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= ''[[Aeshna grandis]]'' (Linnaeus, 1758) {{FL}} =
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GRANDE AESCHNE<br>
GRANDE ÆSCHNE<br>
Famille des ''[[Aeshnidae]]'' (''[[Aeshnidae]]'' {{Sl}})
Famille des ''[[Aeshnidae]]''
* ''Libellula grandis'' Linnaeus, 1758
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LC 2016 (NT 2013, NT 2009, Rare 2008, En augmentation 2000, Rare 1997, Principalement montagnarde 1987) [[France]]
LC 2016 (NT 2013, NT 2009, Rare 2008, En augmentation 2000, Rare 1997, Principalement montagnarde 1987) France


{{P|Aesgra3.jpg|{{Cochet}}}}
La Grande Æschne, ''[[Aeshna grandis]]'', est une libellule d'affinité eurosibérienne dont la répartition française est relativement localisée et discontinue. Présente aussi bien en plaine que dans les massifs montagneux, elle est principalement associée aux milieux aquatiques stagnants ou faiblement courants, riches en végétation riveraine. Sa distribution présente un contraste géographique marqué : elle occupe les plaines, les collines et les massifs du nord et du nord-est de la France, tandis qu'elle devient plus localisée et principalement montagnarde vers la limite méridionale de son aire (Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).
 
Les mentions anciennes attestent sa présence dans plusieurs régions où elle n'est aujourd'hui plus régulièrement observée. Toutefois, l'évolution de sa distribution doit être interprétée avec prudence, car les données historiques ne permettent pas toujours de distinguer les populations reproductrices des observations ponctuelles d'individus dispersifs (Dommanget 1987, Précigout & al. 2013, Deliry [2026]).


== {{REP}} ==
== {{REP}} ==
Se trouve illustrée pour la [[France]] dans de Réaumur (1742 ; pl.35 fig.3 : [[Vendée]]). Confirmée en [[France]] (vers Paris : Geoffroy 1762, de Fourcroy 1785, Walckenaer 1802, Latreille 1805 ; commune vers Paris : Blanchard 1840 ; Doubs : Pidancet 1856).<br>
La présence de la Grande Æschne en [[France]] est attestée dès le XVIII{{eme}} siècle. de Réaumur (1742) en donne une illustration et signale l'espèce à Réaumur ([[Vendée]]). L'espèce est ensuite mentionnée sous le nom de Julie aux environs de Paris par Geoffroy (1762), mention repriise dans plusieurs ouvrages entomologiques consacrés à la faune parisienne ([[Ile-de-France]]) (de Fourcroy 1785, Walckenaer 1802, Latreille 1805). Au XIX{{eme}} siècle, elle est également signalée dans le [[Doubs]], notamment aux environs de Besançon (Pidancet 1856).
Élément eurosibérien très localisé ou peu fréquent en plaine, on le trouve en [[France]] plus volontiers dans les massifs montagneux. En limite de répartition dans les Pyrénées françaises, elle n'est observée qu'en altitude : [[Pyrénées-Orientales]] [2019]. Elle a récemment été observée dans les [[Pyrénées-Atlantiques]] notamment en 1992 et 1999 (Leconte & al. 2002), anciennement indiquée par L'Hoste (1969). Elle n'a cependant pas été trouvée dans le cadre des nouvelles enquêtes (Leconte & al. 2002).
 
* [[Ile-de-France]] (vers Paris : Geoffroy 1762, Walckenaer 1802, Latreille 1805 ; commune vers Paris : Blanchard 1840).
D'autres mentions historiques témoignent de sa présence dans l'ouest et le centre de la France. Elle est notamment signalée en [[Charente-Maritime]], en [[Charente]] et dans la [[Vienne––, ainsi que dans les secteurs du [[Limousin]] (Beltrémieux 1883, Martin 1907, Précigout & al. 2013). Ces observations anciennes indiquent que l'espèce était connue dans plusieurs régions de plaine aujourd'hui situées en marge de son aire principale, sans permettre de déterminer précisément l'importance ou la continuité des populations reproductrices.
* [[Poitou-Charentes]] - Elle n'a pas été réobservée depuis le début du XX{{ème}} siècle dans la région et les localités les plus proches se trouvent dans le [[Limousin]] [2019].
 
* [Rhône-Alpes]] - '''NT''' 2013 {{AP}} - Espèce rare (3,8% des communes), à surveiller. Découverte le 20 septembre 1957 à Réaumont ([[Isère]]) par Charles Degrange. On la connait sur 78 communes [2013 - 75 : 2006 - 67 : 2005]. [[Drôme]] : NA 2013 (Très rare 2003) - [[Isère]] : '''NT''' 2013 (LC 2007 - LR-Rare 1997) - [[Loire]] : '''DD''' 2013 {{AP}} - [[Savoie]] : '''VU''' 2013 (1997) - [[Haute-Savoie]] : '''NT''' 2013 (LR-Rare : 1997) - Inconnue en [[Ardèche]] et dans le [[Rhône]] [2013]. Elle occupe dans la région de manière préférentielle les étangs naturels, ouverts ou fermés. Les milieux stagnants d'altitude sont aussi concernés. Les cours d'eau restent un habitat méconnu [2013].
Au début du XX{{eme}} siècle, la Grande Æschne est considérée comme peu commune en [[France]], avec une répartition principalement septentrionale et orientale et des populations plus dispersées dans le centre du pays (Martin 1931). Dommanget (1987) la décrit ensuite comme une espèce surtout présente dans les massifs montagneux, plus localisée en plaine et absente du Massif armoricain et de [[Corse]].
 
La comparaison des mentions historiques et des données contemporaines suggère une évolution contrastée selon les régions. Certaines observations anciennes n'ont pas été renouvelées, tandis que l'amélioration des connaissances odonatologiques a permis de préciser la répartition de l'espèce dans plusieurs secteurs montagneux et dans le nord-est de la [[France]]. Ces différences ne permettent donc pas, à elles seules, de conclure à une régression généralisée à l'échelle nationale, mais sont un indicateur de déclin sur des populations marginales (Dommanget 1987, Deliry 2022, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).
{{AesgraFRA}}
 
Dans le '''nord et le nord-est''', la Grande Æschne est notamment présente dans les [[Hauts-de-France]], le [[Grand Est]] et la [[Bourgogne-Franche-Comté]], où elle occupe différents types de milieux humides, aussi bien en plaine que sur les plateaux et dans les massifs montagneux. Le Jura et les Vosges constituent des secteurs importants de son aire française. Dans le Bassin parisien, elle est également présente en [[Île-de-France]], où les mentions anciennes des environs de Paris témoignent d'une implantation historique (Geoffroy 1762, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).
 
