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[Deliry C. 2026] – Cordulia aenea - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 87648 du 05.09.2026. – odonates.net
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→ Odonata > Epiproctophora > Anisoptera > Cavilabiata > Libellulines > Cordulioidea > Corduliidae > Corduliinae
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Cordulia aenea, la Cordulie bronzée est une libellule de la famille des Corduliidae. Son histoire taxonomique est particulièrement complexe : la description de Linnaeus en 1758 englobait en réalité des spécimens appartenant à deux espèces différentes, Cordulia aenea et Somatochlora flavomaculata. Cette confusion a entraîné des débats nomenclaturaux, jusqu’à ce que l'ICZN stabilise définitivement l’usage de Cordulia aenea en 2005. Je distingue Cordulia amurensis comme une bonne espèce (Deliry [2026b]).
CD - 22 août 2026 [a]
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Cordulia aenea (Linnaeus, 1758)
- Libellula viridi-inaurata Linnaeus, 1746
Linnaeus C. 1758 - Systema naturae per regna tria naturae. 10ᵉ édition, volume 1. - Holmiae. - [Libellula] PDF
Typification - Suède selon les publications de Linnaeus ; Lectotype, ♀ (n°769), Linnean Society of London, coll. Linnaeus.
Collections - Les trois spécimens associés dans la collection de Linnaeus correspondent à deux espèces : Cordulia aenea et Somatochlora flavomaculata selon Jödicke & van Tol (2003) et sont au moins pour partie visibles désormais en ligne sur le site de la Linnean Society of London (→ [1]).
- Libellula aenea Linnaeus, 1758 (incl. Somatochlora flavomaculata)
- Libellula aenea var. β Linnaeus 1761
- Libellula viridi-inaurata Linnaeus, 1761 [A voir pour la WOL]
- [Aminthe] [Geoffroy 1762]
- Cordulia aenea var. amurensis de Selys Longchamps, 1887
- Cordulia aenea amurensis de Selys Longchamps, 1887 → Cordulia amurensis (bona sp.)
- Cordulia aenea var. tatrica Dziedzielewicz, 1902 [A voir pour la WOL]
- Cordulia aenea turfosa Förster, 1902 [A voir pour la WOL]
- Cordulia aenea laubmanni Götz, 1923 [A voir pour la WOL]
- Cordulia brachycauda Goenther, 1948 [A voir pour la WOL]
- Cordulia aenea f. brachycauda Goenther, 1948 [forme]
- Cordulia longicauda Goenther, 1948 [A voir pour la WOL]
- Cordulia aenea f. longicauda Goenther, 1948 [forme]
- Cordulia linaenea Fraser, 1956 (nomen novum)
- Cordulia selysi Belyshev, 1956
- Cordulia aeneaturfosa Buchholz, 1967 (lapsus, nomen novum) [A voir pour la WOL]
Aminthe [Geoffroy 1762, de Geer 1771], Cordulie bronzée [Boudot & Dommanget 2012], Esméralda [Deliry [2026a]]
(en) Downy Emerald[1] - (da} Grøn smaragdlibel - (de) Gemeine Smaragdlibelle - (es) Esmeralda bronceada - (it) Smeralda bronzea - (jp) カラカネトンボ - (nl) Smaragdlibel - (pl) Szklarka zielona - (sv) Guldtrollslända

LC UICN - LC 2024 (2010) Europe - RE 2009 Afrique du Nord
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| ©© bysa - Göran Liljeberg, Hallvard Elven (Muséum d'Histoire Naturelle de l'Université d'Oslo) - Lien Internet |
➧ Validité de l'espèce
Linnaeus (1758) fait une description brève de l'espèce (genre 207, espèce 8 : p.544) qui inclus Somatochlora flavomaculata. Il fait référence à l'illustration de Roessel von Rosenhof (1749 : pl.5 fig.2) que j'ai vérifiée comme conforme ([2023]). Une description plus détaillée est donnée par Linnaeus en 1761. Libellula aenea (espèce n°1466) est présentée sous deux variétés α, celle-ci étant apposée à une variété β, aussi désignée sous Libellula viridi-inaurata (= Cordulia aenea). La première variété décrite abdomen "flavum marginalis", correspond à mon avis à Somatochlora flavomaculata (com., 2023). La collection de la série type comprend les deux espèces : l'actuelle Cordulia aenea, un nom consolidé en 2005 par l'ICZN (opinion 2110) et Somatochlora flavomaculata. Ma synthèse historique, morphologique et phylogénétique (Deliry [2026b]) démontre je pense clairement, l'existence de trois espèces de Cordulies : Cordulia aenea, Cordulia amurensis et Cordulia shurtleffii.
