26 août 2026

Cordulia

Cordulia Leach in Brewster, 1815

Brewster D. (ed.) 1815 – The Edinburgh Encyclopaedia. – Edinburgh, Vol. 9. – [Leach : Odonata : 136-137].

T Libellula aenea Linnaeus, 1758 [de Selys Longchamps 1871a]

• Cordulia Leach in Brewster, 1815

  • (Cordulia) Cordulia Leach in Brewster, 1815 [sous-genre selysien]
  • (Cordulia) Hemicordulia de Selys Longchamps, 1871 [a] → Hemicordulia [genre valide]

Cordulies – (en) Emeralds

Etymologie – Le nom de genre Cordulia pourrait faire référence au Triton (κορδύλος), terme utilisé pour cet animal pour Aristote (343 BC), lui-même associé à la notion de ruban, peut-être en raison de la forme élargie de l’abdomen. Le terme est parfois attribué à une massue mais je n’ai pas retrouvé cette origine : quoique. Un lézard d’Afrique du Sud est selon la même racine appelé en français Cordyle, dans le genre Cordylus Laurenti, 1768, qui a un corps élargi en « massue » ([2024]). Plus habituellement on fait directement référence au grec κορδύλη, « massue, gourdin », allusion à l’élargissement de l’abdomen, très manifeste chez le ♂ (com., 21 août 2026).

1815 – Leach in Brewster (1815) décrit ce nouveau genre issu de Libellula sensu Fabricius, 1775 et le place dans les Libellulida. Il se caractérise par les ailes postérieures des ♂ présentant un angle anal et séparés des Libellula chez qui elles sont semblables pour les deux sexe. Il y place Cordulia aenea.
1871 – de Selys Longchamps (1871a) place dans son grand genre selysien, les sous-genres selysiens (Cordulia) Cordulia Leach in Brewster, 1815 et (Cordulia) Hemicordulia de Selys Longchamps, 1871. Il désigne le type du genre Cordulia : Libellula aenea Linnaeus, 1758.
2026 – Je confirme sur des critères morphologiques et phylogénétiques le placement de Cordulia amurensis comme une bonne espèce (Deliry [22 août 2026], [2026a])

Cordulia aenea, Cordulia amurensis (+), Cordulia shurtleffii


Cordulia aenea (Linnaeus, 1758)

  • [Libellula viridi-inaurata] (Linnaeus 1746)

Linnaeus C. 1758 – Systema naturae per regna tria naturae. 10ᵉ édition, volume 1. – Holmiae. • [Genre 207 : espèce 8 : p. 544]

LT – Suède (d’après les publications de Linnaeus) – T – Lectotype ♀ (n°769), Linnean Society of London (coll. Linnaeus).

• Libellula aenea Linnaeus, 1758

• Cordulia aenea (Linnaeus, 1758) (nomen protectum)

  • [Libellula aenea var. β] (Linnaeus 1761)
  • Libellula viridi-inaurata Linnaeus, 1761
  • [Aminthe] (Geoffroy 1762)
  • Cordulia aenea var. amurensis de Selys Longchamps, 1887 [bona sp. : Deliry [22 août 2026], [2026a]]
  • Cordulia aenea var. tatrica Dziedzielewicz, 1902
  • Cordulia aenea turfosa Förster, 1902
  • Cordulia aenea laubmani Götz, 1923
  • Cordulia brachycauda Goenther, 1948 [forma : hic]
  • Cordulia longicauda Goenther, 1948 [forma : hic]
  • Cordulia linaenea Fraser, 1956 (nomen novum)
  • Cordulia selysi Belyshev, 1956
  • Cordulia aenaeturfosa Buchholz, 1967 (lapsus, nomen novum)

Aminthe [Goeffroy 1762], Cordulie bronzée [Boudot & Dommanget 2012], Esméralda [Deliry [2026]]

(en) Downy Emerald –  (da) Grøn smaragdlibel – (de) Gemeine Smaragdlibelle – (es) Esmeralda bronceada – (it) Smeralda bronzea – (jp) カラカネトンボ – (nl) Smaragdlibel – (pl) Szklarka zielona – (sv) Guldtrollslända

Etymologie – Du latin aeneus (-a, -um) qui signifie de bronze, fait d’arain, couleur de bronze, ce qui évoque directement la couleur métallique bronze-verdâtre. C’est une option descriptive qui est reprise directement dans le nom français : Cordulie bronzée ([21 août 2026]). Le nom anglais downy évoque le thorax velu de cette espèce ([25 août 2026]).

