2026
Le site Vigie-Libellules a été mis en ligne. Le protocole SOGAP prend de l’ampleur avec 45 nouveaux participants (+ 36%) avec un suivi de 400 spots exuvies.
- 28 et 29 janvier 2026 — Séminaire de mi-parcours et 5e Copil du Plan national d’actions Libellules, Paris. Le PNA 2020-2030 atteint sa mi-parcours après cinq années de mise en œuvre. Le séminaire, organisé par l’Opie, a permis de dresser un bilan national des actions et des déclinaisons régionales ; le Copil a réuni 28 participants (Blog GRPLS ➚)
- 13 et 14 juin 2026 – Cinquième JOO à Milly-la-Forêt, en Essonne, organisées en collaboration avec les Naturalistes de la Vallée du Loing et du massif de Fontainebleau. Cette édition, organisée localement, a réuni environ 40 participants. Les prospections ont notamment permis l’observation d’Isoaeschna isoceles, Oxygastra curtisii et Leucorrhinia pectoralis…(A.Ruffoni in Lettre du PNAL n°12).
- 19 au 21 juin 2026 — Cinquième Grand Marathon des Libellules. Porté par La Selysienne, avec notamment Histoires Naturelles et Faune-France, l’événement a rassemblé naturalistes, associations et observateurs autour d’un inventaire simultané des Odonates au moment du solstice d’été. En France, 81 espèces ont été recensées, soit pour la deuxième année consécutive plus de 80 espèces en un même week-end. La participation a largement dépassé les frontières françaises, avec notamment la Belgique (31 espèces) et concerne le Québec (46 espèces), la Suisse (21 espèces) et le Luxembourg, ainsi que des contributions depuis La Réunion et l’île Maurice. La mobilisation belge a été particulièrement structurée, avec des prospections en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, coordonnées localement par Adrian Matala.
- 22 au 26 juin 2026 – ECOO à Teresin (Pologne) – Proposition d’une structuration européenne de l’odonatologie et d’une extension des protocoles standardisés tels que STELI (V.A.Lafont, M.Jeanmougin in Lettre du PNAL n°12).
- 18 septembre 2026 – Colloque – Renaturation des milieux aquatiques : quels bénéfices pour la biodiversité et les libellules ? (#Sympetrum40ans) à Villeurbanne. Une sortie de terrain consacrée à la renaturation et aux libellules a prolongé la manifestation le 19 septembre à la lône de Jonage. – Près de 200 participants.
| Trois associations | ||
|---|---|---|
| Limousin | Auvergne | Rhône-Alpes |
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| SLO | GO’A | GRPLS |

Suivi des Odonates Gomphidés et Anisoptères Prioritaires
Le protocole SOGAP est porté par Caudalis et l’Opie. L’équipe de coordination est composée de V.A.Lafont, A.Abraham et R.Baeta. Une plateforme de saisie des relevées est en ligne. Trois passages sont menés avec une récolte de toutes les exuvies des espèces visées qui sont en premier chef Gomphus graslinii, Sytylurus flavipes, Ophiogomphus cecilia, Paragomphus genei, Macromia splendens et Oxygastra curtisii.
Odonatologie en France : synthèse historique de sa structuration
Cette synthèse ne cherche pas à recenser toutes les publications, observations ou personnalités ayant contribué à l’étude des Odonates en France. Elle est volontairement orientée vers les événements, ouvrages, programmes, associations et personnes qui ont contribué à structurer durablement l’odonatologie française : constitution d’une faune nationale, développement de la taxonomie et de l’écologie, mise en réseau des observateurs, inventaires et atlas, conservation, suivis standardisés et ouverture aux territoires ultramarins.