Étymologie
Du latin "aeneus (-a, -um)" qui signifie de bronze, fait d'arain, couleur de bronze, ce qui évoque directement la couleur métallique bronze-verdâtre, option descriptive qui est reprise directement dans le nom français : Cordulie bronzée (com., 21 août 2026 [a]).
Commentaires
L'association faite avec la Libella n°5 de Ray (1710) faite par Linnaeus (1761) me semble en définitive "erronée" ou anticipée et correspondre en définitive à Somatochlora flavomaculata ([2023]). Ce taxon est associé à la Libellula n°769 de Linnaeus (1746).
Dans le première édition de la Fauna svecica, Linnaeus distingue sous la Libellula n°769, un taxon dont l'incipit est Libellula viridi-inaurata et qui correspond à Cordulia aenea. Libellula n°768 correspond à Somatochlora flavomaculata (com., 22 août 2026 [a]).
La description et les collections de Linnaeus (1758) sont en faveur de l'inclusion au moins implicite de Somatochlora flavomaculata. Les auteurs y mettront volontiers diverses Somatochlora et notamment Somatochlora metallica ([2023]).
En 1758, Linnaeus décrit Libellula aenea dans la 10ᵉ édition du Systema Naturae. Le problème fondamental est que son concept repose sur une série de trois spécimens appartenant en réalité à deux espèces différentes : le spécimen n°768 correspond à l'actuelle Somatochlora flavomaculata, tandis que les spécimens n°769 correspondent à l'actuelle Cordulia aenea. Linnaeus avait d'ailleurs déjà distingué ces formes dans sa Fauna Suecica de 1746, mais les réunit en 1758 sous un seul nom, Libellula aenea. En 1825, Vander Linden clarifie implicitement la situation en créant Libellula flavomaculata. L'usage classique des auteurs traite Cordulia aenea d'un côté et Somatochlora flavomaculata de l'autre. La situation se complique en 1956, lorsque Fraser désigne comme lectotype de Libellula aenea le spécimen n°768, c'est-à-dire précisément celui correspondant à Somatochlora flavomaculata. Nomenclaturalement, cette décision aurait dû transférer le nom aenea à cette dernière espèce et priver la Cordulie bronzée de son nom traditionnel. Fraser crée donc pour celle-ci le nouveau nom Cordulia linaenea (nomen novum). Cette solution n'est toutefois pratiquement pas suivie ; d'autres propositions, notamment Cordulia aeneaturfosa Buchholz, 1967, ne parviennent pas davantage à remplacer l'usage établi. Buchholz considérait en 1967 que le nom de remplacement Cordulia linaenea, créé par Fraser en 1956 à la suite du problème du lectotype de Libellula aenea, ne devait pas être employé. Il proposa à sa place aeneaturfosa, qu'il pensait pouvoir attribuer à Förster (1902), à partir du nom Cordulia turfosa. Mais Buchholz s'est fondé sur la graphie maladroite à l'initial, « aenea-turfosa » au lieu du nom original turfosa. En supprimant le trait d'union et en écrivant aeneaturfosa, il a, au regard des règles de nomenclature zoologique, créé involontairement un nouveau nom. C'est pourquoi le nom correct est attribué à Buchholz lui-même : Cordulia aeneaturfosa Buchholz, 1967, et non à Förster comme c'était l'intention initiale. Ce nom a ensuite été employé par une minorité d'auteurs d'Europe centrale et orientale, mais n'a jamais supplanté l'usage traditionnel de Cordulia aenea. Pour résoudre définitivement la contradiction entre les règles nomenclaturales et l'usage scientifique, Jödicke & van Tol (2003) demandent à l'ICZN de remplacer le lectotype choisi par Fraser. En 2005, l'ICZN accepte cette proposition dans son Opinion 2110 : le lectotype de Fraser est écarté et un nouveau lectotype correspondant à la véritable Cordulia aenea (nomen protectum) est désigné. L'usage traditionnel des deux noms est ainsi officiellement conservé. Libellula aenea Linnaeus, 1758, initialement fondée sur deux espèces confondues et compliquée par un lectotype maladroit en 1956, n’a été définitivement stabilisée qu’en 2005 comme Cordulia aenea (Linnaeus, 1758) (nomen protectum), distincte de Somatochlora flavomaculata (Vander Linden, 1825) (com., 22 août 2026 [a]).
