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Roberts (1948) qui vient de découvrir ''[[Coenagrion scitulum]]'' en Angleterre, demande à C.Conci des spécimens d'[[Italie]] pour cette espèce. Il y découvre dans la série transmise de spécimens [[Italie|italiens]] de supposés ''[[Coenagrion scitulum]]'', des individus proches de ''[[Coenagrion mercuriale]]'', suffisamment distincts pour qu’il en fasse une nouvelle espèce sous le nom de ''Coenagrion castellani''.<br>
Roberts (1948) qui vient de découvrir ''[[Coenagrion scitulum]]'' en Angleterre, demande à C.Conci des spécimens d'[[Italie]] pour cette espèce. Il y découvre dans la série transmise de spécimens [[Italie|italiens]] de supposés ''[[Coenagrion scitulum]]'', des individus proches de ''[[Coenagrion mercuriale]]'', suffisamment distincts pour qu’il en fasse une nouvelle espèce sous le nom de ''Coenagrion castellani''.<br>
''Coenagrion castellani'' a ainsi été décrite comme une espèce par Roberts (1948). Le nom est corrigé (''emend.'') par Conci (1949) et la {{f}} présentée Roberts (1948) déterminée comme ''[[Coenagrion caerulescens]]''. Le taxon ''castellani'' a rapidement proposée comme sous-espèce de ''[[Coenagrion mercuriale]]'' avec quelques variations de la finales essentiellement sous ''ii'' (''Agrion mercuriale castelanii'' : Conci 1949 ; ''Coenagrion mercuriale castellanii'' : d'Aguilar & Dommanget 1998) émendation non justifiée selon le ICZN (33.4) d'après Dijsktra & al. 2023, cette orthographe à terminaison ''ii'' n'est pas valide selon l'UICN ([2023]). De manière générale (''olim'') ce taxon est régulièrement placé comme synonyme de ''[[Coenagrion mercuriale]]'' directement. Entre temps, Ben Azouz & al. (1989) traitent ce taxon comme une bonne espèce sous son orthographe rectifiée : ''Coenagrion castellanii''. Pour ma part, au moins dès 2004, je l'avais placée comme une bonne espèce, bien que m'étant rangé plus tard à l'idée régulière de la synonymie avec ''[[Coenagrion mercuriale]]'' ou plus exactement de son placement comme sous-espèce, ''Coenagrion mercuriale castellani'', ici  avec l'orthographe d'origine (Deliry [2019]). Je reviens sur cette décision en 2021 en me basant sur l'article de Galimberti & al. (2021) qui montre que ''castelani, [[Coenagrion mercuriale|mercuriale]]'' et ''[[Coenagrion hermeticum|hermeticum]]'' étaient distincts génétiquement. Toutefois ces auteurs ne sont pas allés jusqu'à la conclusion que j'adopte alors de splitage de ''[[Coenagrion mercuriale]]'' (cf. {{Sl}}) en ''[[Coenagrion mercuriale]]'' ({{Sstr}}), ''[[Coenagrion hermeticum]]'' et ''Coenagrion castelani''. A la suite, et, indépendamment, Le Portal & al. (2023) traite ''Coenagrion castelani'' en tant qu'espèce et Dijsktra & &l. (2023) viennent confirmer son indépendance génétique, ce qui vient parfaire la notion de bonne espèce pour ce taxon. En réaction, la [[WOL]] adopte alors la notion de bonne espèce (Paulson & al. [2023] qui apparaît comme bien adoptée. Dijsktra & al. (2023) examinent les éléments disponibles sur ce taxon afin de confirmer sa description, sa répartition et sa phénologie en [[Italie]].
''Coenagrion castellani'' a ainsi été décrite comme une espèce par Roberts (1948). Le nom est corrigé (''emend.'') par Conci (1949) et la {{f}} présentée Roberts (1948) déterminée comme ''[[Coenagrion caerulescens]]''. Le taxon ''castellani'' a rapidement proposée comme sous-espèce de ''[[Coenagrion mercuriale]]'' avec quelques variations de la finales essentiellement sous ''ii'' (''Agrion mercuriale castelanii'' : Conci 1949 ; ''Coenagrion mercuriale castellanii'' : d'Aguilar & Dommanget 1998) émendation non justifiée selon le ICZN (33.4) d'après Dijsktra & al. 2023, cette orthographe à terminaison ''ii'' n'est pas valide selon l'UICN ([2023]). De manière générale (''olim'') ce taxon est régulièrement placé comme synonyme de ''[[Coenagrion mercuriale]]'' directement. Entre temps, Ben Azouz & al. (1989) traitent ce taxon comme une bonne espèce sous son orthographe rectifiée : ''Coenagrion castellanii''. Pour ma part, au moins dès 2004, je l'avais placée comme une bonne espèce, bien que m'étant rangé plus tard à l'idée régulière de la synonymie avec ''[[Coenagrion mercuriale]]'' ou plus exactement de son placement comme sous-espèce, ''Coenagrion mercuriale castellani'', ici  avec l'orthographe d'origine (Deliry [2019]). Je reviens sur cette décision en 2021 en me basant sur l'article de Galimberti & al. (2021) qui montre que ''castelani, [[Coenagrion mercuriale|mercuriale]]'' et ''[[Coenagrion hermeticum|hermeticum]]'' étaient distincts génétiquement<ref>Galimberti & al. (2021) sur la base des travaux de Ferreira & al. (2014) montrent que ce taxon correspond à un des trois groupes génétiques proches de ''[[Coenagrion mercuriale]]''. Il est propre à la [[Italie|Péninsule italienne]]. Ces résultats ont conduit Dijkstra & al. (2023) à analyser la génétique et la morphologie des populations [[Italie|italiennes]], ce qui amène à réhabiliter ''Coenagrion castellani'' comme une espèce distincte tel qu'envisagé à l'initial par Roberts (1948).</ref>. Toutefois ces auteurs ne sont pas allés jusqu'à la conclusion que j'adopte alors de splitage de ''[[Coenagrion mercuriale]]'' (cf. {{Sl}}) en ''[[Coenagrion mercuriale]]'' ({{Sstr}}), ''[[Coenagrion hermeticum]]'' et ''Coenagrion castelani''. A la suite, et, indépendamment, Le Portal & al. (2023) traite ''Coenagrion castelani'' en tant qu'espèce et Dijsktra & &l. (2023) viennent confirmer son indépendance génétique, ce qui vient parfaire la notion de bonne espèce pour ce taxon. En réaction, la [[WOL]] adopte alors la notion de bonne espèce (Paulson & al. [2023] qui apparaît comme bien adoptée. Dijsktra & al. (2023) examinent les éléments disponibles sur ce taxon afin de confirmer sa description, sa répartition et sa phénologie en [[Italie]].