Les périodes anciennes sont regroupées en grandes séquences, leurs évolutions étant mieux comprises avec un certain recul. À partir de 2016, et plus encore pour les années les plus récentes, la chronologie est volontairement traitée année par année. Ce niveau de détail ne signifie pas nécessairement que chacune de ces années constitue déjà une étape historique : l’histoire ne s’écrit véritablement qu’avec un peu de recul, et l’importance relative de certains événements contemporains pourra naturellement être réévaluée.
Avant 1742 — Des premières représentations à l’observation naturaliste
Avant le XVIIIe siècle, les libellules apparaissent surtout dans les manuscrits médiévaux, les illustrations et les premiers ouvrages d’histoire naturelle. Une espèce identifiable est figurée dès 1323-1326 dans le Bréviaire de Belleville, réalisé par l’atelier de Jean Pucelle (vers 1300-1334) (Pucelle, 1323-1326). À la Renaissance, Joris Hoefnagel (1542-1601) représente avec une précision remarquable plusieurs insectes, dont des Odonates pouvant être rapprochés d’espèces actuelles (Hoefnagel, ca 1575). Aux XVIIe et début XVIIIe siècles apparaissent les premières observations davantage biologiques. Cette longue phase descriptive et iconographique aboutit avec René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757) à une étape fondatrice. En 1742, dans le sixième volume de ses Mémoires pour servir à l’histoire des insectes, il publie le mémoire Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. Il y décrit notamment les larves, leur masque préhensile, les métamorphoses, l’accouplement et la ponte (de Réaumur, 1742). Ce texte constitue l’un des premiers grands travaux spécifiquement consacrés à la biologie des libellules et marque véritablement leur entrée dans le champ de l’étude scientifique.
1742-1839 — De l’histoire naturelle à la taxonomie
Après de Réaumur, l’étude des libellules devient progressivement plus systématique. Étienne-Louis Geoffroy (1725-1810) traite des espèces des environs de Paris dans son Histoire abrégée des insectes (Geoffroy, 1762). Un jalon important est ensuite apporté par Charles de Villers (1724-1809) : dans son Caroli Linnaei Entomologia de 1789, il reprend la méthode linnéenne, enrichit les connaissances acquises en France, notamment autour de Lyon, et présente encore tous les Odonates dans le genre Libellula. Il introduit notamment Libellula tenella, aujourd’hui Ceriagrion tenellum (de Villers, 1789). Guillaume-Antoine Olivier (1756-1814) contribue parallèlement à la nomenclature entomologique et à la diffusion du terme « libellule ». Les premières véritables faunes régionales prennent ensuite de l’importance avec Étienne-Hippolyte Boyer de Fonscolombe (1772-1853), qui publie en 1837 et 1838 sa Monographie des Libellulines des environs d’Aix (Boyer de Fonscolombe, 1837, 1838). Ces travaux préparent les grandes synthèses taxonomiques européennes du XIXe siècle.
1839-1931 — Les grandes synthèses et la construction d’une faune française
La période est profondément marquée par Michel-Edmond de Selys-Longchamps (1813-1900), naturaliste belge considéré comme l’un des fondateurs de l’odonatologie moderne. Sa Monographie des Libellulidées d’Europe, achevée en 1839 et publiée en 1840 (de Selys-Longchamps, 1840), puis la Revue des Odonates ou Libellules d’Europe, réalisée avec Hermann August Hagen (1817-1893) (de Selys-Longchamps & Hagen, 1850), structurent durablement la taxonomie européenne et apportent de nombreuses informations sur la faune française. L’importance historique de Selys explique que La Selysienne et sa revue-circulaire La Lettre à Selys lui rendent aujourd’hui hommage. Pierre Rambur (1801-1870) complète cette œuvre par son Histoire naturelle des insectes. Névroptères (Rambur, 1842), autre référence fondamentale pour les espèces européennes et françaises.
