« Trithemis haematina » : différence entre les versions
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* Rambur (1842) dit bien qu'il a décrit ''haematina'' d'après des individus des deux sexes venant du [[Sénégal]] et de [[Madagascar]] et parle d'individus un tiers plus grands aux taches basales des ailes plus réduites, un ptérostigma plus grand et un nombre plus important de celles anté-nodales (etc.). C'est derniers proviennent de l'île de France ([[Maurice]]) et de Boubon ([[La Réunion]]). Notons ici que Rambur (1842) ajoute qu'il a un individu de [[Sicile]], ainsi qu'une {{f}} de [[Madagascar]] avec une marque jaune alaire étendue<ref>Il pourrait s'agir d'une autre espèce (''com.'' 7 janvier 2025)</ref>.<br> | * Rambur (1842) dit bien qu'il a décrit ''haematina'' d'après des individus des deux sexes venant du [[Sénégal]] et de [[Madagascar]] et parle d'individus un tiers plus grands aux taches basales des ailes plus réduites, un ptérostigma plus grand et un nombre plus important de celles anté-nodales (etc.). C'est derniers proviennent de l'île de France ([[Maurice]]) et de Boubon ([[La Réunion]]). Notons ici que Rambur (1842) ajoute qu'il a un individu de [[Sicile]], ainsi qu'une {{f}} de [[Madagascar]] avec une marque jaune alaire étendue<ref>Il pourrait s'agir d'une autre espèce (''com.'' 7 janvier 2025)</ref>.<br> | ||
* Brauer (1867) décrit les populations de l'île [[Maurice]] sous ''Tramea erythraea''. Notons que cet auteur décrit dans le même article deux autres ''[[Tramea]]'' qu'il range dans un ensemble particulier (n°2), dont une qui est en définitive un ''[[Trithemis]]'' : ''crocea'' ([[Philippines]] : Luçon) qui est ''[[Hydrobasileus croceus]]'' et ''africana'' qui est ''[[Trithemis africana]]'' ([[Sierra Leone]]).<br> | * Brauer (1867) décrit les populations de l'île [[Maurice]] sous ''Tramea erythraea''. Notons que cet auteur décrit dans le même article deux autres ''[[Tramea]]'' qu'il range dans un ensemble particulier (n°2), dont une qui est en définitive un ''[[Trithemis]]'' : ''crocea'' ([[Philippines]] : Luçon) qui est ''[[Hydrobasileus croceus]]'' et ''africana'' qui est ''[[Trithemis africana]]'' ([[Sierra Leone]]).<br> | ||
* de Selys Longchamps (''in'' Pollen & van Dam 1869) précise que Rambur (1842) traite de deux espèce différentes pour l{{'}}''haematina'' : la première est à considérer comme ''Libellula rubrinervis'' (= ''[[Trithemis rubrinervis]]'') pour la [[Sicile]], l'[[Algérie]] et le [[Sénégal]], la seconde des Mascareignes convient pour ''haematina'' (= ''Trithemis haematina''). Il ajoute pour [[Madagascar]] la ''selika'' (que je traite ici sous ''Trithemis haematina selika'') où selon de Selys Longchamps se trouve aussi ''haematina'', bien que sur ce point il n'est pas complètement convainquant (''com. pers.''). | * de Selys Longchamps (''in'' Pollen & van Dam 1869) précise que Rambur (1842) traite de deux espèce différentes pour l{{'}}''haematina'' : la première est à considérer comme ''Libellula rubrinervis'' (= ''[[Trithemis rubrinervis]]'') pour la [[Sicile]], l'[[Algérie]] et le [[Sénégal]], la seconde des Mascareignes convient pour ''haematina'' (= ''Trithemis haematina''). Il ajoute pour [[Madagascar]] la ''selika'' (que je traite ici sous ''Trithemis haematina selika'') où selon de Selys Longchamps se trouve aussi ''haematina'', bien que sur ce point il n'est pas complètement convainquant, mais ce qui est cohérent à mon traitement de ''selika'' comme une sous-espèce d{{'}}''haematina'' (''com. pers.''). | ||