Dans les '''Alpes du Nord''', la répartition est plus discontinue. Les observations se concentrent principalement en [[Haute-Savoie]] et dans le nord de l'[[Isère]], tandis que l'espèce apparaît beaucoup plus localisée en [[Savoie]]. En [[Rhône-Alpes]Ø], elle occupe notamment des étangs naturels, ouverts ou forestiers, ainsi que des milieux stagnants d'altitude. Les données régionales anciennes témoignent d'une présence relativement limitée : l'espèce était connue de 78 communes en 2013, contre 67 en 2005. Cette progression du nombre de communes connues ne permet toutefois pas, à elle seule, d'établir une augmentation réelle de son aire de répartition mais plutôt du renforcement de ses prospections. Elle aime les zones de Piémont comme le Voironnais en [[Isère]] (Deliry 2013b, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).
 
Dans le '''Massif central''', les populations se concentrent notamment dans le [[Limousin]], où l'espèce a été recensée sur une trentaine de communes. Elle est également signalée dans d'autres secteurs du massif, notamment dans le Morvan et sur les plateaux présentant des étangs ou des zones humides favorables. Sa distribution y demeure morcelée et dépendante de la présence de milieux aquatiques adaptés à son développement larvaire (Dommanget 1987, Deliry 2017, [2026]).
 
Dans les '''Pyrénées françaises''', ''[[Aeshna grandis]]'' atteint la limite méridionale de son aire de répartition. Elle y est très localisée et principalement observée en altitude, notamment dans les [[Pyrénées-Orientales]]. Sa présence dans les [[Pyrénées-Atlantiques]] a également été signalée par L'Hoste (1969), puis confirmée ponctuellement en 1992 et 1999. Toutefois, les prospections ultérieures rapportées par Leconte & al. (2002) n'ont pas permis de retrouver l'espèce. Ces données anciennes ne suffisent donc pas à confirmer le maintien actuel de populations reproductrices dans les Pyrénées occidentales (L'Hoste 1969, Leconte & al. 2002, Deliry [2026]).
 
Dans l{{'}}'''ouest de la France''', plusieurs mentions historiques n'ont pas été renouvelées. C'est notamment le cas dans l'ancienne région [[Poitou-Charentes]], où l'espèce était signalée en [[Charente]], en [[Charente-Maritime]] et dans la [[Vienne]]. Les prospections régionales n'ont pas permis de confirmer le maintien de ces anciennes stations, les localités connues les plus proches se situant principalement dans le [[Limousin]]. L'espèce est ainsi considérée comme régionalement disparue en Poitou-Charentes ('''RE''') (Martin 1907, Précigout & al. 2013, Deliry [2026]).
 
La présence ancienne de l'espèce en [[Vendée]] et dans les environs de Paris ([[Ile-de-France]]) montre néanmoins que la Grande Æschne ne peut être considérée comme exclusivement montagnarde en France. Sa distribution actuelle résulte d'une combinaison de facteurs biogéographiques, climatiques et écologiques, auxquels s'ajoutent les différences historiques d'intensité des prospections (de Réaumur 1742, Geoffroy 1762, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).
 