La seconde moitié du XIXe siècle voit parallèlement se développer les inventaires régionaux. En 1856, Léandre Pidancet (1824-1888) publie son Catalogue des Libellulidées des environs de Besançon (Pidancet, 1856), l’une des premières synthèses régionales françaises importantes ; il y fournit notamment l’une des plus anciennes mentions nationales d’Aeshna juncea, sous le nom d’Aeschna justi. À la fin du siècle, Alexandre Acloque (1871-1908) publie sa Faune de France (Acloque, 1897), qui comprend une première synthèse pratique des Odonates présents sur le territoire. La personnalité française dominante à la fin de cette période est toutefois René Martin (1846-1925). À partir des années 1880, il publie de nombreux travaux consacrés aux différents groupes et entreprend progressivement une véritable synthèse de la faune nationale. Son œuvre aboutit, à titre posthume, à Pseudo-Névroptères et Névroptères (Martin, 1931), première présentation véritablement complète et moderne des libellules de France et référence nationale durant plusieurs décennies. La revue Martinia, créée plus d’un demi-siècle plus tard, sera nommée en son honneur.
1932-1958 — Des inventaires régionaux vers l’écologie
Après René Martin, les recherches reposent principalement sur des travaux individuels ou régionaux. Les prospections se multiplient, mais il n’existe pas encore de programme national coordonné. À partir des années 1950, Pierre Aguesse joue un rôle déterminant par ses recherches en Camargue et dans le sud de la France. Ses travaux contribuent à faire évoluer l’étude des Odonates d’une approche surtout faunistique et taxonomique vers une approche davantage écologique, attentive aux habitats, aux cycles biologiques, à la phénologie et au fonctionnement des zones humides. Cette orientation aboutira notamment à sa grande synthèse sur les Odonates d’Europe occidentale et du bassin méditerranéen (Aguesse, 1968). En 1958, le naturaliste et illustrateur suisse Paul-André Robert (1901-1977) publie Les Libellules (Robert, 1958). La qualité exceptionnelle de ses planches, ses descriptions et ses observations biologiques en font un ouvrage majeur pour plusieurs générations de naturalistes francophones ; il sera également traduit en plusieurs langues. Dans l’entre-temps Chopard (1948) rassemble un ouvrage paru chez Boubée venant illustrer les espèces françaises.
1959-1986 — De l’écologie à l’organisation nationale
Les années 1960 et 1970 prolongent cette évolution écologique, notamment autour des travaux de Pierre Aguesse, dont l’ouvrage de 1968 devient une référence majeure pour l’identification, la biologie et l’écologie des espèces d’Europe occidentale. À partir de la fin des années 1970 et du début des années 1980, la conservation des espèces et de leurs habitats prend une place croissante. Jean-Louis Dommanget devient l’une des principales figures de cette transformation et publie notamment Vers une protection des Odonates de France : un exemple, Macromia splendens (Dommanget, 1981). Le lancement de l’Inventaire cartographique des Odonates de France — INVOD, au début des années 1980, constitue alors une étape majeure : il fédère progressivement un réseau national d’observateurs et prépare une cartographie moderne de la faune française.
En 1985, Jean-Louis Dommanget, Jean Legrand et Philippe Machet créent Martinia, bulletin de liaison destiné aux odonatologues. La même année paraît le Guide des Libellules d’Europe et d’Afrique du Nord de Jean d’Aguilar et Jean-Louis Dommanget (d’Aguilar & Dommanget, 1985). Enfin, en 1986, la création à Grenoble du Groupe de Recherche et de Protection des Libellules “Sympetrum” (GRPLS) annonce une nouvelle étape : parallèlement à la structuration nationale, des groupes régionaux spécialisés commencent à s’organiser.