* Kirby (1890) traite l{{'}}''haematina'' sous ''Trithemis haematina'' et l'attribue à [[Madagascar]]. Il ajoute ''Trithemis ramburii'' et la considère comme une "variété" telle que décrite par Rambur (1842) pour ''Libellula haematina'' de l'île [[Maurice]] et de [[La Réunion]]. En parallèle, c'est ''[[Trithemis rubrinervis]]'' qu'il place en [[Sicile]], Afrique et [[Syrie]] en se référent aux travaux d'Edmond de Selys Longchamps (de Selys Longchamps 1841, de Selys Longchamps ''in'' Lucas 1849, {{S&H}} 1850).<br> | * Kirby (1890) traite l{{'}}''haematina'' sous ''Trithemis haematina'' et l'attribue à [[Madagascar]]. Il ajoute ''Trithemis ramburii'' et la considère comme une "variété" telle que décrite par Rambur (1842) pour ''Libellula haematina'' de l'île [[Maurice]] et de [[La Réunion]]. En parallèle, c'est ''[[Trithemis rubrinervis]]'' qu'il place en [[Sicile]], Afrique et [[Syrie]] en se référent aux travaux d'Edmond de Selys Longchamps (de Selys Longchamps 1841, de Selys Longchamps ''in'' Lucas 1849, {{S&H}} 1850).<br> | ||
* Ris (1911) dit que selon la procédure faite par de Selys Longchamps ({{S&H}} 1850), il apparaît que l{{'}}''haematina'' de Rambur (1842) soit applicable à la population de l'île [[Maurice]], alors Kirby (1890) jugeant de son irrecevabilité a proposé un nouveau nom pour les îles [[Maurice]] et de [[La Réunion]] : ''Trithemis ramburii'' Kirby, 1890 (''nomen novum'').<br> | * Ris (1911) dit que selon la procédure faite par de Selys Longchamps ({{S&H}} 1850), il apparaît que l{{'}}''haematina'' de Rambur (1842) soit applicable à la population de l'île [[Maurice]], alors Kirby (1890) jugeant de son irrecevabilité a proposé un nouveau nom pour les îles [[Maurice]] et de [[La Réunion]] : ''Trithemis ramburii'' Kirby, 1890 (''nomen novum'').<br> | ||
Version du 7 février 2025 à 11:31


Trithemis haematina (Rambur, 1842)Rambur P. 1842 - Histoire naturelle des insectes : Névroptères. - Roret, Paris : 534 pp. - ONLINE Propositions faites ici, au 7 février 2025
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WOL (Paulson & al. [2026])
- Trithemis annulata (Palisot de Beauvois, 1807) →
- Libellula annulata Palisot de Beauvois, 1807
- Libellula rubrinervis Selys, 1841 →
- Libellula haematina Rambur, 1842 [synonyme]
- Libellula obsoleta Rambur, 1842
- Tramea erythraea Brauer, 1867
- Trithemis violacea Sjöstedt, 1900 →
- Trithemis scorteccii Nielsen, 1935
- Trithemis maia Ris, 1915 [bonne espèce]
- Trithemis selika (Selys, 1869) [bonne espèce]
- Libellula selika Selys, 1869
| 🔍 - ©© bync - Michel Yerokine - La Réunion, le 22 août 2015 - Monde des Insectes |
Taxonomie : détails
- Libellula haematina Rambur, 1842
- Espèce : Rambur (1842) (nouvelle[2]). Maurice, Bourbon (La Réunion). Sicile (→ Trithemis rubrinervis : Deliry 2019 ; → Trithemis rubrinervis rubrinervis : com., 31 janvier 2025). - de Selys Longchamps & Hagen (1850). Maurice, La Réunion. - de Selys Longchamps (in Pollen & van Dam 1869). Maurice, La Réunion, Madagascar.
- Espèce : Trithemis haematina : Brauer (1868). - Ris (1911). Redescription. Maurice, La Réunion. Madagascar [?]. - Fraser (1957). - Deliry [à préciser !] (bonne espèce). - Guillon ([2015]) : bonne espèce possible. - Deliry (2019, [2024-2025]) (bonne espèce). Maurice, La Réunion.
- Nouveau nom : Trithemis ramburii Kirby, 1890 (nomen novum[3]) : Kirby (1890). Maurice, La Réunion.
- Synonyme de Trithemis annulata : Davies & Tobin (1985), Amouret & al. (2018), Paulson & al. [2026].
- Synonyme de Trithemis haematina haematina : Deliry ([2024-2025])
- Sous-espèce de Trithemis annulata : Pinhey (1962). Maurice, La Réunion. Madagascar (→ Trithemis haematina selika : com., 7 février 2025). - Couteyen & Papazian (2000).
- Sous-espèce de Trithemis haematina (type) : Deliry ([2024-2025]) (nec Trithemis haematina erythraea). Maurice, La Réunion, (nec Madagascar → Trithemis haematina selika).