Cordulia aenea
©© bysa – Göran Liljeberg, Hallvard Elven (Muséum d’Histoire Naturelle de l’Université d’Oslo)
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – France, Ain, émergence – Cordulia aenea

LC UICN – LC 2024 Europe – RE 2009 Afrique du Nord

Cordulia aenea a une histoire taxonomique est particulièrement complexe car la description de Linnaeus en 1758 englobait en réalité des spécimens appartenant à deux espèces différentes, Cordulia aenea et Somatochlora flavomaculata. Cette confusion a entraîné des débats nomenclaturaux, jusqu’à ce que l’ICZN stabilise définitivement l’usage de Cordulia aenea en 2005. Je distingue Cordulia amurensis comme une bonne espèce (Deliry [2026a]).

(1710) – [Libella n°5] (Ray 1710) a été rapprochée de Libellula aenea par Linnaeus (1761 : Libellula n°769 : cf. aenea), ce qui me semble en définitive erroné ou anticipé, car ce spécimen semble correspondre à Somatochlora flavomaculata (com., 2023).
(1746) 1758 (1956 : 1957) (2003 : 2005)
Dans la première édition de la Fauna svecica (Linnaeus 1746) sont distinguées Libellula n°769 avec pour incipit Libellula viridi-inaurata et qui correspond à Cordulia aenea ainsi que Libellulla n°768 qui correspond à Somatochlora flavomaculata (com., 22 août 2026).
La description (Linnaeus 1758) et les collections de Linnaeus révèlent l’inclusion de Somatochlora flavomaculata. Les auteurs y mettront par la suite volontiers diverses Somatochlora dont plus particulièrement Somatochlora metallica (com., 2023).
La description de Libellula aenea Linnaeus, 1758 repose sur une série de trois spécimens de collection appartenant en réalité à deux espèces différentes : le n°768 correspond à l’actuelle Somatochlora flavomaculata tandis que le n°769 correspond à l’actuelle Cordulia aenea. Ces deux formes avaient été distinguées dans sa Fauna Svecica de 1746, mais il les réuni en 1758 sous un seul nom, Libellula aenea. La situation est implicitement éclaircie lorsque Vander Linden (1825) décrit Libellula flavomaculata. L’usage classique des auteurs traite Cordulia aenea d’un côté et Somatochlora flavomaculata de l’autre. La situation se complique en 1756, lorsque Fraser désigne comme lectotype de Libellula aenea le spécimen n°768, c’est à dire celui qui correspond à Somatochlora flavomaculata. Fraser (1956) crée le nouveau nom de Cordulia linaenea Fraser, 1956 (nomen novum) en remplacement. Cette solution (aenea / flavomaculata + linaenera / aenea) n’est toutefois pratiquement pas suivie par les auteurs. C’est un synonyme.
D’autres solutions, notamment Cordulia aeneaturfosa Buchholz, 1967 (lapsus, nomen novum), ne parviennent pas davantage à remplacer l’usage établi. Buchholz considérait en 1967 que le nom de remplacement Cordulia linaenea, créé par Fraser en 1956 à la suite du problème du lectotype de Libellula aenea, ne devait pas être employé. Il proposa à sa place aeneaturfosa, qu’il pensait pouvoir attribuer à Förster (1902), à partir du nom Cordulia turfosa. Mais Buchholz s’est fondé sur la graphie maladroite à l’initial, «aenea-turfosa» au lieu du nom original turfosa. En supprimant le trait d’union et en écrivant aeneaturfosa, il a, au regard du Code, créé involontairement un nouveau nom. C’est pourquoi le nom correct est attribué à Buchholz lui-même : Cordulia aeneaturfosa Buchholz, 1967, et non à Förster comme c’était l’intention initiale. Ce nom a ensuite été employé par une minorité d’auteurs d’Europe centrale et orientale, mais n’a jamais supplanté l’usage traditionnel de Cordulia aenea. C’est un synonyme.
Pour résoudre définitivement la contradiction entre les règles nomenclaturales et l’usage scientifique, Jödicke & van Tol (2003) demandent à l’ICZN (case 3253) de remplacer le lectotype choisi par Fraser. En 2005, l’ICZN accepte cette proposition dans son Opinion 2110 : le lectotype de Fraser est écarté et un nouveau lectotype correspondant à la véritable Cordulia aenea (nomen protectum) est désigné. L’usage traditionnel des deux noms est ainsi officiellement conservé. Libellula aenea Linnaeus, 1758, initialement fondée sur deux espèces confondues et compliquée par un lectotype maladroit en 1956, n’a été définitivement stabilisée qu’en 2005 comme Cordulia aenea (Linnaeus, 1758) (nomen protectum), distincte de Somatochlora flavomaculata (Vander Linden, 1825) (com., 22 août 2026).