{{BIS|Aesgrafr.jpg|{{Deliry}} {{Sfofrance}}|Aesgrafr1.jpg|{{Deliry}}}}
 
{{Pv|Aesgra.png|{{Deliry}}<br>{{Carto2022}} : Deliry [2022b]}}
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* [[Aquitaine]] - Présence très localisée dans les Pyrénées occidentales, avec des observations anciennes et ponctuelles non confirmées par les prospections ultérieures (L'Hoste 1969, Leconte et al. 2002).
* [[Bourgogne]] - Présence notamment dans le Morvan, où l'espèce fréquente les milieux humides de moyenne altitude.
* [[Centre]] - Présence historique, notamment dans l'[[Indre]]. L'espèce fréquente principalement les eaux stagnantes et faiblement courantes à végétation développée.
* [[Franche-Comté]] - Région appartenant au principal ensemble de répartition français, avec une présence ancienne dans le [[Doubs]] et des observations en [[Haute-Saône]] et dans le massif jurassien (Pidancet 1856, Atlas dynamique [2022]).
* [[Île-de-France]] - Espèce connue depuis le XVIII{{eme}} siècle aux environs de Paris, où elle était autrefois considérée comme commune. Présence actuelle localisée (Geoffroy 1762, Walckenaer 1802, Latreille 1805, Blanchard 1840, Atlas dynamique [2022]).
* [[Languedoc-Roussillon]] - Présence très localisée, notamment dans les [[Pyrénées-Orientales]] et le [[Gard]]. L'espèce atteint dans les Pyrénées sa limite méridionale française. Statut '''EN''' en [[Occitanie]] (Charlot & al. 2018).
* [[Limousin]] - Présence sur une trentaine de communes, principalement dans les milieux humides de moyenne altitude du Massif central (Martin 1931, Deliry [2026]).
* [[Lorraine]] - Présence historique et actuelle au sein du principal ensemble de répartition nord-oriental, en plaine comme dans les secteurs montagneux (Martin 1931, Atlas dynamique [2022]).
* [[Pays de la Loire]] - Présence historique attestée en [[Vendée]] dès le XVIII{{eme}} siècle, sans confirmation d'une population reproductrice actuelle dans les sources consultées (de Réaumur 1742, Deliry [2026]).
* [[Poitou-Charentes]] - '''RE''' 2013 - Espèce non réobservée depuis le début du XXe siècle, malgré des mentions historiques. Anciennement signalée en [[Charente]], [[Charente-Maritime]] et [[Vienne]], mais non réobservée depuis le début du XX{{eme}} siècle selon les synthèses régionales (Martin 1907, Précigout & al. 2013).
* [[Provence-Alpes-Côte d'Azur]] - Présence très localisée, notamment dans les [[Hautes-Alpes]] où elle paraît occcasionnelle, principalement dans les milieux humides d'altitude (Dommanget 1987, Deliry [2026]).
* [[Rhône-Alpes]] - '''NT''' 2014 - Espèce rare et localisée (3,8% des communes), principalement dans les Alpes du Nord. Première observation régionale le 20 septembre 1957 à Réaumont ([[Isère]]), par Charles Degrange.  Connue de 78 communes en 2013, contre 67 en 2005 (Deliry 2013b, Atlas dynamique [2022]).
{{GAL|Aesgrara.jpg|{{Deliry}}|Aesgrara1.jpg|© Groupe Sympetrum|Aesgra2.jpg|© Groupe Sympetrum - Carto 2013}}
{{GAL|Aesgrara.jpg|{{Deliry}}|Aesgrara1.jpg|© Groupe Sympetrum|Aesgra2.jpg|© Groupe Sympetrum - Carto 2013}}
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* [[Ain]] - '''NT''' 2013 (LC 2007 - Peu commune 2006).
* [[Ain]] - Espèce peu commune en 2006, classée LC en 2007 (Deliry 2006, 2013b).
* [[Charente]] - Selon Martin (1907), n'a pas été réobservée (Précigout & al. 2013).
* [[Ardèche]] - Aucune présence connue dans la synthèse régionale de 2013 (Deliry 2013b).
* [[Charente-Maritime]] - Selon Beltrémieux (1884), n'a pas été réobservée (Précigout & al. 2013).
* [[Charente]] - Mention historique non confirmée par les prospections ultérieures (Martin 1907, Précigout & al. 2013).
* [[Doubs]] (Pidancet 1856).
* [[Charente-Maritime]] - Signalée dès le XIX{{eme}} siècle par Beltrémieux (1883), mais non réobservée depuis (Précigout & al. 2013).
* [[Gard]] (Gard Nature 2021).
* [[Doubs]] - Présence attestée dès 1856 aux environs de Besançon, où l'espèce était considérée comme peu rare (Pidancet 1856, Martin 1931).
* [[Haute-Saône]] (Boudot & al. 1990).
* [[Drôme]] - Espèce très rare en 2003, classée NA en 2013, sans population reproductrice établie documentée dans les sources consultées (NA) (Deliry 2003, Deliry 2013b).
* [[Hautes-Alpes]] : '''DD''' 2013 (2007 - Très rare 2003)
* [[Gard]] - Présence très localisée à la limite méridionale de son aire française (Gard Nature 2021, Deliry [2026]).
* [[Pyrénées-Atlantique]] (L'Hoste 1969 ; 1992 et 1999 puis non retrouvée : Leconte & al. 2002).
* [[Hautes-Alpes]] - Espèce très rare, principalement observée en altitude. Statut DD en 2013 (Deliry 2013b, [2026]).
* [[Pyrénées-Orientales]] [2019].
* [[Haute-Savoie]] - '''NT''' 2013 - L'un des principaux départements alpins de présence de l'espèce.
* [[Vendée]] (de Réaumur 1742).
* [[Haute-Vienne]] - Présence historique dans le [[Limousin]], au sein du noyau de répartition du Massif central occidental (Martin 1931, Deliry [2026]).
* [[Vienne]] (Martin 1907).
* [[Indre]] - Département cité parmi les localités historiques françaises, sans précision sur le maintien actuel de l'espèce (Martin 1931).
* [[Isère]] - '''NT''' (Rare 1997, LC 2007) 2013 - Première mention régionale documentée le 20 septembre 1957 à Réaumont par Charles Degrange. Présence principalement dans le nord du département.
* [[Loire]] - '''DD''' 2013 Espèce rare en 2006 (Deliry 2006, Deliry 2013b).
* [[Paris]] - Mentionnée dès 1762 aux environs de Paris, sans localisation nécessairement située dans les limites du département actuel (Geoffroy 1762, Walckenaer 1802, Latreille 1805, Blanchard 1840).
* [[Pyrénées-Atlantiques]] - Signalée anciennement, puis observée en 1992 et 1999, mais non retrouvée lors des enquêtes ultérieures (L'Hoste 1969, Leconte & al. 2002).
* [[Pyrénées-Orientales]] - Présence très localisée dans les milieux humides d'altitude, à la limite méridionale de l'aire française (Dommanget 1987, Deliry [2026]).
* [[Rhône]] - Aucune présence connue dans la synthèse régionale de 2013 (Deliry 2013b).
* [[Savoie]] - '''VU''' (VU 1997) 2013 - Espèce très localisée (Deliry 1997, 2013b).
* [[Seine-et-Marne]] - Présence historiquement mentionnée dans la synthèse de Martin (1931), d'après les observations de Sinety (Martin ''op. cit.'').
* [[Vendée]] - Mention française remarquable dès 1742, illustrée par de Réaumur probablement à partir d'un spécimen provenant du département et plus particulierement de la localité de Réaumur (de Réaumur 1742, Deliry [2026]).
* [[Vienne]] - Mention historique (Martin 1907) non confirmée par des observations ultérieures (Précigout & al. 2013).


{{BIS|Aesgrafr.jpg|{{Deliry}} {{Sfofrance}}|Aesgrafr1.jpg|{{Deliry}}}}
== {{STT}} ==
À l'échelle nationale, la Grande Æschne est classée en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge des Odonates de France métropolitaine publiée en 2016. Elle demeure toutefois considérée comme peu commune, et sa situation varie sensiblement selon les régions (UICN France & al. 2016, Atlas dynamique [2022]).  


{{P|Aesgra.png|{{Deliry}}<br>{{Carto2022}}}}
L'Atlas dynamique des Odonates de France indique que l'indice de rareté géographique national de l'espèce est resté inchangé entre les périodes 2000-2012 et 2013-2025, avec la catégorie Peu commune. Cette stabilité de l'indice ne démontre cependant pas nécessairement une stabilité des effectifs ou de l'ensemble des populations locales. De même, l'augmentation du nombre de mailles ou de communes dans lesquelles l'espèce est observée doit être interprétée en tenant compte de l'amélioration des connaissances et de l'intensification des prospections odonatologiques (Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).


== {{HAB}} ==
== {{HAB}} ==
Eaux stagnantes assez souvent acides et bien ensoleillées, en milieux ouverts ou forestiers : mares, étangs tourbeux, fossés, gouilles, fosses d'exploitation des tourbières, rives marécageuses des lacs, etc. Parfois eaux faiblement courantes. Jusqu'à 2000 m d'altitude [2019].<br>
En France, ''[[Aeshna grandis]]'' fréquente principalement les eaux stagnantes, assez souvent acides et bien ensoleillées, en milieux ouverts ou forestiers. Elle se reproduit notamment dans les mares, les étangs tourbeux, les lacs et leurs rives marécageuses, les fossés, les gouilles et les anciennes fosses d'exploitation des tourbières. Elle peut également occuper des eaux faiblement courantes, notamment les bras morts et les secteurs calmes des cours d'eau. L'espèce n'est toutefois pas strictement inféodée aux milieux tourbeux et peut fréquenter d'autres types de plans d'eau présentant des conditions écologiques favorables, jusqu'à environ 2000 m d'altitude (Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).
Prairies de montagne près de ruisseaux, marécages ou mégaphorbiaies. Elle ponds volontiers dans le bois mort ou pourri (Leconte & al. 2002).
 
La structure de la végétation riveraine constitue une caractéristique importante de ses habitats de reproduction. L'espèce fréquente préférentiellement les plans d'eau présentant une ceinture bien développée d'hélophytes, des tremblants tourbeux ou une végétation marécageuse dense. Les prairies de montagne situées à proximité de ruisseaux, de marécages ou de mégaphorbiaies constituent également des milieux fréquentés par les adultes. La présence d'une végétation aquatique et riveraine suffisamment développée, dans un environnement ouvert ou forestier, semble jouer un rôle important dans le maintien des populations reproductrices (Leconte & al. 2002, Atlas dynamique [2022]).
 
