Nehalennia speciosa (France)
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Nehalennia speciosa (de Charpentier, 1840)
DÉESSE PRÉCIEUSE
Famille des Coenagrionidae (Coenagrionidae s.l.)

VU 2020 (NT 2001, 2006, 2016) UICN (en déclin) - CR 2009 Bassin méditerranéen - LC (VU 2010, 1988) Europe [A vérifier !] - NT 2024 Union européenne
CR 2016 (CR 2009) France
Répartition
PNAO (2011-2015...)
Initialement et jusqu'en 2022 : restriction totale de publication des observation en tous temps sur Faune France.. Celle-ci restera la seule espèce de France sur cette liste critique, ce qui n'est peut-être pas étranger à sa disparition suite à un manque de vigilance partagée et par l'action impossible des initiés (com., 9 janvier 2026).
Espèce eurasiatique selon deux éléments disjoints : depuis (la France) le centre de l’Europe au sud-ouest de la Sibérie d’une part et à l’est de l’Asie paléarctique d’autre part, depuis le secteur de l’Amour à la Corée et au Japon. En Europe de l’ouest les populations sont très fragmentées. Nouvellement retrouvée en Suisse au niveau du Lac de Neuchâtel et retrouvée en France dans le sud du département du Jura alors qu’elle n’avait pas été citée pendant plus d’un siècle. Disparue de Belgique et du Luxembourg ([2022]).
Savoie (de Selys Longchamps 1874, 1876, Martin 1931, Chopard 1948, Deliry 1987, Dommanget 1987 ; coll. Foudras : Grand 1990, 2010), Jura (Dehondt & al. 2010, Doucet & Jacquot 2012, Deliry 2017). CR (Dommanget & al. 2009, UICN France & col. 2016 ; PNAL : Dupont 2010, Houard 2021 ; disparue du Jura : Dehondt 2022, Deliry 2022a). Cette libellules n'est plus même citée dans l'ouvrage consacré aux espèces protégées de la région : Bez & Itrac-Bruneau 2025).
Citée en France par un naturaliste de Chambéry, Bailly, dans de Selys Longchamps (1876), un individu de la région se trouve par ailleurs dans la collection d’Eugène Foudras, un naturaliste lyonnais du XIXᵉ siècle. S’en suivent des indications sur les Savoies par les auteurs qui ont regardé de manière optimiste probablement cette espèce comme « assez commune » sur ce secteur (erreur d’interprétation probable). Elle a été retrouvée en juillet 2009 dans le sud du département Jura sur une station qui bien que fragile et gardée secrète se révèle pérenne (Dehont & al. 2010). Dupont (2010) préconise la recherche de la Déesse précieuse notamment dans les régions de l’est de la France. Celles menées en Savoie depuis sa redécouverte dans le pays, et celles d’ailleurs antérieures, y compris en Haute-Savoie, se sont révélées pour l’instant vaines. Je préconise de la chercher en Albanais, sur le Plateau d’Evires et sur les piémonts de la Chartreuse vers Chapareillan (com. pers., 2021).
L’unique station du Jura et de France, est régulièrement suivie et étudiée par le Conservatoire Botanique de Franche-Comté. Elle présente une faible population d’une vingtaine d’individu, est productive et pérenne. Toutefois, tenue au secret, elle a disparu, à mon sens pour partie en raison d'un manque de suivi partagé ce qui a limité les alertes nécessaires et les actions urgentes de la conservation de la dite localité qui n'est d'ailleurs toujours pas révélée (com., 2022 [b]).
- Jura - Sur une unique station en France découverte en juillet 2009 (Dehondt & al. 2010) dans le sud du département du Jura. Cette station est suivie depuis par le Conservatoire Botanique de Franche Comté (Doucet & Jacquot 2012). Disparue [à préciser !].
| 🔍 - Légende ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles |
Habitats
Les dépressions tourbeuses de bas-marais à proximité de lacs comme à Neuchâtel (Suisse) sont favorables à l’espèce. Les hautes tourbières au niveau des fosses d’exploitation abandonnées sont aussi exploitées. Elle aime les eaux peu profondes, mais à niveau à peu près constant, à végétation peu dense, notamment de Care'x. On ne la trouve pas au dessus de 900 m d’altitude en Europe de l’ouest. L’espèce est capable de déplacements (5 km), bien que l’essentiel de la population soit casanière. La colonisation de nouveau habitats est rapide pour peu que des populations établies se trouvent à proximité (moins de 10-12 km).
