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De Odonates du Monde
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Dans son ouvrage sur les ''English insects'' ([[Angleterre]]) et la livraison de 1780, Harris illustre une {{f}} de ''[[Cordulegaster boltonii]]'' sur la planche XXIII (fig.3), en parallèle à ''[[Aeshna cyanea]]'' (fig.4). Il pense posséder ''[[Libellula forcipata]]'' de Linnaeus et produit en définitive une nouvelle description et en conséquence un synonyme (''[[Libellula forcipata]]'' {{Ss}} Harris, 1780 (''nec'' Linnaeus, 1758)). Sa description est en anglais et en français.
Dans son ouvrage sur les ''English insects'' ([[Angleterre]]) et la livraison de 1780, Harris illustre une {{f}} de ''[[Cordulegaster boltonii]]'' sur la planche XXIII (fig.3), en parallèle à ''[[Aeshna cyanea]]'' (fig.4). Il pense posséder ''[[Libellula forcipata]]'' de Linnaeus et produit en définitive une nouvelle description et en conséquence un synonyme (''[[Libellula forcipata]]'' {{Ss}} Harris, 1780 (''nec'' Linnaeus, 1758)). Sa description est en anglais et en français.


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Planche XXIII d'Harris (1780) présentant fig.3, ''Libellula forcipata'' et fig.4, ''Libellula anguis'', correspondant respectivement à ''[[Cordulegaster boltonii]]'' et ''[[Aeshna cyanea]]''
Planche XXIII d'Harris (1780) présentant fig.3, ''Libellula forcipata'' et fig.4, ''Libellula anguis'', correspondant respectivement à ''[[Cordulegaster boltonii]]'' et ''[[Aeshna cyanea]]''
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Version du 24 août 2024 à 16:27

1503-08 - Premières illustrations de Cordulegaster

Les premières illustrations de Cordulegaster se trouvent chez Bourdichon (1503-08) dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Il s'agit de toute évidence de Cordulegaster boltonii qui se retrouve représenté à plusieurs reprises au sein des enluminures, tantôt relativement réaliste avec un corps jaune et noir, tantôt modifié avec alors un fond plutôt bleuté.

🔍 - Extrait de Bourdichon (1503-08) - Une des planches les plus proche de ce qu'on peut interpréter
comme une représentation de Cordulegaster boltonii (supposé en France)

1763 - Libellula grandis Scopoli, 1763 (nec Linnaeus, 1758) [?]

C'est probablement Cordulegaster boltonii que présente Scopoli (1763) sous Libellula grandis dans son Entomologia Carniolica pour la Slovénie, si on se base sur les avis émis par de Charpentier (1825) ou de Burmeister (1839). Cet auteur parle de "lignes jaunes" sur son exemplaire, ce qui est conforme. Néanmoins l'absence de description à l'époque d'autres espèces de Cordulegaster rend la concordance exacte incertaine (cf. Cordulegaster heros notamment).

1780 - Libellula forcipata sensu Harris, 1780 (nec Linnaeus, 1758)

Dans son ouvrage sur les English insects (Angleterre) et la livraison de 1780, Harris illustre une ♀ de Cordulegaster boltonii sur la planche XXIII (fig.3), en parallèle à Aeshna cyanea (fig.4). Il pense posséder Libellula forcipata de Linnaeus et produit en définitive une nouvelle description et en conséquence un synonyme (Libellula forcipata sensu Harris, 1780 (nec Linnaeus, 1758)). Sa description est en anglais et en français.


Planche XXIII d'Harris (1780) présentant fig.3, Libellula forcipata et fig.4, Libellula anguis, correspondant respectivement à Cordulegaster boltonii et Aeshna cyanea

1805 - Aeshna annulata Latreille, 1805

La première description a priori valide pour Cordulegaster boltonii est celle de Latreille (1805) faite sous Aeshna annulata, l'Æshne annelée (ci-contre). C'est la première espèce de la présentation des Libellules faite par Latreille qui associe parfaitement son Insecte à la planche d'Harris (1780) présentée ci-dessus. Il connaît l'espèce du Midi de la France et d'Angleterre. Ce nom sera employé longtemps par les auteurs et perdure dans son nom français : le Cordulégastre annelé.

1807 - Libellula boltonii Donovan, 1807

C'est la description de Donovan (1807) accompagnée d'une planche (CCCCXXX) d'un ♂ capturant un Papillon et correspondant à Libellula boltonii qui sera retenue par la science, mais pas immédiatement. Ce nom ne lui sera restitué pas avant plus d'un siècle. Cette espèce est dédiée à Bolton qui en est le découvreur dans le Yorkshire (Angleterre).