1987-1999 — Structuration nationale et régionale
En 1987, Jean-Louis Dommanget publie l’Étude faunistique et bibliographique des Odonates de France (Dommanget, 1987), importante synthèse de la bibliographie, des répartitions et de l’état des connaissances. La dynamique d’INVOD conduit en 1991 à la création de la Société française d’Odonatologie (SfO), qui fédère les observateurs, anime le réseau national, développe les programmes de connaissance et assure notamment la publication de Martinia. La structuration régionale s’affirme parallèlement : le Groupe Sympetrum, créé en 1986, développe en Rhône-Alpes un important travail d’inventaire, de cartographie et d’évaluation patrimoniale, dont Cyrille Deliry devient progressivement l’un des principaux animateurs. Ses travaux contribuent notamment à la réalisation des premiers volets de l’Atlas des Libellules de la Région Rhône-Alpes (Deliry, 1997). En 1993 apparaît également la Société Limousine d’Odonatologie (SLO).
Le résultat le plus visible d’INVOD est publié en 1994 avec l’Atlas préliminaire des Odonates de France coordonné par Jean-Louis Dommanget (Dommanget, 1994), qui concrétise plus d’une décennie de collecte collective. C’est aussi durant les années 1990 que l’Outre-mer commence à être plus nettement intégré aux travaux du réseau français : une contribution importante à l’inventaire des Odonates de Guadeloupe paraît dans Martinia (Goyaud, 1994), ouverture qui prendra surtout son ampleur au tournant des années 2000. Durant cette décennie, les Rencontres odonatologiques de France, Martinia, la SfO et les groupes régionaux transforment ainsi progressivement le milieu des spécialistes en un véritable réseau national articulé avec des structures territoriales autonomes.
2000-2008 — De la répartition à l’autochtonie, essor des atlas régionaux et ouverture ultramarine
Le début des années 2000 constitue une période particulièrement féconde. En 2000, Martinia consacre un numéro thématique à l’Outre-mer, avec une mise en perspective générale des départements et territoires ultramarins (Dommanget & Marshaal, 2000), ainsi que des listes provisoires pour la Guyane (Dommanget & Papazian, 2000) et la Nouvelle-Calédonie (Dommanget, 2000). Cette dynamique se poursuit avec les listes provisoires de François Meurgey (Meurgey, 2004) puis avec la synthèse collective Les Odonates des Départements et Collectivités d’Outre-mer français (Meurgey et al., 2006), qui marque une véritable coordination des connaissances ultramarines. Parallèlement, le bilan du programme INVOD clôt un premier grand cycle d’inventaire national (Dommanget et al., 2002), tandis que le CILIF — Complément à l’Inventaire des Libellules de France, lancé en 2005, cherche à dépasser la simple cartographie en accordant davantage d’importance à l’autochtonie, aux effectifs et à la preuve de reproduction locale.
La même période voit l’affirmation des grandes synthèses régionales. En 2001, Jean-Marie Prot publie l’Atlas commenté des insectes de Franche-Comté. Tome 2 — Odonates, Demoiselles et Libellules (Prot, 2001). En 2006, Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot publient Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg (Grand & Boudot, 2006), qui devient une nouvelle référence majeure pour l’identification, la biologie, l’écologie et la répartition des espèces. En 2008, l’Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes, coordonné par Cyrille Deliry (Deliry, 2008), constitue une autre synthèse régionale de grande ampleur. Ces ouvrages illustrent le développement d’une connaissance territoriale de plus en plus détaillée, mouvement qui se prolongera avec le Poitou-Charentes en 2009 puis, plus tard, avec la Bourgogne-Franche-Comté.
2009-2015 — De l’inventaire à une politique nationale de conservation
L’année 2009 apporte une autre grande synthèse régionale avec Libellules du Poitou-Charentes (Poitou-Charentes Nature, 2009), fruit d’un important programme d’inventaire régional. La période 2009-2010 voit surtout la préparation du premier Plan national d’actions en faveur des Odonates, coordonné par Pascal Dupont (Dupont, 2010). Sa mise en œuvre à partir de 2011 entraîne la multiplication des déclinaisons régionales et marque le passage d’une logique principalement fondée sur les inventaires à une véritable politique nationale de connaissance et de conservation. Le STELI — Suivi temporel des libellules, testé en 2011 puis généralisé en 2012, vise désormais à produire des données comparables dans le temps afin de mesurer les tendances des populations. Un autre outil important pour la diffusion de l’identification paraît avec le Guide photographique des imagos de France métropolitaine de Jean-Laurent Hentz, Cyrille Deliry et Christophe Bernier, dont la deuxième édition est publiée en 2012 (Hentz, Deliry & Bernier, 2012).
