Leucorrhinia pectoralis

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[Deliry C. 2026] – Leucorrhinia pectoralis - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 17078 du 04.08.2023. – odonates.net

Odonata > Epiproctophora > Anisoptera > Libellulines > Libelluloidea > Leucorrhiniidae

Leucorrhinia pectoralis

Leucorrhine à gros thorax [Dommanget 1987]


LC 2009 Bassin méditerranéen - LC 2010 Europe - Directive Habitats (annexes II+IV)

Répartition

- NT 2016 - Boudot & al. (1990).

  • Espagne (nouvelle : Dantart & Martín 1999).

Espèce eurosibérienne, aussi dite ouest-sibérienne. La Leucorrhine à gros thorax se trouve principalement en Europe centrale et septentrionale. Elle est plus éparse en Europe occidentale, notamment en France où elle est localement en déclin (Deliry 2017).

Habitats - Espèce réputée sténoèce, ce qui me semble peu adapté. Elle s’observerait sur certains marais et tourbières généralement à basse altitude [wOw : Deliry : 2019]. Ainsi Boudot & al. (1990) disent qu'elle ne passe pas les 550 m d'altitude dans les Vosges (France). Elle dépasse toutefois les 1000 m localement ailleurs (Deliry 2017), 1100 m dans le Jura selon une observation de J.L.Lambert. Dommanget (1987) donnait l’altitude maximale de 900 m dans le Doubs, aux tourbières de Frasne. Une mention se trouve à plus de 2000 m pour un individu égaré en Oisans (Isère). Le niveau bas ou moyen de la végétation riveraine, l’absence de Roseaux et peut-être une certaine fluctuation du niveau d’eau semblent des éléments favorables à son développement, en particulier dans les régions de complexes d’étangs ou de mares. Les berges en pente douce ou couvertes de tremblants à Sphaignes sont favorables à la Leucorrhine à gros thorax. Je conclue [wOw : Deliry : 2019] que les étangs dombistes (Ain) ne sont pas favorables à l’espèce et que le principe d’évolage-assec accompagné d’une démarche de pisciculture intensive ne lui conviennent pas ; les observations réalisées en Dombes, certes multiples, doivent correspondre à un certain erratisme de l’espèce à partir de populations sources somme toute particulièrement rares.
Milieux stagnants oligotrophes ou mésotrophes, fréquemment acides, moyennement végétalisés et situés dans un environnement assez ouvert (friches, landes...) mais présentant la plupart du temps des zones boisées à proximité : mares ouvertes, étangs tourbeux ou non, marais, anciennes carrières, fossés, gouilles et fosses d'exploitation des tourbières à Sphaignes, bien plus rarement (du moins en France) dans les parties calmes de cours d'eau ou leurs annexes, généralement sous 1000 m d'altitude (Site Web de la SfO [2011]).
Dès que le temps se couvre les imagos se réfugient dans la canopée. Cette espèce est capable d’importants déplacement (100 km en Allemagne) et montre certaines capacités de colonisation rapide (Bönsel 2006). Les déplacements sont même estimés à plus de 120 km (Deliry 2021). Néanmoins en Dombes (France) une expérience de CMR réalisée par Greff (2000) montre que malgré la proximité de sites occupés, les déplacements sont localisés et ne se font généralement pas entre les étangs. Les déplacements importants sont l’objet de quelques rares individus seulement.

Phénologie - Vole de début mai à fin juillet, optimum en juin (Dommanget 1987), d’avril à juillet (Deliry 2017) ; la date du 7 avril est données pour la région Poitou-Charentes (Précigout 2013). Cette phénologie est confirmée récemment pour le pays (Faune France [2019]). Emergences majoritairement mi mai dans le Cher (Velle 2012). Elles se poursuivent jusqu’à début juillet, mais la plupart on généralement eu lieu avant la mi juin. Enfin on ajoutera quelques observations pouvant se poursuivre jusqu’à fin août. La période de maturation dure entre une et deux semaines. Les adultes peuvent vivre jusqu’à 40 jours (Greff 2000). Développement larvaire de 2 ans, rarement de 1 ou 3 ans, selon la littérature.

Populations - Soulignons que cette espèce peut présenter des variations très importantes d’effectifs d’une années à l’autre. Sa détectabilité et la définition de son autochtonie ne sont pas chose simple à résoudre, surtout dans le cas de petites populations locales (Houard & Merlet 2014).

