Aeshna grandis
Deliry C. [2025] – Aeshna grandis - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2025]) – Version 60821 du 03.08.2025. – odonates.net
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Aeshna grandis (Linnaeus, 1758)
Linnaeus C. 1758 - Systema naturae. 10e édition. - Holmiae. - [Libellula] PDF
Localité-type - [A préciser !]
- Libellula grandis Linnaeus, 1758 [de Geer 1771]
- Aeshna grandis (Linnaeus, 1758) [comb. nov. : Fabricius 1775]
- Libellula quadrifasciata Müller, 1764
- Libellula nobilis Müller, 1767
- Libellula plebeia Müller, 1767 [syn. : Hagen 1839] [Syn.mineur]
- Libellula rufa Müller, 1767 [cf. [Syn.mineur] [?]
- Libellula flavipennis Retzius, 1783
- Aeshna linnaei Ander, 1953
Julie [Geoffroy 1762, de Geer 1771], Grande Æschne - (norvégien) Brunlibelle
VU 2024 Europe
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🔍 - ©© bysa - Göran Liljeberg, Hallvard Elven (Muséum d'Histoire Naturelle de l'Université d'Oslo) - Lien Internet |
➧ Validité de l'espèce
- Description brève en latin : Libellula grandis : Linnaeus 1758 (genre 207, espèce 1 : p.543), augmenté : Linnaeus 1761 (n°1467 : pp.373-374), cette dernière amélioration rendant la détermination de l'espèce plus certaine (cf. Alæ flaveƒcentes = embrunies) ([2023]).
- Référence d'illustration : Muffet 1589-90 (p.67, n°2 et 3) in Linnaeus 1758 : interprétation erronée car il s'agit de Brachytron pratense et Onychogomphus forcipatus à mon avis (com., 2023).
- Référence d'illustration : de Réaumur 1742 (p.38 fig.3) in Linnaeus (1758, 1761) : si cette espèce se trouve bien au sein des planches présentées chez de Réaumur (op.cit.), la fig.3 de la planche 38 proposée ici correspond à une larve de Zygoptère, en conséquence l'association faite par Linnaeus (op.cit.) n'est pas valide ([2023]).
- Référence d'illustration : Roessel von Rosenhof 1749 (p.4 fig.14) in Linnaeus 1758 : cette correspondance est vérifiée correcte (com., 2023).
Commentaires
On trouverait précocement une illustration de cette espèce chez Muffet (1589-90), mais ceci n'est pas confirmé en définitive[1], puis elle est décrite sous Libella n°1 et n°2 chez Ray (1710), la correspondance étant lisible chez Linnaeus (1761). Enfin il s'agit de la Libellula n°770 de Linnaeus (1746).
La description "officielle" donnée par Linnaeus (1758) correspond assez bien à cette espèce, mais les auteurs à suivre auront tendance à la confondre avec Aeshna cyanea, Isoaeschna isoceles voire Aeshna juncea, ce jusqu'au milieu du XIXème siècle. D'autres ont par contre une vision correcte de ce taxon (com., 2023).
Éléments de description
De forte dimension (67-79 mm de long, envergure de 94-104 mm), il s'agit d'une des plus grande espèce d'Europe. Les deux sexes présente un corps brunâtre, ce qui diffère des autres Aeshna qui sont mélangées de bleu. Le thorax présente deux barres jaunes sur les côtés. De petites taches gris-bleu, ainsi que de fines lignes jaunes, parfois peu visibles, sont présentes sur les segments abdominaux. Les ailes sont fortes foncées de brun sur une base transparente. Il convient de ne pas la confondre avec certaines ♀ d'Aeshna juncea prenant des teintes foncées couplée des ailes enfumées. La confusion avec Isoaeschna isoceles, aux yeux bien verts, serait maladroite car il y a diverses critères distinctifs entre les deux espèces ([2025]).
Répartition
- Belgique [?] (ill. : Grimani 1510-20 [?]).
- Grande-Bretagne (réputée signalée dans Muffet 1589-90, ce que je n'ai pas vérifié (com., 2023) ; Libella n°1 et n°2 : Ray 1710).