Cette période est également marquée par plusieurs événements faunistiques et par l’approfondissement des connaissances ultramarines. En 2011, un afflux exceptionnel d’Hemianax ephippiger est observé dans une grande partie du pays, avec des preuves de reproduction (Lambret & Deschamps, 2013). En Corse, la première observation française d’Orthetrum trinacria est réalisée le 14 juin 2012 et publiée l’année suivante (Berquier, 2013). Pour l’Outre-mer, Dominique Martiré publie Les Libellules et Éphémères de La Réunion (Martiré, 2010), puis François Meurgey et Lionel Picard Les Libellules des Antilles françaises (Meurgey & Picard, 2011), deux ouvrages qui approfondissent l’effort de synthèse engagé dans les années précédentes. Enfin, la structuration régionale se poursuit avec la création en 2014 du Groupe Odonat’Auvergne (GO’A) et avec le Plan régional d’action en faveur des Odonates de Rhône-Alpes, coordonné par Cyrille Deliry (Deliry, 2015). En 2015, le premier PNA arrive au terme de son cycle initial après avoir fortement renforcé réseaux, connaissances, plans régionaux et outils de suivi.
2016 — La Liste rouge nationale
En 2016, la publication de la première Liste rouge des Libellules de France métropolitaine constitue un jalon majeur (UICN France, MNHN, Opie & SfO, 2016). Sur 89 espèces évaluées, 11 sont classées dans une catégorie de menace — Vulnérable, En danger ou En danger critique — et 13 sont quasi menacées. Fondée sur plusieurs centaines de milliers de données, cette synthèse transforme l’accumulation des observations naturalistes en véritable outil national de hiérarchisation des enjeux de conservation. La SfO demeure alors au cœur du réseau spécialisé aux côtés de l’Opie et du MNHN.
2017 — Trithemis kirbyi et les Rencontres du Morvan
L’événement faunistique majeur de 2017 est l’arrivée en France de Trithemis kirbyi. L’espèce est observée pour la première fois le 21 juin dans l’Aude, puis dans plusieurs autres localités méridionales (Polette et al., 2017), illustrant spectaculairement des changements de répartition qui deviennent progressivement un thème central et concernera d’autres espèces.
L’année est aussi marquée par les Sixièmes Rencontres odonatologiques de France, organisées les 20 et 21 octobre à Saint-Brisson, dans le Morvan, conjointement avec les Rencontres Bourgogne-Nature. Elles réunissent près de 140 participants et témoignent de la vitalité de la communauté odonatologique et du rôle encore central de la SfO dans l’animation du réseau national. Cette forte mobilisation masque toutefois des difficultés de gouvernance déjà sensibles au sein de l’association : dès l’Assemblée générale de 2017, une majorité du conseil d’administration envisage un rapprochement avec l’Opie, tandis que les adhérents présents souhaitent encore maintenir la SfO. Ce décalage ouvrira une phase de réflexion qui conduira, deux ans plus tard, à la dissolution de la SfO en mars 2019 et au transfert de plusieurs de ses principaux projets. Un manque flagrant de communication n’a pas été propice à la reprise correcte de la gouvernance de l’association, car les volontaires auraient été nombreux (com. pers.).
