Simaeschna affinis
Deliry C. [2025] – Simaeschna affinis - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2025]) – Version 60820 du 03.08.2025. – odonates.net
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Simaeschna affinis (Vander Linden, 1820)
Vander Linden P.L. 1820 - Aeshnae Bononienses. - Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae.
Localité-type - [A préciser !]
- Aeshna affinis Vander Linden, 1820 ♣
- Simaeschna affinis (Vander Linden, 1820) ♥
- Aeschna landoltii Buchecker, 1876
Aeschne voisine [de Selys Longchamps 1840, 1850], Aeschne affine [Robert 1958], Aeschne parente [syn. : Deliry 2008], Æschne affine [Deliry 2022]
Commentaires
J'ai proposé dès 2004 nouveau genre Simaeschna a été proposé pour cette espèce ainsi que pour Aeshna mixta, toutes deux ayant un contexte phylogénétique particulier. En effet, ces deux espèces sont plus proche des Anax que des Aeshna véritables. Elles devraient être rangée dans la tribu des Anacini et non dans celle des Aeshnini (voir notamment : Deliry [2021]).
Répartition
- Belgique [?] (ill. : Grimani 1510-1520 [?]).
- Pays-Bas (ill. : J.van Kessel 1661)
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En février 2000, Adrian Parr (UK Migrant Project) souligne les observations de plus en plus régulières de cette espèce plutôté méditerranéenne en Europe, dans le nord du continent, précisant que les changements climatiques sont en cause. Une meilleure distinction de l'espèce voisine Simaeschna colubercula semble par ailleurs nécessaire.
- Chine ([2023]).
- France - (Boyer de Fonscolombe 1838 ; en expansion depuis les années 1990, s'est reproduite pour la première fois récemment en Lorraine : Guérold & al. 2001, Askew 2004). [A suivre... !]
- Grande-Bretagne ([2023]).
- Iran ([2023]).
- Mongolie ([2023]).
- Russie ([2023]).
Dans l'ouest de son aire de répartition cette espèce a des tendances méditerranéennes, très localement présente en Afrique du Nord, l’espèce étends son aire par l’Europe jusqu’à l’ouest de la Russie et l’Iran, ainsi que jusqu'en Mongolie et en Chine. Elle a des tendances migratrices vers le centre, voire le nord de l’Europe et elle est en expansion récente, notamment depuis les années 1990. Depuis peu des arrivées régulières sont notées dans le Sud-Est de la Grande-Bretagne et en Scandinavie méridionale ([2023]).
France
LC 2016 (LC 7/10 : 1987)
Durance vers Aix en Provence (Bouches-du-Rhône) (Boyer de Fonscolombe 1838), région parisienne vers Bondy (Seine-Saint-Denis), très abondante à Hyères (Var), mais surtout à Arles (Bouches-du-Rhône) (Rambur 1842)[1]. E.de Selys Longchamps & Hagen (1850) ne font que reprendre les éléments précédents avec peu de compléments : vers Paris, très commune dans le Midi, en Provence, à Arles, Montpellier, Hyères. Elle est [très commune] dans la France centrale, méridionale et occidentale, rare en Seine-et-Marne, très rare en Lorraine (Martin 1931). Robert (1958) complète les informations précédentes par quelques précisions : signalée en Charente, dans le Centre et en Lorraine. Région occidentales et méridionales de la France. Semble manquer dans le Massif Armoricain, la Normandie et le Nord, régions où elle est à rechercher. Une ancienne citation de Lorraine, confirmée par une observation récente de G.Vincent (Guérold & al. 2001). Elle n’est fréquente que dans la moitié Sud du pays. De découverte récente en Corse (M.Papazian) (Papazian 1987), où l’espèce était annoncée par Dommanget (1987). Cette espèce est méridionale. ses populations les plus florissantes sont dans le sud du pays, toutefois elle peut être observée sur l’ensemble du territoire. Elle est certaines années abondantes plus au nord comme en Dombes (Ain) par exemple comme en 2014 (Grand 1991).