1815 - Cordulegaster Leach in Brewster, 1815

Leach in Brewster (1815) fait une très brève description du genre Cordulegaster (Hinder wings of the male angulated at their anal edge. Abdomen of the male clavate, of the female with an acuminate process). Il ne connaît qu'une seule espèce qu'il présente sous Cordulegaster annulatus de Latreille. Leach connaît les citations d'Harris (1780) sous Libellula forcipata et de Donovan (1807) sous Libellula boltonii. Il connaît l'espèce dans plusieurs régions de l'Angleterre et de l'Ecosse qu'il précise dans son ouvrage.

1825 - Aeschna lunulata de Charpentier, 1825

Les auteurs suivants connaissent en général les différentes versions du Cordulegastre annelé (Libellula forcipata, Aeshna annulata, moins, Libellula grandis de Scopoli et parfois Libellula boltonii de Donovan) et préfèrent comme nous l'avons vu l'annulata de Latreille (1805). Toutefois de Charpentier (1825) introduit un nouveau nom : Aeschna lunulata qui a son tour sera cité par les auteurs suivants. Il s'agit donc d'une espèce dont la taxonomie est bien comprise et bien suivie par les auteurs du début du XIXᵉ siècle. Toussaint de Charpentier (1825) ne connaît pas la boltonii de Donovan (1807) et justifie son nouveau nom par le fait que celui-ci est déjà occupé par une espèce décrite par Fabricius en 1798 sous Aeshna annulata (un nom obscur d'un taxon indien qui correspond peut-être à Gynacantha millardi ou Gynacantha bayadera). Il ajoute à l'Angleterre et la France, sa présence en Suisse et en Allemagne. La même année, Vander Linden (1825) ajoute la Belgique et l'Italie.

Aeshna plutôt que Cordulegaster au début du XIXᵉ siècle

Le genre Cordulegaster n'est par contre pas repris immédiatement par tous les auteurs qui lui préfèrent souvent Aeshna ou Aeschna. Stephens (1835) complète un peu la description initiale qui avait été faite par Leach (in Brewster 1815). Avec Boyer de Fonscolombe (1838) de Provence, l'habitat de l'espèce commence à être bien cerné car ce dernier aussi celle-ci aux cours d'eau et la dit parfois loin de l'eau.

1839 - Thecaphora de Charpentier in Burmeister, 1839 (mss) (nom. invalid.)

En 1839, Burmeister ne connaît encore que cette espèce. Il l'a dit présente sur l'ensemble de l'Europe. Son travail en odonatologie est basé sur celui de Toussaint de Charpentier (1825) et il dispose par ailleurs d'une version manuscrite de l'ouvrage de ce dernier auteur qui paraîtra en 1840. Il range ce taxon sous Aeschna lunulata et suggère le genre Thecaphora selon le manuscrit de Toussaint de Charpentier. De la même manière que de Charpentier (1825), il ne connaît pas la boltonii de Donovan (1807) et ne retient pas l'annulata de Latreille (1805) car ce nom est invalide comme nous l'avons vu ci-dessus.

1840 - Aeshna obliqua Say, 1840 en Amérique

On trouve côté américain Aeshna obliqua Say, 1840 ainsi que son synonyme Cordulegaster fasciatus Rambur, 1842 dans la foulée. La synonymisation sera prononcée en 1854 (voir plus bas).

1840 - Intégration du genre Cordulegaster par de Selys Longchamps, 1840

En 1840, de Selys Longchamps scinde le genre Libellula en Libellula, Libella de Selys Longchamps, 1840 et il utilise le genre Cordulia déjà présenté par Leach (in Brewster 1815). Pour le genre Aeshna Fabricius, 1775, il impose les nouveaux genres, ce, désormais plus "définitivement", déjà décrit brièvement 25 ans plus tôt par Leach in Brewster (1815) : Gomphus, Cordulegaster et Anax. Lindenia, pris chez de Haan (1826) est ajouté et validé. L'auteur belge, présente, après avoir amplement repris la description du genre Cordulegaster, Cordulegaster annulatus, le Cordulégastre annelé. Toutefois il intègre dans sa présentation Cordulegaster bidentata dont il va rapidement reprendre la description en 1843 sous Cordulegaster bidentatus dans deux articles se précisant l'un, l'autre. La description officielle de bidentata parait en fait dans les Annales de la Société Entomologique de France (de Selys Longchamps 1843a : 107-109). Ainsi de Selys Longchamps & Hagen (1850) présentent en parallèle les deux espèces sous Cordulegaster annulatus et Cordulegaster bidentatus. Ils distinguent, sans la nommer scientifiquement, pour la première une variété méridionale présentant des marques jaunes plus étendues. Entre temps Schneider (1845) ajoute Cordulegaster insignis et Kolenati (1846) dans une faune des Insectes du Caucase décrit brièvement Aeschna charpentieri. Cette dernière nouvelle espèce a été prise au niveau du fleuve Koura (fluvium Cyrum) dont la vallée alluviale borde le sud du Grand Caucase. Ce fleuve qui prend sa source en bordure de la Turquie s'écoule vers l'est en direction de la Mer Caspienne en passant par la Georgie et l'Azerbaidjan.