2018 — Bilan du premier PNA et modifications des répartitions
En 2018 est publié le bilan du premier grand cycle du PNA (Houard, Itrac-Bruneau & Sueur, 2018). Il met en évidence une amélioration considérable de la connaissance des répartitions, le développement des outils de suivi et la consolidation des réseaux régionaux. Parallèlement, les modifications d’aires deviennent de plus en plus visibles : l’arrivée récente de Trithemis kirbyi, l’expansion de Crocothemis erythraea et la présence régulière de Sympetrum fonscolombii illustrent particulièrement la progression ou la fréquence accrue de certaines espèces méridionales.
2019 — Rupture institutionnelle et année faunistique remarquable
2019 constitue une année charnière avec la dissolution de la Société française d’Odonatologie, créée en 1991, et le transfert progressif de ses principales activités vers l’Opie. Plusieurs événements faunistiques majeurs sont simultanément enregistrés. Pantala flavescens fait l’objet de sa première mention française métropolitaine solidement documentée, avec un individu observé dans le Gard le 12 août (Soustelle, Moisset & Lereec Le Bricquir, 2019). En Corse, la reproduction de Paragomphus genei est enfin démontrée après de nombreuses observations antérieures sans preuve d’autochtonie, tandis qu’un nouvel afflux important d’Hemianax ephippiger complète cette année particulièrement remarquable.
2020 — Recomposition du réseau et naissance de La Selysienne
L’année 2020 ouvre une nouvelle phase. Le second Plan national d’actions en faveur des Libellules 2020-2030, coordonné par Xavier Houard, est construit autour de 33 espèces prioritaires et d’une stratégie associant connaissance, suivi et conservation des habitats (Houard, 2021). Le groupe Opie-odonates prend progressivement en charge plusieurs fonctions nationales autrefois portées par la SfO. Parallèlement est créée La Selysienne : le projet prend forme le 31 mai 2020 et l’association est officiellement constituée le 9 novembre. Elle développe un rôle original de mise en réseau des odonatologues francophones, de valorisation de la littérature et de l’histoire de la discipline, de production de synthèses et d’animation d’initiatives participatives, tout en favorisant la circulation des connaissances entre naturalistes. Cette création s’inscrit notamment dans la continuité des travaux de Cyrille Deliry sur la compilation bibliographique, les chroniques historiques et la diffusion numérique des connaissances, développés à travers Histoires Naturelles et Odonates du Monde (Deliry, 2004…).
2021 — Du diagnostic à l’action
En 2021, la validation du nouveau PNA (Houard, 2021) consolide le passage de l’inventaire à une stratégie de suivi à long terme et de conservation. Le développement de dispositifs standardisés, notamment autour des futurs suivis SOGAP, vise à mieux identifier les tendances de déclin ou d’expansion et à relier plus directement les connaissances aux mesures de gestion. La mobilisation participative s’affirme parallèlement : le 26 juin 2021 est organisée la première Journée des Libellules de France, qui fédère observations, sorties et animations et permet de contacter 72 espèces en une seule journée.
2022 — Consolidation des connaissances et nouveaux dispositifs
En 2022, l’Atlas dynamique des Odonates de France est mis en ligne sous la coordination de l’Opie (Opie, 2022), permettant de rassembler et d’actualiser en permanence les connaissances nationales sur la répartition des espèces. La même année paraît l’Atlas des Odonates de Bourgogne-Franche-Comté (SHNA-OFAB, CBNFC-ORI & OPIE Franche-Comté, 2022), fruit d’un travail engagé dès 2010 : ses 446 pages traitent les 75 espèces présentes dans la région et illustrent l’aboutissement d’une longue dynamique régionale amorcée notamment par l’atlas franc-comtois de Jean-Marie Prot en 2001. Le SOGAP — Suivi des Odonates Gomphidés et Anisoptères Prioritaires commence parallèlement à se structurer comme dispositif national de suivi.
