Thalassalestes macrostigma

LESTE à GRANDS STIGMAS (Lestidae)

Eversmann E.F. 1836 – Libellulinae, Wolgam fluvium inter et montes Uralenses observatae. – Libellululinarum species novae quas inter Wolgam fluvium et montes Uralenses obsevavit. – Bull. de la Soc. imp. des Naturalistes de Moscou, 8. – ONLINE

  • Agrion macrostigma Eversmann, 1836
  • Lestes macrostigma (Eversmann, 1836)
  • Thalassalestes macrostigma (Eversmann, 1836) (Deliry [2004], comb. nov.)

Leste de Pictet [de Selys Longchamps 1840], Lestès à grands stigmas [de Selys Longchamps & Hagen 1850], Leste à grands stigmas [Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2008, Dupont 2010, Deliry 2017, GRPLS 2019, Houard 2021, INPN [2023]], Leste à grands ptérostigmas [Deliry 2008, UICN & al. 2016, 2017, GRPLS 2019, Houard 2021, INPN [2023]], Leste des salins [Deliry 2008], Leste des sansouires [Deliry [2023]]

Taxonomie – Bechly ([1998]) souligne que Lestes macrostigma est un représentant, avec Chalcolestes viridis tout à fait primitif de l’évolution des Lestidae. J’ai en conséquence suggéré en 2004, de lui forger un genre particulier : Thalassalestes (gen. nov.) (cf. Deliry 2008).

© Yoan Braud – Bouches-du-Rhône, le 30 mai 2005
Cette illustration est une des première à avoir intégré cet espace odonatologique des Histoires Naturelles, avec l’autorisation, appréciée de son auteur, Yoan Braud
Camargue en 2009
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles

Répartition mondiale – Élément mediterranéo-touranien (Deliry [2020]). Décrite en Russie, notamment vers Orembourg (Eversmann 1836), elle est connue sur le nom de picteti au Portugal (de Selys Longchamps 1840), puis son nom valide en Sicile et en Sardaigne (de Selys Longchamps & Hagen 1850). Elle est en Espagne, Hongrie et à Chypre, ainsi qu’en Asie Mineure (de Selys Longchamps 1862). McLachlan (1866), la cite pour la première fois en France et plus particulièrement en Corse. De nouveaux pays sont ajoutés à la suite.: Ukraine (Rodzyandko 1895), accidentellement au XIXe siècle en Suisse, Tessin (Dufour 1982). Il faut attendre le milieu du XXe siècle pour de nouveaux pays soient ajoutés, tant en Europe centrale et orientale qu’en Asie centrale où l’espèce atteint les confins occidentaux de la Mongolie et de la Chine selon Boudot & Kalkman (2015). En conclusion, elle est en Europe méridionale, où elle est littorale et sur des îles méditerranéennes, depuis la Péninsule Ibérique à la Turquie, l’Israël et l’Iran, des populations continentales étant connues dans le centre de l’Europe et jusqu’en Asie centrale (Mongolie, Chine). On a noté très exceptionnellement, des individus erratiques jusque dans la région lyonnaise en France, en Suisse et en Allemagne méridionale (Deliry [2023]).


France EN 2016 (EN 2009, CR 20081, LR 2/10 : excessivement localisée : 1987)

Conservation – Les prélèvements lorsqu’ils sont nécessaires doivent être limités au strict minimum (Dommanget 1987). Espèce à suivi prioritaire (SfO). L’espèce apparaît réellement en danger sur le littoral méditerranéen et un plan de conservation s’avère nécessaire (Faton & Deliry 2000, 2013). Inscrite au PNAO (2010-2015) et au PNAL (2020-2030).

Répartition en France – L’espèce se trouve dans le pays selon trois secteurs relativement réduits : le premier se trouve en Corse (essentiellement orientale), le second se trouve dans les Bouches-du-Rhône en Camargue (Tour du Valat) ainsi qu’en Crau humide (Vigueirat), le troisième le long du littoral Atlantique en Charente-Maritime et en Vendée. Elle a pu se maintenir un temps jusqu’en Loire-Atlantique au Marais de Guérande. Cette dernière a pu être renforcée lors d’explosions démographiques côté Camargue2 à la fin des années 2000 ou les populations avoir été renforcées par des conditions favorables alors. Des diasporas sont notés jusqu’en dans le Gard (Scamandre, Grau-du-Roi) ou l’Hérault (Mauguio). Lors d’explosions démographique l’espèce a pu atteindre le Vaucluse, les piémonts de Chartreuse en Isère ou la région lyonnaise, voire Genève en Suisse ou la Bavière en Allemagne. De telles incursions interviennent exceptionnellement et ont une dimension séculaire. Les effectifs côté Atlantique sont généralement supérieurs à ceux enregistrés côté Camargue (Deliry [2023]).

©© byncsa – Cyrille Deliry (Histoires Naturelles) – (Deliry 2022b)

Historique – Indiquée en Corse par McLachlan (1866), elle a été capturée accidentellement à Lyon (Rhône) (Martin 1894). Commune dans le Midi (Chopard 1948), en Camargue (Bouches-du-Rhône) (Aguesse 1955, 1960) et dans l’Hérault (Cassagne-Méjean 1965). Notons que Robert (1958) qui cite de nombreux pays ne la donne pas en France ! Dommanget (1987) ne connaissait cette espèce que de la bordure méditerranéenne (Hérault, Bouches-du-Rhône ; anciennes données de Corse), ainsi que de vieilles citations du Rhône et de Charente-Maritime. Cet auteur invite à rechercher l’espèce sur la façade Atlantique. Ainsi elle est (re)découverte en Charente-Maritime (Lebioda 1987). Elle est occasionnelle dans le Vaucluse (Bence & Bence 1989), trouvée en Vendée en 1989 (île de Noirmoutier : Machet 1990), connue dans le Gard à Scamandre (Rapport d’activité du GRPLS de 2000 ; disparue en 2022 selon Xavier Ruffray, com. in Enquête Leste à grands stigmas de l’ONEM ➚), la Loire-Atlantique (Picard & Meurgey 2005a, 2005b). Des points d’ensemble pour le pays sont rédigés en 2010 (Dupont 2010, Lambret 2010), ainsi qu’en 2021 (Houard 2021). Ce dernier, dans le document du Plan National, dit l’espèce localisée sur le littoral Atlantique de l’embouchure de la Gironde à celle de la Loire et sur le littoral méditerranéen en Camargue et en Corse, précisant que c’est une espèce à éclipse, ses populations pouvant subir d’importantes variations interannuelles. Il omet la nouvelle population découverte en 2017 dans le Gard (Anonyme [2018]). L’espèce est en déclin sur fond de fluctuation dans le pays (UICN & al. 2017).