1761 – [Libellula aenea var. β] (Linnaeus 1761) est une variété correspondant à Cordulia aenea
1761 (2023) – Libellula viridi-inaurata Linnaeus, 1761 est un nom rendu disponible car postérieur à 1758. Il était déjà dans la première édition de la Fauna svecica (Linnaeus 1746) sous le numéro Libellula n°769. Linnaeus donne aussi en 1761 sous [Libellula aenea var. β]. Je le révèle comme synonyme (syn. nov. : Deliry [2023]) et il y a peut-être des antécédents.
[Libellula aenea var. α] (Linnaeus, 1761) correspond à Somatochlora flavomaculata.
1871 – Libellula aenea Linnaeus, 1758 est le type du sous-genre selysien (Cordulia) Cordulia selon de Selys Longchamps (1871a). Cette option aurait été propre à appuyer la décision de l’ICZN (2005 : opinion 2010).
1887 (2026) – Cordulia aenea var. amurensis de Selys Longchamps, 1887 doit être regardée comme une bonne espèce sur la base de critères morphologiques et génétiques (Deliry [22 août 2026], [2026a]) ; tel est déjà le cas dans certaines collections japonaises. Nous avons alors Cordulia amurensis de Selys Longchamps, 1887. Elle a pu être régulièrement traitée au rang de sous-espèce : Cordulia aenea amurensis de Selys Longchamps, 1887.
1902 (2003) (2026) – Cordulia aenea var. tatrica Dziedzielewicz, 1902 dont le type est signalé comme déposé au Muséum Fizjograficzne de Cracovie et avait été récolté par A. Wierzejski (leg) : ♂ provenant des étangs de Toporowe, dans les Tatras en Pologne. Ce spécimen se distinguait de la forme habituelle de Cordulia aenea par la présence de deux taches jaunes allongées sur le front. Dziedzielewicz (1902 : 95) envisageait même qu’il puisse s’agir d’une espèce nouvelle. Des récoltes ultérieures ont cependant montré que des individus présentant ces taches jaunes coexistaient avec des individus d’apparence normale et qu’aucun autre caractère distinctif constant ne permettait de les séparer. Fudakowski (1930) l’a donc interprétée comme une simple forme individuelle, et la révision de Jödicke & al. (2004) conclut que tatrica ne constitue ni une espèce ni une sous-espèce valide. C’est un synonyme (syn. nov. : Jödicke & al. 2003).
La notion de forme mérite d’être retenue : Cordulia aenea f. tatrica Dziedzielewicz, 1902 (com., 25 août 2026).
1923 (1985) – Cordulia aenea laubmani Götz, 1923 est considérée comme une sous-espèce du Nord des Alpes (Davies & Tobin 1985). Elle n’apparaît pas comme valide ([2026]). Il s’agit d’un synonyme (Bridges 1994, Jödicke & al. 2003). Le nom laubmanni est un éponyme : il honore le zoologiste allemand Alfred Louis Laubmann (1886–1965).
1902 (2003) – Cordulia aenea turfosa Förster, 1902 a été décrite au rang de sous-espèce. Le type est un ♂ déposé au Muséum de Zoologie de l’Université du Michigan. Seul ce ♂ a contribué à la description. Il a été capturé en Forêt Noire (Allemagne) le 24 juillet 1898. Le spécimen est plus petit et ses appendices anaux paraissent proches de ceux de l’espèce américaine Cordulia shurtleffii. C’est un synonyme (syn. nov. : Jödicke & al. 2003).

Linnaeus (1758) fait une description brève de l’espèce (genre 207, espèce 8 : p.544) qui inclus Somatochlora flavomaculata. Il fait référence à l’illustration de Roessel von Rosenhof (1749 : pl.5 fig.2) que j’ai vérifiée comme conforme ([2023]). Une description plus détaillée est donnée par Linnaeus en 1761. Libellula aenea (espèce n°1466) est présentée sous deux variétés α, celle-ci étant apposée à une variété β, aussi désignée sous Libellula viridi-inaurata (= Cordulia aenea). La première variété décrite abdomen flavum marginalis, correspond à mon avis à Somatochlora flavomaculata (com., 2023). La collection de la série type comprend les deux espèces : l’actuelle Cordulia aenea, un nom consolidé en 2005 par l’ICZN (opinion 2110) et Somatochlora flavomaculata. Ma synthèse historique, morphologique et phylogénétique (Deliry [2026a]) démontre je pense clairement, l’existence de trois espèces de Cordulies : Cordulia aenea, Cordulia amurensis (stat. nov.) et Cordulia shurtleffii.