1854 - Synopsis des Gomphines (1854) : splitage du genre Cordulegaster

En 1854, dans le Synopsis des Gomphines, les Odonates sont regardés comme un sous-ordre et les Gomphines comme une sous-famille par de Selys Longchamps, subordonnée à la famille des Aeschnidées. Sa présentation est la suivante (avec adaptation taxonomique moderne) : Famille des Aeschnidées - Sous-famille des Gomphines - Légion Cordulegaster

Notons que les descriptions de Donovan (1807) (boltonii) et de Kolenati (1846) (charpentieri) ont échappé à de Selys Longchamps, ce qui ne sera pas sans conséquences taxonomiques pour la suite (Deliry [2022]) !

1858 - Monographie des Gomphines (1858)  : de nouveaux genres issus de Cordulegaster

Alors que l'ouvrage devait sortir rapidement la Monographie des Gomphines n'est éditée qu'en 1858. Elle est réalisée par de Selys Longchamps et bien faite en collaboration avec H.A.Hagen, ce qui est indiqué au début de l'ouvrage. Ce travail présente les Odonates de nouveau comme un sous-ordre, étant précisé qu'ils appartiennent à l'ordre de Orthoptères. Alors de Selys Longchamps introduit un rang taxonomique qu'il nomme tribu pour les Anisoptera de Selys Longchamps, 1854, laquelle comprends les familles des Libellulidées et des Aeschnidées. Les Gomphinae sont une sous-famille comme dans l'ouvrage précédent.
Ordre des Orthoptères - Sous-ordre des Odonates - Tribu des Anisoptera - Famille des Aeschnidées - Sous-famille des Gomphinae - Sous-division des Vacuibasae - Légion Cordulegaster

1866-69 - Cordulegaster lateralis et Cordulegaster diadema en 1866 et 1869

Scudder (1866) décrit dans un bref article Cordulegaster lateralis qui est rapidement mise en synonymie avec Cordulegaster sayi par de Selys Longchamps en 1869, néanmoins c'est à Cordulegaster diastatops que la synonymie sera plus définitivement donnée [à préciser !]. Dans une communication sur quelques Odonates du Mexique, faite le 1er février 1868, Edmond de Selys Longchamps ajoute Cordulegaster diadema de Selys Longchamps, 1868.

1873-78 - Des additions aux Gomphines par de Selys Longchamps (1873, 1878)

Dans ses additions aux Gomphines, de Selys Longchamps, reprend quelques éléments antérieurs et les complète :
En 1873, il décrit Thecagaster parvistigma de Selys Longchamps, 1873, ajoute de manière "ferme" la race immaculifrons à Cordulegaster annulatus et la race anatolicus à Cordulegaster bidentatus. En 1878 c'est Cordulegaster godmani McLachlan in de Selys Longchamps, 1878, qui est décrit par McLachlan dans l'ouvrage d'Edmond de Selys Longchamps. Ce taxon sera finalement mis en synonymie avec Cordulegaster diadema ultérieurement - [à préciser !]. On trouve encore en 1878 Cordulegaster erroneus de Selys Longchamps, 1878 d'après un manuscrit d'Hagen, de même que Cordulegaster luniferus de Selys Longchamps, 1878. Par ailleurs de Selys Longchamps (1878) envisage que Cordulegaster fasciatus Rambur, 1842 ne soit pas un (strict) synonyme avec Cordulegaster obliquus (Say, 1840), comme cela avait été envisagé jusqu'alors. Enfin il ajoute le "genre" Allogaster de Selys Longchamps, 1878 à la liste avec Allogaster latifrons de Selys Longchamps, 1878.

Cordulegaster kuchenbeiseri Förster, 1899

Förster (1899) ajoute Cordulegaster kuchenbeiseri. Ce taxon sera ultérieurement rangé dans le genre Anotogaster. [à préciser !]