La mobilisation naturaliste évolue elle aussi : la Journée des Libellules devient le Marathon des Libellules, coordonné par La Selysienne. Cette opération participative mobilise simultanément les observateurs autour d’un objectif commun d’inventaire et de visibilité des libellules et de leurs habitats. Cyrille Deliry poursuit parallèlement son travail de synthèse historique et documentaire avec Odonates en France (Deliry, 2022). Les premières Journées odonatologiques de l’Opie (JOO), se déroulent du 17 au 19 juin 2022 à Lourdes dans les Hautes-Pyrénées.
2023 — Standardisation, régionalisation et mobilisation du réseau
En 2023, une nouvelle étape dans la standardisation des suivis est franchie : STELI et SOGAP sont relancés ou renforcés, tandis que les déclinaisons régionales du PNA progressent. De nouveaux financements, notamment le Fonds vert, facilitent le passage des connaissances aux actions concrètes de conservation, en particulier dans plusieurs régions déjà fortement engagées. Le Grand Marathon des Libellules, désormais organisé sur deux jours, prend parallèlement de l’ampleur et renforce la dimension participative du réseau. La mise en réseau nationale bénéficie également des Journées odonatologiques de l’Opie (JOO), associées en 2023 au séminaire du PNA et organisées du 9 au 11 juin au Teich, en Gironde (Opie, 2023), qui constituent un espace d’échanges entre professionnels et amateurs autour des suivis, de la conservation et des espèces à enjeux.
2024 — Déploiement territorial et mise en réseau
En 2024, le passage du suivi à l’action se consolide. Le SOGAP s’affirme comme outil national standardisé tandis que plusieurs déclinaisons régionales du PNA franchissent des étapes importantes, notamment en Nouvelle-Aquitaine et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les troisième JOO se tiennent les 6 et 7 juillet aux Rousses, dans le Jura, en partenariat avec l’Opie Franche-Comté et le CBNFC-ORI, et réunissent près de 50 participants (Opie, 2024). Le Grand Marathon des Libellules poursuit parallèlement son développement et commence à s’articuler avec certaines politiques territoriales de conservation, notamment en Corse.
La publication de la deuxième Liste rouge européenne des Odonates fournit également un repère majeur. Par comparaison avec la première évaluation européenne (Kalkman et al., 2010), qui estimait à environ 15 % la proportion des espèces menacées, l’évaluation récente la porte à environ 21 % (De Knijf et al., 2024). Cette évolution souligne une dégradation sensible de l’état de conservation du groupe à l’échelle européenne et fournit un nouveau cadre pour interpréter les tendances constatées en France.
2025 — Innovation méthodologique et consolidation des suivis
En 2025, les dispositifs de suivi se consolident et leur traduction territoriale progresse. Le SOGAP dispose désormais d’une plateforme nationale, tandis que le PNA poursuit sa régionalisation, avec notamment la validation du plan des Pays de la Loire. De nouvelles méthodes se développent avec le projet ADENO, consacré à l’utilisation de l’ADN environnemental pour l’étude des Odonates. Le Grand Marathon des Libellules franchit également une nouvelle étape en s’associant à Faune-France : les 21 et 22 juin, 83 espèces sont observées en France, confirmant la place de l’événement comme rendez-vous fédérateur et participatif complémentaire des dispositifs scientifiques et institutionnels.
Les quatrièmes JOO se déroulent les 5 et 6 juillet 2025 dans la Dombes, dans l’Ain, en partenariat notamment avec le Groupe Sympetrum (Opie, 2025). Leur succession depuis le début de la décennie confirme l’installation d’un nouveau rendez-vous régulier d’échanges techniques, de présentations et de prospections collectives au sein du réseau national.
Bibliographie chronologique
- Pucelle J. 1323-1326 – Breviarium ad usum fratrum praedicatorum – « Bréviaire de Belleville ». – Manuscrit.
- Hoefnagel J. ca 1575 – Animalia Rationalia et Insecta (Ignis). – Planches.