La pond isolément, en insérant ses œufs dans les tissus de végétaux vivants ou morts, notamment dans les débris végétaux et, volontiers, dans le bois mort ou pourri. Les berges végétalisées, les accumulations de matière végétale et les éléments ligneux en décomposition constituent ainsi des supports de ponte favorables. Les larves se développent dans le milieu aquatique, notamment au sein de la végétation et des débris végétaux (Leconte & al. 2002, Atlas dynamique [2022]).
 
L'une des principales particularités écologiques de la Grande Æschne en [[France]] réside dans la variation géographique des habitats qu'elle occupe. Dans le '''nord et le nord-est''', elle peut se reproduire aussi bien en plaine que dans les secteurs de collines et de montagne, principalement dans les étangs forestiers, les lacs, les bras morts et les milieux aquatiques lentiques. Les eaux faiblement courantes peuvent également constituer des habitats favorables lorsque les conditions locales permettent le développement larvaire (Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]). Dans le '''Massif central et les Alpes''', elle est notamment associée aux étangs, aux lacs et aux milieux tourbeux d'altitude, ainsi qu'à certaines localités de piémont. Dans les secteurs les plus méridionaux, particulièrement dans les '''Pyrénées françaises''', elle apparaît principalement liée aux milieux humides montagnards. Cette distribution traduit le caractère plus nettement montagnard de l'espèce vers la limite méridionale de son aire (Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).
 
L'espèce présente toutefois une amplitude altitudinale importante en [[France]]. Les données de l'Atlas dynamique indiquent que 80 % des observations se situent entre 50 et 10780 m d'altitude, avec des observations extrêmes comprises entre le niveau de la mer et 2560 m. Ces valeurs concernent l'ensemble des observations et ne doivent pas être interprétées comme les limites altitudinales des populations reproductrices. Les adultes pouvant se déplacer sur de grandes distances, certaines mentions à haute altitude ou dans des secteurs peu favorables peuvent correspondre à des individus erratiques (Atlas dynamique [2022]).
 
La Grande Æschne possède d{{'}}'''importantes capacités de déplacement'''. Les adultes peuvent être observés loin de leurs habitats larvaires, notamment dans les prairies, les clairières, les lisières et les milieux forestiers, où ils chassent divers insectes. Des individus isolés peuvent ainsi être observés en dehors des secteurs où l'espèce est habituellement connue (Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]). Cette mobilité impose de distinguer les observations ponctuelles des preuves de reproduction locale. La présence d'un adulte, même à proximité d'un milieu aquatique favorable, ne constitue pas à elle seule une preuve d'autochtonie. Les observations d'émergences, la collecte d'exuvies et la découverte de larves permettent de confirmer plus solidement l'accomplissement du cycle biologique sur un site. Cette distinction est particulièrement importante pour interpréter les mentions anciennes, les observations isolées et les données provenant des secteurs périphériques de l'aire française (Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).


== {{PHE}} ==
== {{PHE}} ==
{{Pv|Aesgraph.jpg|© Groupe Sympetrum - La mention de mars doit correspondre à un stade larvaire, ainsi que probablement celles de mai-juin}}
{{Pv|Aesgraph.jpg|© Groupe Sympetrum (réal. C.Deliry) - La mention de mars doit correspondre à un stade larvaire, ainsi que probablement celles de mai-juin}}
 
La période complète de vol va de (juin) juillet à septembre (octbre) avec un maximum en août, les émergences sont étalées jusqu'en juillet, voire août, la reproduction a lieu en (juillet) août (septembre).


En [[France]], la Grande Æschne est une espèce '''principalement estivale'', dont les adultes sont généralement observés de juin à septembre, avec des observations plus tardives possibles en octobre. La période d'activité varie selon les régions, l'altitude et les conditions climatiques locales. Les observations sont principalement concentrées en juillet et en août, avec un maximum généralement enregistré en août à l'échelle nationale (Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).
Les émergences débutent généralement en juin et se prolongent sur plusieurs semaines. Elles ne sont pas strictement synchronisées entre les individus d'une même population, ce qui contribue à étaler la période d'apparition des adultes. En plaine, les premières émergences peuvent intervenir dès la deuxième décade de juin, tandis qu'en altitude, elles sont généralement plus tardives et peuvent se poursuivre jusqu'au début du mois d'août (Robert 1958, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).
Après l'émergence, les jeunes adultes connaissent une période de maturation durant laquelle ils peuvent s'éloigner des milieux aquatiques. Ils fréquentent alors les lisières, les clairières, les prairies et les espaces forestiers, où ils se nourrissent avant de rejoindre les habitats de reproduction. La durée de cette maturation et l'étalement des émergences contribuent à expliquer le décalage entre les premières apparitions de l'espèce et le maximum des observations d'adultes reproducteurs (Robert 1958, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).
La phénologie présente des '''différences entre les populations de plaine et celles des massifs montagneux'''. Dans les régions de plaine, la période de vol débute généralement en juin et se prolonge jusqu'en septembre, avec des observations tardives possibles au début de l'automne. En altitude, les émergences et l'apparition des adultes sont généralement plus tardives, tandis que la durée de la période de vol peut être réduite par les conditions climatiques locales (Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2017). Dans le '''Limousin''', l'espèce est principalement observée en juillet et en août, avec des mentions plus ponctuelles en juin et en septembre. Dans les secteurs montagneux plus méridionaux, notamment dans les '''Pyrénées''', l'activité des adultes est essentiellement estivale et dépend fortement des conditions météorologiques et de l'altitude des stations occupées (Leconte & al. 2002, Deliry [2026]). Les variations interannuelles peuvent également influencer le calendrier des émergences et la durée de l'activité des adultes. Il convient donc d'interpréter les dates extrêmes d'observation avec prudence, particulièrement lorsqu'elles proviennent de secteurs dans lesquels l'espèce est peu fréquente ou lorsque le stade biologique observé n'est pas précisé (Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).
L'activité reproductrice débute après la maturation des adultes et se déroule principalement pendant l'été. Les {{m}} effectuent des vols de patrouille au-dessus des plans d'eau et le long des berges, tandis que les femelles recherchent des supports végétaux favorables à la ponte. Celle-ci est généralement réalisée isolément, les œufs étant insérés dans les tissus de végétaux vivants ou morts, notamment dans les débris végétaux et le bois en décomposition (Robert 1958, Leconte et al. 2002, Atlas dynamique [2022]). La ponte se déroule principalement de la fin juillet à septembre, avec une activité importante au cours du mois d'août. La période exacte varie toutefois selon la date des émergences, les conditions climatiques et l'altitude des sites de reproduction (Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2017).
Le développement larvaire est pluriannuel. Il dure généralement plusieurs années et peut s'étendre de deux à cinq ans selon les conditions écologiques locales. Cette durée variable, associée à des émergences non synchronisées, contribue à étaler l'apparition des adultes et rend l'espèce dépendante de la permanence de ses habitats aquatiques sur plusieurs années successives (Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).
Les observations très précoces, notamment celles enregistrées au printemps, doivent donc être examinées en tenant compte du stade biologique concerné. Les données de mars figurant dans les anciennes compilations phénologiques pourraient notamment correspondre à des observations larvaires plutôt qu'à des adultes en vol (Deliry [2026]).
== {{ILL}} ==
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[a] {{DeliryRef|2013}}
[b] {{Hn25bis}}
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Dernière version du 23 septembre 2026 à 00:45

