Thalassalestes macrostigma (France)

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Thalassalestes macrostigma (Eversmann, 1836) →

Lestes macrostigma (Eversmann, 1836)
LESTE DES SANSOUIRES
Famille des Lestidae (Lestidae s.l.)


Leste à grands stigmas [Dommanget 1987, Deliry 2008, 2017, GRPLS 2019, Houard 2021, INPN [2023]], Leste à grands ptérostigmas [Deliry 2008, MNHN & al. 2017, GRPLS 2019, Houard 2021, INPN [2023]], Leste des salins [Deliry 2008], Leste des sansouires [2023] - (en) Dark Spredwing [GRPLS 2019, Chelmick & Lambret 2020]

LC 2014 UICN (en déclin) - NT 2009 Bassin méditerranéen - NT 2024 (VU 2010) Europe - VU (EN 2010) Union européenne
EN 2016 France : Espèce à suivi prioritaire [SfO]

🔍 - © Yoan Braud - Bouches-du-Rhône (France) le 30 mai 2005
Cette illustration est une des première à avoir intégré cet espace odonatologique des Histoires Naturelles, avec l'autorisation, appréciée de son auteur, Yoan Braud


Actualités

La LPO organise en 2024, une recherche du Leste à grands stigmas (Thalassalestes macrostigma) sur la façade Atlantique de manière à mieux connaître sa répartition, l'influence de paramètres de l'environnement (salinité, profondeur de l'eau) à des fins de préservation sous l'animation de Sylvain Fagart (LPO Info Poitou-Charentes, n°24).

Éléments de détermination

Les ptérostigmas de Thalassalestes macrostigma sont grands et bordent entre trois et quatre cellules de la nervation alaire. Chez Lestes barbarus ils bordent à peine plus d'une cellules, deux chez Lestes sponsa. En vol il peut être confondu avec Lestes sponsa ou Lestes dryas. La confusion avec Chalcolestes viridis est possible dans le cas des femelles. A l'émergence les Thalassalestes macrostigma présente une coloration bleue-violacée étrange et ils acquièrent en très peu de temps un aspect naturel qui donnent une sensation de maturité très tôt (à peine un ou deux jours), si bien que la désignation de la notion d'immature chez cette espèce paraît peu pertinente.

🔍 - Femelle quelques heures après son émergence, d'un bleu-violacé étrange
©© bysa - Philippe Lambret - Enquête ONEM [2009]

Répartition

L'espèce se trouve en France selon trois secteurs relativement réduits : le premier se trouve en Corse (essentiellement orientale), le second se trouve dans les Bouches-du-Rhône en Camargue ainsi qu'en Crau humide, le troisième le long du littoral Atlantique en Charente-Maritime et en Vendée. L'espèce a pu se maintenir un temps jusqu'en Loire-Atlantique au Marais de Guérande. Cette dernière a pu être renforcée lors d'explosions démographiques côté Camargue à la fin des années 2000 ou les populations avoir été renforcées par des conditions favorables alors. Des diasporas sont notés jusqu'en dans le Gard (Scamandre, Grau-du-Roi) ou l'Hérault (Mauguio). Lors d'explosions démographique l'espèce a pu atteindre le Vaucluse, les piémonts de Chartreuse en Isère ou la région lyonnaise, voire Genève en Suisse ou la Bavière en Allemagne. De telles incursions interviennent exceptionnellement et ont une dimension séculaire. Les effectifs côté Atlantique sont généralement supérieurs à ceux enregistrés côté Camargue.
La présence de l'espèce dans le Gard était connue sur la Réserve de Scamandre, mais elle a disparu de ce site en 2022 (X.Rufray, com. in ONEM [2009]).