En progression en France, notamment depuis le milieu des années 1990. Première reproduction en Lorraine (Guérold & al. 2001, Askew 2004). Nouvelle pour le Calvados (années 2000) (Deliry 2022). Assez bien répartie dans les deux-tiers sud de la France. Elle est en forte expansion dans le nord de son aire de répartition (Deliry 2008). Expansion nette confirmée depuis le milieu des années 1990 (Deliry 2017). Ensemble du pays avec tendances méridionales et lacunaire par endroits, présente en Corse, l’addition des données rend désormais compte d’une espèce observée sur la totalité des départements français, néanmoins, migratrice, elle n’y est notée dans divers cas, qu’en erratisme (Deliry 2022).
- Auvergne - Assez rare, surtout dans les vallées de l’Allier et de la Loire sous 400 m d’altitude, dispersée ailleurs et ne dépassant pas les 600 m (FF Massif Central [2020]). Pour le Puy-de-Dôme, Francez (1991) ne la signalait que sur trois localités, elle est assez rare, avec une vingtaine de localités la décennie suivantes, présente dans presque tous les bras morts de l'Allier (Lohr 2003, SHNAO [2016]).
- Bretagne - A rechercher (cf. Massif Armoricain : Dommanget 1987). Elle est commune en Loire-Atlantique (Meurgey & al. 2000).
- Corse - A rechercher (Dommanget 1987), découverte par M.Papazian (Papazian 1987 ; M.Papazian in Deliry 2017).
- Lorraine (très rare : Martin 1931), une ancienne mention ainsi qu'une citation récente de G.Vincent (Dommanget 1987) ; reproduction [finalement] prouvée (Guérold & al. 2001, Askew 2004).
- Nord Pas-de-Calais - A rechercher (Dommanget 1987).
- Normandie - A rechercher (Dommanget 1987), vue dans le Calvados ([2005]).
- Nouvelle-Aquitaine - Rare dans le Pays de l’Adour (Leconte & al. 2002).
- Rhône-Alpes - LC 2013 – Assez rare (9,6% des communes), à rechercher (Pc4). – (Dessaix 1858 ; C.Degrange, Isère, 1960 ; 58 communes en 2002, 124 en 2005, 171 en 2006 ; disséminée en plaine et les collines basses, sous 400 m d’altitude, atteignant les 1000 m : Deliry 2008). Localement contactée en Isère, dans l'Isle Crémieu, le Grésivaudan ou la Basse Isère (Loose 1987), elle est rare (Liste Rouge) sur le département (Deliry 1997), ensuite en augmentation (Deliry 2008). Elle est dite rarissime en Haute-Savoie (Deliry 1988, Bal 1998), son indigénat est incertain ([2019]). Assez rare dans l'Ain ([2006]), mais d'une abondance exceptionnelle, certaines années comme en 2014, notamment en Dombes, en juillet-août (Grand 1991). Localement abondante dans la Drôme (Faton 1997), elle est en augmentation dans ce département (Deliry 2008). Peu commune dans la Loire ([2006]).
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🔍 - ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles - Carte adaptée du site de la SfO |
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🔍 - Cartographie réalisée à partir de données associées du GBIF, du GRPLS et Entre Amis ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles |
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🔍 - ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles Extrait de Deliry (2022) (©©byncsa) - Légende - Fréquence lissée p.p. vis à vis de l'effort de prospection Rouge : Espèce fréquente - Orange : Assez fréquente - Jaune : Rare - Bleu clair : Probablement erratique Gris foncé : Disparue (à vérifier) - Rose : A confirmer ou Douteuse |
Habitats
Il s'agit d'une espèce assez typique des milieux temporaires sub-méditerranéens qui pond entre la fin juillet et début octobre en insérant ses œufs dans la vase. Des milieux variés sont employés dans la Drôme : marais boisés avec des mares temporaires comme dans la plaine alluviale de la Vallée du Rhône, lônes presque asséchées du Vieux Rhône, canaux de drainage d'un petit marais temporaire de type méditerranéen. Dans ces exemples les œufs attendent, dans la vase humide, le retour de l'eau et se développent au printemps suivant (J.M.Faton, in litt. du 16 février 2000, odonata-fr).