Libellula viridi-inaurata Linnaeus, 1761 est un nom rendu disponible car postérieur à 1758. Il était déjà dans la première édition de la Fauna svecica (Linnaeus 1746) sous le numéro Libellula n°769. Linnaeus donne aussi en 1761 sous Libellula aenea var. β. Libellula aenea var. α Linnaeus, 1761 correspond à Somatochlora flavomaculata.
Cette espèce est le type du Sous-genre selysien Cordulia selon de Selys Longchamps (1872).
On trouve Cordulia aenea var. tatrica Dziedzielewicz, 1902 dont le type est signalé comme déposé au Muzeum Fizjograficzne de Cracovie et avait été récolté par A. Wierzejski (leg) : ♂ provenant des étangs de Toporowe, dans les Tatras en Pologne. Ce spécimen se distinguait de la forme habituelle de Cordulia aenea par la présence de deux taches jaunes allongées sur le front. Dziedzielewicz (1902 : 95) envisageait même qu'il puisse s'agir d'une espèce nouvelle. Des récoltes ultérieures ont cependant montré que des individus présentant ces taches jaunes coexistaient avec des individus d'apparence normale et qu'aucun autre caractère distinctif constant ne permettait de les séparer. Fudakowski (1930) l'a donc interprétée comme une simple forme individuelle, et la révision de Jödicke & al. (2004) conclut que tatrica ne constitue ni une espèce ni une sous-espèce valide.
On trouve encore, Cordulia aenea turfosa Förster, 1902 dont le type est un ♂ déposé au Muséum de Zoologie de l'Université du Michigan : écrite au rang de sous-espèce à partir d'un ♂ capturé selon Förster (1902), le 24 juillet 1898 en Forêt Noire (Allemagne). Le spécimen est plus petit et ses appendices anaux paraissent proches de ceux de l'espèce américaine Cordulia shurtleffii.
Fraser (1956) attribue comme lectotype de l'aenea, pris dans la collection de Linnaeus, le spécimen correspondant à notre Somatochlora flavomaculata tout en donnant un nouveau nom ici sous Cordulia linaenea Fraser, 1956 (nomen novum) (com., 20 août 2026 [a]). Jödicke & van Tol (2003) commente cette difficulté (ICZN case 3253) et la solution est tranchée avec une bonne distinction de Libellula aenea Linnaeus, 1758 de Libellula flavomaculata Vander Linden, 1825, ce qui correspond à la vision classique des auteurs (ICZN 2005).
