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* [[Portugal]] (Návas 1923, de Seabra 1937, 1942, Chelmink & Mitchel 1996, Vanappelghem & Fernandez 2003, Maravalhas & al. 2011)
* [[Portugal]] (Návas 1923, de Seabra 1937, 1942, Chelmink & Mitchel 1996, Vanappelghem & Fernandez 2003, Maravalhas & al. 2011)
* [[Espagne]] - Premières indications mal étayées (Tiberghien 1985), elles sont confirmées ensuite (Ferreras Romero 1983, Cordero Rivera & al. 1999, Cordero Rivera 2000, Cordero Rivera & al. 2010, 2012).
* [[Espagne]] - Premières indications mal étayées (Tiberghien 1985), elles sont confirmées ensuite (Ferreras Romero 1983, Cordero Rivera & al. 1999, Cordero Rivera 2000, Cordero Rivera & al. 2010, 2012).
{{HAB}} - Les larves de cette espèce vivent généralement dans des tronçons à courant lent ou stagnant de rivières et de fleuves. Les larves séjournent sur des substrats sablonneux, parfois avec une couche de détritus clairsemée, ainsi que sur des amas de détritus grossiers et des corniches rocheuses dans des eaux plus profondes. Les larves sont difficiles à repérer sur les fonds sableux en raison de la couleur sableuse de la partie supérieure de leur corps, marquée de taches sombres. De plus, elles ont la capacité de s'enfouir, mais cela se fait relativement lentement et des parties du corps restent souvent découvertes (Leipelt 2005).<br>
Cours d'eau de dimension moyenne à grande, dans des vallées alluviales ou des gorges. Plateaux calcaires en tête de bassin. Les retenues d'eau paraissent très favorables à l'espèce. Les larves se développent en eaux lentes ou sur les retenues ombragées par une importante ripisylve, la faible pénétration de la lumière liée à l'ombrage favorise les gîtes larvaires situés généralement en eaux profondes [PNAO 2011] [2022]. Sa reproduction a généralement lieu dans des eaux courantes, dans des zones fortement ralenties [2022], mais des comportements reproducteurs ont été observés sur des milieux stagnants (Jourde & Laluque 2006). La maturation des individus se fait dans des habitats périphériques. Les mâles se cantonnent sur des tronçons de rivière d'une centaine de mètres (grands territoires) généralement boisés [Val Charente 2007].
Les larves occupent des eaux relativement profondes et sombres (parfois jusqu’à 10 m de profondeur), très peu courantes, voire quasi stagnantes dont la température dépasse les 20°C au cours de l’été. Les substrats occupés sont variés : sablo-limoneux, vaseux, chevelu racinaires, voire rochers. L’altitude maximale observée pour une émergence est de 480 m (Leipelt & Suhling 2005). Emergences indiquées jusqu'à 480 m d'altitude seulement, dans les parties calmes et vaseuses des grands cours d'eau avec des vasques profondes. Lors de la période de maturation, les adultes quittent les habitats de leur naissance et semblent occuper les coteaux ou plateaux qui surplombent le plus souvent les cours d’eau qu’ils occupaient ; ainsi détectés sur le bassin de l’Aude (C.Deliry, ''com.''). Les mâles patrouillent selon de très grands tronçons de la rivière en période de reproduction, parcourant plus de 200 m de linéaire. Les femelles, discrètes, ne sont le plus souvent repérées que lors des pontes. Les seuls déplacements évoqués sont ceux qui vont des sites de reproductions au plateaux ou coteaux voisins lors de la maturation, et, retours. On ne dispose pas d’informations sur d’autres déplacements notables chez cette Libellule ([[hic]] 2019). Les larves de cette espèce vivent dans les zones lentes ou quasi stagnantes de grandes rivières dans des eaux chaudes, dépassant les 20°C en été. Elles vivent parfois jusqu'à une profondeur de 10 m et recherches les zones ombragées par les ripisylves. Elles sont nocturnes. Les imagos subissent une période de maturations qu'ils tiennent dans l'environnement proche en volant sur les coteaux ou les plateaux proches des gîtes larvaires. Les mâles parcourent des territoires étendus, pouvant effectuer des vas et viens sur de linéaires de plus de 200 m sur un tronçon de rivière. Notons que l'espèce a été découverte sur des cours d'eau de plus faible dimension, notamment ces dernières années en Ardèche (affluents de la Ganière par exemple - Ladet 2021).<br>
Les espèces accompagnatrices de la Cordulie splendide qui sont les plus caractérisées sont ''[[Boyeria irene]], [[Gomphus graslinii]], [[Gomphus simillimus]]'' et ''[[Oxygastra curtisii]]''. En Ardèche on trouve parmi les espèces dominantes ''[[Boyeria irene]]'' et ''[[Onychogomphus uncatus]]'' selon Ladet (2021). Selon le même auteur seuls 3% des exuvies d'Anisoptères récoltées concerne cette espèce sur le Bassin de la Ganière en Ardèche (N=67). 49% des exuvies concernent ''[[Onychogomphus uncatus]]'' et 36% ''[[Boyeria irene]]''. On trouve ensuite ''[[Oxygastra curtisii]]'' avec 6% et ''[[Cordulegaster boltonii]]'' ainsi qu'Onychogomphus forcipatus avec des valeurs similaires à celles de la Cordulie. Sur le site étudié, aucun imago de ''Macromia splendens'' n'a été observé.
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{{Tibergien1985}}
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'''[5]''' - Découverte en 1972 dans la Vallée du Tarn, un suivi régulier est réalisé dès 1979 par l'équipe de J.L.Dommanget (Dommanget 1995).
'''[5]''' - Découverte en 1972 dans la Vallée du Tarn, un suivi régulier est réalisé dès 1979 par l'équipe de J.L.Dommanget (Dommanget 1995).