Quelques articles clés jalonnent par la suite les connaissances sur les espèces associées au genre Cordulegaster (voir Morton 1916, Fraser 1929, Dumont 1976, Lohmann 1993, Boudot & Jacquemin 1995, Boudot 2001, Froufe & al. 2014, Solano & al. 2018, Schneider & al. 2021 et 2022). Il conviendra pour le Paléarctique ouest d'examiner en parallèle quelques référentiels taxonomiques (Bridges 1994, Steinmann 1997) ou synthèses guides de détermination (Kirby 1890, Aguesse 1968, d'Aguilar & Dommanget 1985, Askew 1988, d'Aguilar & Dommanget 1998, Askew 2004, Skvortsov 2010, Deliry 2017, Galiani & al. 2017, Wildermuth & Martens 2019, Dijkstra & al. 2021).


1916 - Deux groupes se distinguent : annulatus et bidentatus et de nouvelles espèces sont ajoutées (1916)

Morton (1916) distingue le groupe annulatus et le groupe bidentatus, avec une ou deux dents sur les appendices abdominaux supérieurs. Il reprend ou complète les descriptions et en ajoute quelques unes. Je précise entre parenthèses après le signe égal le nom ou l'orthographe du taxon correspondant considéré actuellement.

Le cas de Cordulegaster pictus de Selys Longchamps, 1854 n'est pas résolu par Morton (1916) qui en expose toutes les hésitations. (= Cordulegaster picta)

1929 - De l'ordre chez les Cordulégastres par Fraser (1929)

Fraser (1929) range la famille des Cordulegasteridae [sic] dans la super-famille des Fissilabioidea au sein du sous-ordre des Anisoptera, ordre des Odonata. La famille comprend les genres "habituels" : Anotogaster, Allogaster et Cordulegaster, mais on y trouve aussi les Chlorogomphus.


Allogaster de Selys Longchamps, 1878 [Kirby 1890, Williamson 1907, Fraser 1923, 1927]

Anotogaster de Selys Longchamps, 1854 [de Selys Longchamps 1857, Kirby 1890, Williamson 1907, Fraser 1923]


Cordulegaster Leach in Brewster, 1815 [Stephens 1835, de Selys Longchamps 1840, Rambur 1842, de Selys Longchamps 1850, 1854, 1857, Kirby 1890, Lucas 1900, Williamson 1907, Morton 1916, Fraser 1923] (plusieurs dates sont corrigées ici. Il en est de même plus bas : recte hic). syn. - Thecaphora de Charpentier, 1840 [à préciser !], Thecagaster de Selys Longchamps, 1854 [Kirby 1890]