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  Des mentions ont lieu en [[Italie]] tant dans le sud du Piémont, que jusqu'en Calabre. Elle reste encore méconnue car peu distinguée par les observateurs. Les observations ont lieu entre mars et août, l'espèce semble donc plus hâtive que ''[[Coenagrion mercuriale]]'' [''com.,'' 2024].
* [[Italie]] (Roberts 1948, La Porta & al. 2023 ; premières données datant de 1877 et cartographie : Dijsktra & al. 2023)
* [[Sicile]] (Bucciarelli 1971, 1977 ; disparue : Dijkstra & al. 2023)
* [[Maroc]] [?] : selon Ben Azzouz & al. (1989a, 1989b), en fait il s’agirait de ''[[Coenagrion caerulescens]]'' et/ou de ''[[Coenagrion scitulum]] selon Jacquemin & Boudot (1990).
* [[Corse]] [?] et [[Sardaigne]] [?] : à confirmer ou rechercher (Berquier 2013).
 
  En [[Italie]] l’espèce atteint très ponctuellement la Ligurie et est connue localement dans le Piémont. Elle paraît en déclin : plus de 30% sur la dernière décennie et ses habitats sont en cours de fragilisation (assèchements climatiques) (UICN [2023]). Il faut la considérer comme décimée [Deliry [2024]] car si près du quart du pays est renseigné entre les années 1950 et 1990, elle n’est plus que sur 5% du territoire ensuite. Par ailleurs la lecture de la cartographie disponible rend compte d’un net éclaircissement de la densité des localités dans le cœur de l’aire principale située sur les Appenins depuis la Toscane à la Calabre. Sa présence en [[Sardaigne]] ou en [[Corse]] n’est pas confirmée. Perdue parmi ''[[Coenagrion scitulum]]'' en [[Sicile]] et connue dans les années 1970, l’espèce n’y a pas été confirmée récemment. Cette difficulté fait suite à la disparition de son habitat et éventuellement au manque de recherche. Les indications du nord de l’[[Italie]] n’ont pas été confirmées récemment et étaient attribuée à ''[[Coenagrion mercuriale]]''. Elles sont en quasi continuité avec les populations [[Suisse|suisses]] de cette dernière espèce (voir Dijskstra & al. 2023). Elle reste encore méconnue car peu distinguée par les observateurs [2024].
 