- Tramea erythraea Brauer, 1867
- Espèce : Brauer (1867) (nouvelle). Maurice. - Kirby (1890) [A vérifier !]. - Calvet (1895).
- Espèce : Trithemis erythraea : Karsch (1893, 1894) (bonne espèce). - Calvert (1896).
- Synonyme de Trithemis haematina : Ris (1911).
- Synonyme de Trithemis annulata : Pinhey (1962), Davies & Tobin (1985), Deliry (2019), Paulson & al. [2026].
- Sous-espèce de Trithemis haematina : Deliry ([janvier 2025]). Maurice, La Réunion. Corrigé en Trithemis haematina haematina pour motif d'antériorité Deliry ([février 2025]).
- Synonyme de Trithemis haematina haematina : Deliry ([2024-2025)).
- Libellula selika de Selys Longchamps in Pollen & van Dam 1869
- Espèce : de Selys Longchamps (in Pollen & van Dam 1869) (nouvelle). Madagascar.
- Espèce : Trithemis selika : Ris (1911) (bonne espèce), Paulson & al. [2026].
- Sous-espèce de Trithemis haematina[4] : Deliry ([2024-2025]). Madagascar.
- Trithemis maia Ris, 1915
- Espèce : Ris (1915) ; Paulson & al. [2026] (bonne espèce).
- Sous-espèce de Trithemis haematina : Deliry ([2024-2025]). Comores.
- Synthèses d'auteurs - de Selys Longchamps (in Pollen & van Dam 1869) : espèces : Libellula haematina (Maurice, La Réunion, Madagascar), Libellula selika (Madagascar). - Ris (1911, 1915) : espèces : Trithemis haematina, Trithemis selika, Trithemis maia. - Davies & Tobin (1985) : Libellula haematina, Tramea erythraea sont synonymes de Trithemis annulata.
- Incertitudes - Il pourrait y avoir deux taxons différents basés sur Trithemis haematina haematina qui par un jeu de taxonomie pourraient concerner erythraea pour l'île Maurice et attribuable à haematina pour l'île Maurice (synonyme Tramea erythraea), alors comme des sous-espèces ou des variétés locales dont il faudra nommer celle présente à La Réunion (com., 7 février 2025). Les affinités de Trithemis haematina maia avec les taxons africains (Trithemis violacea, voire Trithemis rubrinervis) restent à mieux examiner. Si elles étaient réelles, le placement de maia des Comores comme une sous-espèce d'haematina serait à reconsidérer (com., 7 février 2025).
- Erreurs - Le taxon bien connu par la Communauté odonatologique (Paulson & al. [2026]) sous le nom de "Trithemis annulata" est fondé sur une erreur initiale et il s'agit, en meilleur approche, d'un Orthetrum à considérer sous Orthetrum annulatum (Palisot de Beauvois, 1807) (nomen dubium) qui reste à attribuer (com., 7 février 2025).
Éléments de description
Libellula haematina Rambur, 1842
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| 🔍 - Description originale de Rambur (1842 : 84-85) |
Tramea erythraea Brauer, 1867
| 🔍 - Description originale de Tramea erythraea faite Brauer (1867 : 814-815)[5]. |
Libellula selika de Selys Longchamps in Pollen & van Dam, 1869
| 🔍 - Odonates traités dans cet ouvrage |
| 🔍 - Description de Libellula selika (page 15 de la 5ème partie de l'ouvrage de Pollen & van Dam (1869)) |
La lecture de ce texte (faite le 7 février 2025) ajoute de précieuses informations : l'haematina de Rambur (1842) correspond à deux espèces, l'une de Sicile, Algérie et Sénégal qui doit garder le nom de rubrinervis (= Trithemis rubrinervis), l'autre des Mascareignes qui peut être nommée Libellula haematina à laquelle elle correspond de fait pour partie (= Trithemis haematina). La selika est plus petite (taille maximale 34 mm de longueur), avec un ptérostigma plus court, noirâtre. Il la distingue de la véritable haematina (entre le type initial ici, com., 7 février 2025) se trouve aussi à Madagascar. En conséquence (com. pers.) il y a selon de Selys Longchamps (in Pollen & van Dam 1869) deux taxons voisins qui cohabitent sur Madagascar : le premier qui a été décrit par Rambur (1842), véritable haematina (cf. type) et le second décrit dans le texte illustré plus haut qui est la selika. Néanmoins il y a une certaine faiblesse dans sa citation d'haematina pour Madagascar car il n'en donne pas de véritable description comparative. Il parle toutefois d'un ♂ pas de marque colorée à la base des ailes.