[Deliry C. 2026] – Aeshna grandis (France) - In : Odonates en France (Histoires Naturelles - wOw) (2004-[2026]) – Version 88436 du 23.09.2026. – odonates.net
••• Odonates du Monde (wOw) - Dates - Pays - Thèmes - Communiqués •••

••• en réparation •••

Aeshna grandis (Linnaeus, 1758) →

GRANDE ÆSCHNE
Famille des Aeshnidae


LC 2016 (NT 2013, NT 2009, Rare 2008, En augmentation 2000, Rare 1997, Principalement montagnarde 1987) France

La Grande Æschne, Aeshna grandis, est une libellule d'affinité eurosibérienne dont la répartition française est relativement localisée et discontinue. Présente aussi bien en plaine que dans les massifs montagneux, elle est principalement associée aux milieux aquatiques stagnants ou faiblement courants, riches en végétation riveraine. Sa distribution présente un contraste géographique marqué : elle occupe les plaines, les collines et les massifs du nord et du nord-est de la France, tandis qu'elle devient plus localisée et principalement montagnarde vers la limite méridionale de son aire (Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).

Les mentions anciennes attestent sa présence dans plusieurs régions où elle n'est aujourd'hui plus régulièrement observée. Toutefois, l'évolution de sa distribution doit être interprétée avec prudence, car les données historiques ne permettent pas toujours de distinguer les populations reproductrices des observations ponctuelles d'individus dispersifs (Dommanget 1987, Précigout & al. 2013, Deliry [2026]).

Répartition

La présence de la Grande Æschne en France est attestée dès le XVIIIᵉ siècle. de Réaumur (1742) en donne une illustration et signale l'espèce à Réaumur (Vendée). L'espèce est ensuite mentionnée sous le nom de Julie aux environs de Paris par Geoffroy (1762), mention repriise dans plusieurs ouvrages entomologiques consacrés à la faune parisienne (Ile-de-France) (de Fourcroy 1785, Walckenaer 1802, Latreille 1805). Au XIXᵉ siècle, elle est également signalée dans le Doubs, notamment aux environs de Besançon (Pidancet 1856).

D'autres mentions historiques témoignent de sa présence dans l'ouest et le centre de la France. Elle est notamment signalée en Charente-Maritime, en Charente et dans la [[Vienne––, ainsi que dans les secteurs du Limousin (Beltrémieux 1883, Martin 1907, Précigout & al. 2013). Ces observations anciennes indiquent que l'espèce était connue dans plusieurs régions de plaine aujourd'hui situées en marge de son aire principale, sans permettre de déterminer précisément l'importance ou la continuité des populations reproductrices.

Au début du XXᵉ siècle, la Grande Æschne est considérée comme peu commune en France, avec une répartition principalement septentrionale et orientale et des populations plus dispersées dans le centre du pays (Martin 1931). Dommanget (1987) la décrit ensuite comme une espèce surtout présente dans les massifs montagneux, plus localisée en plaine et absente du Massif armoricain et de Corse.

La comparaison des mentions historiques et des données contemporaines suggère une évolution contrastée selon les régions. Certaines observations anciennes n'ont pas été renouvelées, tandis que l'amélioration des connaissances odonatologiques a permis de préciser la répartition de l'espèce dans plusieurs secteurs montagneux et dans le nord-est de la France. Ces différences ne permettent donc pas, à elles seules, de conclure à une régression généralisée à l'échelle nationale, mais sont un indicateur de déclin sur des populations marginales (Dommanget 1987, Deliry 2022, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).

Espèce peu commune en France. La distribution actuelle d'Aeshna grandis se concentre principalement dans un grand quart nord-est de la France, auquel s'ajoutent les populations de l'ouest du Massif central et quelques stations très localisées des Pyrénées orientales. Dans le nord-est, l'espèce occupe aussi bien les régions de plaine que les collines et les secteurs montagneux. Elle est particulièrement représentée dans la chaîne du Jura et les Piémonts avant des Alpes comme dans le Voironnais (Isère). À l'inverse, elle devient nettement plus localisée vers le sud, où sa présence est essentiellement associée aux milieux humides d'altitude (Dommanget 1987, Deliry 2017, Krieg-Jacquier 2022). - Atlas dynamique des Odonates de France

Dans le nord et le nord-est, la Grande Æschne est notamment présente dans les Hauts-de-France, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté, où elle occupe différents types de milieux humides, aussi bien en plaine que sur les plateaux et dans les massifs montagneux. Le Jura et les Vosges constituent des secteurs importants de son aire française. Dans le Bassin parisien, elle est également présente en Île-de-France, où les mentions anciennes des environs de Paris témoignent d'une implantation historique (Geoffroy 1762, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).

Dans les Alpes du Nord, la répartition est plus discontinue. Les observations se concentrent principalement en Haute-Savoie et dans le nord de l'Isère, tandis que l'espèce apparaît beaucoup plus localisée en Savoie. En [[Rhône-Alpes]Ø], elle occupe notamment des étangs naturels, ouverts ou forestiers, ainsi que des milieux stagnants d'altitude. Les données régionales anciennes témoignent d'une présence relativement limitée : l'espèce était connue de 78 communes en 2013, contre 67 en 2005. Cette progression du nombre de communes connues ne permet toutefois pas, à elle seule, d'établir une augmentation réelle de son aire de répartition mais plutôt du renforcement de ses prospections. Elle aime les zones de Piémont comme le Voironnais en Isère (Deliry 2013b, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).

Dans le Massif central, les populations se concentrent notamment dans le Limousin, où l'espèce a été recensée sur une trentaine de communes. Elle est également signalée dans d'autres secteurs du massif, notamment dans le Morvan et sur les plateaux présentant des étangs ou des zones humides favorables. Sa distribution y demeure morcelée et dépendante de la présence de milieux aquatiques adaptés à son développement larvaire (Dommanget 1987, Deliry 2017, [2026]).

Dans les Pyrénées françaises, Aeshna grandis atteint la limite méridionale de son aire de répartition. Elle y est très localisée et principalement observée en altitude, notamment dans les Pyrénées-Orientales. Sa présence dans les Pyrénées-Atlantiques a également été signalée par L'Hoste (1969), puis confirmée ponctuellement en 1992 et 1999. Toutefois, les prospections ultérieures rapportées par Leconte & al. (2002) n'ont pas permis de retrouver l'espèce. Ces données anciennes ne suffisent donc pas à confirmer le maintien actuel de populations reproductrices dans les Pyrénées occidentales (L'Hoste 1969, Leconte & al. 2002, Deliry [2026]).

