Sympecma fusca

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[Deliry C. 2026] – Sympecma fusca - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 76921 du 21.03.2026. – odonates.net

Odonata > Zygoptera > Lestida > Lestines > Lestoidea > Lestidae

Proverbe sympétrin : Si le Leste branche fait souche sur la paille de l'étang, l'hiver a rendu sa dernière bise. (C.Deliry, samedi 20 avril 2002).


shared - Extrait de Jödicke (1997), ajusté 🔍

Sympecma fusca (Vander Linden, 1820)

Vander Linden P.L. 1820 - Agriones Bononienses. - Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae.
Localité-type - Italie, Bologne.

  • Agrion fusca Vander Linden, 1820
  • Sympecma fusca (Vander Linden, 1820)

  • Agrion phallatum de Charpentier, 1825
  • Sympecma aragonensis Navás, 1927

Autres taxonymes signalés - Agrion fuscum, Lestes fuscus, Sympecma phallatum


Leste brun [Deliry [2005]], Leste brindille [Deliry [2005]], Leste d'hiver [Deliry [2005]], Leste des pilotis [Deliry [2005]], Brunette hivernale

🔍 - ©© bysa - Wikimedia commons

Taxonomie : détails résumés

  • Agrion fusca Vander Linden, 1820 - [syn. : NCC 1993, Deliry [2005]]
  • Sympecma fusca (Vander Linden, 1820) - [d'Aguilar & Dommanget 1985, Deliry [2005], NCC 1993]

  • Agrion phallatum de Charpentier, 1825 [syn. : Deliry [2005]]

Autres taxonymes signalés - Deliry [2005] - Agrion fuscum, Agrion limnas, Agrion puella var. g Schrank , Sympecma phallatum, Lestes fuscus - dont [A vérifier !] [à préciser !]

Commentaires

Décrite sous le genre Agrion par Vander Linden (1820), le passage au genre Lestes est encore hésitant dans les années 1840 (à suivre). La confusion avec le Coenagrion puella s.l. qui de fait représente à l'époque l'essentiel des Zygoptères sauf les Calopteryx semble avoir eu lieu dans un premier temps. Il est possible que l'espèce ait alors été isolée sous Agrion puella var. g Schrank, mais je ne dispose pas de la date de cette description [A vérifier !]. Bien que décrit sous Agrion fuscum en 1820 de manière surprenante, c'est l'Agrion phallatum présenté par de Charpentier (1825) qui a l'adhésion des auteurs dans un premier temps, jusqu'à la restitution du nom, sous Lestes fusca chez de Selys Longchamps & Hagen (1850). Sympecma paedisca est séparé tardivement dans les années 1860, bien qu'ayant été "maladroitement" détecté dès les années 1830 (Deliry [2005]). Et la situation n'est toujours pas si claire lors de la description de Sympecma annulata par de Selys Longchamps en 1887, cette première espèce ayant été confondue avec la précédente. Dans les années 2000, je souligne que la situation taxonomique n'est toujours pas si claire pour la genre Sympecma en Europe (Deliry [2005]).

Éléments de description

Voir : de Selys Longchamps (1840), Robert (1958), Askew (1988), d'Aguilar & Dommanget (1998)
La maturation de l'espèce se traduit par une évolution de la teinte des yeux qui change progressivement et passe par plusieurs étapes (Deliry 2021) : ils sont brun clair unis à l'émergence, bruns clairs avec des motifs complexes au bout de quelques jours et au sortir de l'hivernage, ce indépendamment des premiers comportements reproducteurs au premier printemps, les individus en mesure de se reproduire prennent une teinte bleue entamée par le haut de l'œil et ceux-ci foncent encore avec le temps chez les individus scénescents.

🔍 - Скворцов (2010) - Стрекозы Восточной Европы и Кавказа: Атлас-определитель - Source [1]
🔍 - Extrait de Hentz & al. (2012).
🔍 - shared - © Christophe Brochard (Site Internet)

Répartition

Eurosibérienne.