Cordulia aeneaturfosa Buchholz, 1967 (lapsus, nomen novum) a été forgé alors que Buchholz (1967) considérait que le nom de remplacement Cordulia linaenea, créé par Fraser en 1956 à la suite du problème du lectotype de Libellula aenea, ne devait pas être employé. Il proposa à sa place aeneaturfosa, qu'il pensait pouvoir attribuer à Förster (1902), à partir du nom turfosa. Mais Buchholz s'est fondé sur la graphie incorrecte « aenea-turfosa » au lieu du nom original turfosa. En supprimant le trait d'union et en écrivant aeneaturfosa, il a, au regard des règles de nomenclature zoologique, créé involontairement un nouveau nom. C'est pourquoi le nom correct est attribué à Buchholz lui-même, et non à Förster (1902). Ce nom a ensuite été employé par une minorité d'auteurs d'Europe centrale et orientale, mais n'a jamais supplanté l'usage traditionnel de Cordulia aenea.
Éléments de description
Si les ♂ peuvent ressembler à des Somatochlora, en particulier de "coloration" métallique, toutefois la forme de clavée de l'abdomen est de forme caractéristique (dilaté en S7-S8). De plus cette espèce ne présente pas de marque jaune sur la face. La forme de ses pièces abdominales massive achève la détermination. Les ♀ sont plus délicates à distinguer et des éléments de coloration comme des marques jaunes ou claires en S2 et S3 au niveau des côté de l'abdomen oriente la détermination qui sera facilités par l'existence dune lame vulvaire faible, là où elle est spectaculaire chez certains ♀ de Somatochlora. La morphologie des larves est particulière et ces dernières se distinguent notamment par des dessins faiblement contrasté et sinueux de haut en bas, en biais, sur les côtés du thorax ([2024]).
Variations
Cordulia amurensis est une bonne espèce (Deliry [2026b])
- Cordulia aenea f. brachycerca Goenther, 1948 - Appendices anaux des ♀ courts.
- Cordulia aenea f. longicauda Goenther, 1948 - Appendices anaux des ♀ longs.
- Cordulia aenea f. tatrica Dziedzielewicz, 1902 - Marques jaunes allongées sur le front.
Répartition
Cordulia aenea est une espèce boréo-tempérée eurasienne, largement présente en Europe et jusqu’en Sibérie, mais dont la distribution devient plus discontinue vers le sud. Elle est absente de la péninsule Ibérique et était autrefois signalée en Afrique du Nord. Les données anciennes provenant d’Algérie sont considérées comme suffisamment crédibles pour envisager une ancienne population relictuelle, aujourd’hui disparue : l’espèce est donc considérée comme régionalement éteinte en Afrique du Nord ([2026a]).
Cordulia aenea s.str. (cf. Cordulia aenea aenea) est une espèce boréo-tempérée eurasienne, présente en Europe et en Sibérie occidentale (Borisov 2022). Cordulia amurensis (cf. Cordulia aenea amurensis) se trouve en Sibérie orientale jusqu’au Japon ([2026a]).
Elle est indiquée en Suède (viridi-inaurata : Linnaeus 1741, 1761), Allemagne (ill. : Roessel von Rosenhof 1749). Europe (Linnaeus 1758). Au Danemark (Brunnich 1761), en France (Aminthe : Goeffroy 1762 ; Libellula aenea : de Geer 1771). Elle n’est connue en Algérie (de Selys Longchamps 1871, Martin 1910) que par quelques spécimens et n’ayant jamais été retrouvée, elle est considérée comme éteinte en Afrique du Nord (Boudot & al. 2009). En Europe, elle est largement distribuée mais beaucoup plus discontinue au sud, notamment dans les massifs et régions présentant encore des eaux permanentes fraîches appropriées (Boudot & Kalman 2015). On ne trouve pas cette espèce dans la Péninsule ibérique, par contre elle occupe les îles britanniques ([2024]).