Elle habite des eaux peu profondes ensoleillées à caractère temporaire, souvent riches en roselières, à basse altitude (record 1600 m dans les Pyrénées, France). Les assèchements trop précoces peuvent nuire au développement larvaire. On la trouve aussi dans quelques eaux saumâtres sur le pourtour méditerranéen. En Europe centrale, le développement larvaire peut s'effectuer, mais est aussi soumise à de nombreux échecs si bien que le développement ne va pas jusqu'à l'émergences imaginale (Deliry 2022).
Etangs naturels (ouverts ou fermés) et marécages ([2014]) se reproduisant jusqu’à 700 m d’altitude environ et observée jusqu’à 1060 m en Haute-Loire (Ladet 1995) avec un record à 1325 m dans les Hautes-Alpes (Iorio 2013). Elle aime les milieux temporaires de plaine (Faton 1997). En Rhône-Alpes, elle est ainsi bien sur les étangs naturels ouverts ou fermés, et, de manière secondaire, sur les fossés, les grands cours d’eau lents, les mares temporaires ou non, dans des habitats généralement bien ensoleillés, très mobile l’espèce se trouve volontiers ailleurs. Elle ne s'observe, disséminée, qu'en plaine ou dans les collines basses, sous 400 m d'altitude, atteignant les 1000 m (Deliry 2008). Finalement l'altitude record de l'espèce en France est de 1600 m dans les Pyrénées (Deliry 2022).
Phénologie
Vole de mai à début novembre. Développement larvaire rapide bouclé sur un an, les œufs n'éclosent que le printemps suivant la ponte (Deliry 2017). En France on l'observe de mi-mai à mi-septembre en général, les adultes étant sur les sites de reproduction en juillet-août ; on Rhône-Alpes elle a été observée jusqu'à début novembre, mais elle est essentiellement notée de juillet à début octobre, avec un maximum entre fin juillet et début août (Deliry 2022).
Références
Askew R.R. 2004 - The Dragonflies of Europe. Revised edition 2004. - Harley Books, Colchester : 308 pp.
Bal B. 1998 - Prospection odonatologique en Haute-Savoie. Bilan du début de l’année 1996. - Sympetrum, 11 : 3-5.
Boyer de Fonscolombe M. 1838 - Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Deuxième et troisième parties. - Annales de la Société Entomologique de France, 7 : 75-106 + 547-575. - ONLINE
Brugière D. 1999 - Pré inventaire des Odonates du département de la Loire.- Martinia, 15 (2) : p 47-53.
de Selys Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. - ONLINE
de Selys Longchamps E. & Hagen H.A. 1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Muquardt, Bruxelles & Leipzig, Roret, Paris : XXII + 408 pp. + 11 pl. - ONLINE
Deliry C. 1988 - Les Libellules des départements savoyards (2ième liste). - Martinia, 9 : 57-60.
Deliry C. 1997 - Atlas des Libellules de la région Rhône-Alpes. Premier volet : les espèces rares et menacées des départements des Alpes du nord françaises : Isère, Savoie, Haute-Savoie. - Sympetrum, 12, 13 & 14 : 200 pp. au total env.
Deliry C. (GRPLS) 1998 - Matériel pour une Liste Rouge des Libellules du département de l’Ain. - Sympetrum, 12 : 29-79.