Clé de Ris (1911-1912) sur le groupe incluant haematina
- A. Abdomen très peu élargi latéralement à la base, un peu plus élargi dorso-ventralement, étroit à partir de S3, presque cylindrique ou avec S7-9 un peu élargi en fuseau. → Trithemis arteriosa, Trithemis werneri, Trithemis lilacina
- B. Abdomen à peine élargi dorso-ventralement à la base, puis assez large, déprimé, se rétrécissant progressivement vers l'extrémité ou S6-8 très peu élargis, tout au plus avec une très légère constriction de S3.
- b. S4-8 avec des taches triangulaires apicales latérales (semblables à celles de Trithemis arteriosa), S9-10 entièrement noirs. Dos jaune doré à brun doré, grand. Arrière des ailes postérieures, plus petit que celui des ailes antérieures. Pterostigma presque noir. Nervures rouges jusqu'au nodus. 12 1/2 cellules anténodales. Hamulus haut et droit, avec une forme de croissant long. Lobe étroit. → Trithemis kalula
- bb. S1-7 plutôt rouges avec des bords finement foncés. S8 large sur les côtés et de plus généralement noir au milieu, S9-10 entièrement noir, ou S8-9 noir sur le bord dorsal.
- ßß. Hamulus grand, raide, avec une fine courbure en croissant. Pterostigma brun noirâtre profond. À la base des ailes antérieures, tout au plus un court rayon sombre. Ailes postérieures avec une tache brune fumée opaque, très diffuse, limitée jusqu'à l'anténodale 2. Nervures rouges jusqu'à proximité du nodus. 15 1/2-14 1/2 cellules anténodales. → Trithemis persephone
- ßß'. Hamulus petit, fortement courbé, assez robuste, relativement semblable selon les espèces de cet ensemble.
- ßß'+. 9 1/2 à 11 1/2 cellules anténodales. Pterostigma mesurant de 2,5 à 3 mm, brun jaune clair à jaune clair avec des marques noires. Nervures périphériques de taille variable, jaune doré clair à brun doré clair. Tache basale des deux ailes, généralement sans rayons sombres. Nervures rouges jusqu'au ptérostigma. Plus foncé seulement à l'extrémité de l'abdomen qui porte une bande noire dorsale en S7-8. → Trithemis annulata.
- ßß'++. 11 1/2 à 12 1/2 cellules anténodales. Ptérostigma mesurant 3 mm, brun-rouge bordé nervures noires. Tache de la base des ailes postérieures assez profondément brun-doré avec des centres obscurcis. → Trithemis violacea
- ßß'+++. 12 1/2 à 13 1/2 cellules anténodales. Ptérostigma mesurant 2,5 mm, brun rougeâtre foncé. Tache de la base des ailes jaune doré profond, de dimension très variable : petite sur l'aile antérieure et présentant presque toujours des nervures foncées au niveau des postérieures. Nervures rouges seulement jusqu'au nodus. S8 latéralement large, étroitement marqué de noir sur le dos. S9-10 entièrement noirs. → Trithemis selika.
- ßß'++++. 13 1/2 à 15 1/2 cellules anténodales. Ptérostigma mesurant 3 mm, brun-rouge. Les ailes antérieures n'ont pas de taches basales, alors que les postérieures en présentent une petite jaune à brun doré. Les nervures sont rouges presque jusqu'à l'apex. S8-10 avec une marque noire comme chez Trithemis selika. → Trithemis haematina.
- bb. S1-7 plutôt rouges avec des bords finement foncés. S8 large sur les côtés et de plus généralement noir au milieu, S9-10 entièrement noir, ou S8-9 noir sur le bord dorsal.
- b. S4-8 avec des taches triangulaires apicales latérales (semblables à celles de Trithemis arteriosa), S9-10 entièrement noirs. Dos jaune doré à brun doré, grand. Arrière des ailes postérieures, plus petit que celui des ailes antérieures. Pterostigma presque noir. Nervures rouges jusqu'au nodus. 12 1/2 cellules anténodales. Hamulus haut et droit, avec une forme de croissant long. Lobe étroit. → Trithemis kalula
Commentaires et compléments
Je considère ce Trithemis haematina comme une bonne espèce, alors qu'elle est placée comme un synonyme de Trithemis annulata par la WOL et les auteurs. Elle est d'ailleurs plus régulièrement considérée alors comme une sous-espèce de Trithemis annulata [à préciser !].