| 🔍 - Planche 5 fig.1 et 2 de Roessel von Rosenhof (1749) - Larve et imago ♂ |
De récentes découvertes faites en Irlande (Drinan & al. 2011) éteint notablement l’aire de cette espèce dans le pays suite à sa découverte sur certains sites du Connemara (Irlande). Elle a été découverte en Arménie et en Georgie (Durand 2019), ainsi qu’en Thrace (Turquie : Karagöz & Hacet 2025). C’est globalement une espèce montrant des signes de déclin local ([2019]). On constate des pertes ou des contractions locales liées aux transformations des zones humide, mais les populations du cœur septentrional et continentale de l’aire restent encore importantes et quelques découvertes périphérique sont souvent dues à de meilleures prospections. Ainsi en Grande-Bretagne certaines populations historiques ont disparu alors que des noyaux importants subsistent par ailleurs. En Irlande sa découverte de stations inconnues dans le Connemara modifient la compréhension de la répartition de l’espèce. Elle pourrait être apparue (nouveautés) dans le Caucase et en Anatolie entre la fin des années 2010 et les années 2020 ([2026a]).
Données historiques et extinction régionale de Cordulia aenea en Afrique du Nord
La présence actuelle de Cordulia aenea en Afrique du Nord n’est pas démontrée. En revanche, il existe des indices crédibles d’une présence historique en Algérie, provenant de deux sources anciennes indépendantes (de Selys Longchamps 1871, Martin 1910) et fondés, au moins pour partie, sur des spécimens. Martin (1910) mentionne un ou deux individus provenant de la province d’Oran ainsi qu’un spécimen récolté en avril au lac des Oiseaux. Ces anciennes mentions algériennes n’ont toutefois jamais été confirmées par les prospections ultérieures (Samraoui & Menaï, 1999, Boudot & al. 2009, Khelifa & al. 2011...). Boudot & al. (2009) retiennent ainsi uniquement l’Algérie (avec donnée ancienne à confirmer) parmi les pays nord-africains et classent Cordulia aenea comme éteinte en Afrique du Nord. Les évaluations régionales ultérieures la considèrent également comme régionalement éteinte (RE), et plus précisément comme disparue du nord-est de l’Algérie (Boudot & al. 2009). Les données anciennes sont néanmoins difficiles à écarter comme de simples erreurs, notamment parce que les deux mentions historiques sont indépendantes et auraient été appuyées par des spécimens de référence (Kalkman & Lohr in Boudot & al. 2015). Ainsi, l’hypothèse la plus parcimonieuse est celle d’une présence ancienne, probablement relictuelle, de Cordulia aenea en Algérie, suivie d’une extinction régionale, plutôt que celle d’une présence actuelle non détectée. Aucun élément historique ou contemporain comparable ne permet de retenir sa présence au Maroc, en Tunisie, en Libye ou en Égypte. - CD le 22 août 2026 [a]

Habitats
L’habitat typique de Cordulia aenea correspond à des eaux stagnantes ou très faiblement courantes, principalement des mares, étangs et petits lacs, souvent associés à un environnement boisé. Le lien avec les étangs forestiers est particulièrement classique en Europe occidentale et en Grande-Bretagne ([2026a]). L’espèce peut toutefois également se reproduire dans des milieux ouverts, comme l’illustre la découverte de sa reproduction dans des landes tourbeuses dépourvues d’arbres en Irlande (Drinan & al. 2011). Les habitats occupés sont de dimensions variables, de la mare à l’étang, plus exceptionnellement des lacs ou des gravières, ainsi que certaines tourbières d’altitude présentant des surfaces en eau suffisantes ([2024]). L’espèce fréquente ainsi des eaux stagnantes ou lentes jusqu’à 1800 (2700) m d’altitude ([2019], [2024]).
Les nymphes vivent parmi les substrats et structures littorales, la végétation aquatique et les accumulations organiques ([2026a]). L’influence de la prédation par les Poissons est notamment envisagée expérimentalement : les nymphes sont nettement plus abondantes en l’absence qu’en présence de Poissons rouges (Carassius auratus) (Jugovic & al. 2026).
Après l’émergence, les immatures quittent généralement l’eau et exploitent les milieux terrestres environnants pour leur maturation. Ils peuvent notamment se tenir dans les boisements et les canopées, ce qui contribue à expliquer que les adultes soient parfois beaucoup moins visibles que ne le laisserait supposer l’abondance des exuvies ([2026a]).