  • France - LC 2016 - (ill. : Hoefnagel 1575 : pl.LXIII ; de Selys Longchamps & Hagen 1850). Présente dans tous les départements de France, dont la Corse. En Rhône-Alpes, elle est peu commune dans l'Ain et la Loire ([2006]).
  • Algérie (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Allemagne (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Belgique (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Hongrie (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Italie (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Pologne (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Russie (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Sardaigne (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Sicile (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Suède (méridionale : de Selys Longchamps & Hagen 1850).
Presque toute l'Europe. Inconnue dans les îles britanniques et l'Espagne (de Selys Longchamps & Hagen 1850).
  • Maroc (d'Aguilar & Dommanget 1998).
Assez fréquente. Europe centrale, orientale et méridionale, Afrique du nord, Moyen Orient, Asie centrale (d'Aguilar & Dommanget 1998).

Habitats

Eaux stagnantes, parfois légèrement saumâtres, souvent dans un environnement forestier jusqu'à 1800 m d'altitude, aussi dans des eaux courantes au Maroc (d'Aguilar & Dommanget 1998). Sur l'Allier, l'espèce, peu fréquente, habite les boires et les mares plus ou moins ombragées (Lohr 2003).
La larve de développe dans des eaux stagnantes de diverse nature, souvent près de terrains sauvages (friches, boisements) où les imagos passe l'hiver avant d'entamer la reproduction au début du printemps suivant leur émergence ([2023]).
En automne et en hiver, les imagos restent vivants et s'observent lors de journées ensoleillées ou figés et plaqués contre une tige ou dissimulés sous des pierres ou des végétaux. Ils sont alors souvent assez loin de l'eau, sur des coteaux secs, au milieu des friches ou dans des haies. On trouve par exemple aux Pays-Bas des clichés d'individus givrés, comme saisis par le froid (Krieg-Jacquier & Deliry 2011), ils peuvent même se déplacer par des températures sous 0°C comme le montrent certaines vidéos. Il convient de noter que les gîtes hivernaux sont pour certains relativement humides avec des suintements au niveau du sol ([2024]).
Les larves vivent dans les eaux stagnantes ou lentes, en particulier là où s'accumulent les débris végétaux tels que les tiges de Roseaux, de joncs ou les feuilles (Krieg-Jacquier & Deliry 2011).
Les altitudes maximales connues dans le Sud-Est dans les années 2000 sont de 860 m pour le Rhône et de 845 m pour la Drôme (Deliry [2005]), néanmoins les études postérieures indiquent que l'espèce peut même passer la cote des 2000 m occasionnellement dès le sud des Ecrins, la cote de 1100 m étant validée pour sa reproduction dans les Hautes-Alpes (com., 2026).

Phénologie

La principale période de vol en Europe centrale va de (juillet) août à mai (avec mentions précoce le 5 avril en Suisse) (Robert 1958). Dans le Rhône la nouvelle génération apparaît parfois dès juin et la boucle annuelle est couverte par les derniers imagos en juin de l'année suivante, avec une ♀ notée, pondant le 5 juillet 1989. En Loire-Atlantique la période imaginale commence à la mi-juillet avec des individus significativement observés jusqu'en octobre, et une reprise printanière du vol en avril-mai. En raison de son hivernage à l'état imaginal, les individus volant ont une longévité record ([2005]).

L'émergence a surtout lieu en août en Europe centrale et les insectes restent d'abord près de l'eau (dates extrêmes : 20 juillet 1920 - 13 septembre). Alors la larve grimpe à une hauteur de 7 à 30 cm, embrasse solidement la feuille qui la soutien et s'y applique de tout son long pour réaliser son émergence. Selon les cas elle dure entre 2 h et 2h30, en matinée, avant le premier envol (Robert 1958).