  • Cordulia amurensis [de Selys Longchamps, 1887] – [bona sp., Deliry [2026a]]
  • Cordulia aenea f. brachycerca Goenther, 1948 – Appendices anaux des ♀ courtes.
  • Cordulia aenea f. longicauda Goenther, 1948 – Appendices anaux des ♀ longues.
  • Cordulia aenea f. tatrica Dziedzielewicz, 1902 – Marques jaunes allongées sur le front.

Cordulia aenea est une espèce boréo-tempérée eurasienne, largement présente en Europe et jusqu’en Sibérie, mais dont la distribution devient plus discontinue vers le sud. Elle est absente de la péninsule Ibérique et était autrefois signalée en Afrique du Nord. Les données anciennes provenant d’Algérie sont considérées comme suffisamment crédibles pour envisager une ancienne population relictuelle, aujourd’hui disparue : l’espèce est donc considérée comme régionalement éteinte en Afrique du Nord ([2026]).

Cordulia aenea s.str. (cf. Cordulia aenea aenea) est une espèce boréo-tempérée eurasienne, présente en Europe et en Sibérie occidentale (Borisov 2022). Cordulia amurensis (cf. Cordulia aenea amurensis) se trouve en Sibérie orientale jusqu’au Japon ([2026]).

Elle est indiquée en Suède (viridi-inaurata : Linnaeus 1741, 1761), Allemagne (ill. : Roessel von Rosenhof 1749). Europe (Linnaeus 1758). Au Danemark (Brunnich 1761), en France (Aminthe : Goeffroy 1762 ; Libellula aenea : de Geer 1771). Elle n’est connue en Algérie (de Selys Longchamps 1871, Martin 1910) que par quelques spécimens et n’ayant jamais été retrouvée, elle est considérée comme éteinte en Afrique du Nord (Boudot & al. 2009). En Europe, elle est largement distribuée mais beaucoup plus discontinue au sud, notamment dans les massifs et régions présentant encore des eaux permanentes fraîches appropriées (Boudot & Kalman 2015). On ne trouve pas cette espèce dans la Péninsule ibérique, par contre elle occupe les îles britanniques ([2024]).

 Planche 5 fig.1 et 2 de Roessel von Rosenhof (1749) – Larve et imago ♂ – Cordulia aenea

De récentes découvertes faites en Irlande (Drinan & al. 2011) éteint notablement l’aire de cette espèce dans le pays suite à sa découverte sur certains sites du Connemara. Elle a été découverte en Arménie et en Goergie (Durand 2019), ainsi qu’en Thrace (Turquie : Karagöz & Hacet 2025). C’est globalement une espèce montrant des signes de déclin local ([2019]). On constate des pertes ou des contractions locales liées aux transformations des zones humide, mais les populations du cœur septentrional et continentale de l’aire restent encore importantes et quelques découvertes périphérique sont souvent dues à de meilleures prospections. Ainsi en Grande-Bretagne certaines populations historiques ont disparu alors que des noyaux importants subsistent par ailleurs. En Irlande sa découverte de stations inconnues dans le Connemara modifient la compréhension de la répartition de l’espèce. Elle pourrait être apparue (nouveautés) dans le Caucase et en Anatolie entre la fin des années 2010 et les années 2020 ([2026]).