Les larves se tiennent dans des touffes denses de Carex sub-flottants à moins de 10 cm de la surface de l'eau. Il s'agit d'un habitats très sensible et sa pénétration est particulièrement perturbateur et peut aller jusqu'à noyer les individus à l'émergence (Doucet & Jacquot 2012). La présence de surfaces d'eau libres avec des hélophytes moins dense semble aussi nécessaire (C.Deliry, com., 2021).
Phénologie
En Europe occidentale les adultes volent de début juin à début août, de manière optimale en juillet. Développement larvaire en un ans, mais une petite proportion des larve se développent en 2 ans.
Emergences connues en France vers la fin du mois de juin (Doucet & Jacquot 2012).
Odonatosociologie
Espèces associée dans le Jura : Aeshna juncea, Leucorrhinia dubia, Somatochlora arctica, Sympetrum danae, Sympetrum sanguineum.
Références
Bez M. & Itrac-Bruneau R. 2025 - Guide d’identification des Odonates protégés en Franche-Comté. Plan régional d’actions en faveur des libellules. - Conservatoire
botanique national de Franche-Comté, Observatoire régional des Invertébrés : 24 pp. - PDF LINK
Chopard L. 1948 - Libellules de France, Belgique, Suisse. - éd. Boubée & Cie, Paris : 137 pp. + XII pl.
de Selys Longchamps E. 1874 - Note sur une excursion à Maeseyck faite le 20 et 21 juin 1874. - Ann. Soc. Ent. Bel., 17 : ciii-cvii. - BiB
de Selys Longchamps E. 1876 - Synopsis des Agrionines (suite de la 5eme Légion : Agrion). Le grand genre Agrion. - Bulletin de l'Académie royale des Sciences de Belgique, 41 : 247-322 + 496-539 + 1233-1309. - ONLINE
Dehondt F., Mora F. & Ferrez Y. 2010 - Redécouverte en France de Nehalennia speciosa (Charpentier, 1840) (Odonata, Zygoptera : Coenagrionidae). - Martinia, 26 (1/2) : 3-8. - [Jura]
Dehont 2022 - [à préciser !]
Deliry C. 1987 - Bilan et perspectives des observations d’Odonates en Savoie et Haute-Savoie. - Sympetrum, 1 : 51-68.
Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles n°49. - PDF
[Deliry C. 2021] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
[a] [Deliry C. 2022] - La Déesse précieuse n'a pas été revue en France depuis 2019. - Odonates du Monde, Blog, 25 décembre 2022, basculé sur les Histoires Naturelles. - ONLINE
[b] [Deliry C. 2022] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
Dommanget J.L. 1987 - Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France. - MNHN, Inv. de Faune et de Flore, fasc. 36 : 283 pp. - ONLINE
Dommanget J.L., Prioul B. & Gajados 2009 – Document préparatoire à une Liste Rouge des Odonates de France métropolitaine, complétée par la listes des espèces à suivi prioritaire. – SFO.
Doucet G. & Jacquot P. 2012 - Eléments sur l’émergence et les exuvies de Nehalennia speciosa en France (Odonata, Zygoptera : Coenagrionidae). - Martinia, 28 (2).
Dupont P. (coord.) 2010 - Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. - Opie/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp. - PDF LINK
Grand D. 1990 - La Collection d’Odonates d’Eugène Foudras, Entomologiste Lyonnais. - Martinia, 6 (2) : 29-33.
Grand D. 2010 - Deux siècles d’étude des libellules en Rhône-Alpes (Insecta : Odonata). - Bull. Soc. Linn. Lyon, hors série, 2 : 23-29. - ONLINE
Houard X. (coord.) 2021 - 2020-2030. Plan national d’actions en faveur des « libellules ». Agir pour la préservation des odonates menacés et de leurs habitats. – OPIE, DREAL Haut-de-France, Min. de la transition écologique et solidaire, (2020), mars 2021 : 66 pp. - PDF LINK
Martin R. 1931 - Pseudo-Névroptères et Névroptères. - Histoire Naturelle de la France, 9 bis partie. - Deyrolle, Paris.
UICN France & col. 2016 - La Liste rouge des espèces menacées en France – Libellules de France métropolitaine. - UICN France & col. : 12 pp. - PDF LINK - TABLEAU