- de Réaumur R.A.F. 1742 – Mémoires pour servir à l’histoire des insectes, tome VI. Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. – Paris.
- Geoffroy E.L. 1762 – Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. – Paris : Durand.
- de Villers C. 1789 – Caroli Linnaei Entomologia, Faunae Suecicae descriptionibus aucta… – Lugduni : Piestre et Delamollière.
- Boyer de Fonscolombe E.H. 1837 – Monographie des Libellulines des environs d’Aix. – Annales de la Société entomologique de France, 6 : 129-150.
- Boyer de Fonscolombe E.H. 1838 – Monographie des Libellulines des environs d’Aix. Deuxième et troisième parties. – Annales de la Société entomologique de France, 7 : 75-106, 547-575.
- de Selys-Longchamps E. 1840 – Monographie des Libellulidées d’Europe. – Paris : Roret ; Bruxelles : Muquardt.
- Rambur P. 1842 – Histoire naturelle des insectes. Névroptères. – Paris : Roret.
- de Selys-Longchamps E. & Hagen H.A. 1850 – Revue des Odonates ou Libellules d’Europe. – Bruxelles-Leipzig : Muquardt ; Paris : Roret.
- Pidancet L. 1856 – Catalogue des Libellulidées des environs de Besançon. – Mémoires de la Société d’émulation du département du Doubs, série 2, 7.
- Acloque A. 1897 – Faune de France contenant la description des espèces indigènes. – Paris : Baillière et fils.
- Martin R. 1931 – Pseudo-Névroptères et Névroptères. Histoire naturelle de la France, 9 bis. – Paris : Deyrolle.
- Chopard L. 1948 – Libellules de France, Belgique, Suisse. – Nouvel Atlas d’Entomologie, N. Boubée & Cie, Paris : 137 pp. + 12 pl.
- Robert P.A. 1958 – Les Libellules. – Neuchâtel : Delachaux & Niestlé.
- Aguesse P. 1968 – Les Odonates de l’Europe occidentale, du nord de l’Afrique et des îles atlantiques. – Faune de l’Europe et du Bassin méditerranéen, 6. Paris : Masson.
- Dommanget J.L. 1981 – Vers une protection des Odonates (Libellules) de France : un exemple : Macromia splendens Pictet. – Cahier de liaison OPIE, 14 : 109-117.
- d’Aguilar J. & Dommanget J.L. 1985 – Guide des Libellules d’Europe et d’Afrique du Nord. – Neuchâtel et Paris : Delachaux & Niestlé.
- Dommanget J.L. 1987 – Étude faunistique et bibliographique des Odonates de France. – Inventaires de Faune et de Flore, 36. Paris : MNHN, 283 p.
- Dommanget J.L. (coord.) 1994 – Atlas préliminaire des Odonates de France. État d’avancement au 31/12/1993. – Patrimoines naturels, 16. SFF, MNHN, SfO, ministère de l’Environnement, 92 p.
- Goyaud C. 1994 – Contribution à l’inventaire des Odonates du département de la Guadeloupe. – Martinia, 10 (3) : 49-61.
- Deliry C. 1997 – Atlas des Libellules de la Région Rhône-Alpes. Premier volet : les espèces rares et menacées des départements des Alpes du Nord françaises : Isère, Savoie, Haute-Savoie. – Sympetrum, numéros spéciaux 12-14.
- Dommanget J.L. & Marshaal M. 2000 – Les départements et territoires d’Outre-mer français. Généralités. – Martinia, 16 (3) : 85-94.
- Dommanget J.L. & Papazian M. 2000 – Liste provisoire des Odonates de Guyane française. – Martinia, 16 (3) : 138-141.
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Cyrille Deliry – Niort le 30 septembre 2026 – Ajusté le 2 octobre 2026
••• Atlas dynamique des Odonates de France •••
Revue Martinia (1985) – Revue Sympetrum (1987-2021…)