Les insectes après l'émergence restent en général près de l'eau. Ils dorment alors dans les prairies marécageuses et avoisinantes, les ailes serrées contre le corps et celui-ci bien appliqué contre la tige des hautes herbes. Le matin ils sont couverts de rosée et ne s'envolent que quand le soleil les a réchauffés. 4 à 6 semaines après l'émergence, en septembre, ils gagnent les lisières des forêts et les vallons abrités et ensoleillés où ils passeront l'hiver à l'état imaginal, cachés dans les taillis, les buissons, les herbes sèches, souvent fort loin de l'eau. Il n'est pas rare de les voir voler dans les clairières bien exposées tard en automne, voire par les belles journées d'hiver. Ils se posent sur les chaumes de graminées dont ils ont la couleur et passent très facilement inaperçus, ayant l'habitude de glisser rapidement de l'autre côté de la tige dès qu'on s'approche. Ils sont très difficiles à repérer endormis pendant l'hiver. À la fin de mars, ou en avril, voire en mai si le printemps tarde, ils regagnent les étangs et petits lacs (Robert 1958).

Cette espèce est donc bien connue pour passer l'hiver à "l'état de torpeur" comme le dit déjà de Selys Longchamps (1848). Après l'émergence en été, les individus fréquentent des habitats [terrestres] ensoleillés, semi-ouverts avant d'affronter les rigueurs hivernales plaqués contre une tige ou dissimulés sous des pierres ou des végétaux Les individus peuvent être observés en vol ou posés entre la fin novembre et la mi février au bénéfice de journées ensoleillées. On trouve par exemple aux Pays-Bas des clichés d'individus givrés, comme saisis par le froid (Krieg-Jacquier & Deliry 2011). En effet l'espèce a été observée givrée, voire se déplaçant dans la neige aux Pays Bas (den Ouden & van Roosmalen 2011). La coloration des yeux des individus viennent changer de teinte au printemps au moment où la maturité sexuelle est atteinte, toutefois quelques individus réalisent des actes reproducteurs peu avant ce virage de couleur (Deliry 2021).

La durée du développement larvaire est de l'ordre deux à trois mois, estimée par le fait que les pontes du printemps produisent des individus à l'émergence dès la fin du mois de juillet (Savoie). Dans le sud de l'aire de répartition le cycle est modifié avec des pontes entre décembre et mars suivies d'émergences en avril ou en mai (Krieg-Jacquier & Deliry 2011).

Notes de biologie

Ponte dès le tout début du printemps, en tandem, dans les débris végétaux morts de l'année précédente, disponibles alors comme les seuls flottant à la surface de l'eau. Les adultes meurent ensuite (Krieg-Jacquier & Deliry 2011).

Illustrations


shared - Sympecma paedisca // Sympecma fusca - ♂ et ♀ - Extraits de Jödicke (1997), ajustés
Jödicke R. 1997 - Die Binsenjungfern & Winterlibellen Europas. Lestidae. - DNBB.