  • Cordulegaster annulatus (Latreille, 1805) [Libellula grandis : Scopoli 1763 ; Libellula forcipata Harris, 1780 ; Libellula boltonii : Donovan 1807, recte hic ; Aeshna annulata : Latreille 1805, recte hic ; Aeschna lunulata : de Charpentier 1825, 1840 ; Cordulegaster annulatus : Stephens 1835, de Selys Lonhgchamps 1840 ; Cordulegaster lunulatus : Rambur 1842 ; Cordulegaster annulatus : de Selys Longchamps 1850, 1854, 1857, 1887, Kirby 1890, Lucas 1900, Ris 1905, Morton 1916, Schmidt 1918] (= Cordulegaster boltonii) - On y trouve diverses "races" que Fraser (1929) préfère nommer sous-espèces. Il s'agit du type, annulatus, immaculifrons, algiricus et princeps (les deux dernières = Cordulegaster algirica et Cordulegaster princeps). La "race" intermedius est à rattacher à Cordulegaster pictus. Fraser (1929) après de nombreux examens conclue que Cordulegaster pictus, Cordulegaster charpentieri et Cordulegaster annulatus intermedius sont la même chose.
    • Cordulegaster annulatus annulatus (Latreille, 1805) (= Cordulegaster boltonii)
    • Cordulegaster annulatus immaculifrons de Selys Longchamps, 1850 [Morton 1916] - Décrit comme une "race" (= Cordulegaster boltonii)
    • Cordulegaster annulatus algiricus Morton, 1916 [Cordulegaster annulatus immaculifrons de Selys Longchamps, in litt.] [recte : décrit comme une "race"] (= Cordulegaster algirica)
    • Cordulegaster annulatus princeps Morton, 1916 [Décrit comme une "race"] - Mal localisé car indiqué dans le Caucase [à préciser !] (= Cordulegaster princeps)
  • Cordulegaster charpentieri (Kolenati, 1846) [Aeschna : Kolenati 1846 ; Cordulegaster : de Selys Longchamps 1850, 1887, Morton 1916] - Fraser (1929) met par ailleurs en synonymie : Cordulegaster annulatus race intermedius de Selys Longchamps, 1858 [Morton 1916] et Cordulegaster pictus de Selys Longchamps, 1854 [Cordulegaster bidentatus race pictus : de Selys Longchamps 1858 ; Cordulegaster annulatus race pictus : de Selys Longchamps 1858 [doublon [A vérifier !] ] ; Cordulegaster pictus : de Selys Longchamps 1873 ; Cordulegaster bidentatus race anatolicus : de Selys Longchamps 1873 ; Cordulegaster pictus : Morton 1916] (= Cordulegaster picta, une bonne espèce)
  • Cordulegaster bidentatus de Selys Longchamps, 1843 [de Selys Longchamps 1850, 1854, 1857, 1873, 1887, Kirby 1890, Calvert 1898, Morton 1916, Fraser 1923] (= Cordulegaster bidentata)
  • Cordulegaster insignis Schneider, 1845 [de Selys Longchamps 1850, 1854, de Selys Longchamps & Hagen 1858, de Selys Longchamps 1887, Kirby 1890, Morton 1916]
    • Cordulegaster insignis insignis Schneider, 1845 (= Cordulegaster insignis)
    • Cordulegaster insignis amasinus Morton, 1916 [Cordulegaster insignis de Selys Longchamps, in litt.] [Décrit comme une "race"] (= Cordulegaster amasina)
    • Cordulegaster insignis nobilis Morton, 1916 [Cordulegaster nobilis de Selys Longchamps, in litt.] [Décrit comme une "race"] (= Cordulegaster charpentieri)
    • Cordulegaster insignis coronatus Morton, 1916 [Cordulegaster coronatus : Morton 1916], Fraser (1929) place ce taxon comme sous-espèce d'insignis (= Cordulegaster coronata)
  • Cordulegaster brevistigma (de Selys Longchamps, 1854) [Thecagaster : de Selys Longchamps 1854 ; Cordulegaster : de Selys Longchamps 1858 ; Thecagaster : Kirby 1890 ; Cordulegaster : de Selys Longchamps 1894, Williamson 1907, Fraser 1923]
  • Cordulegaster luniferus de Selys Longchamps, 1878 [McLachlan 1896] (= Neallogaster lunifera)
  • Cordulegaster maculatus de Selys Longchamps, 1854 [de Selys Longchamps & Hagen 1858, de Selys Longchamps 1878, Kirby 1890], une variété d'Aeshna obliqua [recte hic] prise dans Say (1840) correspond aussi à ce taxon, ce qu'avait déjà indiqué de Selys Longchamps & Hagen (1858) (= Cordulegaster maculata)
  • Cordulegaster godmani McLachlan, 1878. Ce taxon a été décrit dans Entomologist Month Magazine, XV p.35 en 1878 [recte hic] et la description données dans de Selys Longchamps (1878) n'est donc qu'une reprise. On retrouve ce taxon en outre chez Kirby (1890) et Calvert (1908). Fraser (1929) continue à le présenter comme une bonne espèce. (= Cordulegaster diadema)
  • Cordulegaster diadema de Selys Longchamps, 1868 [de Selys Longchamps 1869, Kirby 1890, Currie 1903, Needham 1904, Calvert 1908, Kennedy 1917]
  • Cordulegaster obliqua (Say, 1840) [Aeshna obliqua : Say 1840, recte hic ; Cordulegaster obliquus : de Selys Longchamps 1878 ; Taeniogaster obliqua : Kirby 1890 ; Cordulegaster obliquus : Needham 1905, Kennedy 1917]
    • Cordulegaster obliqua obliqua (Say, 1840) (= Cordulegaster obliqua)
    • Cordulegaster obliqua fasciatus Rambur, 1842, recte hic [Cordulegaster fasciatus : Rambur 1842 ; Taeniogaster obliquus : de Selys Longchamps 1854 ; Cordulegaster obliquus : de Selys Longchamps & Hagen 1858, Hagen 1861 ; Cordulegaster fasciatus : de Selys Longchamps 1878 ; Taeniogaster fasciata : Kirby 1890] (= Cordulegaster obliqua)
  • Cordulegaster dorsalis Hagen in de Selys Longchamps & Hagen, 1858 [de Selys Longchamps 1859, Hagen 1861, de Selys Longchamps 1873, Needham 1904, Kennnedy 1917, Cockerll 1919]
  • Cordulegaster erroneus de Selys Longchamps, 1878 [Kirby 1890]
  • Cordulegaster sayi de Selys Longchamps, 1854 [de Selys Longchamps & Hagen 1858, Hagen 1861, de Selys Longchamps 1869, 1878, Kirby 1890]
  • Cordulegaster diastatops de Selys Longchamps, 1854 [Thecaphora : de Selys Longchamps 1854, de Selys Longchamps & Hagen 1858, de Selys Longchamps 1878 ; Zoranea : Kirby 1890] - Fraser (1929) déplace la synonymie de Cordulegaster lateralis Scudder, 1866 sur diastatops (l'espèce était rapprochée de Cordulegaster sayi jusqu'alors), mais ne fait aucun commentaire à ce sujet.