A la lecture récente de Fraser (1957) je constate que cet auteur la présente [encore] comme une bonne espèce pour La Réunion (com., 12 juillet 2024).
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Trithemis haematina est proposée une bonne espèce basée géographiquement sur l'Océan Indien, généralement traitée comme un synonyme de "Trithemis annulata" par la Communauté odonatologique, alors réduite aux Mascareignes. |
J'ai identifié cette option d'assez longue date [à préciser !], mais je n'ai rassemblé quelques premiers arguments que récemment (Deliry 2019). Rambur (1842) en faisait une bonne espèce sous Libellula haematina, et, de Selys Longchamps & Hagen (1850) semblent avoir entamé la confusion car ils disent que Rambur regardait ce taxon comme une variété de la Libellula rubrinervis. Edmond de Selys Longchamps, en fait la description en petits caractères. Il s'agit bien d'une description pour une espèce et non pour une variété : c'est une grande espèce, d'un tiers plus grande que Libellula rubrinervis, avec une tache basale roussâtre des ailes postérieure très petite, un ptérostigma plus grand et avec de 14 à 16 nervures anténodales au lieu de 10 à 11. Les ♀ ont les nervures presque noirâtres. L'extrêmité de l'abdomen est noire présentant sur le dessus quelques taches rousses[6]. Si la description de Rambur (1842), elle m'est apparue beaucoup plus confuse, toutefois cet auteur conserve bien la paternité de ce taxon.
A mon sens il s'agit bien d'une bonne espèce, et c'est ainsi que les auteurs l'ont traitées jusqu'à ce que Pinhey (1962) en fasse une sous-espèce de Trithemis annulata.
Guillon ([2015]) s'interroge aussi sur le concept de sous-espèce ou d'espèce, précisant que la question n'est pas tranchée. Il donne la taille du taxon (33-35 mm) et en présente sur deux pages, quelques illustrations de ♂ [1] et confirme certains critères déjà donnés plus haut. J'ai ajouté la figure adéquate montrant le comptage des cellules anté-nodales ci-dessous.
| Nervation chez Trithemis annulata - ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles 🔍 | Même détail pour Trithemis haematina - Mes Libellules par Benoît Guillon © (2008-[2026]) - © 2015 🔍 |
La clé de Ris (1912) sépare bien Trithemis annulata et Trithemis haematina. Les deux espèces ont l'abdomen est assez large, déprimé, se rétrecissant vers l'extrémité, l'essentiel des segments abdominaux sont dans les teintes rouges avec S9 et S10 entièrement noir, l'hamulus est petit et fortement recourbé, assez robuste. La distinction se fait sur le nombre de cellules anté-nodales, respectivement 9 1/2 à 11 1/2 pour Trithemis annulata et de 13 1/2 à 15 1/2 pour Trithemis haematina. Le ptérostigma de la première est brun jaunâtre clair pour la première, les nervures marginales sont noires, les taches de la base des ailes sont variables en taille et en teinte (jaune doré clair à brun doré clair), généralement sans rayons sombres, les veines sont rouges jusqu'au ptérostigma, plus foncées seulement à l'apex, présentant une bande dorsale abdominale sur S7 et S8. Celui de l'haematina est brun rougeâtre, la base des ailes étant peu marquées, celle des ailes postérieures est réduite de teinte jaune doré à brun doré, les veines sont rouges jusqu'à l'apex, la bande noire dorsale de l'abdomen s'étend de S8 à S10 comme chez Trithemis selika (= Trithemis haematina selika). La clé de Ris (1912) rapproche Trithemis violacea (= Trithemis annulata annulata) et Trithemis selika de ces deux espèces, la première ayant de 11 1/2 à 12 1/2 cellules anténodales, la seconde entre 12 1/2 et 13 1/2, ce qui signifie que ces deux espèces supplémentaires s'intercalent du point de vue de ce critère. Dans sa diagnose, Ris (1912 : 775) présente ce taxon, comme similaire à Trithemis selika dont l'extension de la zone noire terminale de l'abdomen est étendue. L'aspect plus bleuté de cette espèce, moins rouge que les autres voisines et il parle de l'extension réduite de l'extension des marques de la base des ailes, plus encore chez les ♀.
