Nehalennia speciosa

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Nehalennia speciosa (de Charpentier, 1840)

Déesse précieuse – Coenagrionidae (Coenagrionidae)

  • Agrion speciosum de Charpentier, 1840 [de Selys Longchamps 1850]
    • Nehalennia speciosa (de Charpentier, 1840) [de Selys Longchamps 1876, Kirby 1890, Robert 1958, Dommanget 1987, Dupont 2010, Deliry 2017]

Néhalennie précieuse [de Charpentier 1840], Agrion spécieux [de Selys Longchamps 1850], Déesse précieuse [Dommanget 1987, Dupont 2010, UICN France & al. 2016, Deliry 2017]

VU 2020 UICN – CR 2009 Bassin méditerranéen – VU 2010 Europe – CR 2016 France

  • Liste rouge 1/10 – Citations anciennes non confirmées après 1960 (Dommanget 1987)
  • CR 2009, 2016
©© byncsa – M.Lohr – Taxref

Élément eurosibérien (St Quentin 1960), sibérien (Geijkes & van Tol 1983). Belgique, Allemagne, Suisse, Suède, Prusse (de Selys Longchamps 1850). Très localisée dans plusieurs parties de l’Europe tempérée (de Selys Longchamps 1876). Eurasie, elle est en Europe centrale (Suisse, Allemagne, Carinthie, Hollande Belgique, Sud de la Suède et Finlande) (Robert 1958). Europe centrale et Asie moyenne (Dommanget 1987). Largement répartie depuis l’Europe à l’Asie, mais très menacée dans l’Ouest de l’Europe, suite à l’altération ou la disparition de ses habitats (UICN France & al. 2016). Depuis l’Europe centrale à l’Asie, jusqu’au Japon. Populations très fragmentées dans l’ouest où elle semble après un déclin, en légère reprise. En France l’espèce est indiquée de la région de Chambéry à la fin du XIXe siècle, retrouvée dans le département du Jura (dès 2009). Disparue de Belgique et du Luxembourg, en net déclin en Finlande (Deliry 2017). Son classement mondial aggravé depuis la catégorie NT à la catégorie VU est basée entre-autres sur un constat de régression de son habitat (drainage et difficultés d’ordre climatique) et sur la certitude de la poursuites des problèmes liés aux changements climatiques, ainsi que sur l’affaiblissement de ses populations (25-30 grandes populations connues, fragmentation de son aire de répartition) (Bernard & Wildermuth 2020).

Cette espèce a été classée en catégorie CR en France, fait confirmé récemment (Dommanget & al. 2009 [A vérifier !], UICN France & al. 2016).

Reçue de Savoie de Jean-Baptiste Bailly (de Chambéry) (de Selys Longchamps 1874) [3]. L’auteur confirme la mention en précisant en 1876, qu’elle est connue de Savoie, des environs de Chambéry (de Selys Longchamps 1876). Ces informations sont complétées par la présence dans la collection Foudras (Muséum de Lyon) d’un mâle, spécimen qui ne possède ni référence de localité, ni date de capture (Grand 1990, 2010). N’est connue en France que d’une ancienne citation de Savoie (Martin 1931 [1], Dommanget 1987). A rechercher dans l’Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté et Alpes) (Dommanget 1987), en Isère, disparue de Savoie, considérée comme disparue de Haute-Savoie [GRPLS : site Internet 2006], alors que sa présence n’y est que supposée. Redécouverte en 2009 sur une tourbière de Franche-Comté, en voie de restauration, selon une population pérenne composée de quelques centaines d’individus (UICN France & al. 2016, 2017), la station est tenue volontairement secrète, mais l’espèce est toutefois intégrée au premier PNAO (2010-2015) (Dehondt 2022). Dans le PNAO (Dupont 2010 : 63), il s’agit de l’espèce cible à gérer prioritairement de manière conservatoire pour la région Franche-Comté et elle doit être recherchée en Lorraine et en Rhône-Alpes. La station connue dans le Jura se trouve sur un site Natura 2000 (Dupont) et sa découverte est signalée dans le Jura par Dehondt & al. (2010), des actions de préservation et de suivi ont été menées dès la découverte de la station, notamment l’abandon de travaux qui auraient pu lui nuire, suivi régulier par des entomologistes professionnels. Le site est asséché en 2019 pour des motifs météorologiques, il n’y a pas d’émergences en 2020 alors qu’une nouvelle année sèche exceptionnelle a lieu et même si l’eau revient en abondance en 2021, il n’y a toujours plus d’imagos en 2022, qui est de nouveau une année d’assèchement du site. La présence de l’espèce sur le site et en France est présentée comme « phase de rémission » de notre Biodiversité (Dehont 2022). A noter que la localité révélée un temps, sur l’espace Cocheurs de France a été très rapidement masquée (Cocheurs.fr on FaceBook du 2 juillet 2019).