== {{HAB}} ==
Petits cours d’eau sans ombrage et fossés d’irrigation, souvent proche des sources, caractérisés par une végétation aquatique et riveraine abondante. Les eaux sont peu profondes, généralement calcaires et de débit faible. Les berges peuvent êtres « pâturées » dans les espaces agricoles qu’elle tolère. Observée depuis le niveau de la mer à 1050 d’altitude (UICN [2023]).
 
== {{PHE}} ==
Monovoltine, mais parfois bivoltine, alors avec une génération automnale faible (un dixième de celle de printemps) (Fabri 2018). Vole de fin mars à fin août, attardée jusqu’en octobre, l’activité est optimale entre avril et juin (Dijkstra & al. 2023).
 
== {{MEN}} ==
Supposée Vulnérable (Dijkstra & al. 2023), c’est un espèce menacée et en déclin ('''VU''' 2023) selon l’UICN. Elle est protégée par la Directives Habitats (sous ''[[Coenagrion mercuriale]]'', par splitage postérieur à la Directive). L’urbanisation et l’agriculture tendent à réduire et fragmenter ses habitats. La pollution agit. Les changements climatiques (UICN [2023]), avec assèchements probables répétés en zone méditerranéenne, devraient pour ces derniers agir significativement [''com.,'' 2024].


{{P|Coecas1.jpg|©© bync - Pasquale Buonpane - [[Italie]], vers Naples, le 26 mai 2022 - iNaturalist}}
{{P|Coecas1.jpg|©© bync - Pasquale Buonpane - [[Italie]], vers Naples, le 26 mai 2022 - iNaturalist}}

Version du 17 novembre 2024 à 21:13

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[Deliry C. 2026] – Coenagrion castellani - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 47007 du 17.11.2024. – odonates.net

Odonata > Zygoptera > Calopteragrionida > Coenagrionines > Coenagrionoidea > Coenagrionidae > Coenagrion mercuriale gr. : Coenagrion castellani, Coenagrion hermeticum, Coenagrion mercuriale s.str.

Coenagrion castelani Roberts, 1948

  • Coenagrion castelani Roberts, 1948 [protonyme : espèce]

🔍 - ©© byncsa - Roberto Sindaco - Italie, Cuneo en mai 2015 - iNaturalis

Statuts

VU 2023 UICN (en déclin) - Menacée pour cause de réduction de l’aire de répartition et disparition éparse des populations, stable depuis les années 2000, c’est une espèce décimée (Deliry [2024]).

Commentaires

Roberts (1948) qui vient de découvrir Coenagrion scitulum en Angleterre, demande à C.Conci des spécimens d'Italie pour cette espèce. Il y découvre dans la série transmise de spécimens italiens de supposés Coenagrion scitulum, des individus proches de Coenagrion mercuriale, suffisamment distincts pour qu’il en fasse une nouvelle espèce sous le nom de Coenagrion castellani.
Coenagrion castellani a ainsi été décrite comme une espèce par Roberts (1948). Le nom est corrigé (emend.) par Conci (1949) et la ♀ présentée Roberts (1948) déterminée comme Coenagrion caerulescens. Le taxon castellani a rapidement proposée comme sous-espèce de Coenagrion mercuriale avec quelques variations de la finales essentiellement sous ii (Agrion mercuriale castelanii : Conci 1949 ; Coenagrion mercuriale castellanii : d'Aguilar & Dommanget 1998) émendation non justifiée selon le ICZN (33.4) d'après Dijsktra & al. 2023, cette orthographe à terminaison ii n'est pas valide selon l'UICN ([2023]). De manière générale (olim) ce taxon est régulièrement placé comme synonyme de Coenagrion mercuriale directement. Entre temps, Ben Azouz & al. (1989) traitent ce taxon comme une bonne espèce sous son orthographe rectifiée : Coenagrion castellanii. Pour ma part, au moins dès 2004, je l'avais placée comme une bonne espèce, bien que m'étant rangé plus tard à l'idée régulière de la synonymie avec Coenagrion mercuriale ou plus exactement de son placement comme sous-espèce, Coenagrion mercuriale castellani, ici avec l'orthographe d'origine (Deliry [2019]). Je reviens sur cette décision en 2021 en me basant sur l'article de Galimberti & al. (2021) qui montre que castelani, mercuriale et hermeticum étaient distincts génétiquement[1]. Toutefois ces auteurs ne sont pas allés jusqu'à la conclusion que j'adopte alors de splitage de Coenagrion mercuriale (cf. s.l.) en Coenagrion mercuriale (s.str.), Coenagrion hermeticum et Coenagrion castelani. A la suite, et, indépendamment, Le Portal & al. (2023) traite Coenagrion castelani en tant qu'espèce et Dijsktra & &l. (2023) viennent confirmer son indépendance génétique, ce qui vient parfaire la notion de bonne espèce pour ce taxon. En réaction, la WOL adopte alors la notion de bonne espèce (Paulson & al. [2023] qui apparaît comme bien adoptée. Dijsktra & al. (2023) examinent les éléments disponibles sur ce taxon afin de confirmer sa description, sa répartition et sa phénologie en Italie.