Il reserve par contre la Trithemis haematina pour Madagascar et au sens initial de Rambur (1842). Ris (1911) conclu sur cette option à la conservation du nom haematina donné par Rambur (1842). Son association avec la Tramea erythraea de Brauer (1867) est fondée et renforcée par le fait que Karsch a vu le spécimen type de Brauer et l'utilise. De l'avis de Ris (1911) Trithemis haematina semble propre à La Réunion et l'île Maurice et les mentions de Madagascar restent à mieux confirmer. Les photographies que j'ai vu des individus qui leur était attribués, montrent une teinte soutenue, violacée tendant plus vers le bleu que vers le rouge et montre déjà une variation (com. pers., 28 septembre 2024).
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| 🔍 - Figures prises chez Ris (1911) p.770 et p.774 - Pièces sexuelles des ♂ de Trithemis annulata à gauche et Trithemis haematina. Si elles paraissent distinctes, elles sont aussi très similaires (com. pers., 28 septembre 2024). |
Sous-espèces
- Trithemis haematina haematina (Rambur, 1842) - Mascareignes (île Maurice, La Réunion).
- Trithemis haematina selika (de Selys Longchamps in Pollen & van Dam, 1869 - Madagascar.
- Trithemis haematina maia Ris, 1915 - Comores.
Répartition
Localisée à la région malgache (com, 2023), cette espèce est distincte à mon sens de Trithemis annulata. Cette dernière qui de plus s'avère ne pas être de toute évidence par rangée dans le bon genre (= Orthetrum annulatum) et j'en ai proposé une révolution taxonomique (Deliry [2025]). Elle est inféodée selon trois sous-espèces dans le secteur de l'Océan Indien : Trithemis haematina haematina aux Mascareignes, Trithemis haematina selika à Madagascar et Trithemis haematina maia aux Comores. Ce ce dernier archipel où se trouve peut-être en outre une variation spéciale pour l'île d'Anjouan que je conserve pour l'instant, sans savoir mieux la préciser sous Trithemis lateralis (nomen dubium) (Deliry [2024-2025]) et qui pourrait finalement être proche de Trithemis rubrinervis ou Trithemis violacea (com. 4 février 2025). La sous-espèce Trithemis haematina haematina est sur les Mascareignes : l'île Maurice (haematina : Rambur 1842 ; erythraea : Brauer 1867 ; haematina : Deliry 2019), à La Réunion (Bourbon : Rambur 1842) où elle est assez courante, abondante à basse et moyenne altitude, près des cours d'eau notamment (Mi-aime-a-ou [2023]). C'est la sous-espèce Trithemis haematina selika qui est à Madagascar (de Selys Longchamps in Pollen & van Dam 1869 ; Trithemis annulata haematina : Libellules de France [31 août 2015]). A l'examen des auteurs (et notamment de Pinhey 1962), elle y serait en sympatrie avec Trithemis annulata, un taxon que j'ai récemment disqualifié (Deliry [2025]). je n'ai pas identifié de taxon autre que Trithemis haematina sur cette île pour l'instant (com., 31 janvier 2025). Il s'agit de Trithemis haematina maia sur les Comores (Ris 1915), où se trouve aussi un taxon du même genre et d'attribution incertain sur l'île d'Anjouan (Trithemis lateralis (nomen dubium). La validité de cette sous-espèce est à affiner à la fois au niveau de son rapprochement avec Trithemis haematina, mais aussi taxonomique car elle pourrait être confondue avec Trithemis lateralis qui en première approche semble être plus affiliée à Trithemis rubrinervis ou Trithemis violacea (com., 4 février 2025). Elle est indiquée en Sicile (Rambur 1842), par par confusion, l'examen des populations de cette île n'ayant pas été faite correctement (Deliry 2019), où il s'agit de Trithemis rubrinervis rubrinervis (com., 31 janvier 2025). |
Habitats
Mares, étangs et cours d'eau (Guillon [2015]). Assez courante, abondante à La Réunion, à basse et moyenne altitude, près des cours d'eau notamment (Mi-aime-a-ou [2023]).