Deliry C. [2004, 2005, 2006] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
Deliry C. (coord.) 2008 - Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes. - Dir. du Groupe Sympetrum et Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble, éd. Parthénope, Mèze : 404 pp.
Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles n°49. - PDF
Deliry C. [2021] – Trois « fausses » Aeshna en Europe et premières propositions. – Nomina Odonata, 27 août 2021. – ONLINE
Deliry C. 2022 - Odonates en France. - Histoires Naturelles n°65, v.3 du 17 février 2022 (première édition le 12 février 2022). - ARCHIVE PDF 2022
Deliry C. [2023] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles (2004-2025). - odonates.net
Dessaix J. 1858 - La Savoie historique et pittoresque. - Tome II, Chambéry.
Dommanget J.L. 1987 - Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France. - MNHN, Inv. de Faune et de Flore, fasc. 36 : 283 pp. - ONLINE
Faton J.M. 1997 - Les Odonates du département de la Drôme. Bilan des prospections de 1985 à 1996. - Martinia, 13 (1) : 3-22.
Fereiras-Romero M. & Márquez-Rodriguez J. 2023 - Aeshna affinis Vander Linden, 1820 (Odonata: Aeshnidae) in the Iberian Peninsula: A review of past and recent records, and a larval biometric study. - Revista Chilena de Entomologica, 49 (1) : 93-100. - PDF LINK - BiB
Francez 1991 - [A préciser !]
Gilard B. 1997 - Odonates de la Narce de Nouvialle (Auvergne, département du Cantal). - Martinia, 13 (2) : 39-46. - PDF LINK
Grand D. 1991 - Les Odonates de la Dombes et des régions voisines (Ain). - Martinia, 7(2) : 41-46.
Grimani 1510-20 - Bréviaire du cardinal Domenico Grimani. - Manuscrit. - ONLINE
Guérold F., Boudot J.P. & Jacquemin G. 2001 - Première preuve de la reproduction d'Aeshna affinis Vander Linden, 1820 (Odonata, Anisoptera, Aeshnidae) et nouvelles observations d'Odonates en Lorraine. - Martinia, 17(3) : 77-87.
Iorio E. 2013 - Nouveau record d’altitude en France pour Aeshna affinis Vander Linden, 1820 (Odonata, Anisoptera : Aeshnidae). - Martinia, 29 (1). • [Hautes-Alpes]
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Lohr M. 2003 - Etude faunistique des Odonates des plaines alluviales de l'Allier et quelques affluents au nord-ouest de Moulins (Départements de l'Allier, du Cher et de la Nièvre). - Martinia, 19 (4) : 123-148.
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Vander Linden P.L. 1820 - Aeshnae Bononienses. - Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae.
Votat P.P. 1993 - Les Odonates du nord-est de la Mayenne, du sud-ouest de l'Orne et du nord-ouest de la Sarthe (suite). Notes sur quelques espèces remarquables ou rares. - Martinia, 9 (2) : 35-41.
Communiqués, notules et Évenements (Liste)
- 27 août 2021 - Les genres d’Odonates attribués à Burmeister (1839) - Nomina Odonata : 27 août 2021. - (pdf ➚)
- 31 janvier 2024 - Trois « fausses » Aeshna en Europe et premières propositions - (première mise en ligne le 27 août 2021) Nomina Odonata, (27 août 2021) - Histoires Naturelles Ⓑlog
Espèces classées dans le même genre
Simaeschna (gen. nov.), Simaeschna affinis (← Aeshna affinis), Simaeschna colubercula (← Aeshna mixta → Simaeschna mixta), Simaeschna lucia (← Aeshna lucia), Simaeschna soneharai (← Aeshna soneharai)
Notes
- ↑ Elle est plus rare que Simaeschna colubercula (= Aeshna mixta) selon Boyer de Fonscolombes (1838) sur la Durance vers Aix en Provence (Bouches-du-Rhône), Rambur (1842) la dit pour le même département, très abondante vers Arles.