La présence actuelle de Cordulia aenea en Afrique du Nord n’est pas démontrée. En revanche, il existe des indices crédibles d’une présence historique en Algérie, provenant de deux sources anciennes indépendantes (de Selys Longchamps 1871, Martin 1910) et fondés, au moins pour partie, sur des spécimens. Martin (1910) mentionne un ou deux individus provenant de la province d’Oran ainsi qu’un spécimen récolté en avril au lac des Oiseaux. Ces anciennes mentions algériennes n’ont toutefois jamais été confirmées par les prospections ultérieures (Samraoui & Menaï, 1999, Boudot & al. 2009, Khelifa & al. 2011…). Boudot & al. (2009) retiennent ainsi uniquement l’Algérie (avec données anciennes à confirmer) parmi les pays nord-africains et classent Cordulia aenea comme éteinte en Afrique du Nord. Les évaluations régionales ultérieures la considèrent également comme régionalement éteinte (RE), et plus précisément comme disparue du nord-est de l’Algérie (Boudot & al. 2009). Les données anciennes sont néanmoins difficiles à écarter comme de simples erreurs, notamment parce que les deux mentions historiques sont indépendantes et auraient été appuyées par des spécimens de référence (Kalkman & Lohr in Boudot & al. 2015). Ainsi, l’hypothèse la plus parcimonieuse est celle d’une présence ancienne, probablement relictuelle, de Cordulia aenea en Algérie, suivie d’une extinction régionale, plutôt que celle d’une présence actuelle non détectée. Aucun élément historique ou contemporain comparable ne permet de retenir sa présence au Maroc, en Tunisie, en Libye ou en Égypte (com., 22 août 2026).

Son habitat typique comprend surtout des étangs, petits lacs et autres eaux stagnantes ou très lentes, souvent en contexte boisé, même si elle peut également se reproduire dans des tourbières ouvertes. Les ♂ patrouillent à faible hauteur le long des rives tandis que les ♀ viennent plus ponctuellement à l’eau, notamment pour s’accoupler et pondre ([2026]). 

L’habitat typique de cette espèce correspond à des eaux stagnantes ou très faiblement courantes, souvent des étangs et petits lacs associés à un environnement boisé. Le lien avec les étangs forestiers est particulièrement classique en Europe occidentale et en Grande-Bretagne ([2026]), toutefois la découverte de la reproduction de l’espèce dans des landes tourbeuses ouvertes en sans arbres en Irlande (Drinan & al. 2011) est à souligner. Les habitats sont de dimension variable et vont de la mare à l’étang, plus exceptionnellement sur des lacs ou des gravières, ainsi qu’en altitude sur certaines tourbières avec des surfaces en eau suffisantes ([2024]). L’altitude de 1800 (2700) m est atteinte ([2019]). Les nymphes vivent parmi les substrats et structures littorales, la végétation aquatique et les accumulations organiques ([2026]).

La prédation par des Poissons est envisagée expérimentalement alors que les nymphes sont nettement plus abondantes en absence qu’en présence de Poissons rouges (Carassius auratus) (Jugovic & al. 2026). Après l’émergence, les immatures quittent généralement l’eau et exploitent les milieux terrestres environnants pour leur maturation. Ils peuvent se tenir dans les boisements et canopées, raison pour laquelle les adultes sont parfois beaucoup moins visibles que ne le laisserait supposer l’abondance des exuvies ([2026]). Les ♂ patrouillent à faible hauteur au-dessus de l’eau des rives (0,5 à 1,0 m), alternant des phases de vol stationnaire et de défense d’un secteur ([2026]). L’abdomen fléchi en arc vers l’arrière permet de les distinguer, ainsi que leur aspect métallique bronze et non étincelant comme chez Somatochlora metallica qui vole de la même manière, mais alternant moins souvent les vols stationnaires et avec des déplacements plus affirmés et moins d’hésitation par exemple à explorer les anses du rivage ([2024]). Les travaux britanniques ont même étudié le partage temporel des secteurs de rive entre ♂, montrant que tous les individus ne défendent pas continuellement le même emplacement (Brook & al. 1997). Les ♀ sont notablement plus discrètes à l’eau et viennent principalement pour l’accouplement et la ponte qu’elles réalisent en solo, ce qui crée un biais d’observation très fort en faveur des ♂ ([2024]).

C’est une libellule relativement précoce : sa période de vol s’étend principalement d’avril à juillet, parfois jusqu’en août en altitude. Des mentions très précoces sont rapportées exceptionnellement dès février ([2019]). Son développement larvaire dure généralement deux ans dans les conditions favorables de plaine, mais peut atteindre cinq ans en altitude ([2024]).

Elle vole dès avril dans le sud de son aire, mais pas avant la mi-mai dans le nord. En Irlande on ne l’observe que de mi-juin à mi-juillet généralement. Les derniers spécimens volent début août, et les stations d’altitude dans les Alpes permettent de telles observations lorsque la chute des températures n’est pas trop forte au cours de l’été ([2026]).

Cordulia aenea
©© bysa – Christian Fischer – Allemagne le 10 mai 2009

Références

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