Légende
Fréquence lissée p.p. vis à vis de l’effort de prospection – Rouge : Espèce fréquente – Orange : Assez fréquente – Jaune : Rare – Bleu clair : Probablement erratique – Gris foncé : Disparue (à vérifier) – Rose : A confirmer ou Douteuse
©© byncsa – Cyrille Deliry (Histoires Naturelles) – (Deliry 2022b)

Aquitaine – Incertaine pour la Gironde (Deliry 2022b).

CorseNT – Indiquée par McLachlan (1866). On trouve en Corse parmi les plus belles populations du pays (Roché & al. 2008, Dommanget 2009, Berquier 2016). L’espèce est bien répartie, relativement abondante malgré une certaine tendance à la régression (Roché 1991, Grand & Dommanget 2007, Dommanget 2009, Dupidzak 2010). Sa répartition est détaillée par Berquier & Andrei-Ruiz (2019). Les populations du littoral sont assez nombreuses et bien représentées (C.Berquier, com., 2020). Notons que les populations des Bouches de Bonifacio sont suivies (com., 2010).

Languedoc-Roussillon – Priorité de conservation très forte (Anonyme [2011]).

  • Indiquée dans l’Hérault par Cassagne-Méjean (1965). Redécouverte dans l’Hérault en 2019 : [A préciser !].
  • La présence de l’espèce dans le Gard était connue sur la Réserve de Scamandre (Rapport d’activité du GRPLS de 2000), mais elle a disparu de ce site en 2002 (X.Rufray, com., in ONEM [2009]). L’espèce est redécouverte pour la région dans le Gard au Grau-du-Roi, le 7 juillet 2017 par J.Bertrand & col. (Lettre d’info. Nature du Gard n°81 ➚ ; FaceBook : association LUS 18 juin 2018 ➚ ; Anonyme 2018) où elle est très rare ([Gard Nature 2021]).

Occitanie – NA (Charlot & al. 2018).

Poitou-Charente et Pays-de-Loire – Voir aussi note 3 – PC : EN 2018 (CR 2007) – PdL : EN (VU ~2021)

  • Outre une très vieille citation de Charente-Maritime (Dommanget 1987), l’espèce est redécouverte sur ce département (Lebioda 1987). L’ouragan Martin de 1999 a conduit à un fort déclin des populations (Cotrel & al. 2007), l’espèce est classée en catégorie CR sur la région Poitou-Charentes (connue sur 28 mailles en 1990-2005, il n’en reste plus que 17 en 2006-2015 : Brugel & Suarez 2018, PC Nature 2018). Sur la façade Atlantique, la reproduction a été très faible en 2022, voire quasi absente sur certains sites. Ainsi aucune des 5 localités connues à Moëze-Oléron n’a été fréquentée pour la reproduction et la reproduction a été proche de rien sur la réserve de Müllembourg à Noirmoutier (Vendée), fait généralisé sur les Odonates en général (LPO France [2023]). L’espèce n’a été signalée en nombre que sur l’île d’Oléron et quelques individus ont été observé sur l’île de Ré. Les effets climatiques de l’année 2022 semblent a priori avoir été très négatifs sur les population de cette espèce très rare. Néanmoins quelques informations reçues plus récemment montrent que ce constat pourrait être modéré (com., 31 mai 2023). La LPO organise en 2024, une recherche du Leste à grands stigmas sur la façade Atlantique de manière à mieux connaître sa répartition, l’influence de paramètres de l’environnement (salinité, profondeur de l’eau) à des fins de préservation sous l’animation de Sylvain Fagart (LPO Info Poitou-Charentes, n°24).
  • Elle est présente de plus comme nous l’avons vu plus haut en Vendée (Machet 1990). Elle est connue dans le Marais Breton et sur l’île de Noirmoutier (Goyaud 2001, Desmot 2013), la Lettre des Sociétaires de la SfO de décembre 2002, prévoit des recherches particulières à la suite. Sur 333 pièces d’eau évaluées en Vendée, seules une vingtaine s’avèrent favorables à l’espèce et sur 12 étudiés, 11 étaient occupés (Robin 2013). Ce Leste est suivi sur le Marais Daviaud depuis 2002 (com., 2010).
    • Message & Ratière (2025) rappellent que l’espèce découverte sur l’île de Noirmoutier en 1989 (cf. Machet 1990) a été l’objet de prospections ponctuelles jusqu’au milieu des années 1990 (LPO) et de 2008 à 2017 par l’équipe de la RN de Müllembourg et de naturalistes. Ce sont 21 stations qui ont été révélées dont 5 avec des indices de reproduction au moins probable, mais souvent sans suites et rarement plus de 10 individus contactés (maximum de 50). Depuis 2018, l’équipe de la RN de Müllembourg assure un suivi régulier sur la Réserve et a renforcé les prospections sur l’île de Noirmoutier. Une étude Life (2019-2020) travaille sur la caractérisation des scirpaies et la détermination de la présence du Leste. Les auteurs révèlent que les effectifs sont très variables, de même que la phénologie. Cinq stations peuvent porter certaines années entre plusieurs dizaines à milliers d’individus ! L’année 2025 est qualifiée de « mauvaise », sur les hypothèses d’une année 2024 trop pluvieuse, alors favorable à un plus grand nombre d’espèces sur l’habitat tendant à trop augmenter les compétitions interspécifiques, ainsi qu’un assec trop précoce en 2025, ce qui limite les capacités d’émergences réussies. La répétition de saisons pluvieuses suivis des années successives avec des assecs trop précoces entraînent une dégradation des scirpaies et limite les taux d’émergences réussies. Il est préconisé de jouer sur la diversité des stations permettant une meilleures dynamique de la métapopulation insulaire.
  • Elle remonte (mais semble instable : com. pers.) jusqu’en Loire-Atlantique où elle a été écouverte au Marais de Guérande en 2005 (Picard & Meurgey 2005a, 2005b, 2006, Picard 2012), la station suivie pendant plusieurs années a depuis disparu et semble instable (com., 2023). Des prospections ciblées régulière réalisée par J.M.Faton et moi-même, ces dernières années restent négatives, malgré la présence d’habitats toujours acceptables (com., 2025).