Dans l'ouest de la France, plusieurs mentions historiques n'ont pas été renouvelées. C'est notamment le cas dans l'ancienne région Poitou-Charentes, où l'espèce était signalée en Charente, en Charente-Maritime et dans la Vienne. Les prospections régionales n'ont pas permis de confirmer le maintien de ces anciennes stations, les localités connues les plus proches se situant principalement dans le Limousin. L'espèce est ainsi considérée comme régionalement disparue en Poitou-Charentes (RE) (Martin 1907, Précigout & al. 2013, Deliry [2026]).

La présence ancienne de l'espèce en Vendée et dans les environs de Paris (Ile-de-France) montre néanmoins que la Grande Æschne ne peut être considérée comme exclusivement montagnarde en France. Sa distribution actuelle résulte d'une combinaison de facteurs biogéographiques, climatiques et écologiques, auxquels s'ajoutent les différences historiques d'intensité des prospections (de Réaumur 1742, Geoffroy 1762, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).

©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles d'après la SfO
Plus les tons sont bleus et plus les données sont anciennes, les tons rouge-orangés correspondent aux données plus récentes. Plus les tons sont foncés et plus la densité est importante. 🔍
©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles 🔍
🔍 - ©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles
Extrait de Deliry (2022) (©©byncsa) - Légende - Fréquence lissée p.p. vis à vis de l'effort de prospection
Rouge : Espèce fréquente - Orange : Assez fréquente - Jaune : Rare - Bleu clair : Probablement erratique
Gris foncé : Disparue (à vérifier) - Rose : A confirmer ou Douteuse : Deliry [2022b]

  • Aquitaine - Présence très localisée dans les Pyrénées occidentales, avec des observations anciennes et ponctuelles non confirmées par les prospections ultérieures (L'Hoste 1969, Leconte et al. 2002).
  • Bourgogne - Présence notamment dans le Morvan, où l'espèce fréquente les milieux humides de moyenne altitude.
  • Centre - Présence historique, notamment dans l'Indre. L'espèce fréquente principalement les eaux stagnantes et faiblement courantes à végétation développée.
  • Franche-Comté - Région appartenant au principal ensemble de répartition français, avec une présence ancienne dans le Doubs et des observations en Haute-Saône et dans le massif jurassien (Pidancet 1856, Atlas dynamique [2022]).
  • Île-de-France - Espèce connue depuis le XVIIIᵉ siècle aux environs de Paris, où elle était autrefois considérée comme commune. Présence actuelle localisée (Geoffroy 1762, Walckenaer 1802, Latreille 1805, Blanchard 1840, Atlas dynamique [2022]).
  • Languedoc-Roussillon - Présence très localisée, notamment dans les Pyrénées-Orientales et le Gard. L'espèce atteint dans les Pyrénées sa limite méridionale française. Statut EN en Occitanie (Charlot & al. 2018).
  • Limousin - Présence sur une trentaine de communes, principalement dans les milieux humides de moyenne altitude du Massif central (Martin 1931, Deliry [2026]).
  • Lorraine - Présence historique et actuelle au sein du principal ensemble de répartition nord-oriental, en plaine comme dans les secteurs montagneux (Martin 1931, Atlas dynamique [2022]).
  • Pays de la Loire - Présence historique attestée en Vendée dès le XVIIIᵉ siècle, sans confirmation d'une population reproductrice actuelle dans les sources consultées (de Réaumur 1742, Deliry [2026]).
  • Poitou-Charentes - RE 2013 - Espèce non réobservée depuis le début du XXe siècle, malgré des mentions historiques. Anciennement signalée en Charente, Charente-Maritime et Vienne, mais non réobservée depuis le début du XXᵉ siècle selon les synthèses régionales (Martin 1907, Précigout & al. 2013).
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur - Présence très localisée, notamment dans les Hautes-Alpes où elle paraît occcasionnelle, principalement dans les milieux humides d'altitude (Dommanget 1987, Deliry [2026]).
  • Rhône-Alpes - NT 2014 - Espèce rare et localisée (3,8% des communes), principalement dans les Alpes du Nord. Première observation régionale le 20 septembre 1957 à Réaumont (Isère), par Charles Degrange. Connue de 78 communes en 2013, contre 67 en 2005 (Deliry 2013b, Atlas dynamique [2022]).
©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles 🔍 © Groupe Sympetrum 🔍 © Groupe Sympetrum - Carto 2013 🔍

  • Ain - Espèce peu commune en 2006, classée LC en 2007 (Deliry 2006, 2013b).
  • Ardèche - Aucune présence connue dans la synthèse régionale de 2013 (Deliry 2013b).
  • Charente - Mention historique non confirmée par les prospections ultérieures (Martin 1907, Précigout & al. 2013).
  • Charente-Maritime - Signalée dès le XIXᵉ siècle par Beltrémieux (1883), mais non réobservée depuis (Précigout & al. 2013).
  • Doubs - Présence attestée dès 1856 aux environs de Besançon, où l'espèce était considérée comme peu rare (Pidancet 1856, Martin 1931).
  • Drôme - Espèce très rare en 2003, classée NA en 2013, sans population reproductrice établie documentée dans les sources consultées (NA) (Deliry 2003, Deliry 2013b).
  • Gard - Présence très localisée à la limite méridionale de son aire française (Gard Nature 2021, Deliry [2026]).
  • Hautes-Alpes - Espèce très rare, principalement observée en altitude. Statut DD en 2013 (Deliry 2013b, [2026]).
  • Haute-Savoie - NT 2013 - L'un des principaux départements alpins de présence de l'espèce.
  • Haute-Vienne - Présence historique dans le Limousin, au sein du noyau de répartition du Massif central occidental (Martin 1931, Deliry [2026]).
  • Indre - Département cité parmi les localités historiques françaises, sans précision sur le maintien actuel de l'espèce (Martin 1931).
  • Isère - NT (Rare 1997, LC 2007) 2013 - Première mention régionale documentée le 20 septembre 1957 à Réaumont par Charles Degrange. Présence principalement dans le nord du département.
  • Loire - DD 2013 Espèce rare en 2006 (Deliry 2006, Deliry 2013b).
  • Paris - Mentionnée dès 1762 aux environs de Paris, sans localisation nécessairement située dans les limites du département actuel (Geoffroy 1762, Walckenaer 1802, Latreille 1805, Blanchard 1840).
  • Pyrénées-Atlantiques - Signalée anciennement, puis observée en 1992 et 1999, mais non retrouvée lors des enquêtes ultérieures (L'Hoste 1969, Leconte & al. 2002).
  • Pyrénées-Orientales - Présence très localisée dans les milieux humides d'altitude, à la limite méridionale de l'aire française (Dommanget 1987, Deliry [2026]).
  • Rhône - Aucune présence connue dans la synthèse régionale de 2013 (Deliry 2013b).
  • Savoie - VU (VU 1997) 2013 - Espèce très localisée (Deliry 1997, 2013b).
  • Seine-et-Marne - Présence historiquement mentionnée dans la synthèse de Martin (1931), d'après les observations de Sinety (Martin op. cit.).
  • Vendée - Mention française remarquable dès 1742, illustrée par de Réaumur probablement à partir d'un spécimen provenant du département et plus particulierement de la localité de Réaumur (de Réaumur 1742, Deliry [2026]).
  • Vienne - Mention historique (Martin 1907) non confirmée par des observations ultérieures (Précigout & al. 2013).