Répartition

  • Italie (Roberts 1948, La Porta & al. 2023 ; premières données datant de 1877 et cartographie : Dijsktra & al. 2023)
  • Sicile (Bucciarelli 1971, 1977 ; disparue : Dijkstra & al. 2023)
  • Maroc [?] : selon Ben Azzouz & al. (1989a, 1989b), en fait il s’agirait de Coenagrion caerulescens et/ou de Coenagrion scitulum selon Jacquemin & Boudot (1990).
  • Corse [?] et Sardaigne [?] : à confirmer ou rechercher (Berquier 2013).
En Italie l’espèce atteint très ponctuellement la Ligurie et est connue localement dans le Piémont. Elle paraît en déclin : plus de 30% sur la dernière décennie et ses habitats sont en cours de fragilisation (assèchements climatiques) (UICN [2023]). Il faut la considérer comme décimée [Deliry [2024]] car si près du quart du pays est renseigné entre les années 1950 et 1990, elle n’est plus que sur 5% du territoire ensuite. Par ailleurs la lecture de la cartographie disponible rend compte d’un net éclaircissement de la densité des localités dans le cœur de l’aire principale située sur les Appenins depuis la Toscane à la Calabre. Sa présence en Sardaigne ou en Corse n’est pas confirmée. Perdue parmi Coenagrion scitulum en Sicile et connue dans les années 1970, l’espèce n’y a pas été confirmée récemment. Cette difficulté fait suite à la disparition de son habitat et éventuellement au manque de recherche. Les indications du nord de l’Italie n’ont pas été confirmées récemment et étaient attribuée à Coenagrion mercuriale. Elles sont en quasi continuité avec les populations suisses de cette dernière espèce (voir Dijskstra & al. 2023). Elle reste encore méconnue car peu distinguée par les observateurs [2024].

Habitats

Petits cours d’eau sans ombrage et fossés d’irrigation, souvent proche des sources, caractérisés par une végétation aquatique et riveraine abondante. Les eaux sont peu profondes, généralement calcaires et de débit faible. Les berges peuvent êtres « pâturées » dans les espaces agricoles qu’elle tolère. Observée depuis le niveau de la mer à 1050 d’altitude (UICN [2023]).

Phénologie

Monovoltine, mais parfois bivoltine, alors avec une génération automnale faible (un dixième de celle de printemps) (Fabri 2018). Vole de fin mars à fin août, attardée jusqu’en octobre, l’activité est optimale entre avril et juin (Dijkstra & al. 2023).

Menaces et préservation

Supposée Vulnérable (Dijkstra & al. 2023), c’est un espèce menacée et en déclin (VU 2023) selon l’UICN. Elle est protégée par la Directives Habitats (sous Coenagrion mercuriale, par splitage postérieur à la Directive). L’urbanisation et l’agriculture tendent à réduire et fragmenter ses habitats. La pollution agit. Les changements climatiques (UICN [2023]), avec assèchements probables répétés en zone méditerranéenne, devraient pour ces derniers agir significativement [com., 2024].

🔍 - ©© bync - Pasquale Buonpane - Italie, vers Naples, le 26 mai 2022 - iNaturalist
  1. Galimberti & al. (2021) sur la base des travaux de Ferreira & al. (2014) montrent que ce taxon correspond à un des trois groupes génétiques proches de Coenagrion mercuriale. Il est propre à la Péninsule italienne. Ces résultats ont conduit Dijkstra & al. (2023) à analyser la génétique et la morphologie des populations italiennes, ce qui amène à réhabiliter Coenagrion castellani comme une espèce distincte tel qu'envisagé à l'initial par Roberts (1948).