Provence (PACA) – Voir aussi note 3 – VU (EN) – Bouches-du-Rhône (Dommanget 1987, Bence & Bence 1989, Papazian 1995, Faton & Deliry 2000), accidentelle dans le Vaucluse (Bence & Bence 1989). Le Leste à grand stigmas est suivi au Marais du Vigueirat, sur la Réserve Naturelle de Camargue et à la Tour du Valat (com., 2010). Cohez & al. (2010) rendent compte d’une grande variabilité de l’espèce sur le site de la Tour du Valat où le nombre de mare occupées peut aller d’une seule comme en 2006 jusqu’à 25 comme en 2010. Les premiers bilans récents pour la Camargue sont réalisés dans les années 1990. D’abord un point historique sur les premières prospections camarguaises (Sinnassamy et Pineau 1996), complétées par Faton & Deliry (2000). Les populations des Bouches-du-Rhône, signalées par Aguesse (1955) dès les années 1950, n’ont pas été révisées avant les années 1990. L’espèce apparaît réellement en danger sur le littoral méditerranéen et un plan de conservation s’avère nécessaire, le principal bastion de l’espèce semblant limité à la Tour du Valat en Camargue (Faton & Deliry 2000, 2013). L’espèce est considérée comme fréquente en Camargue centrale, mais erratique en Crau humide ou en Crau sèche (Faton 2003). Ainsi les populations se trouvent toujours fortement concentrées sur la Tour du Valat et sont présentes de manière plus diffuse sur le Marais du Vigueirat si se fie aux cartographies données par Lambret (2025). Des spécimens sont connus ailleurs, notamment sur le Fos-sur-Mer : population à l’étude (Quoniam 2025).

Rhône-Alpes3 – NA 2014 – Bien que de Selys Longchamps (in de Selys Longchamps & Hagen 1850) ait douté de sa mention dans le département du Rhône4, une mention de Lyon (Martin 1894) est confirmée explicitement (un exemplaire reçu de Lyon) (Martin 1931). Grand (1990) considère cette mention comme douteuse, alors que Deliry (2008) la dit simplement « accidentelle ». L’espèce est de nouveau citée accidentellement, cette fois-ci en 2021 en Isère (Saint-Laurent-du-Pont). Ces mentions ne sont pas étayés par des preuves matérielles et restent sujettes à discussion : pas de spécimens de collection (com. 2021). Toutefois elle sont conformes à d’autres mentions d’individus accidentels signalés jusqu’en Suisse ou en Allemagne (com., 2025).


Habitats – Vit dans les eaux stagnantes ensoleillées, saumâtres du littoral, dans des régions à
faibles précipitations estivales : étangs, lagunes et autres milieux aquatiques littoraux. Elle est aussi dans des milieux saumâtres continentaux comme en Roumanie (Dommanget 1987), c’est une espèce caractéristique des eaux saumâtres peu profondes : marais et étangs littoraux, lagunes côtières, anciens marais salants ; habitats bien végétalisés et avec une phase d’immersion temporaire (UICN France & al. 2016). Ce sontd es eaux stagnantes ensoleillées, notamment saumâtres avec une préférence à la ponte dans les Scirpes maritimes (Deliry 2017).

Les larves se développent dans des marais côtiers saumâtres divers, s’asséchant en période estivale (Deliry [2023]).

L’espèce est régulièrement associée à des habitats temporaires, saumâtres et salins et, très souvent, au Scirpe maritime (Bolboschoenus maritimus) sur le littoral de l’Atlantique en France, de la Méditerranée, des mers Noire et Caspienne. Toutefois on la trouve aussi sur des habitats steppiques (salés) depuis l’Autriche, la Hongrie à l’Asie centrale et sur le sous-ouest de la Sibérie, voire jusqu’en Mongolie (Deliry [2020]). Dans le Caucase, elle occupe aussi des eaux douces peut s’observer en grand nombre (Kosterin 2015 ; Christian Goyaud, com., 2023). En Corse on la trouve parfois sur de petits plans d’eau douce (J.L.Dommanget, com.) où ils sont peut être en erratisme (Cyrille Deliry, com.). Ce sont parfois de petit habitats en Camargue ou en Crau humide (Bouches-du-Rhône, France), mais ils peuvent atteindre jusqu’à 69 ha (Lambret 2009).

Les pontes sont principalement observées dans les tiges de Bolboschoenus maritimus ou parfois de Juncus maritimus (Faton & Deliry 2000, Lambret & al. 2009), néanmoins d’autres substrats végétaux sont utilisés (D.Cohez, com.). De manière plus précise, les pontes opèrent de préférence dans les tiges vivantes de Boloboschoenus maritimus et les pousses sèches de Juncus maritimus, voire de Juncus acutus (Lambret & al. 2013, 2015). On trouve encore des pontes dans les tiges de Schoenoplectus lacustris (Chelmick & Lambret 2020). Les larves se tiennent de manière préférentielle dans la végétation aquatique (Lambret 2016). Les pontes sont sensibles à l’exposition au gel (Lambret & al. 2017), ainsi les œufs sont toujours pondus au-dessus du niveau de l’eau et les tiges dans lesquels ils se trouvent sont inondée et ainsi protégés grâce aux pluies tombées en automne et en hiver. Les œufs se maintiennent pendant la période d’attente hivernale dans l’aérenchyme des hélophytes. Les densités larvaires se trouvent fortement réduites si l’inondation des sites a lieu trop tôt lors de l’année de la ponte (fin de l’été ou début de l’automne) (Chelmick & Lambret 2020). Si l’espèce paraît fortement liée à la présence de Bolboschoenus maritimus, et, à mon avis couplée à la présence de Ranunculus baudoti (com., 2021), dans tous les cas les fleurs blanches facilitent la découverte des sites les plus favorables (com., 2023). Néanmoins les habitats peuvent diverger et comme le montre Desmots (2013) en Vendée se trouver associées à Juncus maritimus en absence de Bolboschoenus. Des apports d’eau douce hivernaux viennent modérer la salinité des habitats au printemps et toutes les stations connues présentent un assèchement estival. Un assèchement trop précoce se traduit par l’arrêt du développement des larves qui meurent. Au moment des émergences l’évaporation ayant opéré, les eaux peuvent atteindre entre 16 et 23 g/l de NaCl (Houard 2021). La qualité saline et l’hydropériode sont donc des éléments importants de l’habitat (com., 2021). Fagart (2025) montre dans le cadre de suivis protocolés que les émergences sont favorisées par de plus grandes densités de Scirpes et la remise en eau automnale plus tardive.