- France LC 2016 (NT 2013, NT 2009, Rare 2008, En augmentation 2000, Rare 1997, Principalement montagnarde 1987) - (ill. et à Réaumur (Vendée) : de Réaumur 1742 ; Julie : vers Paris : Geoffroy 1762 ; de Geer 1771 : pl.19 ; Charente-Maritime : Beltrémieux in Précigout & al. 2013 ; Charente, Vienne : Martin 19807 in Précigout & al. 2013 ; Occitanie : EN : Charlot & al. 2018)
- Suède (Libellula n°770 : Linnaeus 1746 ; grandis : Linnaeus 1761).
- Allemagne (ill. : Roessel von Rosenhof 1749).
En Europe (Linnaeus 1758).
Depuis l'Europe à l'Asie occidentale et centrale, jusqu'au Lac Baïkal ([2014]).
Élément eurosibérien très localisé ou peu fréquent en plaine, on le trouve en France plus volontiers dans les massifs montagneux. En limite de répartition dans les Pyrénées françaises, elle n'est observée qu'en altitude (Pyrénées-Orientales) ([2019]).
Eurasiatique. Nord et centre de l'Europe, en Asie, jusqu'au Lac Baïkal, Russie, observée depuis les Pyrénées, France (sous-espèce type), au nord de la Finlande ([2022a]).
- Norvège - Commune dans le Sud, remontant jusque dans le Nordland et elle dépasse localement le cercle arctique ([2025]).
France
Se trouve illustrée pour la France dans de Réaumur (1742 ; pl.35 fig.3 : Vendée). Confirmée en France (vers Paris (Ile-de-France) : Geoffroy 1762, de Fourcroy 1785, Walckenaer 1802, Latreille 1805 ; commune vers Paris : Blanchard 1840 ; Doubs : Pidancet 1856).
Elle a récemment été observée dans les Pyrénées-Atlantiques notamment en 1992 et 1999 (Leconte & al. 2002), anciennement indiquée par L'Hoste (1969). Elle n'a cependant pas été trouvée dans le cadre des nouvelles enquêtes (Leconte & al. 2002).
- Ile-de-France (vers Paris : Geoffroy 1762, Walckenaer 1802, Latreille 1805 ; commune vers Paris : Blanchard 1840).
- Poitou-Charentes - Elle n'a pas été réobservée depuis le début du XXème siècle dans la région et les localités les plus proches se trouvent dans le Limousin ([2019]). - Charente : signalée par Martin (1907), n'a pas été réobservée (Précigout & al. 2013). - Charente-Maritime : selon Beltrémieux (1884), n'a pas été réobservée (Précigout & al. 2013). - Vienne (Martin 1907).
- Rhône-Alpes - NT 2013 [A préciser !]. Inconnue en Ardèche et dans le Rhône ([2013]). Elle occupe dans la région de manière préférentielle les étangs naturels, ouverts ou fermés. Les milieux stagnants d'altitude sont aussi concernés. Les cours d'eau restent un habitat méconnu ([2013]). - Espèce rare (3,8% des communes), à surveiller. Découverte le 20 septembre 1957 à Réaumont (Isère) par Charles Degrange. On la connait sur 78 communes [2013 - 75 : 2006 - 67 : 2005]. - Ain (PC ([2006]), LC 2007), Drôme (RR ([2003]), NA 2013), Isère (LR-Rare 1997, LC 2007, NT 2013), Loire (R ([2006]), DD 2013, [A préciser !]), Savoie (VU 1997, 2013), Haute-Savoie ((LR-Rare 1997, NT 2013).
Doubs (Pidancet 1856), Gard (Gard Nature 2021), Haute-Saône (Boudot & al. 1990), Hautes-Alpes : DD 2013 (2007 - Très rare 2003), Pyrénées-Atlantique (L'Hoste 1969 ; 1992 et 1999 puis non retrouvée : Leconte & al. 2002), Pyrénées-Orientales [2019], Vendée (de Réaumur 1742).
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©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles 🔍 | © Groupe Sympetrum 🔍 | © Groupe Sympetrum - Carto 2013 🔍 |
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©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles d'après la SfO Plus les tons sont bleus et plus les données sont anciennes, les tons rouge-orangés correspondent aux données plus récentes. Plus les tons sont foncés et plus la densité est importante. 🔍 |
©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles 🔍 |
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🔍 - ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles Extrait de Deliry (2022) (©©byncsa) - Légende - Fréquence lissée p.p. vis à vis de l'effort de prospection Rouge : Espèce fréquente - Orange : Assez fréquente - Jaune : Rare - Bleu clair : Probablement erratique Gris foncé : Disparue (à vérifier) - Rose : A confirmer ou Douteuse : Deliry [2022b] |
Habitats
Habite près des eaux (Linnaeus 1761).