1976 - Ambiguïté de Cordulegaster charpentieri selon Dumont (1976)

Dumont (1976) précise que les Cordulégastres du Caucase sont associés généralement à Cordulegaster charpentieri (au niveau de bonne espèce ou de sous-espèce de Cordulegaster boltonii). Kolenati (1846) fit un brève description de ce taxon et de Selys Longchamps (1850) la reprend en français, soulignant la ressemblance avec Cordulegaster boltonii. Les spécimens de collections originaux ont disparu. Schneider (1845) présente quant à lui un taxon plus sombre pour Cordulegaster insignis. De Selys Longchamps (1850) traite de manière maladroite les deux taxons, bien qu'il fasse la démarche de les comparer. Ultérieurement cet auteur (1854, 1857) met Cordulegaster charpentieri en synonymie avec Cordulegaster annulatus (= Cordulegaster boltonii), mais il restaure Cordulegaster charpentieri dans sa synthèse datant de 1887 avec une redescription. L'usage de Cordulegaster charpentieri est en fait confus chez les auteurs. Dumont (1976) accompagne son texte de nombreux détails. Il conclut au contexte suivant :

  • Cordulegaster insignis Schneider, 1845 avec pour synonyme Aeschna charpentieri Kolenati, 1846
  • Cordulegaster insignis charpentieri (Kolenati, 1846) avec pour synonymes Cordulegaster insignis lagodechicus Bartenev, 1930 et Cordulegaster insignis montandoni St Quentin, 1971
  • Cordulegaster pictus de Selys Longchamps, 1854 correspondant à Cordulegaster charpentieri tel que présenté par de Selys Longchamps (1887), Morton (1916), Fraser (1929) et Bartenev (1930). Ceci correspond aussi à Cordulegaster boltoni charpentieri de St Quentin (1952, 1956, 1959) et de Stark (1971), enfin au Cordulegaster annulatus tel que cité par de Selys Longchamps (1887) et Amadović (1947, 1948).

Nous avons donc charpentieri synonyme d'insignis, mais pouvant être placé comme sous-espèce d'insignis et dans divers cas charpentieri a été employé par erreur à la place de pictus. C'est un nom ambigu (nom. ambig.) [2022].

1992-93 - Une nouvelle ré-organisation des Cordulégastres par Lohmann (1992, 1993)

Lohmann (1992, 1993) fait une nouvelle classification détaillée des Cordulégastres : Famille des Cordulegastridae Hagen, 1875 :

1995 - Cordulegaster boltonii iberica Boudot & Jacquemin, 1995

Boudot & Jacquemin (1995) rendent compte d'une répartition complexe et de mélanges entre les sous-espèces (supposées) de Cordulegaster boltonii et ajoutent une nouvelle sous-espèce avec Cordulegaster boltonii iberica Boudot & Jacquemin, 1995. Ils précisent que l'examen des populations est nécessaire pour déterminer une sous-espèce donnée et qu'un seul individu pris à part ne suffit pas.

2001 - Point sur les Cordulégastres du Paléarctique occidental (2001)

Boudot (2001) fait un point complet sur les Cordulegaster du Paléactique occidental. Il distingue deux groupes autour de boltonii et de bidentata ainsi que pour le premier groupe, un sous groupe oriental autour d'heros et occidental centré sur boltonii. Je reprends la liste des taxon ci-dessous en corrigeant quelques erreurs de dates.
Groupe boltonii occidental

Groupe boltonii oriental

Groupe bidentata

Boudot (2001) invalide le genre Sonjagaster qui n'est basé que sur des critères de coloration particulièrement variants. Il apparaît à la lecture des éléments de conserver éventuellement Thecagaster de Selys Longchamps, 1854, qui se base sur des détails morphologiques constants [2021].

2014 - À mon avis Cordulegaster algirica reste une bonne espèce (com. 2014)

Froufe & al. (2014) dégagent côté boltonii deux ensembles distincts : le premier comprend Cordulegaster boltonii et ses sous-espèces plus ou moins en mélange et en clines (boltonii, immaculifrons, iberica) et ce que je désigne ici sous Cordulegaster algirica. Il apparaît par ailleurs probable que Cordulegaster bidentata sicilica soit confondu avec le type. Par contre Cordulegaster buchholzi apparaît d'ores et déjà en exergue [2022]. Quant à Solano & al. (2018), ils fondent la validité de Cordulegaster trinacriae et soulignent des hybridations avec Cordulegaster boltonii en Italie.