Phénologie – La période de vol est courte, se situant entre mai et juillet, voire août. Elle est optimale en juin (com., 2025). Jean-Michel Faton (in litt., 16 février 2000) ayant observé des individus matures début mai, pense que les premières émergences peuvent avoir lieu dès la mi-avril. Au Marais du Vigueirat, en 2009, l’espèce a été observée entre le 14 mai et le 7 juillet, avec un net maximum entre fin mai et début juin ; dernière observation le 11 juillet. Dommanget (1987) qui donne une période de vol se poursuivant jusqu’en septembre paraît optimiste et il n’y a rien de connu au-délà de la fin août (com., 2025). Selon Dommanget (1987) des émergences sont connues jusqu’à début juillet. Fagart (2025) affine sur un échantillon de données très important (N=1203) la phénologie de l’espèce en Charente-Maritime : les dates extrêmes de la période de vol vont du 5 mai au 14 août, les émergences, révélées par les individus ténéraux, culminent au début de la troisième décade de mai, les effectifs matures sont maximaux à la fin de la même décade et le pic du nombre de tandems se situe en début de deuxième décade de juin. Pour l’île de Noirmoutier, Message & Ratière (2025) donne des dates jugées variables sur les premières émergences. En effet, avec le 7 mai, elles ont été précoces en 2020, de même que pour le 9 mais en 2012. Il convient toutefois de noter que huit années produisent une première date dans la fourchette très étroite du 12 au 17 mai, ce qui n’est pas un mon sens qualifiable d’instabilité inter-annuelle de la phénologie. Un autre groupement de premières dates est franchement plus tardive avec 4 années où les témoins d’émergences sont citées entre les 26 et 29 mai. En conclusion, si certaines années sont occasionnellement l’objet de mentions précoces (7 et 9 mai), deux types de situations principales se distinguent : années précoces (N=8) avec premiers contacts entre les 12 et 17 mai et années significativement plus tardives (hiatus) (N=4) avec émergences entre les 26 et 29 mai (Deliry [2025]).

Dans le sud de la France, les œufs éclosent selon Lambret & al. (2017 in Lambret & al. 2023) entre la mi-mars et le début du mois d’avril. Le développement larvaire survient alors au printemps et est très rapide puisqu’il dure selon Aguesse (1960) de 8 à 10 semaines. Les émergences sont très concentrées puisque vers 25% ont été réalisée le 16 mai, 50% le 19 mai, 75% le 20 mai et la totalité le 27 mai (ONEM [2011]). Elles sont dites synchronisées sur les deux premières semaines de mai (Lambret 2010 in Lambret & al. 2023). La période de maturation est alors d’une quinzaine de jours et les premiers accouplement surviennent au terme de cette période. Ainsi les pontes ont lieu principalement en juin (Lambret 2010 in Lambret & al. 2023). Les imagos vivent jusqu’à 50 jours (Chelmick & Lambret 2020). La date la plus tardive donnée sur OpenObs en France est celle du 27 août 2001 en Vendée (F.Arnaboldi in Faton [2021]). La présence de l’espèce peut être révélée par l’observation de traces de pontes dans les plantes utilisées (notamment Bolboschoenus maritimus) (Deliry [2023]).

Il s’agit d’une « espèce à éclipse » qui fluctue naturellement, phénomène sensible, et, aggravé par les facteurs de menaces généraux (UICN & al. 2017). Les stations semblent bien fonctionner sur un principe de métapopulations et leur occupation ou production peut clairement fluctuer d’une année à l’autre (Deliry [2020]). La salinité ou la végétation ne semblent pas avoir d’impact majeur sur la densité des populations larvaires, par contre l’inondation tardive des sites en automne ou en hiver, paraît favoriser les plus fortes densités. Il en est de même pour la plus faible surface des sites. La dimension des adultes est supérieure lorsque les eaux sont plus profondes (probablement parce que plus froides). Les variations connues des populations chez cette espèce doivent être corrélées avec les facteurs précédents. En conséquence les mises en eau trop précoces des sites est défavorable au développement de l’espèce (Lambret & al. 2023). Les éléments mathématiques portés par Roger (2025) ne sont pas probants pour tenter d’expliquer les fluctuations inter-annuelles de l’espèce. L’autrice dit que l’action de préservation des stations et leur gestion raisonnée (Plans de gestion) favorise la pérennisation de la présence de l’espèce in situ. Je pense que les mesures de gestion limitent les risques d’événements défavorables qui surviennent plus régulièrement en dehors de telles mesures (com., 9 novembre 2025). Ainsi Fagart (2025) souligne que l’Ouragan Martin de 1999 a été suivi par de « mauvaises » années en Charente-Maritime (voir aussi Cotrel & al. 2007), mais l’espèce présente aussi une certaine résilience, donc reprise de meilleures années.

Métamorphose imaginale sur l’exuvie sur un Scirpe maritime séché
©© bysa – Philippe Lambret – Enquête ONEM ([2009])
Femelle quelques heures après son émergence, d’un bleu-violacé étrange
©© bysa – Philippe Lambret – Enquête ONEM ([2009])

Préservation, suivi et Plan National – PNAO (2010-2015), PNAL (2020-2030) – Les prélèvements lorsqu’ils sont nécessaires doivent être limités au strict minimum (Dommanget 1987). C’est une espèce à suivi prioritaire (SfO, en ligne ➚). Elle apparaît réellement en danger sur le littoral méditerranéen et un plan de conservation s’avère nécessaire (Faton & Deliry 2000, 2013). Jean-Michel Faton (com., 22 octobre 2008 ➚) souligne qu’à son avis, il s’agit d’une des espèces « les plus menacées du Monde ». Lancée en 2008, une enquête de l’Observatoire Naturaliste des Écosystèmes Méditerranéens (ONEM ➚) a été menée. Elle a été clôturée depuis. Sous la coordination de Philippe Lambret une enquête nationale Lestes macrostigma est lancée en 2009 en parallèle (Lambret 2009). Le suivi en France est organisé dans le cadre du PNAO (Dupont 2010, Lambret 2010). Un séminaire sur « l’étude de l’écologie » de cette espèces s’est tenu le 3 mars 2014 à la Tour du Valat ➚ en Camargue.