Conclusion provisoire au 29 septembre 2024En première approche, les espèces suivantes forme un groupe étroit de taxons apparemment très proches qu'il convient de désigner par Trithemis annulata gr. avec notamment Trithemis annulata, Trithemis haematina et Trithemis selika, ainsi que probablement Trithemis violacea, à restaurer. Ces éléments que je vais développer dans le groupe présentent des arguments d'ordre morphologiques, pictographiques, biogéographiques et de typification taxonomique. Selon cette conception il convient de retenir dans cette page que la véritable Trithemis haematina se trouve sur Madagascar et qu'il faudrait exhumer Trithemis erythraea de l'île Maurice et de La Réunion pour mieux désigner les populations qui s'y distinguent. Il va falloir dans ce contexte voir les travaux de Pinhey, présentés dans les années 1960 qui semblent avoir figé la conception des espèces de ce groupe dans un état qui demande révision (Deliry [29 septembre 2024]). - Voir Trithemis annulata gr.. Nouvelle conclusion du 26 janvier 2025Trithemis haematina au sens de Ris (1911) correspond au taxon présent sur les Mascareignes (île Maurice et La Réunion). Au niveau de ces îles, il s’agit en fait d’erythraea, taxon identique à ramburii qui est un nom de remplacement (nomen novum) sous la dépendance d’haematina : Trithemis haematina erythraea est la sous-espèce des Mascareignes. Trithemis selika au sens de Ris (1911) correspond à la véritable Trithemis haematina, le type, qui est en fait présente à Madagascar. Il s’agit donc d’un synonyme et Trithemis haematina haematina est sur Madagascar. S’ajoute à cet ensemble le taxon Trithemis maia décrit par Ris en 1915 pour le taxon des Comores, qu’il s’agit de considérer comme une sous-espèce de Trithemis haematina et non comme une bonne espèce (Deliry [2024]). Rectification du 30 janvier 2025De manière plus rigoureuse, le type de Libellula haematina est bien rapportée des îles Mascareignes par Rambur (1842), à savoir l'île Maurice et La Réunion (voir Répartition). En conséquence c'est Trithemis haematina haematina qui doit désigner la population des Mascareignes. Tramea erythraea en est le synonyme. Celle de Madagascar est bien de la même espèce, mais dans une sous-espèce non désignée. Ris (1911) précisait d'ailleurs déjà que le taxon exact de Madagascar méritait d'être précisé. Je propose donc Tramea erythrae comme synonyme du type (Mascareignes) et d'ajouter une sous-espèce propre à Madagascar dont j'ai donné les nuances plus haut ("teinte soutenue, violacée tendant plus vers le bleu que vers le rouge" : com. pers., 28 septembre 2024). C'est en définitive Trithemis haematina selika (de Selys Longchamps in Pollen & van Dam, 1869) qui convient alors (com., 30 janvier 2025). Un problème avec la localité-type (7 février 2025)
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Références
Amouret N., Juillet N. & Payet G. 2018 - Libellules et demoiselles. A la découverte des Odonates de la Réserve Naturelle Nationale. Étang de Saint-Paul. - Le cahier des naturalistes des 8-12 ans, 10 ans (2008-2018), RN Étang de Saint-Paul. - BiB
Brauer F. 1867 - Neue exotische Odonaten. - Verhandlungen der K.-K. zoologisch-botanischnen Gesellschaft in Wien, XVII, 2 janvier 1867 : 811-816. - ONLINE
Bridges C.A. 1994 - Catalogue of the family-group, genus-group and species-group names of the Odonata of the world. 3e éd. - Urbana, chez l'Auteur. - ONLINE
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Liens Internets (Webographie)
> [Mi-aime-a-ou [2023]] (lien obsolète)
Genres et Espèces
Trithemis, Trithemis aconita, Trithemis aenea, Trithemis aequalis, Trithemis africana, Trithemis annulata, Trithemis anomala, Trithemis apicalis, Trithemis arteriosa, Trithemis aurora, Trithemis basitincta, Trithemis bifida, Trithemis bredoi, Trithemis brydeni, Trithemis congolica, Trithemis dejouxi, Trithemis dichroa, Trithemis donaldsoni, Trithemis dorsalis, Trithemis dubia, Trithemis ellenbeckii, Trithemis festiva, Trithemis fumosa, Trithemis furva, Trithemis grouti, Trithemis haematina, Trithemis hartwigi, Trithemis hecate, Trithemis hinnula, Trithemis imitata, Trithemis integra, Trithemis kalula, Trithemis kirbyi, Trithemis lateralis (nomen dubium), Trithemis leakeyi, Trithemis legrandi, Trithemis lilacina, Trithemis longistyla, Trithemis maia (→ Trithemis haematina maia), Trithemis monardi, Trithemis morrisoni, Trithemis nigra, Trithemis nuptialis, Trithemis osvaldae, Trithemis pallidinervis, Trithemis palustris, Trithemis persephone, Trithemis pluvialis, Trithemis pruinata, Trithemis selika (→ Trithemis haematina selika), Trithemis stictica, Trithemis tropicana, Trithemis werneri
== Notes ==
- ↑ Non recevable selon Ris (1911). La position de Ris (1911) est contradictoire, puisqu'il considère que la Trithemis haematina semble propre à La Réunion et l'île Maurice, et les populations de Madagascar à mieux préciser. Steinmann (1997) propose Madagascar, ce qui est erroné (com., 30 janvier 2025).