Version du 6 janvier 2023 à 17:31

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Deliry C. [2026] – Macromia splendens - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 8081 du 06.01.2023. – odonates.net

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[Deliry C. 2026] – Macromia splendens - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 8081 du 06.01.2023. – odonates.net

Odonata > Epiproctophora > Anisoptera > Cavilabiata > Libellulines > Macromioidea > Macromiidae

Macromia splendens (Pictet de la Rive & de Selys Longchamps, 1844)

  • Cordulia splendida Pictet de la Rive in de Selys Longchamps, 1843 (nomen oblitum) [Kirby 1890, hic 2018]
    • Macromia splendens (Pictet, 1843) [PCN 2014]
    • Macromia splendida Pictet de la Rive in de Selys Longchamps, 1843 [Rousseau 1908-1909 ; hic 2018]

Localité-type - Montpellier, France

  • Cordulia splendens Pictet de la Rive & de Selys Lonchamps, 1844 [hic 2018]
    • Macromia splendens (Pictet de la Rive & de Selys Longchamps, 1844) [hic 2018]

Macromie élégante [de Selys Longchamps 1850], Macromie éclatante [Tiberghien 1985], Cordulie splendide [olim, PCN 2014], Macromie splendide [syn. : PCN 2014] - (en) Splendid Cruiser


VU 2020 UICN - VU 2009 Bassin méditerranéen - VU 2010 (EN 1988) Europe - Berne an. II - Directive Habitats an. II+IV

Décrite de manière anticipée en 1843 sous Cordulia splendida selon Pictet de la Rive in de Selys Longchamps, réputée datée de 1843, l'espèce a été conjointement précisée par Pictet de la Rive et de Selys Longchamps en 1844 sous Cordulia splendens [2].
Il s'agit de l'espèce de Macromia, la mieux documentée au Monde (Deliry 2014).
Espèce occidentale, Atlanto-méditerranéenne, les connaissances de sa répartition ont largement progressé ces dernières décennies [1]. Eaux courantes relativement chaudes et profondes à basse altitude. Vole de (fin mai) juin à mi août et au-delà.

Commentaires - Décrite par Pictet de la Rive sur une {♀ provenant de Montpellier (France) et fournie par A.Guignard en parallèle du ♂ et dans une note contigüe et annexée de de Selys Longchamps. Nous considérons en conséquence ici que c'est une double publication et une description collaborative de l'espèce à rapporter donc aux deux auteurs. France, vers Montpellier (Pictet de la Rive & de Selys Longchamps 1844). Auparavant de Selys Longchamps avait publié "maladroitement" une brève description sous Cordulia splendida ce qui fait que le véritable nom de cette espèce aurait dû être Macromia splendida (Pictet de la Rive in de Selys Longchamps, 1843) (voir Deliry 2014) ; en définitive la description conservée par les auteurs date de 1844 et se trouve ici sous les deux noms : Pictet de la Rive et de Selys Longchamps. C'est Kirby (1890) qui date ce dernier travail de 1844.

- Protégée - VU 2016 (EN 2009, DD 1994) [4] - (Montpellier : de Selys Longchamps 1843, Pictet de la Rive & de Selys Longchamps 1844 ; Jarnac sur la Charente : de Selys Longchamps & Delamain 1871 ; Ardèche en 1869 : Guenée 1870 ; Grassé 1930 ; Aquitaine : Bilek 1969, Tiberghien 1985 ; anciennement : Jarnac, Cahors, Montpellier : Tiberghien 1985 ; Grand 1989, Dommanget 1995, 2001, Grand 2002). Réputée anciennement présente dans le Var, aucune référence ne vient confirmer cette information ; le département présente toutefois des rivière favorables à cette Libellule spectaculaire et des prospections spécifiques méritent d'y être menées (C.Deliry, com. 2010), d'autant plus que Gomphus graslinii y a été découvert récemment (hic 2022). Elle est en Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes et Rhône-Alpes, à préciser pour la Provence-Alpes-Côte-d'Azur. On connaît des populations continues depuis le sud de l'Ardèche au Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, celles de l'Aquitaine ou du Poitou-Charentes sont plus isolées (Dupont 2010, hic 2022).