La Liste Rouge française précise que l’espèce est menacée par la reconversion de ses habitats en bassins d’affinage pour la conchyliculture (notamment sur la côte atlantique), la réutilisation des anciennes salines, l’artificialisation du littoral et les modifications inadaptées de la gestion des eaux (UICN & al. 2016).

Le PNAL (Houard 2021) précise trois objectifs majeurs au Plan National : (1) mettre en place un réseau de suivi des populations et des habitats, (2) inventorier et cartographier les populations et (3) étudier les paramètres influençant la dynamique des populations.

Cette espèce présente une forte valeur patrimoniale dans le pays (com., 2019), mais elle n’est pas protégée (Houard 2021). Un séminaire sur « l’étude de l’écologie » de cette espèces s’est tenu le 3 mars 2014 à la Tour du Valat en Camargue. Il s’agit de la 72e espèce de France par nombre de dates (782 dates : J.M.Faton, in litt., 2022). Les dernières années et notamment 2022 semblent avoir eu un impact critique sur cette espèce en France.

Un groupe de travail national rénové pour Lestes macrostigma est en projet en 2022 dans le cadre du PNAL et le groupe de travail Opie-Odonates, suivi d’une rencontre à Noirmoutier le 18 novembre 2024 (ONLINE ➚) et d’un Webinaire le 6 novembre 2025 (PDF).

Le projet MEDICYN sur le PNR de Camargue est coordonné par l’institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes de la Tour du Valat et financé par l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Il prévoit la restauration des mares temporaires méditerranéennes en coordonnant les pratiques et les usages cynégétiques (Lambret in Houard 2021). Il est mis en place à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) où il s’agit de concilier chasse et pastoralisme avec la biodiversité méditerranéenne (Pôle-relais lagunes, 17 octobre 2018 ➚).


 Île de Noirmoutier (Vendée) le 2 juin 2018
©© bysa – Florent Figon – Flickr
Camargue en 2009
©© byncsa – Jean-Michel Faton

Réécriture le 9 novembre 2025, Synchronisé ➚ – Cyrille Deliry


Références

[A préciser !] – Dupidzak 2010, Grand 1990, 2005, Grand & Dommanget 2007, INPN [2023], Picard & Meurgey 2006.