2021 - Éclaircissements sur les Cordulégastres orientaux du Paléarctique Ouest (2021)

Schneider & al. (2021) réalisent une analyse génétique de l'essentiel des populations orientales des Cordulegaster du Paléarctique ouest. Cette analyse dessine les différents taxons valides et indique ceux qui sont immergés dans d'autres et a permis la détection de nouvelles espèces.
La lecture du premier tableau est riche en enseignement car on y voit la différence entre le taxon identifié génétiquement et le taxon supposé au départ. On distingue d'abord le groupe bidentata. L'identification d'amasina, coronata (parfois considérée comme une sous-espèce d'insignis), helladica et heros et mzymtae (parfois considérée comme une sous-espèce d'insignis) ne semble pas poser de problèmes. Il n'apparaît pas possible d'isoler de manière fiable Cordulegaster bidentata sicilica qui apparaît confondue avec l'espèce. Les individus proposés sous nachitschevanica, plagionyx, charpentieri lagodechica et nobilis sont indistincts de charpentieri avec lesquels ils sont donc confondus. Certaines populations identifiées comme insignis s'avèrent correspondre à la nouvelle espèce cilicia. Aussi des hybrides sont alors trouvés. C'est principalement insignis qui se retrouve redistribuée et les populations non prises en compte par ailleurs continuent de lui être assignées. Pour le groupe boltonii, la nouvelle espèce kalkmani correspond à de supposés authentiques picta. En dehors de ces cas particuliers, picta et vanbrinkae semblent clairement définis et identifiables. Les cas d'hybridation entre vanbrinkae et picta surviennent notamment en Arménie.
L'arbre phylogénétique donné en figure 4 rappelle les taxons occidentaux de manière très résumée : Cordulegaster boltonii, Cordulegaster trinacriae et Cordulegaster princeps, de même que Cordulegaster bidentata. En ce qui concerne le groupe boltonii placé en haut de l'arbre picta révèle une double clade, ce qui pourrait correspondre encore à une certaine hétérogénéité. Par contre vanbrinkae, kalkmani et heros (cette dernière espèce montre figure 6 un ensemble génétique peu "groupé" et pourrait révéler de nouveaux taxons) présentent un ensemble homogène situé sur une branche particulière. Plusieurs ensembles subsistent au niveau du groupe bidentata pour charpentieri qui montre encore une certaine hétérogénéité (au moins quatre ensembles apparaissent, mais tous sur l'axe d'une unique branche mère), cilicia s'individualise bien. On trouve mzymtae et amasina sur une branche partagée, mais chacun selon un ensemble distinct. Enfin à l'instar de charpentieri, insignis présente une certaine hétérogénéité avec peut-être quatre ensembles disposés sur l'axe d'une même branche mère avec elle même à sa base des éléments partagés avec helladica dont la présentation est résumée. En parallèle des deux groupes présentés ici (boltonii et bidentata) s'attachent le groupe des espèces du Nouveau Monde qui forme son propre ensemble et le groupe coronata constitué uniquément de Cordulegaster coronata. Dans le détail la figure 7 semble permettre de définir pour le sud de l'Iran, un ensemble particulier de Cordulegaster charpentieri (cf. nobilis s.str. [?]). Par ailleurs cilicia, nouvelle espèce, pourrait être hétérogène.
Le tableau 2 donne des conclusions sur les révisions taxonomiques indiquées : Cordulegaster heros est maintenu (Bulgarie, Monténégro, Grèce, Autriche), de même que Cordulegaster picta (Bulgarie, Turquie, Grèce, Georgie, Russie), toutes pour cette dernière espèce les populations de l'est de l'Anatolie sont distinguées sous Cordulegaster kalkmani. Cordulegaster vanbrinkae est maintenue (Arménie, Azerbaidjan, Iran). Une part des populations de Cordulegaster insignis est conservée sous cette espèce (ouest de la Turquie et est de la Grèce). La sous-espèce insignis amasina est élevée au rang d'espèce sous Cordulegaster amasina et se trouve en Turquie. La sous-espèce (ou espèce) insignis mzymtae est confirmée au rang d'espèce sous Cordulegaster mzymtae (Turquie, Georgie, Russie). On trouve sur le même secteur des populations jusqu'alors considérées comme de la sous-espèce insignis charpentieri et hissées au rang d'espèce sous Cordulegaster charpentieri. Toutefois ce dernier taxon n'est pas clôt et il va absorber par synonymie