©© byncsa – Cyrille Deliry (Histoires Naturelles)
Mise à jour en 2022 selon Dehondt (2022) – Légendes
©© byncsa – Cyrille Deliry (Histoires Naturelles) – Sources
Indications incertaines ou à confirmer, l’espèce n’est connue que dans le Jura d’où elle semble avoir disparu dès 2019

Eaux stagnantes mésotrophes, acides ou non, de faible profondeur et envahies par de nombreux hélophytes (Carex, Equisetum…) : marécages, étangs tourbeux, tourbières acides et alcalines, jusqu’à 1000 m d’altitude environ (Dommanget 1987, cf. littérature étrangère). Tourbières et marais tourbeux bien végétalisés, les larves se développant dans les gouilles et dans les mares peu profondes, plutôt acides et oligotrophes (UICN France & al. 2016). Marais envahis de Laîches et de Prêles à relativement basse altitude (Deliry 2017).

Depuis fin-mai à juillet (Robert 1958). Période de vol à préciser : de juin à septembre [?], la période la plus favorable étant en juin-juillet (H.Heidemann, in litt.). Les émergences n’ont lieu qu’en juin en plaine (Dommanget 1987). Vole de fin mai à juillet (Deliry 2017). La station connue en France est menacée par le piétinement (visiteurs) et l’assèchement du site et le réchauffement climatique (Dupont 2010, UICN France & al. 2016). Le détail de l’étude de ses larves, ses émergences sur la station du Jura, ainsi que celle de ses exuvies est donnée par Doucet & Jacquot (2012) [2].

  • Bernard R. & Wildermuth H. 2020 – Nehalennia speciosa. – The IUCN Red List of Threatened Species 2020.
  • de Selys Longchamps E. 1874 – Note sur une excursion à Maeseyck, faite le 20 et le 21 juin 1874. – Annales de la Société Entomologique de Belgique, 17. – [3]
  • Dehondt F. 2022 – Une libellule a disparu de sa tourbière. – Le Monde, Sciences et Médecine, 21 décembre 2022. – PDF
  • Dehondt F., Morat F. & Ferrez Y. 2010 – Redécouverte en France de Nehalennia speciosa (Charpentier, 1840) (Odonata, Zygoptera : Coenagrionidae). – Martinia, 26 (1/2) : 3-8.
  • Deliry C. 2022 La Déesse précieuse n’a pas été revue en France depuis 2019. – Histoires Naturelles, le Blog, 25 décembre 2022. – ONLINE
  • Doucet G. & Jacquot P. 2012 – Eléments sur l’émergence et les exuvies de Nehalennia speciosa en France (Odonata, Zygoptera : Coenagrionidae). – Martinia, 28 (2). – [2]

[1] –  Martin (1931) dit qu’elle est assez commune en juin en Savoie, ce qui paraît inexact car on n’a pas d’informations plus précises que la localisation (rien sur la date et l’abondance).

[2] – Ce travail présente les conditions d’émergence et les caractéristiques des exuvies de Nehalennia speciosa sur une tourbière du sud du Jura, seule station actuellement connue de l’espèce en France. Il en ressort que les émergences se font préférentiellement sur la gouille centrale du site, et que les larves se positionnent dans des touffes denses de Carex à moins de 10 cm de la surface de l’eau. Avec une taille comprise entre 10 et 11,5 mm, l’exuvie est la plus petite de toutes les exuvies de la faune odonatologique de France métropolitaine.


[3] – Extrait de l’article de 1874 rédigé par de Selys Longchamps.