  • Aguesse P. 1955 – Note préliminaire sur les Odonates de Camargue. – La Terre et la Vie, 9 : 287-309. – ONLINE
  • Aguesse P. 1960 – Contribution à l’étude écologique des Zygoptères de Camargue. – Faculté des sciences de l’Université de Paris (Sorbonne), Thèse de Doctorat ès Sciences Naturelles, sous la présidence de P.P.Grassé, impr. CRDP, Aix-en-Provence. – PDF LINK
  • Aguesse P. 1968 – Les Odonates de l’Europe occidentale, du nord de l’Afrique et des Iles Atlantiques. – Masson, Faune de l’Europe et du Bassin méditerranéen, vol.6, Paris : 258 pp.
  • [Anonyme 2011] – Hiérarchisation des odonates présents en Languedoc-Roussillon. – Tableau.
  • [Anonyme 2018] – Découverte du Leste à grands stigmas au Grau du Roi. – Association Lus (Online : obsolète), 28 janvier 2018. – ARCHIVES PDF
  • Antonini T. 2019 – Effet de la salinité sur les traits d’histoire de vie des larves et adultes de deux espèces d’Odonates : Lestes macrostigma et Lestes sponsa. – Master 2 “Biodiversité, Écologie et Évolution”, UMS Pythéas, Université d’Aix Marseille.
  • Bechly G. [1998-2015] – Odonatology website. – ONLINE
  • Bedjanic M. 1995 – Lestes macrostigma, a new species for the dragonfly fauna of Slovenia and rediscovered in Croatia. – Exuviae, 2 (1) : 10-12.
  • Belančić A. & al. 2008 – Red data book of dragonflies of Croatia. (en croate) – Ministry of Culture, State Institute for Nature Protection, Republic of Croatia : 132 pp.
  • Bence S. & Bence P. 1989 – A propos des récentes observations de Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans le Vaucluse (84) et observation de l’espèce en 1988 dans les Bouches-du-Rhône (13) (Odonata, Zygoptera : Lestidae). – Martinia, 5 (3) : 64.
  • Berquier C. 2015 – Etude écologique et patrimoniale du peuplement des odonates de Corse appliquée à la conservation des espèces et des zones humides à enjeux. – Ecologie, Environnement. Université Pascal Paoli, 23 novembre 2015. – PDF LINK
  • Berquier C. & Andrei-Ruiz M.C. 2019 – Synthèse des connaissances et évaluation de l’état de conservation de Lestes macrostigma en Corse (Odonata: Lestidae). – Martinia, 34 : 1-16.
  • Boudot J.P. & Kalkman V.J. 2015 – Atlas of the European dragonflies and damselflies. – KNNV, the Netherlands. – ONLINE
  • Braud Y. 1996 – Inventaire préliminaire des Odonates dans le Nord de l’Ile de Ré (Charente-Maritime). – Ligue pour la Protection des Oiseaux, Réserve Naturelle de Lilleau des Niges : 23 pp.
  • Brugel E. & Suarez D. 2018 – Labellisation d’une liste rouge régionale UICN : Odonates du Poitou-Charentes. Note de présentation de la méthodologie et de la démarche appliquées. – Poitou-Charentes Nature (coord.). – PDF LINK
  • Cassagne-Méjean F. 1965 – Sur quelques espèces de Zygoptères (Odonates) nouvelles pour la région montpelliéraine. – Annales de la Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, Section entomologie, 105 (1) : 65-66.
  • Charlot B. & al. 2018 – Liste rouge des Odonates d’Occitanie. – CEN Midi-Pyrénées, Toulouse : 12 pp. – PDF LINK
  • Chelmick D. & Lambret P. 2020 – Lestes macrostigma (Eversmann), the Dark Spreadwing (2020). – J. of the British Dragonfly Society, 36 (2) : 84-108. – PDF LINK
  • Chopard L. 1948 – Libellules de France, Belgique, Suisse. – éd. Boubée & Cie, Paris : 137 pp. + XII pl.
  • Coffin J. 1989 – Odonates nouveaux pour le Vaucluse et mise à jour de la liste des espèces observées dans ce département. – Martinia, 5: 17–22.
  • Cohez & al. 2010 – Evaluation du plan de gestion 2007-2010 du domaine de la Tour du Valat. – Document.
  • Collectif 2024 – Rencontres nationales du Groupe de Travail Lestes macrostigma. Actualités nationales du PNA Libellules 2020-2030. Noirmoutier, 18/11/2024. – Diaporama : 134 pp. – ONLINE
  • Cotrel N. & al. 2007 – Liste Rouge des Libellules menacées du Poitou-Charentes. Statut de conservation des Odonates et priorités d’actions. – Poitou-Charentes Nature : 48 pp.
  • de Selys Longchamps E. 1840 – Monographie des Libellulidées d’Europe. – Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. – ONLINE
  • de Selys Longchamps E. 1862 – Synopsis des Agrionines, seconde légion : Lestes. – Bulletin de la Classe des Science, Académie Royale de Belgique, 2.
  • de Selys Longchamps E. & Hagen H.A. 1850 – Revue des Odonates ou Libellules d’Europe. – Muquardt, Bruxelles & Leipzig, Roret, Paris : XXII + 408 pp. + 11 pl. – ONLINE
  • [Deliry C. 2004, 2008, 2010, 2020, 2021, 2022a, 2023, 2025] – Odonates du Monde. – Histoires Naturelles (2004-2025). – odonates.net
  • Deliry C. (coord.) 2008 – Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes. – Dir. du Groupe Sympetrum et Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble, éd. Parthénope, Mèze : 404 pp.
  • Deliry C. 2017 – Odonata Europaea. – Histoires Naturelles n°49. – PDF
  • Deliry C. 2022b – Odonates en France. – Histoires Naturelles n°65, v.3 du 17 février 2022 (première édition le 12 février 2022). – ARCHIVE PDF 2022
  • Desmots D. 2013 – Elément nouveau sur la biologie de Lestes macrostigma (Insecta, Odonata) en Vendée. – Le Naturaliste vendéen, 11 : 51-55. – PDF LINK
  • Desmots D. 2013 – Elément nouveau sur la biologie de Lestes macrostigma (Insecta, Odonata) en Vendée. – Le Naturaliste vendéen, 11 : 51-55. – PDF LINK
  • Dommanget J.L. 1987 – Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France. – MNHN, Inv. de Faune et de Flore, fasc. 36 : 283 pp. – ONLINE
  • Dommanget J.L. 2009 – Etude complémentaire des Odonates de Corse 2008-2009. Bilan et synthèse globale. – Min. de l’Env., Dreal de Corse, SfO, Rapport d’étude : 60 pp.
  • Dorgère A. 2001 – Nouvelles données sur le Leste à grands stigmas (Odonata Lestidae) sur le domaine de la Tour du Valat. – Rapport annuel d’activités, Centre de Recherche de la Tour du Valat, : 24-33.
  • Dufour C. 1982 – Odonates menacés en Suisse Romande. – Adv. Odonatol., 1 : 43-54.
  • Dupont P. (coord.) 2010 – Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. – Opie/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp. – PDF LINK
  • Eversmann E.F. 1836 – Libellulinae, Wolgam fluvium inter et montes Uralenses observatae. – Libellululinarum species novae quas inter Wolgam fluvium et montes Uralenses obsevavit. – Bull. de la Soc. imp. des Naturalistes de Moscou, 8. – ONLINE
  • Fagart S. 2025 Étude du Leste à grands stigmas en Charente-Maritime et des paramètres environnementaux influençant la sélection d’habitat de reproduction. –  Webinaire du Groupe de Travail Lestes macrostigma, 6 novembre 2025. – PDF LINK
  • [Faton J.M. 2000] – Les habitats de Lestes macrostigma en Camargue. – Libellul’mE, 16 février 2000. – ARCHIVES
  • Faton J.M. 2003 – Inventaire des Libellules (Odonata) de la « Crau humide ». Site Natura 2000 PR100. – Document pour le CEEP.
  • [Faton J.M. 2021] – Tableau de phénologie des Odonates de France. – Tableau croisé excel.
  • Faton J.M. & Deliry C. 2000 – Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) en Camargue. Bilan des prospections 1999-2000. – Document.
  • Faton J.M. & Deliry C. 2013 – Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) en Camargue. Bilan des prospections 1999-2000. – Sympetrum, 17 : 9-13.
  • Goyaud C. (coord.) 2001 – Atlas de répartition des Libellules (Odonata) de Vendée (1985-2000). – Le Naturaliste Vendéen, 1 : 19-35. – PDF LINK
  • GRPLS 2019 – Référentiel utilisé pour la base du Groupe Sympetrum. – Document numérique, novembre 2019. – ARCHIVE PDF
  • Houard X. (coord.) 2021 – 2020-2030. Plan national d’actions en faveur des « libellules ». Agir pour la préservation des odonates menacés et de leurs habitats. – OPIE, DREAL Haut-de-France, Min. de la transition écologique et solidaire, (2020), mars 2921 : 66 pp. – PDF LINK
  • Jakob C. 1995 – Inventaire des Odonates du Domaine de la Tour du Valat. – Polycopié.
  • Jourdain F. & Raitière W. 2010 – Découverte d’une nouvelle station de Leste à grands stigmas Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans le marais salant de Guérande. – Chronique naturaliste du GNLA, année 2010 : 5-7.
  • Jourde P. 2003 – Les Odonates de Charente-Maritime. Bilan des connaissances au 1er janvier 2002. – Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), Rochefort : 107 pp.
  • Jourde P. & al. 1999 – Inventaire des Odonates de Charente-Maritime. – Martinia, 15 (3) : 71-78.
  • Kuhn, J. 1998 – Ein neuer Fund von Lestes macrostigma (Eversmann) in Bayern (Zygoptera: Lestidae). – Libellula, 17 : 97-101.