insignis lagodechica de Georgie, insignis nobilis de Turquie et d'Iran, nachitschevanica de l'Azerbaidjan et plagionyx de l'Azerbaidjan. Ceci confère à charpentieri une certaine hétérogénéité dont il faudra mesurer les éventuelles dimensions subspécifiques (nobilis, lagodechica, plagionyx [?]). Enfin au niveau de l'est de la Méditerrannée, les populations considérées jusqu'alors comme insignis sont placées dans une nouvelle espèce : Cordulegaster cilicia (Méditerranée orientale, Turquie, Liban). Plus à l'est, auparavant sous-espèce d'insignis se distingue désormais comme une bonne espèce Cordulegaster coronata (Iran, Krygyzstan). Ces changements taxonomiques concernent un double mouvement : le splitage de picta et insignis et la "reformation" par une nouvelle définition de Cordulegaster charpentieri. Dans la mesure où ce dernier nom est historiquement ambigu (nom. ambiguum) nous serions tentés de lui substituer un nouveau nom (nom novum) et en l'occurrence Cordulegaster schneideri (dédié au premier auteur de l'article traité ici).
Le travail de Schneider & al. (2021) est illustré de très belles planches de détermination. Je les commente rapidement figure par figure. La figure 8 montre que Cordulegaster vanbrinkae a un abdomen très sombre avec à peine des débuts de marques jaunes paires à l'attache des segments. Cordulegaster picta est nettement marquée de jaune. Les pièces abdominales sont plus serrées chez vanbrinkae que chez picta. L'hybride supposé me semble très difficile à distinguer de vanbrinkae. Figure 9, Cordulegaster kalkmani apparaît comme une espcèe avec de belles taches jaunes sur le début de l'abdomen, allant en se réduisant vers l'apex. Les pièces abdominales sont tenues écartées en V. La ♀ (figure 10) présente la même logique de coloration. Figure 11, Cordulegaster charpentieri est un taxon avec l'extension du jaune très importante ce qui lui donne un aspect très "lumineux". Les pièces abdominales sont tenues parallèles. Les ♀ paraissent plus jaune encore, semble-t-il (figure 12), mais certains ♂ ne montrent même quasiment plus de noir (figure 13). Les formes les plus sombres (dark form - figure 14) présentent encore une extension très significative des marques jaunes. Ces dernières s'approchent de l'état de coloration proposé pour Cordulegaster cilicia dont les pièces abdominales sont aussi parallèles, mais à la pointe légèrement rentrée vers l'intérieur. L'extension du jaune chez les ♀ est similaire à celle des ♂ (figure 16). En terme de coloration, il n'y a pas de nuance fondamentale avec Cordulegaster amasina qui se distingue par ses pièces abdominales serrées, parallèles et enflées en leur milieu, si bien qu'elles semblent vouloir se toucher en ce point. Comme Cordulegaster vanbrinkae, Cordulegaster mzymtae est un taxon particulièrement sombre, mais montrant des pièces abdominales parallèles et pointues (figure 17 et 18). La combinaison de l'examen de l'extension du jaune et de la forme des pièces abdominales des ♂ apparaît suffisante pour distinguer les différents taxons maintenus dans la partie orientale du Paléarctique Ouest à notre avis [2022].

2022 - Des taxonymes d'hybrides pour des Cordulegaster, une première pour les Odonates (2022)

L'équipe de Schneider & al. (2022) poursuivent leur éclaircissement du genre Cordulegaster dans la partie orientale du Paléarctique Ouest en traitant les taxons centrés sur la Grèce et y associent une partie des espèces occidentales. Il apparaît en exergue que Cordulegaster buchholzi doit être considéré comme une bonne espèce, que Cordulegaster heros et Cordulegaster picta présentent des affinités génétiques (peut-être suffisamment étroites à notre avis pour que les deux taxons soient confondus [2022]) et enfin qu'on trouve encore une certaine hétérogénéité chez Cordulegaster insignis, Cordulegaster heros (la sous-espèce pelionensis ne se distingue pas bien génétiquement) et Cordulegaster bidentata, voire aussi Cordulegaster helladica. Cordulegaster buchholzi présente par ailleurs une branche principale sur l'arbre phylogénétique où se distinguent deux sous-ensembles. Cordulegaster helladica kastalia se révèle être un hybride entre bidentata et buchholzi et Cordulegaster insignis montandoni est dans le même cas pour une hybridation entre bidentata et insignis.