Les ♂ patrouillent le long des rives à faible hauteur, généralement entre 0,5 et 1,0 m au-dessus de l’eau, avec un vol lent et caractéristique alternant phases de vol stationnaire, déplacements et défense d’un secteur ([2024], [2026a]). L’abdomen fléchi en arc vers l’arrière ainsi que leur aspect métallique bronze, non étincelant, permettent notamment de les distinguer de Somatochlora metallica. Cette dernière vole de manière comparable, mais alterne moins souvent les vols stationnaires et présente des déplacements plus affirmés, avec moins d’hésitation, par exemple lorsqu’elle explore les anses du rivage ([2024]). Des travaux britanniques ont par ailleurs étudié le partage temporel des secteurs de rive entre ♂ et montré que tous les individus ne défendent pas continuellement le même emplacement (Brook & al. 1997).
Les ♀ sont notablement plus discrètes à l’eau, ce qui engendre un fort biais d’observation en faveur des ♂. Elles sont principalement observées lors des émergences, des accouplements et lorsqu’elles viennent pondre ; la ponte est réalisée en solo, sans accompagnement du ♂ ([2024], [2026a]).
Phénologie
Espèce précoce du premier printemps ([2024]). Vole - exceptionnellement dès février - d'avril à juillet, voire mi août en altitude ([2019]). Développement larvaire très lent en altitude puisqu'il peut couvrir 5 ans, mais dans les cas les plus rapides en plaine, celui-ci est limité à 2 ans ([2024]).
Elle vole dès avril dans le sud de son aire, pas avant la mi-mai dans la partie nord. En Irlande, on ne l'observe que de mi-juin à mi-juillet. Les derniers spécimens volent début août, et les stations d'altitude dans les Alpes permettent de telles observations lorsque le virage de température n'est pas trop fort au cours de l'été ([2026a]).
C’est une libellule relativement précoce : sa période de vol s’étend principalement d’avril à juillet, parfois jusqu’en août en altitude. Des mentions très précoces sont rapportées exceptionnellement dès février ([2019]). Son développement larvaire dure généralement deux ans dans les conditions favorables de plaine, mais peut atteindre cinq ans en altitude ([2024]).
Elle vole dès avril dans le sud de son aire, mais pas avant la mi-mai dans le nord. En Irlande on ne l’observe que de mi-juin à mi-juillet généralement. Les derniers spécimens volent début août, et les stations d’altitude dans les Alpes permettent de telles observations lorsque la chute des températures n’est pas trop forte au cours de l’été ([2026a]).
Illustrations
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| 🔍 - ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles – France, Ain, émergence |
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| 🔍 - ©© bysa - Christian Fischer - Allemagne le 10 mai 2009 - Wikimedia Commons |
| 🔍 - ©© byncnd – Alain Cochet - Mes Libellules d'Aquitaine - France, Landes le 23 mars 2022 - Exuvie |
Références supplémentaires
Borisov S.N. 2022 - Materials on the fauna of dragonflies (Odonata) of the Taimyrskii Dolgano-Nenetskii District (Krasnoyarskii Krai, Russia). - Euroasian Entomological J., 21 (6) : 305-315. - PDF LINK
Boudot J.P. & Dommanget J.L 2012 - Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. – Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy : 4 pp. - PDF LINK
Boudot J.P. & Kalkman V.J. 2009 - Atlas of the Odonata of the Mediterranean and North Africa. - Libellula, supp., 5. - PDF LINK
Boudot J.P. & Kalkman V.J. 2015 - Atlas of the European dragonflies and damselflies. - KNNV, the Netherlands. - ONLINE
Brook S.J., McGeeney A. & Cham S.A. 1997 - Time-sharing in the male Downy Emerald, Cordulia aenea (l.) (Corduliidae). - J. Br. Dragonfly Soc., 13 (2), octobre 1997 : 52-57. - PDF LINK
Brünnich M.T. 1761 - Prodromus Insectologiae Siaellandicae. - Hafniae. - ONLINE
Buczyński P. & Buczyńska E. 2025 - New records of Odonata (Insecta) from Finland with particular emphasis on Lapland and North Ostrobothnia. - Polish Journal of Entomology, 94 : 145-156. - [2] - BiB
de Geer C. 1771 - Mémoires pour servir l'Histoire des Insectes. Tome second, première [Online (gallica.bnf.fr) : pl.19-21 [3]] et seconde partie (Dixième mémoire - Des Demoiselles : 661 et seq. : GoogleBook). - Stockholm.