Quelques nouvelles conclusions [2019]

L’analyse de l’ensemble des informations précédentes permet de mettre en évidence quelques nouvelles conclusions ou résultats méconnus sur la Leucorrhine à gros thorax (C.Deliry, com.) :

  • Il s’agit une espèce capable de se disperser fortement, chose qu’elle semble faire régulièrement et parfois massivement comme en 2012 où le nord de la France et quelques autres localités furent touchées. Cette année là fut aussi celle des observations de Leucorrhinia rubicunda dans le nord du pays. Nous considérons en conséquence ici que dans divers cas et en absence d’observations répétées, les conclusions de disparition de l’espèce dans des départements en marge d’aire sont mal interprétées : c’est le cas de la Drôme par exemple. Nous considérons que divers départements ne sont que le fait d’erratisme et de venues exogènes (mis en bleu sur la carte synthétique plus haut).
  • Cet important erratisme se traduit par une dispersion de proximité autour de quelques stations pérennes. Les habitats les plus favorables sont prospectés par l’espèce qui peut alors sembler bien répartie, alors qu’elle ne se reproduit réellement que sur un nombre limité de stations.
  • C’est une espèce réputée pionnières qui préfèrerait des habitats anthropiques régulièrement rénovés par l’Homme : étangs dombistes, fosses tourbeuses… néanmoins elle occupe des habitats naturels au niveau des Lagunes des Landes de Gascogne. Dans les faits elle ne se maintien et ne se reproduit clairement que sur des stations naturelles ou des sites évolués et stables. Elle ne fait que visiter les étangs et ne s’y reproduit guère voire carrément pas. Les habitats sont généralistes dans l’est de l’Europe, mais plus spécialisés dans l’ouest du continent.
  • Il semble probable que les premières émergences soient désormais plus précoces de deux à trois semaines par rapport aux mentions antérieures, en particulier dans les stations les plus méridionales.

Références

Baux V. & Krieg-Jacquier R. 2018 - Leucorrhinia pectoralis dans l'Ain : rigueur dans les inventaires, conséquences sur la gestion des habitats et la pérennité des populations. - Rev. Sc. Bourgogne-Franche-Comté Nature, 27 : 179-190.
Bönsel A. 2006 - Schnelle und individuenreiche Besiedlund eines revitaliserten Waldmoores durch Leucorrhinia pectoralis (Odonata : Libellulidae). - [Colonisation rapide et individuelle d’une tourbière forestière revitalisée par Leucorrhinia pectoralis (Odonata : Libellulidae).] - Libellula, 25 (3/4) : 151-157.
Boudot J.P., Goutet P. & Jacquemin G. 1990 - Note sur quelques Odonates peu communs observés en France. - Martinia, 6 (1). - PDF LINK
Chassery C. 2018 - Identification et caractérisation des lieux de reproduction de la Leucorrhine à gros thorax (Leucorrhinia pectoralis) en Dombes (Ain). - Rapport de stage, Univ. Grenoble, Groupe Sympetrum.
Dantart J. & Martín R. 1999 - Somatochlora metallica (Vander Linden, 1825) (Odonata: Corduliidae) y Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825) (Odonata: Libellulidae), dos nuevas especies de libélulas para la Península Ibérica. - Boletín de la Asociación Española de Entomología, 23 (1-2): 147.
Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles n°49. - PDF
Deliry C. 2020 - Préhistoire de la Leucorrhine à gros thorax dans la région Rhône-Alpes jusqu'en 2006. - Site Internet du GRPLS, 18 avril 2020. - ARCHIVE PDF
[Deliry C. 2021] – Leucorrhinia pectoralis peut bien se déplacer sur de grandes distances. – Demoiselles et Libellules du Monde entier, 27 décembre 2021. - ONLINE (Odonates du Monde)
Dommanget J.L. 1987 - Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France. - MNHN, Inv. de Faune et de Flore, fasc. 36 : 283 pp. - ONLINE
Grand D. 2010 - Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825) dans la Dombes (département de l’Ain) : éléments de biologie (Odonata, Anisoptera : Libellulidae). – Martinia, 26 (3-4) : 151-166.
Grand D., Greff N., Delcourt G. 2001 - Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825) nouveau pour le département du Rhône. - Martinia, 17 (3) : 107-109.
Greff N. 2000 - Suivi de la population de Leucorrhinia pectoralis sur l’étang de But, commune de Saint-Etienne-du-Bois (01) et recherches de nouvelles stations sur les sites périphériques. Prospection 1999. - Hermine, GRPLS : 110 pp.
Greff N. 2003 - Suivi de la population de Leucorrhinia pectoralis sur l’étang de But (St Etienne du Bois – 01). Rapport de synthèse 1999 à 2003. - Dossier d’étude du GRPLS, Hermine : 50 pp.
Houard X. & Merlet F. (coord.) 2014 - Liste Rouge régionale des Libellules d’Ile-de-France. - Naturparif, OPIE, SfO : 80 pp. - PDF LINK
Krieg-Jacquier R. 2020 - Prospection et identification des sites de reproduction de Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825) en Dombes et Bresse de l’Ain. Rapport 2019. - GRPLS : 11 pp. - BiB
Lelièvre Q. 2013 - Nouvelle observation de la Leucorrhine à gros thorax, Leucorrhinia pectoralis, en Vendée. - La Lettre des Naturalistes Vendéens, 8 novembre 2013 - PDF LINK
Précigout L. (coord.), Poitou-Charentes Nature 2013 - Plan national d’actions en faveur des odonates : Déclinaison Poitou-Charentes (2013-2017). - PCN & col. : 112 pp. - PDF LINK
Richoux P. 1998 – Des Libellules rares : un signe de la biodiversité sur les étangs du domaine de Praillebard. – La Lettre de la Fondation Pierre Vérots, 7 : 2-3.