Eaux stagnantes assez souvent acides et bien ensoleillées, en milieux ouverts ou forestiers : mares, étangs tourbeux, fossés, gouilles, fosses d'exploitation des tourbières, rives marécageuses des lacs, etc. Parfois eaux faiblement courantes. Jusqu'à 2000 m d'altitude ([2019]). Prairies de montagne près de ruisseaux, marécages ou mégaphorbiaies. Elle ponds volontiers dans le bois mort ou pourri (Leconte & al. 2002). Généralement à altitude moyenne (200 à 1000 m, mais atteint plus de 2000 m) dans les eaux stagnantes, parfois courantes. Elle tends à pondre dans du bois vermoulu présent au niveau de l'eau ([2022a]).
En Norvège l'espèce occupe des habitats stagnants diversifiés, mais elle préfère les lacs riches en végétation. Elle patrouille régulièrement loin de l'eau dans les forêts ou dans les campagnes ([2025]).
Phénologie
Vole de (mai) juin à octobre (novembre) ([2022a]). Le développement larvaire dure entre 2 et 3 ans en Norvège où elle votre de juillet à septembre seulement ([2025]).
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🔍 - © Groupe Sympetrum (réal. C.Deliry) - La mention de mars doit correspondre à un stade larvaire, ainsi que probablement celles de mai-juin |
Illustrations
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🔍 - ©© bync - Alain Cochet - France, Puy-de-Dôme le 7 août 2015 - Monde des Insectes |
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🔍 - ©© byncnd – Alain Cochet - Mes Libellules d'Aquitaine |
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🔍 - © Laurent Valette |
Références
Beltrémieux 1884 - [A préciser !]
Blanchard C.E. 1840 - Histoire naturelle des insectes : Orthoptères, Névroptères, Hémiptères, Hyménoptères, Lépidoptères et Diptères. - Duméril, Paris : 672 pp. - ONLINE
Boudot J.P., Goutet P. & Jacquemin G. 1990 - Note sur quelques Odonates peu communs observés en France. - Martinia, 6 (1). - PDF LINK
Charlot B. & al. 2018 - Liste rouge des Odonates d'Occitanie. - CEN Midi-Pyrénées, Toulouse : 12 pp. - PDF LINK
de Geer C. 1771 - Mémoires pour servir l'Histoire des Insectes. Tome second, première [Online (gallica.bnf.fr) : pl.19-21 [1]] et seconde partie (Dixième mémoire - Des Demoiselles : 661 et seq. : GoogleBook). - Stockholm.
de Fourcroy A.F. 1785 - Entomologia parisiensis. - Parisii. - ONLINE - [A relire !] [A vérifier !] [30 juin 2023].
de Réaumur R. 1742 - Mémoire pour servir à l’histoire des Insectes. Onzième mémoire. Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. - Imprimerie royale, Paris [Demoiselles] : 387-457. - PDF
de Tigny F.M. 1802 - Histoire naturelle des Insectes. Tome II. - Paris. - ONLINE
Deliry C. [2003, 2005, 2006] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
Deliry C. (coord.) 2008 - Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes. - Dir. du Groupe Sympetrum et Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble, éd. Parthénope, Mèze : 404 pp.
Deliry C. [2013, 2014, 2019] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
[a] Deliry C. [2022] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
[b] Deliry C. 2022 - Odonates en France. - Histoires Naturelles n°65, v.3 du 17 février 2022 (première édition le 12 février 2022). - ARCHIVE PDF 2022
Deliry C. [2023, 2025] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
Fabricius J.C. 1775 - Systema Entomologiae. - Flensburgi & Lipsiae. - ONLINE
Gard Nature [2021] - Atlas des Libellules du Gard. - PDF en ligne (obsolète).