Davies D.A. & Tobin P. 1985 - The dragonflies of the world: a systematic list of extant species of Odonata. Vol. 2. Anisoptera. - Soc. Int. Odonatol. Rapid Comm. (Suppl.) No. 5., Utrecht.
de Selys Longchamps E. 1872 – Séance du 5 novembre 1870. Résumé d’une nouvelle classification de la sous-famille des Cordulines. – Annales de la Société Entomologique de Belgique, tome 14, (annexes paginées en nombres latins), 1870-1871 : IV-VII. – ONLINE - [à traiter !]
de Selys Longchamps E. 1871 - Nouvelle révision des Odonates de l'Algérie. Séance du 4 février 1871. - Annales Société Entomologique Belgique, 14 (1870-1871) : 9-20. - ONLINE
[Deliry C. 2019, 2023, 2024] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
[a] [Deliry C. 2026] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
[b] [Deliry C. 2026] - Le genre holarctique Cordulia : que sait-on de ses limites spécifiques (Odonata : Corduliidae) ? - Ⓑlog Histoires Naturelles, Nomina Odonata, 22 août 2026. - ONLINE
[c] [Deliry C. 2026] - Les perdants des changements climatiques chez les Odonates : pourra-t’on les préserver ? - Odo'Clim, Ⓑlog, La Selysienne, 24 janvier 2026. - ONLINE
Drinan T. & al. 2011 - First discovery of larvae of the Downy Emerald Cordulia aenea (L.) in Ireland and the species’ use of lakes in treeless blanket bog in Connemara, Co. Galway. - J. Br. Dragonfly Society, 27 (1) : 1-12. - PDF LINK
Durand E., 2019 — Données nouvelles d'Odonates du Caucase méridional ; premier signalement de C. aenea pour l'Arménie. — International Dragonfly Fund Report n°135. - PDF LINK
Fraser F.C. 1956 - Name proposed for Cordulia aenea (Linnaeus, 1746, no. 769 nec 768) (Odon., Corduliidae). - The Entomologist’s Monthly Magazine, 92 : 20-21.
Fudakowski J. 1930 - Fauna ważek (Odonata) Tatr polskich. - [Faune des Odonates des Tatras polonaise]. - Sprawozdania Komisji Fizjograficznej Polskiej Akademii Umiejętności, 64 : 87–174.
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Khelifa R. & al. 2011 - L’odonatofaune (Insecta : Odonata) du bassin de la Seybouse en Algérie : intérêt pour la Biodiversité du Magrheb. - Rev. Ecol. (Terre Vie), 66.
Linnaeus C. 1746 - Fauna Svecica. - Stockholmiae [Libellula] : 227-232. - ONLINE
Linnaeus C. 1758 - Systema naturae per regna tria naturae. 10ᵉ édition, volume 1. - Holmiae. - [Libellula] PDF
Linnaeus C. 1761 - Fauna Svecica. - Stockholmiae. - ONLINE
Martin R. 1910 - Contribution à l'étude des Neuroptères de l'Afrique. II. Les odonates du département de Constantine. - Annls de la Soc. Entomol. de France, 79 : 82-104.
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Espèces classées dans le même genre
Cordulia, Cordulia aenea, Cordulia amurensis (ad Cordulia aenea) [+], Cordulia shurtleffii
Notes
- ↑ Le qualificatif anglais downy évoque le thorax velu de cette espèce.