Statuts

À l'échelle nationale, la Grande Æschne est classée en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge des Odonates de France métropolitaine publiée en 2016. Elle demeure toutefois considérée comme peu commune, et sa situation varie sensiblement selon les régions (UICN France & al. 2016, Atlas dynamique [2022]).

L'Atlas dynamique des Odonates de France indique que l'indice de rareté géographique national de l'espèce est resté inchangé entre les périodes 2000-2012 et 2013-2025, avec la catégorie Peu commune. Cette stabilité de l'indice ne démontre cependant pas nécessairement une stabilité des effectifs ou de l'ensemble des populations locales. De même, l'augmentation du nombre de mailles ou de communes dans lesquelles l'espèce est observée doit être interprétée en tenant compte de l'amélioration des connaissances et de l'intensification des prospections odonatologiques (Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).

Habitats

En France, Aeshna grandis fréquente principalement les eaux stagnantes, assez souvent acides et bien ensoleillées, en milieux ouverts ou forestiers. Elle se reproduit notamment dans les mares, les étangs tourbeux, les lacs et leurs rives marécageuses, les fossés, les gouilles et les anciennes fosses d'exploitation des tourbières. Elle peut également occuper des eaux faiblement courantes, notamment les bras morts et les secteurs calmes des cours d'eau. L'espèce n'est toutefois pas strictement inféodée aux milieux tourbeux et peut fréquenter d'autres types de plans d'eau présentant des conditions écologiques favorables, jusqu'à environ 2000 m d'altitude (Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).

La structure de la végétation riveraine constitue une caractéristique importante de ses habitats de reproduction. L'espèce fréquente préférentiellement les plans d'eau présentant une ceinture bien développée d'hélophytes, des tremblants tourbeux ou une végétation marécageuse dense. Les prairies de montagne situées à proximité de ruisseaux, de marécages ou de mégaphorbiaies constituent également des milieux fréquentés par les adultes. La présence d'une végétation aquatique et riveraine suffisamment développée, dans un environnement ouvert ou forestier, semble jouer un rôle important dans le maintien des populations reproductrices (Leconte & al. 2002, Atlas dynamique [2022]).

La pond isolément, en insérant ses œufs dans les tissus de végétaux vivants ou morts, notamment dans les débris végétaux et, volontiers, dans le bois mort ou pourri. Les berges végétalisées, les accumulations de matière végétale et les éléments ligneux en décomposition constituent ainsi des supports de ponte favorables. Les larves se développent dans le milieu aquatique, notamment au sein de la végétation et des débris végétaux (Leconte & al. 2002, Atlas dynamique [2022]).

L'une des principales particularités écologiques de la Grande Æschne en France réside dans la variation géographique des habitats qu'elle occupe. Dans le nord et le nord-est, elle peut se reproduire aussi bien en plaine que dans les secteurs de collines et de montagne, principalement dans les étangs forestiers, les lacs, les bras morts et les milieux aquatiques lentiques. Les eaux faiblement courantes peuvent également constituer des habitats favorables lorsque les conditions locales permettent le développement larvaire (Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]). Dans le Massif central et les Alpes, elle est notamment associée aux étangs, aux lacs et aux milieux tourbeux d'altitude, ainsi qu'à certaines localités de piémont. Dans les secteurs les plus méridionaux, particulièrement dans les Pyrénées françaises, elle apparaît principalement liée aux milieux humides montagnards. Cette distribution traduit le caractère plus nettement montagnard de l'espèce vers la limite méridionale de son aire (Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).

L'espèce présente toutefois une amplitude altitudinale importante en France. Les données de l'Atlas dynamique indiquent que 80 % des observations se situent entre 50 et 10780 m d'altitude, avec des observations extrêmes comprises entre le niveau de la mer et 2560 m. Ces valeurs concernent l'ensemble des observations et ne doivent pas être interprétées comme les limites altitudinales des populations reproductrices. Les adultes pouvant se déplacer sur de grandes distances, certaines mentions à haute altitude ou dans des secteurs peu favorables peuvent correspondre à des individus erratiques (Atlas dynamique [2022]).

La Grande Æschne possède d'importantes capacités de déplacement. Les adultes peuvent être observés loin de leurs habitats larvaires, notamment dans les prairies, les clairières, les lisières et les milieux forestiers, où ils chassent divers insectes. Des individus isolés peuvent ainsi être observés en dehors des secteurs où l'espèce est habituellement connue (Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]). Cette mobilité impose de distinguer les observations ponctuelles des preuves de reproduction locale. La présence d'un adulte, même à proximité d'un milieu aquatique favorable, ne constitue pas à elle seule une preuve d'autochtonie. Les observations d'émergences, la collecte d'exuvies et la découverte de larves permettent de confirmer plus solidement l'accomplissement du cycle biologique sur un site. Cette distinction est particulièrement importante pour interpréter les mentions anciennes, les observations isolées et les données provenant des secteurs périphériques de l'aire française (Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).

Phénologie

🔍 - © Groupe Sympetrum (réal. C.Deliry) - La mention de mars doit correspondre à un stade larvaire, ainsi que probablement celles de mai-juin
La période complète de vol va de (juin) juillet à septembre (octbre) avec un maximum en août, les émergences sont étalées jusqu'en juillet, voire août, la reproduction a lieu en (juillet) août (septembre).

En France, la Grande Æschne est une espèce 'principalement estivale, dont les adultes sont généralement observés de juin à septembre, avec des observations plus tardives possibles en octobre. La période d'activité varie selon les régions, l'altitude et les conditions climatiques locales. Les observations sont principalement concentrées en juillet et en août, avec un maximum généralement enregistré en août à l'échelle nationale (Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).

Les émergences débutent généralement en juin et se prolongent sur plusieurs semaines. Elles ne sont pas strictement synchronisées entre les individus d'une même population, ce qui contribue à étaler la période d'apparition des adultes. En plaine, les premières émergences peuvent intervenir dès la deuxième décade de juin, tandis qu'en altitude, elles sont généralement plus tardives et peuvent se poursuivre jusqu'au début du mois d'août (Robert 1958, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).