  • Portugal (Návas 1923, de Seabra 1937, 1942, Chelmink & Mitchel 1996, Vanappelghem & Fernandez 2003, Maravalhas & al. 2011)
  • Espagne - Premières indications mal étayées (Tiberghien 1985), elles sont confirmées ensuite (Ferreras Romero 1983, Cordero Rivera & al. 1999, Cordero Rivera 2000, Cordero Rivera & al. 2010, 2012).

Habitats - Les larves de cette espèce vivent généralement dans des tronçons à courant lent ou stagnant de rivières et de fleuves. Les larves séjournent sur des substrats sablonneux, parfois avec une couche de détritus clairsemée, ainsi que sur des amas de détritus grossiers et des corniches rocheuses dans des eaux plus profondes. Les larves sont difficiles à repérer sur les fonds sableux en raison de la couleur sableuse de la partie supérieure de leur corps, marquée de taches sombres. De plus, elles ont la capacité de s'enfouir, mais cela se fait relativement lentement et des parties du corps restent souvent découvertes (Leipelt 2005).
Cours d'eau de dimension moyenne à grande, dans des vallées alluviales ou des gorges. Plateaux calcaires en tête de bassin. Les retenues d'eau paraissent très favorables à l'espèce. Les larves se développent en eaux lentes ou sur les retenues ombragées par une importante ripisylve, la faible pénétration de la lumière liée à l'ombrage favorise les gîtes larvaires situés généralement en eaux profondes [PNAO 2011] [2022]. Sa reproduction a généralement lieu dans des eaux courantes, dans des zones fortement ralenties [2022], mais des comportements reproducteurs ont été observés sur des milieux stagnants (Jourde & Laluque 2006). La maturation des individus se fait dans des habitats périphériques. Les mâles se cantonnent sur des tronçons de rivière d'une centaine de mètres (grands territoires) généralement boisés [Val Charente 2007]. Les larves occupent des eaux relativement profondes et sombres (parfois jusqu’à 10 m de profondeur), très peu courantes, voire quasi stagnantes dont la température dépasse les 20°C au cours de l’été. Les substrats occupés sont variés : sablo-limoneux, vaseux, chevelu racinaires, voire rochers. L’altitude maximale observée pour une émergence est de 480 m (Leipelt & Suhling 2005). Emergences indiquées jusqu'à 480 m d'altitude seulement, dans les parties calmes et vaseuses des grands cours d'eau avec des vasques profondes. Lors de la période de maturation, les adultes quittent les habitats de leur naissance et semblent occuper les coteaux ou plateaux qui surplombent le plus souvent les cours d’eau qu’ils occupaient ; ainsi détectés sur le bassin de l’Aude (C.Deliry, com.). Les mâles patrouillent selon de très grands tronçons de la rivière en période de reproduction, parcourant plus de 200 m de linéaire. Les femelles, discrètes, ne sont le plus souvent repérées que lors des pontes. Les seuls déplacements évoqués sont ceux qui vont des sites de reproductions au plateaux ou coteaux voisins lors de la maturation, et, retours. On ne dispose pas d’informations sur d’autres déplacements notables chez cette Libellule (hic 2019). Les larves de cette espèce vivent dans les zones lentes ou quasi stagnantes de grandes rivières dans des eaux chaudes, dépassant les 20°C en été. Elles vivent parfois jusqu'à une profondeur de 10 m et recherches les zones ombragées par les ripisylves. Elles sont nocturnes. Les imagos subissent une période de maturations qu'ils tiennent dans l'environnement proche en volant sur les coteaux ou les plateaux proches des gîtes larvaires. Les mâles parcourent des territoires étendus, pouvant effectuer des vas et viens sur de linéaires de plus de 200 m sur un tronçon de rivière. Notons que l'espèce a été découverte sur des cours d'eau de plus faible dimension, notamment ces dernières années en Ardèche (affluents de la Ganière par exemple - Ladet 2021).
Les espèces accompagnatrices de la Cordulie splendide qui sont les plus caractérisées sont Boyeria irene, Gomphus graslinii, Gomphus simillimus et Oxygastra curtisii. En Ardèche on trouve parmi les espèces dominantes Boyeria irene et Onychogomphus uncatus selon Ladet (2021). Selon le même auteur seuls 3% des exuvies d'Anisoptères récoltées concerne cette espèce sur le Bassin de la Ganière en Ardèche (N=67). 49% des exuvies concernent Onychogomphus uncatus et 36% Boyeria irene. On trouve ensuite Oxygastra curtisii avec 6% et Cordulegaster boltonii ainsi qu'Onychogomphus forcipatus avec des valeurs similaires à celles de la Cordulie. Sur le site étudié, aucun imago de Macromia splendens n'a été observé.


Tiberghien G. 1985 - Macromia splendens (Pictet, 1843): additions faunistiques, biologiques, et récapitulation des principales données connues (Odon., Anisoptera, Corduliidae). - Bulletin de la Société entomologique de France, 90 (9-10) : 8-13. - ONLINE


[5] - Découverte en 1972 dans la Vallée du Tarn, un suivi régulier est réalisé dès 1979 par l'équipe de J.L.Dommanget (Dommanget 1995).