Références

Askew R.R. 1988 - The Dragonflies of Europe. - Harley Books, Colchester : 291 pp.
d'Aguilar J. & Dommanget J.L. 1985 - Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord. - Delachaux et Niestlé, Neuchâtel et Paris.
d'Aguilar J. & Dommanget J.L. 1998 - Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord. - Delachaux & Niestlé, Lausanne : 463 pp.
de Charpentier T. 1825 - De Libellulinis europaeis In : Horae entomologicae. - Wratislaviae. - ONLINE
de Selys Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. - ONLINE
de Selys Longchamps E. 1848 - Observations sur les phénomènes périodiques du règne animal et particulièrement sur les migrations des oiseaux en Belgique, de 1841 à 1846. - Mémoires des membres, Académie royale de Belgique, XXI : 88 pp.
de Selys Longchamps E. 1888 - Sur l'hibernation de deux espèces d'odonates (Sympycna fusca et Sympetrum scoticum). - C.R. Soc. ent. Belg., 32 : XXVII-XXVIII.
Deliry C. 1987 - Les Sympecma sont-ils les seuls à hiverner en Europe ? – Sympetrum, 1.
[Deliry C. 2005, 2006] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
Deliry C. 2021La Brunette hivernale a les yeux bleus… mais quand ? – Nature Life n°21, 21 février 2021. – PDF
[Deliry C. 2023, 2026] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
Geijskes1929 - Een juffertje uit Oisterwijk. Sympecma fusca Vanderl., hare levenswijze en ontwikkeling (= Sympycna fusca Charp.) (= Lestes fuscus Vanderl.). - Levende Nat., 34 : 139-143 & 179-187.
Jödicke R. & Mitamura T. 1995 - Contribution towards an annotated bibliographie on hibernation in Sympecma Burmeister (Odonata : Lestidae). - Opusc. zool. flumin., 133 : 1-9.
Harabiš F. 2023 - Post-mining areas as the last area for the expansion of the declining Siberian Winter damselfly (Odonata: Lestidae). - J. of Insect Conservation, 15 juillet 2023.
Hentz J.L, Deliry C. & Bernier C. 2012 - Libellules de France, guide photographique des imagos de France métropolitaine. Deuxième édition. - Gard Nature/GRPLS, Beaucaire : 200 pp. - PDF
Hoefnagel Joris 1575 - Animalia Rationalia et Insecta (Ignis). - Planches.
Krieg-Jacquier R. & Deliry C. (Groupe Sympetrum) 2011 - La Brunette hivernale, ou Leste brun (février 2011). - Observatoire de la Biodiversité de Savoie, février 2011. - ONLINE - ARCHIVE PDF
Krieg-Jacquier R. & Deliry C. (Groupe Sympetrum) 2011 - La Brunette hivernale, ou Leste brun (février 2011). - Observatoire de la Biodiversité de Savoie, février 2011. - ONLINE - ARCHIVE PDF
Krieg-Jacquier R. & Deliry C. 2014 - A la recherche du Sympecma perdu. OdoRunAlpes™ des 19 et 20 avril 2014 en Savoie. - PDF
Martens A. 2001 – Initial preference of oviposition sites : discrimination between living and dead plant material in Sympecma fusca and Coenagrion caerulescens (Odonata : Lestidae, Coenagrionidae). – European Journal of Entomology, 98 : 121-123. – PDF LINK
Martin R. 1887 - A hibernating dragonfly. - Ent. mon. Mag, 23.
Martin R. 1888 - Hibernation de la Sympecma fusca. - Revue scient. Bourb., 1 : 53-57.
Métais R. 2020 - Défi du mois de février : la Brunette hivernale. - LPO Drôme, plaquette PDF. - PDF LINK - BiB
[NCC 1993] - [Liste des taxon européens du Nordic Code Center]. - Muséum de Suède, tableau en ligne, version du 19 juillet 1993.
Ostrovski A.M. 2023 - New Data on the Fauna of Dragonflies and Damselflies (Insecta, Odonata) of Southeastern Belarus. - Aquatic Flora Fauna, 16 (19 décembre 2023) : 999-1010.
den Ouden A. & van Roosmalen J.A. 2011 - Favoriete overwinteringsplaatsen van Bruine winterjuffers (Sympecma fusca). - Brachytron, 14 (1) : 28-39. - BiB
Robert P.A. 1958 - Les Libellules (Odonates). – Del. & Niestl., Neuchâtel, Paris : 364 pp. - BiB
Vander Linden P.L. 1820 - Agriones Bononienses. - Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae.

Communiqués, notules et Évenements (Liste)

Liens Internets (Webographie)

> Macrografie.nl (images dans la neige)

Espèces classées dans le même genre

Sympecma, Sympecma annulata (→ Sympecma paedisca), Sympecma fusca, Sympecma gobica gr. (→ Sympecma paedisca gr.), Sympecma gobica, Sympecma paedisca gr., Sympecma paedisca