Après l'émergence, les jeunes adultes connaissent une période de maturation durant laquelle ils peuvent s'éloigner des milieux aquatiques. Ils fréquentent alors les lisières, les clairières, les prairies et les espaces forestiers, où ils se nourrissent avant de rejoindre les habitats de reproduction. La durée de cette maturation et l'étalement des émergences contribuent à expliquer le décalage entre les premières apparitions de l'espèce et le maximum des observations d'adultes reproducteurs (Robert 1958, Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022]).

La phénologie présente des différences entre les populations de plaine et celles des massifs montagneux. Dans les régions de plaine, la période de vol débute généralement en juin et se prolonge jusqu'en septembre, avec des observations tardives possibles au début de l'automne. En altitude, les émergences et l'apparition des adultes sont généralement plus tardives, tandis que la durée de la période de vol peut être réduite par les conditions climatiques locales (Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2017). Dans le Limousin, l'espèce est principalement observée en juillet et en août, avec des mentions plus ponctuelles en juin et en septembre. Dans les secteurs montagneux plus méridionaux, notamment dans les Pyrénées, l'activité des adultes est essentiellement estivale et dépend fortement des conditions météorologiques et de l'altitude des stations occupées (Leconte & al. 2002, Deliry [2026]). Les variations interannuelles peuvent également influencer le calendrier des émergences et la durée de l'activité des adultes. Il convient donc d'interpréter les dates extrêmes d'observation avec prudence, particulièrement lorsqu'elles proviennent de secteurs dans lesquels l'espèce est peu fréquente ou lorsque le stade biologique observé n'est pas précisé (Dommanget 1987, Atlas dynamique [2022], Deliry [2026]).

L'activité reproductrice débute après la maturation des adultes et se déroule principalement pendant l'été. Les ♂ effectuent des vols de patrouille au-dessus des plans d'eau et le long des berges, tandis que les femelles recherchent des supports végétaux favorables à la ponte. Celle-ci est généralement réalisée isolément, les œufs étant insérés dans les tissus de végétaux vivants ou morts, notamment dans les débris végétaux et le bois en décomposition (Robert 1958, Leconte et al. 2002, Atlas dynamique [2022]). La ponte se déroule principalement de la fin juillet à septembre, avec une activité importante au cours du mois d'août. La période exacte varie toutefois selon la date des émergences, les conditions climatiques et l'altitude des sites de reproduction (Robert 1958, Dommanget 1987, Deliry 2017).

Le développement larvaire est pluriannuel. Il dure généralement plusieurs années et peut s'étendre de deux à cinq ans selon les conditions écologiques locales. Cette durée variable, associée à des émergences non synchronisées, contribue à étaler l'apparition des adultes et rend l'espèce dépendante de la permanence de ses habitats aquatiques sur plusieurs années successives (Deliry 2017, Atlas dynamique [2022]).

Les observations très précoces, notamment celles enregistrées au printemps, doivent donc être examinées en tenant compte du stade biologique concerné. Les données de mars figurant dans les anciennes compilations phénologiques pourraient notamment correspondre à des observations larvaires plutôt qu'à des adultes en vol (Deliry [2026]).

Illustrations

🔍 - © Laurent Valette

Références

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UICN France & col. 2016 - La Liste rouge des espèces menacées en France – Libellules de France métropolitaine. - UICN France & col. : 12 pp. - PDF LINK - TABLEAU
Walckenaer C.A. 1802 - Faune parisienne, Insectes. - Dentu, Paris. - ONLINE


Odonates de France - (Aeshna affinis), Aeshna caerulea, Aeshna cyanea, Aeshna grandis, (Aeshna isoceles), Aeshna juncea, (Aeshna mixta), Aeshna subarctica, (Anax ephippiger), Anax imperator, Anax junius, Anax parthenope, Boyeria irene, Brachythemis impartita, Brachytron pratense, Calopteryx ancilla, Calopteryx haemorrhoidalis, Calopteryx helohis, Calopteryx splendens, Calopteryx virgo, Calopteryx xanthostoma, Ceriagrion tenellum, Chalcolestes parvidens, Chalcolestes viridis, Coenagrion caerulescens, Coenagrion castellani, Coenagrion hastulatum, Coenagrion lunulatum, Coenagrion mercuriale, Coenagrion ornatum, Coenagrion puella, Coenagrion pulchellum, Coenagrion scitulum, (Cordulegaster bidentata), Cordulegaster boltonii, Cordulia aenea, Crocothemis erythraea, Diplacodes lefebvrei, Enallagma cyathigerum, Epitheca bimaculata, Erythromma lindenii, Erythromma najas, Erythromma viridulum, Eurothemis fulva, Fonscolombagrion caerulescens, (Gomphus flavipes), Gomphus graslinii, Gomphus pulchellus, Gomphus simillimus, Gomphus vulgatissimus, Hemianax ephippiger, Ischnura elegans, Ischnura genei, Ischnura graellsii, Ischnura pumilio, Ischnura senegalensis, Isoaeschna isoceles, (Isoaeschna quadrifasciata), Lestes barbarus, Lestes dryas, Lestes macrostigma, Lestes sponsa, Lestes virens, Leucorrhinia albifrons, Leucorrhinia caudalis, Leucorrhinia dubia, Leucorrhinia pectoralis, Leucorrhinia rubicunda, Libellula depressa, Libellula fulva, Libellula quadrimaculata, Lindenia tetraphylla, Macromia splendens, Nehalennia speciosa, Onychogomphus forcipatus, Onychogomphus uncatus, Ophiogomphus cecilia, Orthetrum albistylum, Orthetrum brunneum, Orthetrum cancellatum, Orthetrum coerulescens, Orthetrum trinacria, Oxygastra curtisii, Pantala flavescens, Paragomphus genei, Platetrum depressa, Platycnemis acutipennis, Platycnemis latipes, Platycnemis pennipes, Pumilischnura pumilio, Pyrrhosoma nymphula, Selysiothemis nigra, Simaeschna affinis, Simaeschna colubercula, Somatochlora alpestris, Somatochlora arctica, Somatochlora flavomaculata, Somatochlora meridionalis, Somatochlora metallica, Stylurus flavipes, Subarcticochlora alpestris, Subarcticochlora arctica, Sympecma fusca, Sympecma paedisca, Sympetrum danae, Sympetrum depressiusculum, Sympetrum flaveolum, Sympetrum fonscolombei, Sympetrum meridionale, Sympetrum pedemontanum, Sympetrum sanguineum, Sympetrum striolatum, Sympetrum vulgatum, (Tarnetrum fonscolombei), Thalassalestes macrostigma, Thecagaster bidentata, Trithemis annulata, [Trithemis arteriosa], Trithemis kirbyi