Simaeschna affinis (Vander Linden, 1820)
Aeshna affinis Vander Linden, 1820
Aeschne voisine (1840), Aeschne affine (1958), Aeschne parente (2008), Æschne affine (2022)
Blue-eyed Hawker
Famille des Anactidés (Æschnidés)
LC UICN – LC Europe – LC 2016 France
J’ai proposé en raison de son classement à proximité des Anax cette espèce dans le genre Simaeschna (tribu des Anacini et non celle des Aeshnini).
Espèce à tendances méditerranéennes, présente en Afrique du Nord et par l’Europe jusqu’à l’ouest de la Russie et en Iran. Elle a des tendances migratrices vers le centre, voire le nord de l’Europe. Son expansion récente l’a menée jusqu’aux côtes anglaises et le nord de l’Europe continentale, mais sans atteindre franchement la Scandinavie. Elle est désormais régulière toutefois dans le Sud de la Suède.
Elle est indiquée en France dans la région d’Aix-en-Provence sur la Durance par Boyer de Fonscolombe (1838). Son expansion enregistrée depuis les années 1990 la mène jusqu’en Lorraine où elle se reproduit récemment pour la première fois (Guérold & al. 2001).
En France elle a des tendances méridionale et paraît bien répartie dans les deux-tiers sud du pays tout particulièrement sur les façades méditerranéennes et atlantique. Elle est en forte expansion dans le nord de son aire dès la fin des années 1990 et on peut dès le milieu des années 2010 l’observer sur l’ensemble du pays (2014) et ses remontées par l’axe Rhône-Saône sont devenues régulières.
On la connaît d’abord dans les Bouches-du-Rhône (1838), la Seine-Saint-Denis et le Var (1842), l’Hérault (1840), en Savoie (1858), en Seine-et-Marne, très rare en Lorraine, très commune en France centrale, méridionale et occidentale (1931), connue en Isère [1960], très rare en Haute-Savoie et d’indigénat incertain (1988), abondante certaines années dans l’Ain, notamment en Dombes (1991), localement abondante dans la Drôme (1997), localisée dans la Loire, en particulier dans la Plaine du Forez (1999), découverte dans les Hautes-Alpes en 1999 où elle est très rare. Commune en Loire-Atlantique (2000), très rare dans le Puy-de-Dôme (2001), assez rare dans le département du Rhône [2003], découverte en 2006 dans le Calvados, rare dans le Pays de l’Adour (2012), assez rare en Auvergne et dans le Limousin [2020]. Indiquée en augmentation dans la Drôme, en Isère ou le Rhône (2008), ainsi que dans le Puy-de-Dôme [2016].

Extrait de Deliry (2022) (©©byncsa)
Légende – Fréquence lissée p.p. vis à vis de l’effort de prospection
Rouge : Espèce fréquente – Orange : Assez fréquente – Jaune : Rare – Bleu clair : Probablement erratique
Gris foncé : Disparue (à vérifier) – Rose : A confirmer ou Douteuse
Milieux temporaires de plaine, généralement sous 400 m d’altitude. On la trouve aussi sud des étangs, des marécages, des bras morts de rivières ou des mares d’habitats à niveau variable ou temporairement exondés. Les larves semblent capables de résister aux périodes exondés en s’enfonçant dans la litière des zones herbeuses temporairement asséchées. La femelle pond dans la vase où les œufs passent l’hiver avant développer au printemps suivant. L’imago se déplace largement dans le paysage, avec une maturation s’effectuant souvent à plusieurs kilomètres du gîte larvaire. C’est une espèce migratrice et peut se regrouper dans des clairières ou des vallons abrités. L’espèce se reproduit à l’altitude record de 1325 m dans les Hautes-Alpes ; l’espèce atteint les 1600 m dans les Pyrénées.
Elle vole de mi mai à mi septembre, les adultes n’étant principalement présents sur les sites de reproduction en juillet et en août. Des dates extrêmes sont connues en France entre début mai et début novembre. Le pic des observations se situe après la mi-juillet. Localement comme dans le Massif Central la période de vole est plus courte, si situant entre juin et septembre. Les effectifs observés sont généralement inférieurs à la dizaine, mais des groupement de plusieurs centaines de spécimens ont pu être signalés.
- Boyer de Fonscolombe M. 1838 – Monographie des Libellulines des environs d’Aix. Deuxième et troisième parties. – Annales de la Société Entomologique de France, 7 : 75-106 + 547-575. – ONLINE
- Guérold F., Boudot J.P. & Jacquemin G. 2001 – Première preuve de la reproduction d’Aeshna affinis Vander Linden, 1820 (Odonata, Anisoptera, Aeshnidae) et nouvelles observations d’Odonates en Lorraine. – Martinia, 17(3) : 77-87.

