sous-branche particulière juxtaposée à un complexe de spéciation qui concerne Ischnura elegans (Allemagne) rapproché d'Ischnura saharensis (Maroc) et mélangé avec des Ischnura graellsii (Portugal), Ischnura genei (Sardaigne) étant presque tous ensemble dans une branche particulière. Néanmoins on trouve une autre branche où Ischnura saharensis (Maroc encore), est rapproché d'Ischnura graellsii (Maroc). On trouve de nouveau une branche inférieur comprenant Ischnura genei (Sardaigne) accompagné d'Ischnura saharensis (Maroc). Enfin Ischnura fountaineae (Maroc) est isolé près de la racine de ce complexe elegans. En conséquence, la présence d'associations d'Ischnura saharensis (tous du Maroc) tantôt avec Ischnura elegans (Allemagne), Ischnura graellsii (Maroc) ou Ischnura genei (Sardaigne) laisse à penser à des difficultés de "pré-détermination" ou à des phénomènes de spéciation incomplet, voire de déspéciation pour cette espèce particulière. Ceci est compatible avec une pollution génétique d'Ischnura saharensis, voire déspéciation en plusieurs phases. L'espèce s'étant initialement isolée dans le secteur du désert est introgressée au Maroc par Ischnura elegans ayant depuis réduit leur aire en Europe, une spéciation propre à Ischnura genei probablement depuis des populations disparues d'Afrique du Nord et réduites à la Sardaigne (et les îles voisines), se mélangeant avec Ischnura saharensis. Enfin une spéciation propre à la Péninsule Ibérique concerne Ischnura graellsii, à mon avis depuis Ischnura elegans et présents en Afrique du Nord, au Maroc et celle-ci ajoute des introgressions génétiques partagées avec un autre lot d'Ischnura saharensis. En d'autres termes Ischnura saharensis n'ayant pas achevé sa pleine spéciation vient se mélanger avec des Ischnura elegans anciennement, puis des Ischnura graellsii (issus d'elegans), enfin d'une autre voie orientale de spéciation produisant Ischnura genei dont la répartition a dû se réduire ensuite aux îles tyrrhénéennes. Bien qu'ils n'aient pas été analysés, les Ischnura saharensis pourraient êtres plus "propres" dans le cœur de l'Algérie, au Sahara occidental ou aux Canaries [!?] : ces notions sont conformes apparemment aux travaux antérieurs réalisés ailleurs par les mêmes auteurs. A mon sens l'examen réalisé par ces auteurs s'il tend à être en faveur de la présence d'Ischnura senegalensis tant sur des éléments morphologiques que génétiques aux Canaries, n'est par contre guère convainquant quant à la présence réelle d'Ischnura saharensis sur ces îles : à suivre... [com. provisoires : 11 février 2024]. - [à traiter !] en complétant avec les autres articles précisés par Sánchez-Guillén & Cordero Rivera (2015) en travaillant sur ce complexe de spéciation-déspéciation !