  • Lambret P. 2009 – Protocole de suivi de Lestes macrostigma. – Document de travail : 9 pp.
  • Lambret P. 2010 – Dynamique d’une population d’adultes de Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) et implications pour son suivi : l’exemple de la Camargue (Odonata, Zygoptera : Lestidae). – Martinia, 26 (1-2) : 19-28.
  • Lambret P. 2013 – De l’émergence et de la coloration chez Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) (Odonata, Zygoptera : Lestidae). Martinia, 29 (1).
  • Lambret P. 2016 – Contribution à la connaissance du micro-habitat larvaire de Lestes macrostigma (Odonata : Lestidae). – Martinia, 32 (1). – ONLINE
  • Lambret P. 2024 – Conservation de Lestes macrostigma, de la science à la gestion / restauration. – PhD & projets de restauration, Tour du Valat, diaporama : 34 pp. – ONLINE
  • Lambret P. 2025 – Lestes macrostigma dans les réserves naturelles de la Tour du Valat et des Marais du Vigueirat. – Webinaire du Groupe de Travail Lestes macrostigma, 6 novembre 2025. – PDF LINK
  • Lambret P. 2025 – Lestes macrostigma dans les réserves naturelles de la Tour du Valat et des Marais du Vigueirat. – Webinaire du Groupe de Travail Lestes macrostigma, 6 novembre 2025. – PDF LINK
  • Lambret P., Cohez D. & Janczak A. 2009 – Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) en Camargue et en Crau (Département des Bouches-du-Rhône) (Odonata, Zygoptera, Lestidae). – Martinia, 25 (2) : 51-65. + Erratum, Martinia, 25 (3) : 115.
  • Lambret P., Desmots D. & Robin J.G. 2010 – Un exemple de réflexion transrégionale : le groupe LESMAC. – Séminaire de lancement du Plan National d’Action Odonates, MEDDTL, Paris : 18 pp.
  • Lambret P. & Stoquert A. 2011 – Diel pattern of activity of Lestes macrostigma at breeding site (Odonata: Lestidae). – Intern. J. of Oonatol., 14 (2) : 175-191.
  • Lambret P., Besnard A. & Matushkina N. 2015a – Initial preference for plant species and state during oviposition site selection by an odonate. – Entomological Science, 18 : 377-382.
  • Lambret P., Besnard A. & Matushkina N. 2015b – Plant preference during oviposition in the endangered dragonfly Lestes macrostigma (Odonata: Zygoptera) and consequences for its conservation. – J. of Insect Conservation, 19 : 741-752.
  • Lambret P., Boutron O. et Massez G. 2016 – Étude de l’écologie de Lestes macrostigma et restauration de son habitat. – Le Courrier de la Nature, 296 : 66-69.
  • Lambret P., Hilaire S. & Stoks R. 2017 – Egg hatching phenology and success of Lestes macrostigma in two temporary brackish ponds. – Intern. J. of Odonatol., 20 (1) : 1-12.
  • Lambret P. & al. 2018 – Oviposition plant choice maximises offspring fitness in an aquatic predatory insect. – Hydrobiologia, 823: 1-12.
  • Lambret P., Janssens L. & Stoks R. 2021 – The impact of salinity on a saline water insect: Contrasting survival and energy budget (2021). – J. of Insect Physiology, 131, mai 2021.
  • Lambret P., Jeanmoujin M. & Stocks R. 2023 – Factors driving larval abundance and adult size of the threatened Lestes macrostigma (Odonata) : keys for water management and habitat restoration. – J. of Insect Conservation, 20 février 2023. – PDF LINK
  • Lebioda B. 1987 – Un méditerranéen exilé en Charente-Maritime : Lestes macrostigma (Eversmann, 1836)(Odonata Anisoptera : Lestidae). – Martinia, 6 : 27-28.
  • LPO France 2023 – Conséquences de la sécheresse 2022 sur la biodiversité des espaces naturels en zones humides gérés par la LPO France. – Document LPO France, 24 avril 2023. – PDF LINK
  • Machet P. 1990 – Présence de Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans l’île de Noirmoutier, Vendée (Odonata, Zygoptera, Lestidae). – Martinia, 6 (1) : 17-18.
  • Martens A. 2012 – Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) (Odonata, Zygoptera : Lestidae) en tant qu’hôte de Forcipomyia paludis (Macfie, 1936) (Diptera : Ceratopogonidae). – Martinia, 28 (2).
  • Martens K. & Smeyer J. 1978 – Libellen in de Camargue. – Phegea, 6 (1) : 1-8.
  • Martin R. 1894 – Odonates de Chypre. – Bull. Soc. Zool. Fr., : 135-138.
  • Martin R. 1931 – Pseudo-Névroptères et Névroptères. – Histoire Naturelle de la France, 9 bis partie. – Deyrolle, Paris.
  • Matushkina N. & Lambret P. 2011 – Ovipositor morphology and egg laying behaviour in the dragonfly Lestes macrostigma (Zygoptera: Lestidae). – International Journal of Odonatology, 14 : 69-82.
  • Matushkina N., Lambret P. & Gorb S. 2016 – Keeping the Golden Mean: plant stiffness and anatomy as proximal factors driving endophytic oviposition site selection in a dragonfly. – Zoology, 119 : 474-480.
  • McLachlan R. 1866 – Occurence of Lestes macrostigma Eversmann, in the island of Corsica. – Entomologist’s mon Mag., 3 : 141.
  • Message E. & Ratière W. 2025 – Lestes macrostigma sur l’île de Noirmoutier : contexte et état des lieux 2025. – Webinaire du Groupe de Travail Lestes macrostigma, 6 novembre 2025. – PDF LINK
  • Milcent J.P. & Dommanget J.L. 2005 – Liste des espèces déterminantes d’Odonates pour la région Languedoc-Roussillon. – In : OPIE-LR [coord.] – Listes d’espèces déterminantes des ZNIEFF du Languedoc-Roussillon – Insectes et Arachnides. – OPIE-LR, éditions, Perpignan : 3-38.
  • Orieux G. 1994 – Observations odonatologiques sur l’Ile de Ré. – Martinia, 10 (1) : 1-2.
  • Papazian M. 1992 – Inventaire des Odonates de Camargue. – In : Compte-rendu scientifique SNPN. Réserve Naturelle de Camargue. – SNPN : 103-109.
  • Papazian M. 1995 – Inventaire des Odonates du Bassin de Réaltor (Département des Bouches-du-Rhône). – Martinia, 11 : 13-17.
  • Papazian M. & Bence P. 1991 – Compte-rendu de la sortie libellules dans les Marais du Vigueirat (Bouches du Rhône, 13). – Martinia, 7 (2) : 47-48.
  • Picard L. 2005 – Pour une Biogéographie des Invertébrés. L’exemple de Lestes macrostigma, une libellule « à rechercher » dans les milieux saumâtres de Loire-Atlantique (partie II). – Univ. de Nantes, IGARUN, mémoire de master 1, « Terres et Mers Atlantiques » : 118 pp.
  • Picard L. 2012 – Le Leste à grands stigmas Lestes macrostigma (Eversmann, 1836). – Les cahiers du pays de Guérande, 55.
  • Picard L. & Meurgey F. 2005a – Découverte d’une population de Lestes macrostigma dans le département de la Loire-Atlantique (Odonata, Zygoptera, Lestidae). – Martinia, 21 (3).
  • Picard L. & Meurgey F. 2005b – Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans les marais saumâtres de Loire-Atlantique (Odonata, Zygoptera, Lestidae). – Martinia, 21 (4) : 139-150.
  • PC Nature 2018 – La Liste rouge du Poitou-Charentes : chapitre Odonates. – Poitou-Charentes Nature : 14 pp.
  • Quoniam I. 2025 – Suivi odonatologique sur les terrains du Grand Port Maritime de Marseille. – Webinaire du Groupe de Travail Lestes macrostigma, 6 novembre 2025. – PDF LINK
  • Robert P.A. 1958 – Les Libellules (Odonates). – Del. & Niestl., Neuchâtel, Paris : 364 
  • Robin J.G. 2013 – Evaluation de la répartition du Leste à grands stigmas Lestes macrostigma (Insecta, Odonata) sur une zone d’anciens marais salants (La Barre-de-Monts, Vendée). – Le Naturaliste vendéen, 11 : 45-50. – PDF LINK
  • Roché B. 1991 – Inventaire des Odonates de la Corse. – Bull. Soc. Sc. Hist. Nat. Corse, 105 (658) : 51-75.
  • Roché B. & al. 2008 – Atlas des Odonates de Corse. – Dir. rég. de l’environ., SfO : 125 pp.
  • Rodzyanko V.N. 1895 – New data on Odonata fauna of Poltavs’ka and Kharkivs’ka provinces. (en russe) – Bulletin de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou, 9 : 119–127.
  • Roger S. 2025 – Dynamique de population de Lesmac [Lestes macrostigma] en Camargue. – Webinaire du Groupe de Travail Lestes macrostigma, 6 novembre 2025. – PDF LINK
  • Sinnassamy J.M. & Pineau O. 1996 – Plan de gestion de la Tour du Valat 1996-2000. Section B : Evaluation du patrimoine et définition des objectifs. – Rapport Station Biologique de la Tour du Valat : 103 pp.
  • UICN France & col. 2016 – La Liste rouge des espèces menacées en France – Libellules de France métropolitaine. – UICN France & col. : 12 pp. – PDF LINK – TABLEAU
  • UICN France & col. 2017 – La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Libellules de France métropolitaine. Paris, France. Rapport d’évaluation. Fiches techniques sur les espèces évaluées. – Document UICN France & col. – PDF LINK
  • Vilain A. 2014 – Effet des facteurs biotiques et abiotiques sur la présence des larves de Lestes macrostigma. – Licence professionnelle Espaces Naturels, Université de Pau et des Pays de l’Adour.