Geoffroy E.L. 1762 - Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. - Durand, Paris.- ONLINE
Grimani 1510-20 - Bréviaire du cardinal Domenico Grimani. - Manuscrit. - ONLINE
Hagen H.A. 1839 - Verzeichniss der Libellen Ostpreussens. - Preuss. Provinc. Bl., 21 : 54-58. - ONLINE
L'Hoste R. 1969 - Captures et observations d'Odonates en Béarn et dans les Pyrénées. - Entomologiste, 25 (4) : 72-80.
Latreille P.A. 1805 - Histoire naturelle, générale et particulière des Crustacés et des Insectes. Volume 13. - Paris. - ONLINE
Leconte M. & al. 2002 - Le point sur les connaissances relatives aux Odonates rares des Pays de l’Adour (Gers, Landes, Pyrénées Atlantiques, Hautes Pyrénées). - Martinia, 18 (2) : 39-65. - PDF LINK - [A traiter !]
Linnaeus C. 1746 - Fauna Svecica. - Stockholmiae [Libellula] : 227-232. - ONLINE
Linnaeus C. 1758 - Systema naturae. 10e édition. - Holmiae. - [Libellula] PDF
Linnaeus C. 1761 - Fauna Svecica. - Stockholmiae. - ONLINE
Martin R. 1907 - Les Odonates de la Haute-Vienne. – Revue scientifique du Limousin, 15 (169) : 1-11 + (170) : 17-20.
Muffet T. 1589-90 - Insectorum sive Minimorum Animalium Theatrum. - Réed. 1634 – Londini. - ONLINE
Müller O.F. 1767 - Enumeratio ac Descriptio Libellularum agri Fridrichsdalensis. - Nova Acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Caro, 3 : 122-131. - ONLINE
Olivier G.A. 1792 - Encyclopédie méthodique, dictionnaire des Insectes. Tome septième, partie 2. - Paris, Panckoucke. - ONLINE
Pidancet L. 1856 - Catalogue des Libellulidées des environs de Besançon. - Mém. de la Soc. d'émulation du département du Doubs, Série 2, 7. - BiB
Précigout L. (coord.), Poitou-Charentes Nature 2013 - Plan national d’actions en faveur des odonates : Déclinaison Poitou-Charentes (2013-2017). - PCN & col. : 112 pp. - PDF LINK
Ray J. 1710 - Historia insectorum. - Londoni, Impensis A. & J. Churchill, [Libella] : 47-53 + 140. - PDF sauf p.140
Roessel von Rosenhof A.J. 1749 - Der monathlich-hereusgegebenen Insecten-Belustigung. Insectorum aquatilium. - Nürberg. - ONLINE
Walckenaer C.A. 1802 - Faune parisienne, Insectes. - Dentu, Paris. - ONLINE
Espèces classées dans le même genre
Aeshna, Aeshna affinis (→ Simaeschna affinis : Amphiaeschinae), Aeshna annulata, Aeshna athalia, Aeshna brevistyla (→ Adversaechna brevistyla), Aeshna caerulea, Aeshna canadensis, Aeshna caseneuvensis Ŧ, Aeshna clepsydra, Aeshna constricta, Aeshna crenata, Aeshna cyanea, Aeshna eremita, Aeshna frontalis, Aeshna grandis, Aeshna interrupta, Aeshna isoceles (→ Simanax isoceles → Isoaeschna isoceles : Anactinae), Aeshna juncea, Aeshna lucia (→ Simaeschna lucia : Amphiaeschinae), Aeshna mixta (→ Simaeschna mixta → Simaeschna colubercula : Amphiaeschinae), Aeshna palmata, Aeshna persephone, Aeshna petalura (→ Polycanthagyna petalura), Aeshna septentrionalis, Aeshna serrata, Aeshna shennong, Aeshna sitchensis, Aeshna soneharai (→ Simaeschna soneharai : Amphiaeschinae), Aeshna subarctica, Aeshna tuberculifera, Aeshna umbrosa, Aeshna undulata (→ Aeshna juncea), Aeshna vercanica, Aeshna verticalis, Aeshna viridis, Aeshna walkeri, Aeshna williamsoniana
Notes
- ↑ Je n'ai trouvé pour l'heure aucun argument dans le fait que cette espèce serait dans Muffet (1589-90) selon Linnaeus (1758, 1761) (com., 2023). - [A vérifier !]