🔍 - ©© bysa - Florent Figon - Île de Noirmoutiers (Vendée) le 2 juin 2018 - Flickr
  • D'abord signalée en Corse (McLachlan 1866). Cette espèce a été capturée accidentellement à Lyon, Rhône (Martin 1894). Dommanget (1987) ne connaissait cette espèce que de la bordure méditerranéenne (Hérault, Bouches-du-Rhône, Corse) et d'une ancienne citation de la Charente-Maritime. Elle est confirmée sur ce département par Lebioda (1987), occasionnelle dans le Vaucluse (Bence & Bence 1989), elle est en Vendée (Machet 1990), connue dans le Gard, notamment à Scamandre [Rapport d'activité du GRPLS 2000], département où elle est redécouverte en 2017 (Anonyme 2018), trouvée dans la Loire-Atlantique (Picard & Meurgey 2005a, 2005b), précisée en Corse (Berquier & Andrei-Ruiz 2019), occasionnelle en Isère [2021]. Un point et un historique sur les premières prospections camarguaises a été réalisé par Sinnasssamy & Pineau (1996) ainsi que par Faton & Deliry (2000, 2013). Elle est réellement en danger sur le littoral méditerranéen et un plan de conservation s'avère nécessaire, le principal bastion de l'espèce semblant limité à la Tour du Valat en Camargue (Faton & Deliry 2000, 2013). L'espèce est considérée comme fréquente en Camargue centrale, mais erratique en Crau humide ou en Crau sèche (Faton 2003). On trouve en Corse parmi les plus belles populations du pays (Berquier 2016). Houard (2020) dans le document du PNAL dit l'espèce localisée sur le littoral Atlantique de l'embouchure de la Gironde à celle de la Loire et sur le littoral méditerranéen en Camargue et en Corse, précisant que c'est une espèce à éclipse, ses populations pouvant subir d'importantes variations interannuelles. Il omet la nouvelle population découverte en 2017 (Anonyme 2018) dans le Gard. France (GBIF [2023]).
  • LR 2/10 (excessivement localisée) (Dommanget 1987), proposée CR, rare, en déclin confirmé (Deliry 2008), EN 2016 (aire d'occupation d'environ 400 km2, moins de 5 localités, en déclin sur fond de fluctuations : MNHN & al. 2017) - NT Corse, EN Poitou-Charente, VU Provence (PACA), NA Occitanie, EN Pays-de-Loire - PNAO (2010-2015), PNAL (2020-2030) - Les prélèvements, lorsqu'ils sont nécessaires, doivent être limités au strict minimum (Dommanget 1987).
  • Suivi en France lancé avec le PNAO (Lambret & al. 2010). Cette espèce présente une forte valeur patrimoniale dans le pays [2019], mais elle n'est pas protégée (Houard 2021). Un séminaire sur "l'étude de l'écologie" de cette espèces s'est tenu le 3 mars 2014 à la Tour du Valat en Camargue [1]. L'espèce est donc connue en France essentiellement en Camargue et sur quelques sites voisins du littoral Atlantique depuis l'estuaire de la Gironde au Marais de Guérande en Loire-Atlantique. Elle est de plus connue en Corse et a été redécouverte récemment dans l'Hérault [2019] où elle fut signalée jadis (Cassagne-Méjean 1965). 72ᵉ espèce de France par nombre de dates [N=782] (J.M.Faton, in litt. 2022). Les dernières années et notamment 2022 semblent avoir eu un impact critique sur cette espèce en France. En effet elle n'a été indiquée que des îles d'Oléron et de Ré (Charente-Maritime), il n'y a au 23 mai 2023 aucune citation, ni de Vendée, ni de Camargue, l'espèce ayant été détectée par contre en Corse (C.Deliry, com.).
  • En France, elle est donc en Camargue et vient d’être (re)découverte dans l’Hérault. Elle est signalée principalement en Grande Camargue, mais aussi en Crau humide. Une population a existé un temps en Camargue gardoise. Sur le littoral Atlantique les populations se trouvent sur des habitats annexes aux marais salants depuis le Marais de Guérande (station disparue ou instable) à la Charente-Maritime en passant par la Vendée. Enfin les populations du littoral de Corse sont assez nombreuses et bien représentées (C.Berquier, com.) [2020]. A l’initiative de Philippe Lambret qui coordonne le projet une enquête nationale Lestes macrostigma est lancée en 2009. Cette démarche est couplée à une enquête de l'Observatoire Naturaliste des Écosystèmes Méditerranéens (ONEM) qui a été clôturée depuis (anciennes enquêtes de l'ONEM).
  • Le groupe de travail Lestes macrostigma est en projet de réactivation en 2022.
  • Côté Atlantique la reproduction a été très faible en 2022, voire quasi absente sur certains sites. Ainsi aucune des 5 localités connues à Moëze-Oléron (Charente) n'a été fréquentée pour la reproduction et la reproduction a été proche de rien sur la réserve de Müllembourg à Noirmoutiers (Vendée), fait généralisé sur les Odonates en général (LPO France 2023).

Habitats

Les larves se développent dans des marais côtiers saumâtres divers, s'asséchant en période estivale.

Phénologie

La période de vol est courte, ainsi au Vigueirat (Bouches-du-Rhône) en 2009, l'espèce a été observée entre le 14 mai et le 7 juillet, avec un net maximum entre fin mai et début juin ; dernière observation le 11 juillet. Les émergences sont très concentrées puisque vers 25% ont été réalisée le 16 mai, 50% le 19 mai, 75% le 20 mai et la totalité le 27 mai (ONEM 2011). La présence de l'espèce peut être révélée par l'observation de traces de pontes dans les plantes utilisées (notamment Bolboschoenus maritimus).

🔍 - Métamorphose imaginale sur l'exuvie sur un Scirpe maritime séché
©© bysa - Philippe Lambret - Enquête ONEM [2009]

Références

Chelmick D. & Lambret P. 2020 - Lestes macrostigma (Eversmann), the Dark Spreadwing (2020). - J. of the British Dragonfly Society, 36 (2) : 84-108. - PDF LINK
Deliry C. (coord.) 2008 - Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes. - Dir. du Groupe Sympetrum et Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble, éd. Parthénope, Mèze : 404 pp.
Dommanget J.L. 1987 - Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France. - MNHN, Inv. de Faune et de Flore, fasc. 36 : 283 pp. - ONLINE
Eversmann E.F. 1836 - Libellulinae, Wolgam fluvium inter et montes Uralenses observatae. - Libellululinarum species novae quas inter Wolgam fluvium et montes Uralenses obsevavit. - Bull. de la Soc. imp. des Naturalistes de Moscou, 8. - ONLINE
[Faton J.M. 2000] - Les habitats de Lestes macrostigma en Camargue. - Libellul'mE, 16 février 2000. - ARCHIVES
GRPLS 2019 - Référentiel utilisé pour la base du Groupe Sympetrum. - Document numérique, novembre 2019. - ARCHIVE PDF
Houard X. (coord.) 2021 - 2020-2030. Plan national d’actions en faveur des « libellules ». Agir pour la préservation des odonates menacés et de leurs habitats. – OPIE, DREAL Haut-de-France, Min. de la transition écologique et solidaire, (2020), mars 2021 : 66 pp. - PDF LINK
UICN France & col. 2017 - La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Libellules de France métropolitaine. Paris, France. Rapport d’évaluation. Fiches techniques sur les espèces évaluées. - Document UICN France & col. - PDF LINK

Communiqués, notules et Évenements (Liste)

28 mai 2024 – Thalassalestes macrostigma en bon nombre sur la façade Atlantique en 2024 - Ⓑlog