Communiqués


Notes

  1. Dite rare, en déclin confirmée, elle est proposée en catégorie CR pour le pays (Deliry (2008). ↩︎
  2. Des explosions démographiques ont été remarquées en Camargue certaines années : 1988, 1995, 2000, 2009… (Deliry 2017, Antonini 2019, [Gard Nature 2021], Deliry 2022b). ↩︎
  3. Par courrier du 21 février 2000 à S.Beltra (CEEP) je suis intervenu pour que Lestes macrostigma, soit identifié comme menacé en PACA et entre dans la liste des espèces déterminantes ZNIEFF. Les rapports d’activités du GRPLS de 2000, 2002 et 2003 font état de recherches menées sur cette espèce en Camargue et en Crau humide par J.M.Faton et C.Deliry dans le prolongement des activités rhônalpines sur la Vallée du Rhône. Il est notamment fait état dans le rapport 2002 d’échanges établis avec A.Dorgère, N.Beck, C.Jakob, G.Mestelan, F.Suhling, S.Befeld, Y.Chérain, D.Crozet, S.Pissavin, la Tour du Valat, la Réserve de Camargue, l’Université de Braunschsweig, le CEEP, l’ONC de Camargue, etc. ainsi que la Réserve de Scamandre (où l’espèce est présente), P.Jourde pour la Charente-Maritime, le Conservatoire du Littoral. La circulaire Sympétrum piémontais n°44 rend compte de travaux odonatologiques sur la Camargue au sujet de ce Lestes : inspection de l’évolution des milieux et recherches spécifiques fin avril 2000 ainsi que des contacts pris avec la SfO (courrier le 19 avril 2000). Le n°47 signale la transmission d’un rapport transmis à la Tour du Valat en septembre 2000 et de contacts avec la RN de Scamandre (Gard) en février 2001. Le n°48, signale des échanges avec P.Jourde au sujet de l’espèce en Camargue et en Charente-Maritime en mars et avril 2001. Le n°50 rapport selon la Lettre des Sociétaires n°30 (décembre 2002, SfO) que des recherches seront menées sur les habitats larvaires de Lestes macrostigma en Vendée. Les états des lieux menés par J.M.Faton et C.Deliry se poursuivent notamment en 2007 (Rapport d’activité du GRPLS 2006). Des échanges poursuivis sont entamés avec P.Lambret dès la fin des années 2000 (Sympetrum piémontais n°62), RN du Vigueirat : projets de suivis serrés envisagés par la Réserve, où le printemps 2009 a été riche en observations. ↩︎
  4. Edmond de Selys Longchamps (op. cit. 1850), précise qu’il s’agit d’une erreur, par confusion avec un mâle très adulte de Lestes sponsa. ↩︎