- ↑ Selon de Selys Longchamps & Hagen (1850) cet auteur la regardait comme une variété de Libellula rubrinervis
- ↑ Selon Ris (1911)
- ↑ Il s'agit d'un synonyme possible de Trithemis lateralis décrite en 1839 sous Libellula lateralis, aussi dans les Comores à Anjouan, connue d'après deux ♀ en collection redécrites par Calvert (1898), présentant toutefois des similitudes, a priori avec Trithemis rubrinervis ou Trithemis violacea, d'où une certaine incertitude (com., 7 février 2025).
- ↑ Traduction libre depuis le texte allemand : Genre : [Tramea] Hagen : Erythraea ♂. - Rougeâtre brun-jaune ; front jaune, dessus bien violet, métallique comme le sommet du crâne, fortement ponctué, lèvre supérieure brun noir, lèvre inférieure brun rouge, lèvre inférieure noire, lobes latéraux jaunes, le bord intérieur noir en forme de strie à la face inférieure de la tête. Triangle occipital noir, un peu métallique, très brillant, occiput brun, avec le bord des tempes tacheté de sombre. Thorax brun-roux, fortement pileux à l'avant et sur les côtés du thorax. pilosités gris-brun, sur ces dernières 3 stries noires irrégulières et obliques,plus nettes vers les pattes, avec des taches noires et brillantes au-dessus des hanches formant des taches blanches. Dessous tacheté de noir et de jaune, derrière les pattes
3 taches jaunes disposées en triangle. Pattes fines, noires, hanches et trochantères en partie brun-rouge, seulement les cuisses antérieures derrière à l'intérieur brun rougeâtre. Abdomen trilobé, d'épaisseur presque égale, s'amincissant progressivement vers l'arrière à peine épaissi à la base, brun rougeâtre ou jaune avec inclusion de des arêtes. Bord transversal du 4e anneau rudimentaire. S4 anneau à la base noir, S8. anneau avec nervure centrale noire élargie à l'arrière, S9 noir avec deux points jaunes et un tel bord postérieur, S10 noir avec deux points jaunes et un tel bord postérieur avec un large bord postérieur jaune. Appendices seulement aussi longs que S9, courtes, rouges, de même forme que chez Diplax, fortement élargies en crochet à la base et avant la partie la plus large, avec 5 dents en forme de corne. (appendice inférieur cassé). Genitalia modérément proéminent sur S9. 4ème pièce triangulaire, saillante vers l'avant, hamulus fortement courbé, légèrement proéminent, côtés de la vésicule bords de la « vessie » les plus hauts, en fourche vu de l'arrière en haut et en bas. Ailes assez courtes, les postérieures modérément larges, atteignant le bord antérieur de l'anneau. Toutes les nervures rouges, secteur nodal un peu ondulé, triangle avec une veine transversale, 15 anténodales, 10-11 post-nodales, 3 rangées de discoïdales. Veine marginale de l'apex noire. Pterostigma grand, brun-jaune, épaissi à l'avant, bordé de noir. Peau alaire hyaline blanchâtre, ailes postérieures ailes sans tache basale brune, entre subcosta et médiana et à l'arrière de la submédiane, le long de la marge anale, à peine jusqu'à la veine transversale de l'épiderme. La cellule médiane est jaunâtre vers l'extérieur et pas tout à fait jusqu'à l'angle anal. hyaline, avec des taches de couleur. Membranule gris noirâtre pour les deux ailes. Cuisses antérieures et médianes poilue, les épines du tibia sont fines et plus longues que leurs interstices. Secteur triangulaire supérieur droit, se terminant en dehors du nodus. Dimension incluant les appendices 38 mm, « envergure » 65 mm, ptérostigma dans les deux ailes 3,25 mm.
De l'île Maurice (Ida Pfeiffer). Au musée impérial. - ↑ Ce descripteur confond toutefois cette espèce avec celle connue en Sicile qui est Trithemis annulata, mais il semble ne pas avoir examiné ces dernières.
- ↑ Il pourrait s'agir d'une autre espèce (com. 7 janvier 2025)


